Les Top

Leatherland
Blazing Star
Fearwood
Chicago Dreams



 

Bienvenue sur le forum ♥

Merci de privilégier les personnages masculins.
Nous manquons de membres du brotherhood et de vampires engendrés par Rebekah.

Partagez | .
 

 You're irish too ? Hélios

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


avatar
▬ Messages : 73
▬ Points : 310
▬ Date d'inscription : 04/05/2017
▬ Localisation : Derrière son comptoir, dans sa librairie.
▬ Emploi/loisirs : Surveiller ses arrières.
MessageSujet: You're irish too ? Hélios    Mer 10 Mai - 12:19

Perfect irish.



Je regrettais d’être partie d’Irlande me sentant tellement plus seule que je ne l’avais jamais été et pourtant, depuis que j’avais débarqué dans cette ville, ma vie avait prit une autre tournure.
Propulsé à la presque direction d’une librairie pâtisserie, apprenant récemment que l’humanité telle que je la conçois n’est pas et surtout, que moi-même, ne l’est pas. Et cette rencontre, aussi singulière soit-elle avec Xander, ce chasseur qui m’avait sauvé la vie d’un vampire, présent sur les dire de Jack. Ne m’accordant que peu de répits à savoir que Jack savait où j’étais. La seule chose qui me paraissait étonnante était encore ma présence dans cette ville, alors que celui qui voulait ma mort savait très bien que j’étais ici. Peut-être que la mort du vampire lui ferais pensé que j’étais morte et que je pourrais commencer quelque chose de nouveau, de réel. Et pourtant, malgré le doute, je ne voulais pas partir, je n’en avais pas le courage.  Si ce n’est la peur perpétuelle du monde, à présent quelque chose de nouveau s’offrait à moi et j’étais intriguée. Ca n’est pas tous les jours que l’on apprend, qu’au fond de soi, on est magique, que l’on est une sorcière.
J’étais devenue fébrile et si mes nuits avaient toujours agités, depuis mon arrivée, c’était pire. Savoir que l’on est un monstre n’aide pas, effraie. Savoir que d’autres races existent, panique. Avoir manqué la mort, de crocs acérés qui déchirent la peau comme on déchire une feuille de papier avec un ongle, étouffe. Savoir qu’une fois de plus que Jack a fini par me retrouver, me tuait à nouveau, à petit feu.
Des cernes avaient recommencés à décorer mon visage, l’appétit m’avait à nouveau quitté et malgré un message quotidien de Xander, lui qui se rapprochait le plus d’un soutien, j’étais exténuée et paniquée. Je ne pouvais pas quitter cette ville sans savoir contrôler ce que j’avais au fond de moi. Chaque nuit, je me réveillais quelques quatre heures après mettre couché et, je passais le reste de la nuit, à me concentrer sur tel ou tel objet, voulant le faire bouger comme j’avais réussi à faire bouger les livres, quelques jours plus tôt.
J’attendais patiemment que le réveil ne sonne, m’indiquant ainsi le début de journée et ma routine pouvait reprendre. Prendre soin de s’habiller, de donner le change d’être une femme forte et épanouie, cachant de loin le côté briser et émietté de mon âme.
Ma tasse isotherme dans les mains, gardant au chaud le thé matinal qui était devenu rituel, le vent frais du matin s’engouffra dans mes cheveux et je passais ma main sur ma nuque pour resserrer le… Zut ! Visiblement pas très réveillée, j’avais oublié d’orner ma nuque d’un des foulards que j’avais acheté pour cacher le pansement blanc qui cacher la rencontre avec le vampire. Je remontais chez moi, aussi vite que possible, pressée maintenant par le temps. En bas de mon immeuble, quelques minutes plus tard, je pris la route de cette boutique qui était devenu mon point d’ancrage. Mes escarpins résonnaient dans la rue sombre et étrangement silencieuse, la musique dans les oreilles pour ne pas paniquer aux moindres bruits suspects.
D’un autre rituel, je rentrais dans un petit café, au coin de la rue, pour me prendre ce petit croissant que j’avais pris habitude de manger, pour ne pas partir travailler le ventre vide. Les vendeurs, des clients de ma propre boutique m’avait souvent posé une question qui les interloqués souvent : Pourquoi venir prendre le petit déjeuner ici et pas gouter aux pâtisseries que je servais. Souriante, comme à chaque fois que je parlais avec quelqu’un, je leur avais simplement dit c’était un moyen de ne pas rester enfermée dans cette boutique, faisant autre chose que de manger ce que je servais. Tasse dans la main, croissant dans l’autre, je me tournais, toujours consciente que j’allais finir par être en retard, je rentrais de plein fouet dans une personne. Je relevais les yeux vers un homme, jeune, même si plus vieux que moi, un sourire d’excuses sur les lèvres
- Gabh mo leithscéal.
Je m’assurais, rapidement qu’il n’avait rien avant de filer, aussi rapide que l’éclair pour aller ouvrir la boutique et commencer, ici, aussi, d’autres rituels. En arrivant à mon comptoir, je me rendis compte, plus tard, que l’homme en question n’avait pas du comprendre un traitre mot de ce que je lui avais dit, lui ayant demandé de m’excuser, en gaélique. Trop tard pour trop tard, j’occultais cette péripétie pour me concentrer sur ce que je devais faire. Dans un premier temps, nourrir ce chat qui venait me rendre visite à la boutique et qui était devenu la mascotte. L’un de mes chats, comme j’aimais à le dire. Si j’avais du mal avec les humains, je me sentais plus proche des animaux et visiblement, les chats m’appréciaient. J’en avais, maintenant, deux dans mon appartement et un à la boutique, ça commençait à faire beaucoup, mais c’était tellement apaisant, un de ne pas dormir seule, deux d’entendre ronronner quand les terreurs nocturnes venaient à me visiter.
La matinée s’écoulait comme à l’ordinaire et chaque fois que le temps le permettait, j’allais me chercher une salade dans un restaurant à côté pour déjeuner, près de ce courant d’eau si apaisant et si étranger de mon pays. J’avais toujours pensé, qu’un jour, je partirais d’Irlande, voulant découvrir le monde, mais là, j’avais été poussé de chez moi et même le son de la rivière n’arrivait pas à calmer le mal du pays qui serrait mon cœur. J’avais pris pour habitude de poser une couverture sur le sol et de déjeuner, un peu écartée du monde, dans ma propre bulle. Un livre dans les mains, mon repas que je mangeais sans réellement le déguster, ne finissant pratiquement jamais et mon thé comme dessert, je profitais de cette heure de pause, comme si, au final, j’étais quelqu’un de normal.
La sonnerie de mon téléphone me sortis de ma rêverie et je poussais un soupire d’agacement. Je n’avais pas l’habitude d’être ennuyé pendant une lecture que le fait de l’être était dérangeant. Je reconnus le prénom de mon sauveur et arborant mon sourire que je feignais tant bien que mal, je répondis. Pourquoi sourire au téléphone ? Parce que ça s’entend, pardi !
- Hey. Tu sais, tu n’as pas à t’inquiétais tout le temps pour moi, je vais bien. Oui, je m’occupe bien des…blessures. Tu sais, ça n’est pas les premières que je doive soigner et cacher. Non, je n’ai pas eu vent qu’il soit là. Oui, je te le dirais.
Quand je raccrochais, mon sourire se figea sur les lèvres, mon regard perdu sur le prénom de ce contact. C’est étrange de sentir quelqu’un s’inquiétait, sincèrement pour soi. Une première. Une étrange première fois. Ma main, durant cet appel avait glissait sur ma nuque, puis sur mon épaule où je pouvais sentir le tissus qui protégeait mes vêtements de ma peau qui cicatrisais, ce qui me déclencha un frisson de dégout.  L’heure tardive, à nouveau me fit sursauter. J’allais encore être en retard, non, décidément, ça n’était pas ma journée. Je me relevais, mettant à la poubelle la fin de mon repas rangeant et pliant mes affaires avant de reprendre le chemin de ma boutique. Sur le chemin du retour, la voix d’un homme un peu éméché m’interpella. Je ne voulais pas m’arrêter, je voulais continuer à avancer, mais il s’approcha de moi avant de me saisir par le bras.
- He, ma jolie libraire, tu pourrais faire attention à ta clientèle.
Un client ? Dans cet état ? Et c’est à se demander pourquoi je ne voulais pas m’arrêter et continuer ma route. Il serra mon bras, ce qui me déclencha un frisson désagréable.
- Lâchez-moi, tout de suite.
Je tentais d’être aussi convaincante que possible, mais je n’eus droit qu’à son rire comme toute réponse. Je tentais d’échapper à sa poigne d’ivrogne et son regard ne s’en fit que plus sombre. Tétanisée d’avoir l’impression de revoir le regard de Jack se poser sur moi. Comme poussée par quelque chose d’invisible, j’arrivais à retirer mon bras de sa main, lui faisant quelques peu perdre l’équilibre. Cette scène me rappelait la dernière fois que mon géniteur et moi avions été en contact physique, sauf que Jack, lui, avait ce verre brisé dans la main prêt à me l’enfoncer.
Je fis demi-tour, rapidement, le cœur battant et tentant d’occulter les mots d’amour que l’ivrogne lancé à mon égard. « Garce, allumeuse,… ». Sincèrement ? Moi ? Je baissais le regard sur moi, tentant de comprendre l’utilité de ces termes. Soit, en robe, en escarpins, mais en quoi allumeuse ? Cette robe qui n’arrivait qu’à mon genoux, aucun décoté, juste une certaine classe, voir une certaine sophistication dans le seul but de ne jamais me faire remarquer. Les yeux baissaient, je rentrais, pour la seconde fois, dans quelqu’un. Je relevais mes yeux vers la silhouette masculine avant de tomber nez à nez avec la même personne que j’avais rencontré tôt le matin.
- Oh. Vous. Je…
Je regardais le contenu de son gobelet jonché le sol et mes joues se tintèrent de rouge. Contrastant avec la blancheur de ma peur, surtout après la rencontre avec cet ivrogne.
- Je ne fais vraiment pas exprès ! Je suis navrée, terriblement désolée !
La sincérité pouvait se lire sur son visage et la voix de l’homme qui m’avait accosté se fit entendre, derrière nous. Je risquais un regard, le cœur s’emballant sous la peur, à nouveau.
- Je travaille à côté, il y a du café, du thé, des boissons chaudes, laissez-moi me racheter !
Je le suppliais du regard de ne surtout pas me laisser. S’il avait entraperçu la rencontre avec ce poivrot, il pouvait comprendre pourquoi je ne voulais surtout pas que l’on me laisse seule avec lui. A ma grande surprise, il accepta.
Le chemin fut court et à peine eu-je ouvert les portes de la librairie que je me sentis tout de suite mieux. A peine eu-je ouvert la libraire d’un livreur m’apporta un paquet. Je le remerciais avant de le poser sur le comptoir.
- Un petit instant et je suis à vous !
Je tentais d’arborer ce sourire ce façade qui habillait mon regard à chaque fois que j’étais en présence de quelqu’un. J’allumais les lumières, la musique, du piano, se mettant à résonner dans les hauts parleurs. Je pris du lait, dans une petite coupelle, pour le mettre près du panier de fortune qui était installé près de la porte d’entrée. En panier de fortune, c’était surtout un de mes gilets que le chat aimé tellement que j’avais finis par lui céder. Et tout le long de mes tâches, que je tentais d’être rapide pour ne pas agacer cet homme, je tentais de me rappeler pourquoi son visage me semblait familier. Non pas du matin même, mais de plus loin, pourtant, à cet instant, ma mémoire me faisait cruellement défaut. Je m’installais à mon comptoir, ouvrant rapidement le paquet déposé, avant d’y découvrir une sorte de banderole dans la langue de mon cher pays natal. « "Nuair a bheidh tú ag deireadh an dodhéanta, is cuma cad fós, áfach, neamhdhóchúil fhéadfadh sé a bheith go bhfuil, de riachtanas an fhírinne." Pour être une citation de l’un de mes auteurs préférés. Même si pas Irlandais, Conan Doyle reste un auteur fabuleux et vu ma situation actuelle, je la trouvais très représentative. Et puis, il y avait aussi ce petit quelque chose supplémentaire de mon pays.
Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité. Cette phrase me parlait tellement plus maintenant que jamais auparavant.
Je mis la banderole à côté de nous, avant d’enfin relever mon regard sur lui. Je me sentais tellement gênée et d’autant plus idiote.
- Excusez-moi, je devais vérifier la qualité… Je suis sincèrement désolée de vous avoir percuté…Deux fois. Je suis assez maladroite, mais aujourd’hui, le temps va contre moi.
Enième sourire de façade, sur les lèvres. Mes yeux étaient fuyant, habitué à ne jamais regarder, trop longtemps, quelqu’un dans les yeux. Pourtant, je revenais sans cesse à ses yeux bleus qui me détaillaient, j’avais cette impression qu’il pouvait lire en moi, ce qui me dérangeait, quelque peu.
- Dites moi ce qu’il vous ferez plaisir, boissons, pâtisseries…, c’est offert par la maison. En soit, ça n’est pas moi la réelle patronne, mais je suis sûre que ça ne dérangera pas mon patron que je fasse cette incartade !
Pourquoi rajouter ce point ? Peut-être pour accentuer le côté stupide de la rousse qu’il avait en face de lui ? Nerveuse, je commençais à tapoter sur le comptoir de mes ongles, fuyant d’autant plus son regard.





lumos maxima

_________________
C'est juste un mauvais jour, pas une mauvaise vie.

   
   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
▬ Messages : 157
▬ Points : 94
▬ Date d'inscription : 07/05/2017
▬ Localisation : de retour en nouvelle-orléans depuis quelques jours seulement.
▬ Emploi/loisirs : ancien militaire. officiellement reconverti détective privé, officieusement il peut aussi faire disparaître ceux qu'on lui demande de trouver.
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    Lun 22 Mai - 11:03


YOU'RE IRISH TOO ?
hélionna
La Nouvelle-Orléans a toujours représenté un endroit bien à part pour Hélios dont les voyages ne sont pourtant plus à compter. La liberté et les réjouissances que l'on y trouve à portée de mains l'a toujours fait sentir parfaitement dans son élément. Il sait exactement quel genre de créatures il peut trouver ici, leurs forces, leurs faiblesses. Il sait également à qui il ne doit pas tenter de se frotter pour le moment bien que faire tête basse n'a jamais franchement été sa spécialité. Contradictoire avec son travail vous dîtes ? Possible et pourtant, il n'en reste pas moins l'un des meilleurs dans son domaine. Certain diront qu'il a le « truc » pour chasser les gens mais ceux qui le connaissent vraiment, c'est à dire une très grande minorité, et savent qu'elle forme il peut prendre se mettront tout simplement d'accord pour dire que cela fait partie de sa nature. L'Irlandais sait que certaines races, contrairement à lui, tentent de cohabiter au mieux avec les humains et même de les protéger. Un raisonnement qu'il juge tout simplement sans intérêt. Même s'ils se voilent la face, le monde tourne et a toujours fonctionné ainsi selon la loi du plus fort alors pourquoi faire semblant ? Dans tout ce joyeux bordel lui se place plutôt au milieu de tous : il ne fait pas de différence, pas de discrimination envers la nature des gens. Qu'il s'agisse d'un humain, d'un loup, d'un vampire ou même d'un wendigo comme lui, si un contrat sévit sur une tête il le remplira sans avoir plus de remords. Ou du moins, c'est ainsi qu'il fonctionnait jusqu'à ce qu'il la rencontre. Enfin si l'on peut vraiment parler de rencontre quand tout ce qu'il a fait se résume à la suivre, mémoriser ses habitudes et la protéger du mieux qu'il peut en toute discrétion. Les premières fois qu'il a vécu avec elle sont d'ores et déjà innombrables à commencer par celle de ne pas tuer mais de protéger sa cible. Quelque chose qu'il s'est toujours refusé de faire pour la simple et bonne raison que l'amusement n'est pas le même et qu'il se moque bien trop des gens pour se donner du mal pour qu'ils vivent. S'il a depuis toujours développé une haine vorace pour le monde dans sa globalité, il ne se souvient pas n'avoir jamais détesté une personne en particulier comme il le fait aujourd'hui avec Jack Holloway. S'il est allé jusqu'à l'engager lui pour se charger du sale boulot il n'aura certainement aucun scrupule à en envoyer d'autres qui accepteront de faire le travail sans plus réfléchir. Hélios ne peut pas vraiment les juger à ce sujet : aussi loin qu'il s'en souvienne il n'a jamais été blanc comme neige. Et autant dire que cela n'est pas près d'arriver. Ce que représente cette rouquine n'est qu'une parenthèse, une exception qui ne se reproduira jamais. Quelque chose qu'il ne comprend pas lui-même et qui lui donne trop de maux de tête pour qu'il ne veuille y songer davantage. Il ne la connaît pourtant pas vraiment. Par l'observation, certes, mais certainement pas par le partage. Ses yeux bleus, il les a vu admirer mainte choses avec délectation. Sa voix il l'a entendue et l'entend parfois encore même lorsque sa surveillance se met en stand-by. Elle devient de plus en plus flou et au fil des heures, cela devient presque un jeu de s'en rappeler la tonalité exacte et la volupté. Elle est son parfait opposé: bienveillante, souriante, aimante. Hélios n'était plus rentré dans cette librairie depuis des mois, bien avant qu'elle n'y trouve un boulot et un refuge par la même occasion. Elle fait bien trop attention à ses clients, les gâte au possible, et lui veut faire preuve de transparence. Son visage lui est encore inconnu et c'est beaucoup mieux comme ça. Si elle-même ignore qu'il veille au-dessus de son épaule, qui pourrait le soupçonner ?

Ce jour là et sans savoir quelle mouche a plus le piquer dans la nuit, Hélios a décidé que les choses seront différentes. La situation n'a encore jamais été aussi pesante sur ses épaules. Celle de ne pas la connaître vraiment mais seulement par procuration. Celle qui fait qu'elle n'a même pas conscience de son existence. La dernière fois qu'il a ressenti une telle détermination est certainement lorsqu'il a dit au père de cette dernière d'aller se faire voir et que s'il tentait quoi que ce soit, il finirait en plusieurs morceaux. Depuis quelques jours déjà l'Irlandais a senti comme un changement s'opérer dans la vie et les habitudes de sa protégée sans qu'il ne puisse poser le doigt dessus réellement. Plus de messages, plus d'appels et parfois, elle disparaît même sans qu'il ne puisse pister sa trace. S'il a pu jusqu'à maintenant supporter le fait de rester dans son ombre c'est simplement parce que les résultats s'y prêtaient ce qui commence à ne plus être le cas aujourd'hui. Et tant pis si cela manque de tact, il ne peut pas vraiment se permettre de la jouer grande finesse alors qu'une menace imminente pèse sur sa tête. Vêtu d'un costume assez simple, seule la cravate d'un vert éclatant dénature le tout assez ordinaire. S'il y a bien une couleur qui s'élève dans son estime, c'est bien celle représentante de sa patrie. Souvent avant de se reposer il songe à son village natal et à ce qu'il a laissé derrière lui. Il se dit qu'il y retournera un jour ne serait-ce que pour y revivre l’événement de la Saint Patrick puis réalise que ce n'est pas près d'arriver. Il planche sur l'affaire Holloway depuis plusieurs semaines déjà et ce dossier ne sera pas bouclé de si tôt. En fait il n'y a qu'une possibilité pour que cela soit le cas et Hélios en prend un peu plus conscience de jour en jour : la mort de Jack. Lui vivant le danger est toujours de mise alors que s'il disparaît, il n'y a plus personne pour envoyer de mercenaires. Secouant la tête pour oublier toutes ces contrariétés, l'irlandais presse le pas pour entrer à son tour dans le café et se retrouver juste derrière elle dans la file d'attente. C'est la première fois pour lui qu'il est si proche d'elle mais contrairement à ce à quoi il aurait pu s'attendre, il n'en tire aucune satisfaction. Tout ce qu'il a c'est une boule qui se forme au creux de son estomac, une gêne qui lui est parfaitement inconnue. Il n'estime personne suffisamment pour déléguer le pouvoir de le mettre mal à l'aise ou le rendre anxieux. Mais ce n'est pas la première fois que Donna Holloway prend ses droits sur lui. Comme lorsqu'il a tout bonnement refusé de la tuer. Elle n'a même pas eu à dire un mot et là encore, alors que son visage lui est privé, il la sent influer sur lui. Une situation inconfortable autant qu'agaçante. La file avance, la rouquine est servie et s'apprête à sortir mais le sort fait qu'Hélios se trouve dans son sillage. Une petite bousculade sans grande importance et dont la finalité vaut bien les quelques gouttes qui son sont échappées du gobelet pour s'écraser encore brûlantes sur le dos de sa main. Son regard se heurte puis s'attache au sien. Perdu dans ce bleu trop pur, il en voit à peine son sourire et ne le lui rend pas jusqu'à ce qu'elle formule des excuses dans sa langue natale... et qu'il soit trop tard pour qu'elle ne le voit puisqu'elle a continué son chemin. Il ne sait même pas pourquoi il sourit. Ce n'est pas une victoire et en fait, cela semble avoir été bien plus fugace que ce qu'il a l'impression d'avoir vécu. L'homme derrière le comptoir répète une troisième fois sa question en lui demandant sa commande ce à quoi il répond par la première chose qui lui passe par l'esprit, encore secoué par l'échange qu'il vient d'avoir.

Son milk-shake à la fraise et à la banane à la main, car c'est bien malheureusement la première chose qu'il a vu inscrite sur l'un des nombreux panneaux du café, il observa la librairie et les gens qui y entrent. Rien à signaler pendant toute la matinée si ce n'est des personnes aux habitudes vestimentaires hors normes. Hélios peut bien parler avec son costume et sa cravate verte. Faisant profil bas il la voit fermer la boutique et retourner jusqu'à chez elle probablement pour la pause déjeuner. Si en faire de même aurait été assez judicieux, l'irlandais préfère rester posté et surveiller les environs. Il aurait bien le temps de se reposer et de répondre à ses besoins pendant la nuit, elle plus ou moins en sécurité dans son appartement. Débarrassé de son affreuse boisson, Hélios reprend sa filature, plus éloignée et qui lui permet de se procurer un vrai café, au moment où la jeune femme retourne travailler. Assistant à toute la scène sans en louper une seule miette, le wendigo serre les poings dans les poches de son pantalon ainsi que la mâchoire. Autant dire que garder son calme et ne pas laisser parler son côté animal dans ces conditions n'est pas la chose la plus aisée à faire. A un moment il fait même un pas en avant prêt à intervenir et à détruire ce pochtron mais il n'a finalement pas à le faire puisque la rouquine parvient à s'en dégager... juste avant de lui foncer dedans une deuxième fois. Lui dont le regard avait été fixé sur le clochard d'air de défi comme pour le supplier de se relever et de lui donner une bonne raison de le massacrer, ne l'avait même pas vue arriver. Dans l’énervement il n'a même pas remarqué que son café s'est renversé et jonche maintenant le sol jusqu'à ce que le regard de la jeune femme ne l'y guide.

« Aucune importance. Éloignons-nous vite de cet homme voulez-vous, le reste attendra. »

Accepte-t-il l'invitation sans plus se faire prier. Il sait reconnaître un regard terrifié lorsqu'il en voit un, en partie parce que c'est souvent celui qu'ont abordé ses victimes avant qu'il ne leur donne le coup de grâce. Il n'aurait jamais cru que le voir sur celle lui nouerait une nouvelle fois l'estomac, plus douloureusement que la première fois au café plus tôt ce matin là. Relevant une dernière fois le regard avant de la suivre, Hélios mémorise les traits de cet individu afin que même sobre, ce dernier lui reste familier. Une chose est certaine : il s'occupera de son cas lorsqu'il en aura fini avec la jeune femme. Même s'il n'est pas un tueur un gage envoyé par son père le fait qu'il l'ennuie est pour Hélios un mobile suffisamment important pour qu'il ne le supprime sans préavis. Arrivé à la boutique, le wendigo jette un regard par dessus son épaule pour vérifier qu'ils n'ont pas été suivis puis s'essuie les pieds avant de pénétrer à l'intérieur. Une ambiance chaleureuse y sévit exactement comme il se l'imaginait. Cela fait une éternité qu'il n'a pas mis les pieds dans cette librairie et il lui semble que beaucoup de choses ont changées. En bien. Observant l'immense pièce avec minutie, son regard se braque finalement sur un paquet dont elle sort une banderole bien particuliere. Inconsciemment son cœur se réchauffe et un petit sourire apparaît sur le coin de ses lèvres. La rouquine a l'air de partager son admiration en lisant ces mêmes mots et aussi bizarre que ce soit, Hélios se sent d'un coup beaucoup plus proche d'elle. Il n'avait pas imaginé que les choses s’enchaineraient aussi vite et qu'il serait jeté dans la gueule du loup de la sorte mais il se fait rapidement à la situation en remarquant qu'elle est la plus gênée des deux. C'est à cet instant qu'il remarque également les joues rougies de la libraire ce à quoi il ne peut retenir un nouveau sourire. Contrairement à son habitude ce n'est pas à des fins moqueurs le mot s'en approchant le plus étant certainement 'attendris'.

« Is cuma, tá sé dearmad déanta cheana féin. »

Il répond dans un accent quasi parfait. Il a l'habitude de le parler ou plutôt de penser en gaélique puisque jusqu'à présent et depuis qu'il a quitté son pays, il n'a jamais rencontré personne avec qui il pouvait converser ainsi. Il continue de l'utiliser lorsqu'il est seul pour ne pas perdre le fil, les tonalités, les prononciations. Il sait qu'en quittant son pays on prend le risque que cela ne devienne qu'un vague souvenir et il ne veut pas faire face à cette situation. Il tient beaucoup trop à son Irlande.

« J'ai cru remarquer aux deux reprises où nous nous sommes croisés que votre journée était plutôt agitée, oui.  En parlant de ça ...  il s'approche du comptoir sans la quitter des yeux, son sourire maintenant effacé par l'inquiétude, vous êtes sûre que vous allez bien ? Il ne vous a pas fait mal ? »

Après tout il l'avait bien empoignée et pas de la plus délicate des façons. Ses mots vont en totale contradiction avec son langage corporel. Son regard le fuit et son sourire sonne faux mais Hélios n'en dit rien. Ils ne se connaissent pas encore assez pour qu'il puisse se permettre de le lui faire remarquer. L'irlandais veut seulement la mettre suffisamment à l'aise dans son élément pour la retrouver souriante comme il l'a si souvent connue. Un nouveau sourire apparaît sur ses lèvres lorsqu'elle mentionne le patron alors qu'il fait quelques pas jusqu'à la petite vitrine où sont entreposés des gâteaux de toutes sortes.

« Je connais bien Mr Green, c'est un -très- vieil ami à moi. Il m'a d'ailleurs assuré que vous prendriez grand soin de ma commande et je vois qu'il ne m'a pas menti à ce sujet.   commence-t-il en reportant son regard sur la jeune femme dont émanait une nervosité folle avant de reprendre, je prendrai ce que vous me conseillez. Une femme qui parle irlandais, je ne peux avoir qu'une confiance aveugle non ? »

Pour lui qui n'a pas l'habitude de fournir tant d'efforts pour se faire apprécier et encore moins mettre les gens en face de lui à l'aise, il espère que cela l'apaisera un peu.

librairie, début d'après-midi.
⇜ code by bat'phanie ⇝

_________________
orion is above the horizon now, and near it jupiter, brighter than it will ever be but i expect you can see it too. some of our stars are the same. ©alas.


Dernière édition par Hélios O'Brady le Lun 12 Juin - 23:16, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
▬ Messages : 73
▬ Points : 310
▬ Date d'inscription : 04/05/2017
▬ Localisation : Derrière son comptoir, dans sa librairie.
▬ Emploi/loisirs : Surveiller ses arrières.
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    Lun 22 Mai - 14:43

Perfect irish.



Il y avait eu quelque chose, l’espace d’une seconde quand je lui avais demandé, peut-être même supplié de venir avec moi. Un air de déjà vu, un air de Jack lors de ses tentatives pour me briser. Un bon samaritain qui n’aime pas que l’on brutalise une femme ? Ca tourne plutôt à mon avantage et pourtant, j’avais l’impression que « le reste » dont cet homme parlait n’avait pas pour cible le café que je lui devais. Sur la route, comme dans la boutique, du coin de l’œil, je décryptais au mieux mon accompagnateur, lui trouvant un air très élégant, très charismatique et cette cravate d’une couleur bien voyante qui détonnait avec son costume m’avait fait sourire. Il avait ce visage fermé, peut-être même un peu froid et pourtant, cette touche de couleur sonnait différemment sur lui.

Une différence qui s’accentuait un peu plus quand je rencontrais son regard, quand son sourire venait éclairer son visage. Je l’avais pensé froid et pourtant, son sourire illuminait. L’avais-je peut-être mal jugé ? Et pourtant, je n’avais aucun droit de juger une personne, pas moi, celle qui ment avec une telle facilité qu’elle arrive à se convaincre que ses mensonges sont une réalité et qu’elle est protégée.

Mes gestes s’arrêtèrent net, mon cœur se serra et mon regard ne pu mentir l’étonnement provoqué par sa réponse, dite dans un gaélique parfait. Je n’avais pas reconnu son accent et pourtant, il ne pouvait plus avoir de doute quand à sa nationalité. Ce point commun que nous avions lui et moi. Etait-ce en Irlande que son visage me paraissait si familier ? A cet instant, mon corps se scinda en deux émotions bien distinctes. Dans un premier cas, l’appréciation de rencontrer quelqu’un qui pouvait la comprendre, qui lui rappelait son pays, cette proximité qui adoucit le mal du pays, l’éloignement de ses racines, quelqu’un qui peut comprendre. C’est ce qu’annonça mon sourire et pourtant, mes yeux, eux, pensaient bien autre chose. Quelle chance qu’un irlandais se trouve ici ? Peut-être est-ce ma paranoïa, mais sachant pertinemment que Jack me savait dans cette ville, l’inquiétude pu se lire. Etait-il en rapport avec lui ? Etait-il le suivant que Jack m’envoyait ? Et pourtant, si tel était le cas, ne m’aurait-il pas tué ? Peut-être était-il juste là pour s’assurer que je ne parte pas, qu’une fois Jack arrivait, je ne puisse trouver de solution pour me sortir de ce bourbier.
- Je comprends mieux la cravate verte… C’est un choix osé. Peu de personne peuvent porter une telle couleur, qui plus est, en la portant bien.
Depuis combien d’années n’avais-je pas entendu quelqu’un parlait dans cette langue atypique ?  Même les irlandais se complaisent à parler en anglais, délaissant l’apprentissage des racines natales. Je m’étais caché dans l’instruction de cette langue, ce qui me permettait de mettre des mots sur ce que je ressentais, sans que personne ne puisse comprendre. Une échappatoire qui me rapprochait de racines que je ne connaissais pas.

Comment avais-je pu ne pas remarquer que nous disposions du même accent, cette caresse presque rassurante pour mes oreilles. Je tentais d’occulter mes doutes sur cet homme dans un coin de ma tête, parce qu’après tout, qu’elles sont les chances qu’il soit à la botte de Jack ? Non, c’est un signe du destin, rien de plus. Ca ne peut pas être autre chose. Je n’ai pas les cartes en main, le contrôle de ce que je suis au fond de moi pour me défendre, surtout que ce costume lui seyant parfaitement, je pouvais voir qu’entre ses bras, je ne résisterais pas longuement. J’avais eu presque l’occasion de le découvrir sous toutes les coutures. Si mon regard ne voulait pas croiser le sien, je ne m’empêchais pas de l’analyser du mieux que je pouvais.

Quand il fit allusion à nos deux rencontres, à nouveau, mes joues rosirent de honte. Une fois passe encore, mais une deuxième ? J’avais relevé mes yeux vers lui, je l’avais vu perdre son sourire et ses yeux semblaient exprimer une émotion proche de l’inquiétude. Oui, un bon samaritain. Un de ces hommes qui n’aiment pas que l’on violente les femmes. Non, il ne peut pas connaitre Jack, ni être de son côté, si tant est qu’il en est un. Je baissais mes yeux sur mon bras, passant ma main dessus, comme une habitude que je voulais chasser dans cette ville. Ma voix, elle se fit plus douce, plus faible et mon regard se voila, impossible de retenir mes paroles.
- J’ai connu bien pire. Un éventuel bleu ne me fait pas peur.
Ma main, presque naturellement, alla passait sur mon foulard, ce petit morceau de tissu qui cacher un pansement, lui, même cachant la plaie que ce vampire m’avait fait, sous les ordres de Jack. Et j’avais saisi, que sans Xander, j’aurais été souillé, vidée de mon sang et laissé là, morte, comme si ma vie n’avait jamais compté. Je l’avais suivit du regard avant de m’installer derrière la vitrine, l’observant avec attention avant d’échapper un petit rire quand il m’annonça connaitre le propriétaire des lieux. Ainsi, il connaissait l’endroit, le propriétaire et visiblement, savait que j’existais. Non, il ne pouvait pas connaitre Jack, c’était presque impossible maintenant. Je me sentais rassurée, même si savoir que cet homme connaissait mon patron m’intriguait. Combien y avait-il de chance que je le percute, deux fois, qu’il me sorte d’un trouble pour finalement m’apercevoir qu’il était irlandais, comme moi et qu’il était un habitué des lieux ? C’était presque inouïe, presque irréel. Ma bouche s’entrouvrit avant de se fondre dans un sourire un peu plus vrais que les précédents. Non, à dire vrai, une idée venait d’émerger dans ma tête et c’est amusée, que je repris à mon tour.
- Une confiance aveugle ? Nous allons voir ça ! Vous allez me servir de cobaye ! Je sais exactement quoi vous offrir pour vous restaurer ! Quand à la boisson, j’ai une préférence pour le thé thym-citron, mais c’est une saveur qui ne pourrait peut-être pas vous plaire…Attendez, votre commande ? C’est vous !
Je claquais des doigts avant d’effectuer, rapidement, les quelques pas qui me séparait de mon comptoir. Un changement d’attitude qui pourrait perturber n’importe qui quand on a l’habitude de me connaitre discrète. Je m’abaissais en prenant un paquet qui, même si bien emballé, laissé voir le titre de l’œuvre.
- « Pour mon ami, Hélios O’Brady » ? Je suppose que c’est vous. Il me tardait de vous rencontrer ! J’ai attendu toute la matinée que vous passiez les portes !
J’étais beaucoup plus enjouée, plus naturelle et mes yeux passaient du, maintenant, dénommé Hélios au livre que je tenais dans les mains. Un franc sourire traversa mon visage, presque inconsciente que mes paroles semblaient exagéré, pour la simple et bonne raison, qu’à mes yeux, elles ne l’étaient pas. Je posais le paquet sur le comptoir, caressant l’emballage, nerveusement, mais cette fois, c’était l’appréhension de ce que j’avais attendu toute la matinée.

Je lui montrais, du regard une table toute proche, pour l'y inviter, avant de m’occuper à la tâche de préparer, boisson et pâtisserie pour celui qui m’avait intriguée depuis que j’avais eu l’ouvrage entre les mains, rendant ma matinée particulièrement stressante dans l’attente de voir qui était ce fameux ami de Monsieur Green. A dire vrai, je l’attendais beaucoup plus vieux et beaucoup moins…charmant. Rapidement, avec une maitrise des gestes parfait, un plateau fut remplit, auquel j’avais rajouté une deuxième tasse, la mienne. Je fis le tour du comptoir pour prendre ces petites douceurs, les ramenant vers cet homme envers qui des milliers de questions venaient de se poser dans ma tête.
- Alors, pour cette histoire de cobaye, vous allez gouter cette tarte à la pomme. J’espère que vous aimez ? Ca n’est pas très original, mais je l’ai faite moi-même, la chantilly aussi. Vous aimez la chantilly ? Je dors peu la nuit, j’ai commencé à me mettre à la cuisine, oubliant que je ne mangeais que peu… Je me suis rajouter une tasse, j’espère que cela ne vous dérange pas ? J’ai l’impression de vous avoir causé plus de désagréments que n’importe quoi aujourd’hui…
Mon regard fila vers le comptoir, me trouvant idiote de raconter ma vie, mes problèmes de sommeil et pour manger à un inconnu qui se moquait cruellement de ce que j’étais en train de lui dire, pourtant…Ca avait été naturel, peut-être parce qu’il était irlandais et que sa cravate me plaisait terriblement ? J’étais nerveuse, mais cette fois, ça n’était pas pour une quelconque peur et ça devait se ressentir dans mon débit qui avait accélérait, dans mes gestes plus rapides, plus confiant et dans ce sourire que j’arborais, presque sincèrement.  Aussi, je reprenais, presque rapidement des mots que je mettais formuler toute la matinée.
- Hélios… N’était-il pas le garant des serments ? Celui à qui on ne peut mentir ? Celui qui a le don de vue ? N’était-il pas connu… Pour avoir eu bons nombres d’aventures ? J’ai trouvé, en ce paquet, un étonnant mélange… Un prénom à consonance grec, avec un nom de famille irlandais pour un ouvrage sur l’Egypte… Et il s’avère que cet homme est celui que j’ai percuté deux fois et renversé un café… Je vais penser que le Destin voulait cette rencontre !
J’allais reposer le plateau sur le comptoir pour ne pas encombré la table et mes yeux se posèrent sur le livre, le détaillant avec le plus d’attention possible. J’avais en moi, un millier de questions et cet homme en face de moi, ne cesser de m’étonnait. Pouvions-nous parler de Destin ? De coïncidence ? Pourtant, malgré tout ce qui se chamboulait et se fracassais dans ma tête, j’étais amusée par la situation. Bien loin de nous, l’ombre de Jack semblait disparaitre me rendant un peu plus humaine, plus joviale qu’à l’habitude.
- On m’a parfois dit que je jetais ma culture aux yeux des autres. N’y voyez aucune prétention de ma part, mais j’ai un certain penchant pour l’Egypte ancienne ainsi que pour les mythes et légendes Grecs. Cette boutique est animée par une mascotte, un petit chat que j’ai appelé Neptune, il adore l’eau et je trouvais que Poséidon, pour un chat… Enfin…J’ai une petite chatte que j’ai recueilli quand je suis arrivée ici, je l’ai nommé Bastet, je trouvais que c’était un nom parfait pour une beauté pareille ! Je crois que j'attire les animaux, visiblement.
Je pris une profonde respiration, consciente que j’en disais beaucoup trop, trop d’inepties qui semblaient sortir toutes seules, que je ne pouvais contenir. Je me mordis nerveusement la lèvre, jouant avec le thé qui infuser dans ma tasse, baissant enfin mes yeux des siens, remarquant par la même occasion, que je n’arrivais pas réellement, à présent, à quitter son regard et cette couleur qui donnait envie de s’y perdre, des heures durant.
- Et je parle trop… Peut-être voulez-vous êtes au calme pour ouvrir votre livre. Je suis sûr que les récits de Howard Carte quand il à découvert la tombe de Toutankhamon doit être fascinant… Surtout si l’on considère la malédiction dont l’équipe à été sujette…Et je recommence encore à trop parler…
Je baissais la tête en me mordant la lèvre, à nouveau. Cette façon d’agir ne me ressemblait pas, j’étais pourtant de nature discrète, très peu intrusive, très peu enjouée, très peu joviale et étonnamment, je me plaisais à être différente. Un énième mensonge ? C’était la question que je venais à me poser, moi qui découvrais que j’étais capable de soutenir un regard, de discuter, d’apprécier la discussion. Ca ne pouvait être que cet endroit où je me sentais si paisible, si protégée.






lumos maxima

_________________
C'est juste un mauvais jour, pas une mauvaise vie.

   
   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
▬ Messages : 157
▬ Points : 94
▬ Date d'inscription : 07/05/2017
▬ Localisation : de retour en nouvelle-orléans depuis quelques jours seulement.
▬ Emploi/loisirs : ancien militaire. officiellement reconverti détective privé, officieusement il peut aussi faire disparaître ceux qu'on lui demande de trouver.
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    Mar 23 Mai - 1:08


YOU'RE IRISH TOO ?
hélionna
Au moment où il prononce les quelques mots en gaélique, il voit le regard de son interlocutrice changer. On dirait presque que son corps tout entier se pétrifie sur place. A vrai dire Hélios ne sait pas vraiment s'il doit rire ou au contraire, craindre cette réaction. Certes on ne croise pas d'irlandais à tous les coins de rue mais, quand même. Puis son pessimisme naturel entre dans l'équation : et si elle l'a tout simplement reconnu ? Si elle se rappelle l'avoir croisé ? Ou pire encore, qu'en est-il de lui si elle a fait le rapprochement entre lui et celui qu'elle cherche à fuir depuis des mois ? Comme il l'avait pensé un peu plus tôt, il est rare de croiser un irlandais à tout hasard surtout dans une ville aussi vaste que la Nouvelle-Orléans. Ce n'est que lorsqu'elle mentionne finalement sa cravate verte que les muscles du wendigo se détendent à nouveau. In extremis, il retient même un souffle de soulagement qui manque de s'extirper de ses lèvres du à la retenue que le silence pesant lui a fait effectuer. L'anxiété n'est pas encore complètement partie néanmoins, il se sent beaucoup plus à l'aise à parler de cette cravate plutôt que tout autre chose qui pourrait griller sa couverture. Il vient à peine de prendre contacte avec celle qu'il observe secrètement depuis des semaines alors autant dire que ce n'est vraiment pas le moment de tout foutre en l'air. Le compliment qu'elle ajoute à la fin de sa tirade lui fait finalement relever les yeux vers elle et s'y perdre incontestablement. Un certain trouble s'empare de lui rendant ses pensées confuses et l'empêchant de répondre instantanément comme il l'aurait voulu. Heureusement pour lui, les secondes écoulées se comptent sur les doigts de deux mains avant qu'il ne reprenne enfin :

« Oui, on me dit assez souvent que mes choix vestimentaires sont très... Particuliers. C'est sûrement les racines Irlandaises qui font que ça passe. C'est notre couleur de prédilection après tout.   »

S'il y a bien des gens sur terre capables de porter le vert avec classe, d'après lui, ce sont bien ses compatriotes irlandais. Ces pensées le ramènent toujours chez lui, dans la maison de campagne dans laquelle il a vécu son enfance. Médée. Ses parents. Son père en particulier qui vivait littéralement pour sa patrie. C'est lui qui lui a transmis toutes ces valeurs concernant son pays natal. Il lui a enseigné l'importance de ne pas perdre de vue où on va mais plus important encore : d'où on vient. En agissant de la sorte et en chérissant les principaux symboles de l'Irlande, Hélios se sent plus proche de chez lui et de ses racines. Des gens qu'il a perdu également et qui représentaient ses seules attaches. Jusqu'à maintenant ou plutôt, jusqu'à son retour à la Nouvelle-Orléans. Donna fait partie de ce tout qui constitue aujourd'hui son monde. Un monde restreint, protégé à double tours. Parce que c'est vrai : peu de gens peuvent se vanter d'avoir eu ou d'avoir encore de l'importance pour lui. Et pourtant quelque chose lui dit que si ces beaux et innocents yeux bleus lui demandaient d'aller déchiqueter ce soûlard qui errait dans les rues sur le champs , il le ferait sans l'ombre d'une hésitation. Pas seulement parce qu'il a une terrible envie de tuer -et de le tuer lui plus précisément- mais parce qu'il ne se sent pas de taille à lui refuser quoi que ce soit du moment que cela n'entrave pas à sa sécurité. Elle lui a fait poser genou à terre sans même avoir eu à ouvrir la bouche et ce constat exaspère d'autant plus le wendigo qui voit la situation lui échapper sans qu'il ne puisse la retenir. A nouveau les joues de la libraire prennent une teinte plus voyante ce qui déconcerte l'irlandais et va jusqu'à lui faire oublier où ses songes l'avaient jusqu'alors mené.

« Je me répète mais ce n'est rien pour les bousculades. »

Juge-t-il bon de préciser afin qu'elle intègre bien l'information et cesse de se tourmenter de la sorte. Il n'a pas refusé de mettre un terme à ses jours pour la tourmenter par après à cause d'une simple histoire de café renversé. La voyant baisser les yeux Hélios en fait de même et se met à fixer l'endroit de son bras qu'elle maintient. Il aimerait pouvoir faire quelque chose mais malheureusement pour lui, il n'a aucun pouvoir capable de ne serait-ce qu'apaiser ses douleurs. Tuer, c'est tout ce qu'il sait faire et la question des jours à vivre qui restent à l'homme lui ayant fait ça ne se pose même plus. Dès lors qu'il l'a observé et a mémorisé son visage, l'irlandais a placé au-dessus de sa pauvre tête une épée Damoclès. Demain à la même heure, il ne sera déjà plus.

« Avoir connu pire ne signifie pas que celui-ci est sans importance.  répond Hélios en replantant son regard sur le visage de poupée de la rouquine, vous voulez que j'y jette un œil ? Je ne suis pas médecin mais je suis sûr qu'avec une bonne crème le bleu peut être évité. »

Il ne la force à rien. Son but est plutôt de lui faire comprendre que si elle a besoin d'en discuter, d'extérioriser, elle peut parfaitement le faire avec lui qui a assisté à toute la scène. Un mouvement de la jeune femme attira cependant le regard et la suspicion du détective. Un sourcil arqué, il l'observe toucher le foulard qui pend à son cou. Appelez ça paranoïa si vous voulez mais avec le métier qu'il fait et la ville dans laquelle il se trouve, tous les doutes sont permis. La Nouvelle-Orléans a toujours grouillée de toutes sortes de créatures aussi loin qu'il s'en souvienne et même si elle n'a pas de fréquentations de ce genre, à sa connaissance, il n'exclue pas le fait qu'elle ait pu être attaquée et ne pas s'en souvenir à cause de l'hypnose. D'une manière ou d'une autre, il lui faudrait faire la lumière sur ce point noir qui dénaturait le reste du tableau. Son visage retrouve finalement un air plus neutre et détendu lorsqu'il sent le regard de la jeune femme peser à nouveau sur lui. Hélios quant à lui se contente d'admirer toutes les choses qui se trouvent en vitrine et lui mettent l'eau à la bouche. Après tout il n'a pas mangé puisqu'il a tenu sa garde toute la journée et son estomac commence cruellement à crier famine. L'écoutant d'une oreille il repose finalement son regard sur elle puis fronce à nouveau les sourcils en la voyant s'agiter. On est bien loin de la Donna mal à l'aise et intimidée qu'il a croisé ce matin ou même juste avant qu'ils n'entrent ici. Elle a l'air complètement dans son élément, enjouée, énergique. Cette constatation extirpe un petit sourire en coin à l'irlandais qui se refuse cependant d'en montrer davantage. Il est déjà suffisamment différent de celui qu'il est à la normale à son goût et il ne veut pas se montrer trop accessible non plus à la première rencontre. Cela aurait plus l'air suspect qu'autre chose.

« Hélios O'Brady c'est bien moi oui. Enchanté, puisque l'occasion se présente.  commence-t-il en lui tendant la main comme le veut la coutume. Donna je présume, Mr Green ne tarit pas d'éloge à votre sujet. J'aurais voulu passer plus tôt mais j'ai moi aussi eu quelques inconvenances malheureusement. Je suis navré de vous avoir faite patienter. »

Ajoutant à ses paroles une grimace d'excuse, il profite encore quelques instants supplémentaires du contact entre leurs deux mains. Ce n'est certes qu'une poignée comme on en voit beaucoup mais lorsque l'on s'est documenté sur une personne, sur toute sa vie, sur ses habitudes et tout le reste, il est difficile de ne pas tomber dans une certaine émotion. Celle d'un accomplissement. Il la relâche finalement et en profite pour quitter la libraire du regard également. A nouveau un creux se forme dans son estomac. Serait-il … ? Non, impossible. Lui ? Gêné ? Ce n'était plus arrivé depuis l'âge de ses onze ans lorsqu'il avait surpris la voisine seins nus dans son jardin. Un moment mémorable qui avait laissé sur ses joues deux rougeurs bien distinctes des heures durant après l'incident. Prenant place à la table qu'elle lui a désigné, l'irlandais se décide enfin à reprendre la parole puisqu'il se souvient ne pas avoir vraiment répondu à la pseudo question qui lui a été posée :

« En ce qui concerne d'être votre cobaye ça me convient, j'ai une faim de loup je pourrais avaler un éléphant.  si seulement elle savait que ce n'était pas que métaphorique...  et le thé que vous avez mentionné m'ira très bien j'en suis certain. »

Observant quelques secondes la salle dans laquelle il était installé, c'est sans surprise que ses yeux se posèrent une énième fois sur le visage harmonieux de Donna. Il ne sait pas si c'est parce qu'il est irlandais ou encore parce qu'elle sait maintenant que c'est un vieil ami de Mr Green ou encore simplement parce que c'est un client mais elle semble s’affairer au possible. Une pile d'énergie qu'Hélios a même du mal à suivre du regard. Lorsqu'elle approche enfin avec un plateau garni entre les mains, l'irlandais fait mine d'observer les bonnes choses qui s'y trouvent bien qu'en réalité ce sont bien sur ses courbes idéales que son ses yeux sont braqués. Elle a beau représenter une mission, un nom dans un dossier, il ne peut s'empêcher d'admirer sa silhouette avantageuse et son visage démuni de défaut. Chacun de ses traits forment un ensemble dont la beauté et la douceur briseraient le cœur de pierre le plus robuste. Incapable de répondre à sa question vu le flux de paroles dans lequel est lancée la jolie rousse, Hélios se contente hocher la tête pour montrer qu'il comprend bien avec un sourire amusé collé au visage. Lui qui est plutôt d'une nature calme et posée se surprend à apprécier ce nouveau rythme qui s'offre à lui. Il faut dire aussi qu'il ne se lasse pas d'entendre sa voix encore plus maintenant que c'est à lui qu'elle s'adresse.

« J'adore la tarte aux pommes, la crème fouettée et les choses faites maison. Quant à l'invitation, j'accepte volontiers que vous vous joignez à moi mais à trois conditions. perdant son sourire afin d'y mettre un peu plus de suspens, il plante son regard dans le sien puis reprend : premièrement vous m'accompagnez pour manger de cette merveilleuse tarte. Deuxièmement : nous tournons définitivement la page sur les deux incidents qui nous ont poussés l'un vers l'autre, c'est le cas de le dire !  s'autorise-t-il en échappant un petit rire. Et enfin dans une note plus détendue il conclut : Pour finir, que pensez-vous de la possibilité de se tutoyer ? Vous êtes jeune, je suis jeune. Epargnons-nous tant de manières.  »

Ce n'est qu'une proposition afin de la mettre plus à l'aise, encore une fois. En plus de ça, il n'a pas vraiment l'habitude de vouvoyer les gens dans la vie de tous les jours. Le vouvoiement c'est pour les gens qu'on estime ou respecte. Or, il n'y a personne dans la vie d'Hélios qui puisse se vanter d'avoir atteint ce rang. Concernant le premier, il réagit seulement face à l'information qu'elle lui a donnée plus tôt concernant son alimentation altérée. Il ne sait absolument pas si cette tentative fonctionnera mais il ne perd rien à essayer. Qui sait, peut-être que d'être accompagnée et en grande discussion en somme aidera à faire passer la nourriture plus facilement. Croisant les bras l'espace d'un instant, l'irlandais boit les paroles de son interlocutrice. Elle a l'air d'en savoir beaucoup, plus qu'il ne l'aurait cru en tout cas. La science et les connaissances en général ce sont toujours trouvés dans les livres. D'après lui, ce sont les biens les plus précieux qui existent parce qu'ils sont ce qui lie l'ancien à l'actuel et ce qui liera l'actuel au futur. Sans les livres l'homme ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. Travailler constamment avec eux comme le fait Donna est un privilège incontestable.

« Celui qui rendit la vue au géant Orion,  ajouta Hélios comme pour compléter la phrase de la rouquine, vos connaissance m'impressionnent. Peu de gens s’intéressent encore à la mythologie de nos jours. Vous croyez au destin Donna ?  »

Questionne finalement le détective, curieux de connaître sa réponse. Lui n'y a jamais cru et ne le ferait jamais et ce, même si une part de lui se satisferait assez de croire que quelque chose de divin avait voulu d'une façon ou d'une autre les réunir. Peut-être que cela expliquerait qu'il n'avait pas pu aller au bout de sa mission et qu'il ne pouvait désormais plus se détacher d'elle. Attiré comme un aimant, quelque chose le lie à elle un peu plus à chaque seconde qu'il passe à ses côtés. Il peut le sentir, sentir que la prise se referme sur lui.

« Il n'y a que deux types de personnes dans ce monde : les idiots qui étalent leur bêtise et les cultivés qui étalent leurs connaissances. Aux yeux des cultivés les idiots en restent, aux yeux des idiots par contre, les cultivés deviennent des prétentieux. J'ai personnellement toujours aimé les gens avec de la conversation notamment à propos de l'histoire ou encore la mythologie. Ce sont des domaines si connus et pourtant incertains à la fois. Tout ce mystère qui y est directement lié, ces histoires fantastiques... C'est tout simplement fascinant.   Il semble qu'elle n'est plus la seule à trop parler maintenant. Encore une nouveauté pour lui qui est plus attentif que bavard habituellement.  Le Dieu des mers pour un chat qui aime nager je trouve ça plutôt bien trouvé. Ça doit en surprendre plus d'un lorsque vous donnez son nom.  »

Hélios s'empare enfin de la tasse de thé qui lui a été donnée puis en boit une gorgée jusqu'à ce que la dernière réflexion de la jeune femme lui arrive aux oreilles et au cerveau. Pris par surprise, son sang ne fait qu'un tour. Il manque même de s'étouffer un instant en avalant de travers avant de s'emparer d'une serviette en papier mise à disposition sur la table pour s'essuyer la bouche tout en continuant de toussoter légèrement. Si elle savait qu'elle en avait un juste en face d'elle, elle ne plaisanterait certainement pas à ce sujet de façon aussi désinvolte.

« Excusez-moi, j'ai été surpris par la chaleur du thé...  ment-il puisqu'il ne peut décemment pas lui en donner la vraie cause, ... Et moi je parle peu, vous voyez nous faisons bien la paire. Au contraire restez ! J'adorerais entendre votre point de vue sur le sujet. »

Et sur ces mots, l'irlandais se met à sourire à nouveau. Il ne sait pas si c'est le fait d'apprendre qu'elle est comme lui passionnée par la mythologie ou si c'est simplement la voir aussi proche, se mordillant la lèvre de façon tout à fait admirable mais il se sent apaisé. Lui tendant l'une des deux petites cuillères qui se trouvaient sur la table, Hélios fit glisser l'assiette avec sa part de tarte au milieu de cette dernière à égale distance de la libraire et lui.

- « Je sais qu'on ne trinque pas avec des tartes habituellement mais considérant avec quelle hargne le destin a voulu nous réunir aujourd'hui, je me dis pourquoi pas ?  »

librairie, début d'après-midi.
⇜ code by bat'phanie ⇝

_________________
orion is above the horizon now, and near it jupiter, brighter than it will ever be but i expect you can see it too. some of our stars are the same. ©alas.


Dernière édition par Hélios O'Brady le Lun 12 Juin - 23:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
▬ Messages : 73
▬ Points : 310
▬ Date d'inscription : 04/05/2017
▬ Localisation : Derrière son comptoir, dans sa librairie.
▬ Emploi/loisirs : Surveiller ses arrières.
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    Mar 23 Mai - 3:54

Perfect irish.



Il y avait une ambiance qui régnait dans cet endroit depuis l’ouverture, depuis que nous étions seuls, depuis qu’il était là, ses yeux bleus semblait me scrutait et étrangement, comparé à certaines personnes qui avait pu le faire depuis mon arrivée ici, je me sentais de moins en moins oppresser par son attention. Quelque chose de mystique régnait ici et je n’avais pour rien envie que cela se termine, que quelque chose change, voir même qu’un client ne vienne nous déranger. L’idée même de fermer la boutique m’avait traversé l’idée, mais qu’aurait-il pensé si je l’avais fait ? Même si la discussion, si cette rencontre semblait sortir de l’ordinaire, je ne voulais pas lui donner l’image d’une femme que je n’étais pas.

Il y avait quelque chose en lui de totalement différent des personnes que j’avais pu rencontré depuis mon arrivée. Pas de magie, pas d’orgueil, de jeu, de drague un peu trop forcé, ici, ça n’était que le destin, un enchainement de situation qui nous avait amené à partager plus qu’un mot au détour d’une rue. L’emprise de Jack commençait à s’éloigner de plus en plus, parce que pour une fois depuis quelque temps, je pouvais mentir sur ce que j’étais sans le regretter, trouvant, presque, ce que j’avais toujours cherché. Une conversation normale. Une situation normale. Si derrière ses murs se trouvait un homme un peu trop alcoolisé, ici, il n’y avait que cet irlandais et moi et ce qui avait traversé mon esprit, son regard froid, son aura étonnante quand il avait regardé cet homme, tout ça semblait disparut pour laisser place à un homme dont la voix me faisait un bien que je ne pensais pas possible. Un mensonge de ma part, cachant ma vie, mon passé, ce que j’avais récemment appris, restant tout simplement…Donna.
- Très particuliers ? Plus particuliers qu’une cravate verte que peu oserait porter ? Je serais curieuse d’en savoir plus… Je porte aussi, souvent, du vert, pas aujourd’hui, si ce n’est ce foulard… J’en porte, plus généralement le jour de mon anniversaire et je me fonds dans la masse irlandaise. Je suis née le jour de la fête nationale.
Pourquoi avais-je eu besoin de préciser des détails sur ma vie ? Après tout, parler à un irlandais me faisait du bien, me rappelant, oui, ce que j’avais perdu, mais aussi ce que j’avais pu trouver, partager, savourer pendant mes deux années de repos à Dublin. Serveuse dans la rue la plus peuplée de bar de Dublin avait été un délice. Même si le contact humain m’avait toujours perturbé, j’avais trouvé une certaine stabilité en profitant, même si ça n’était qu’en regardant, la vie des autres, s’amuser, sous mon regard envieux. Cette fois, dans cette ville, ce pays bien loin du mien, je voulais tenter de me laisser une chance…Une chance qui serait fini lorsque Jack aurait appris mon arrivée ici. Vivre au jour le jour, prête à partir et ne pas se retourner. Mais pour ne pas se retourner, il ne faut tisser aucun lien… Etait-ce une pente glissante que d’être en compagnie d’Hélios ? Il avait ce quelque chose qui me forcer à rester, à discuter, sans qu’en vérité, je n’en sois forcée. C’était tellement naturel de parler, de m’intéresser, de répondre que j’en étais suspicieuse. Pourquoi ? Avais-je détruit une partie de cette carapace de défense en acceptant l’aide, le regard et la protection de chasseur ? Avais-je commencé à céder le jour où cette blonde m’avait apprit qui j’étais réellement ? Les choses changent… Peut-être devrais-je suivre le moment ?

Quand il avait insisté sur l’inutilité de revenir sur ces bousculades, je lui avais fait un léger signe de tête, signifiant que j’arrêterais par la même de m’excuser autant pour quelque chose, qui finalement, n’avait été que du positif. J’évitais soigneusement son regard, ne voulant pas montrer le trouble que je pouvais ressentir. Et pourtant, avoir connu pire faisait toute la différence. La peur de cet alcoolique, de ses paroles, de son regard, tout ça n’était rien comparé à ce que j’avais pu vivre avec Jack. La violence d’un mur, d’une gifle, d’une clé de bras si fort que mon bras se brise, de lames qui avait pu ouvrir ma peau, d’une main trop pressante sur ma gorge… Non, une saisie de cette envergure n’était plus rien à mes yeux.
- J’ai bien peur de ne pas avoir quoi que ce soit pour soigner… Ne vous inquiétez pas, je suis résistante, mais si cela peut vous rassurer, allez-y.
J’avais fuis ses yeux, du plus que je pouvais et pourtant, je venais de lui offrir, de lui tendre, mon bras. Je n’avais aucune raison valable pour lui tendre mon bras et pourtant, si cela pouvait effacer ce regard tendu qu’il avait posé sur moi, ça ne me semblait pas être un problème. Je voulais lui cacher que malgré les paroles que je pouvais dire, que les pensées que je me forçais à émettre avec insistance dans mon esprit, j’étais troublée par cette rencontre, de peur qu’il ne soit là quand je sortirais le soir même de cette librairie. Je tentais d’occulter les battements de mon cœur qui s’affolait dans ma poitrine, trahissant ma propre peur du monde. Non, je n’avais pas si changé que ça, certaines choses ne changent pas, sans doute avec du temps, elles peuvent s’atténuer, mais jamais disparaitre. Une habitude reste une habitude.

Je posais ma main dans la sienne, appréciant ce contact, avec un sourire qui ne pouvait pas mentir. Pas cette fois alors que certaines barrières entre nous commençait à se briser. Nous étions bien loin des inconnus que nous étions, quelques minutes auparavant.
- Vous présumez bien. Je suis enchantée. Vraiment ? J’ai parfois l’impression que la jeunesse de certaines de mes idées ont quelques fois du mal à trouver grâce à ses yeux. Sa santé m’inquiète aussi, il est du genre forte tête et bourru, de ce que j’ai pu remarquer. Vous n’avez pas à vous excusez, j’ai pu, par la même occasion, ranger l’arrière boutique. Je n’ai donc yeux que pour vous…Je…Je veux dire en tant que client. Du temps pour vous, parce que vous êtes un ami de mon patron et client…
Je fermais les yeux une seconde en prenant une forte respiration qui se termina en un soupire audible. Le souci, quand on ne partage pas de nombreuses conversations avec le peuple qui vit sur cette terre, c’est que l’on a tendance à dire ce que l’on pense, même si c’est maladroit. Pourquoi avais-je eu besoin de me reprendre d’ailleurs ? Je n’étais pas du genre à draguer, ne me pensant pas capable de pouvoir séduire quelqu’un. « D’une banalité affligeante… » Ce que me répétait souvent Jack. Il devait avoir raison pour le dire avec une telle hargne non ? Je n’avais pas à reprendre ces paroles et pourtant, en le faisant je venais de me créer une gêne supplémentaire, seule.

J’avais eu peur de mettre montrer trop…trop. Dans un excès si soudain qui m’étonnait presque moi-même et pourtant, j’avais vu dans le regard, dans le sourire différent de mon interlocuteur quelque chose qui me rassurait quand à cette nouvelle facette de moi-même. Rassurée d’autant plus quand il accepta, sans qu’il n’est réellement le choix, d’être mon cobaye, acceptant aussi de me suivre sur cette boisson que j’adorais. Ca n’est sans doute qu’un thé, un breuvage comme un autre et pourtant, c’était un plaisir d’avoir quelqu’un à qui partager quelque chose que l’on aime, aussi futile que ça soit. Et satisfaite j’avais apporté chaque éléments sur la table, avant que mon sourire ne disparaisse, presque de connivence avec le sien. Des conditions ? Mon esprit fusa dans tous les sens, inquiète de les entendre et pourtant, quand sa voix brisa le silence, quelques micro secondes plus tard, un soupire passa mes lèvres. J’avais réellement était inquiète et l’énonciation de ses objections ne me posait, finalement, aucun problème. C’était même un plaisir, qui pouvait sans doute se lire sur mon visage, que j’acceptais bien volontiers. Son rire m’interpella. A dire vrai, je n’avais plus l’habitude quelqu’un se laisse allez à rire à mes côtés que mon esprit tiqua sur cette petite attention. Depuis quand n’avais-je pas rit, réellement, sincèrement ? Depuis quand n’avais-je pas menti, tout simplement ?
- Je suppose que tout est faisable…
Par la même occasion, ne venait-il pas de me dire que nous allions passer un moment plus long que prévu ? Depuis, quand, d’ailleurs, n’avais-je pas discuté de ce que je pouvais savoir sur ce que j’aimais avec quelqu’un ? Depuis quand n’avais-je pas partagé un instant aussi…paisible ? Il n’y avait, presque, aucun malaise, juste une simplicité déconcertante pour quelqu’un comme moi. Je n’avais pas envie de détruire les barrières que j’avais mis tant de temps à ériger, mais la satisfaction de la tournure des événements ne me laisser pas de marbre.
- J’ai pu le voir en effet dans le chiffre de mes ventes… Mis à part les étudiants qui viennent à reculons chercher des informations et encore, avec internet, ça n’aide pas. Je trouve quelque d’étonnant dans les mythes passaient, quelque chose de merveilleux que l’on ne trouve plus maintenant. Et pourtant, ne faut-il pas des croyances pour avancer ?
Etait-ce vraiment moi qui venais de dire ça ? Celle qui ne croit plus en rien, si ce n’est d’une mort prématurée ? Le destin ? Est-ce qu’il y a forcément un destin dans ce monde ? Quelque chose qui fait tourner la planète suivant une ligne bien défini ?
- C’est une vaste question. Je suppose qu’il y a ce petit quelque chose de mystique dans le monde, dans la vie de chacun qui permet d’avoir, parfois un coup d’avance. De là à dire que le destin est tracé, je ne le dirais pas. Prenons exemple cette rencontre. Si j’avais été à l’heure, les deux fois, nous ne nous serions pas croisés, pourtant, votre…ta commande t’attendais ici, alors nous étions forcément amené à nous rencontrer. Je doute qu’un Zeus soit dans sa tour d’ivoire à avancer les pions que nous sommes, pourtant, j’aime à croire que jamais rien n’arrive sans raison. Le destin et l’espoir, à mon sens sont deux idées que nous avons besoin pour avancer, pour s’assurer qu’une fatalité, n’en est jamais une. J’aime à me dire que la vie peut changer, que ça soit, parfois, sans que nous le voulions. Que ça soit du premier avion que nous trouvons, d’une rencontre avec un homme malade qui permet de gérer une librairie, d’une ville qui peut répondre à bons nombres de questions… Et toi, Hélios, crois-tu à cette force qui nous dépasse ?
Utiliser le tutoiement m’avait quelque peu perturbée, bien moins, à dire vrai que ma réponse. Mettre des mots sur des pensées bien trop nombreuses, mettre des mots pour parler de moi, un peu plus naturellement que je ne l’avais voulu, mais cette fois aussi, c’était naturel. Finalement, ce que j’avais pu laisser entrevoir sur moi n’était que des mots qu’ils savaient déjà ? Prendre un avion pour venir, cette boutique… Peut-être pas le côté impulsif de prendre le premier avion trouvé, peut-être avais-je simplement parler trop vite. J’avais posé mes coudes sur la table, mes mains sous mon menton pour suivre le fil de la conversation et des pensées de cet homme qui parle plus qu’il ne le laissait voir jusqu’à présent.
- C’est un raisonnement qui se tient, mais n’est-il pas possible qu’il y est une troisième catégorie de personnes ? Celle qui cache peut-être un jeu, celle où l’ont ne peut définir le monde ? Tu parles de fantastique, mais les dieux, les mages, les vampires…les sorcières ? Si tant est que l’on aille jusqu’à admettre la véracité de ces personnes, elles ne peuvent être ni dans l’une, ni dans l’autre de part leur aspect étonnant ? Tu dois penser que je divague, mais n’y a-t-il jamais une part de vérité dans les légendes ?
Etrangement, savoir ce qu’il pensait sur les personnes comme moi m’intéressait. Lui et son jugement posé et réfléchi. J’avais été un peu plus hésitante quand à définir les races, surtout la mienne, passant d’une mythologie aux légendes qui me touchaient, maintenant, de trop près. Je n’avais pas envie de me livrer, ni même envie de continuer à mentir. Une partie de moi voulait cesser cette conversation qui devenait beaucoup trop personnelle, beaucoup trop intéressante, beaucoup trop appréciable, mais une autre, étonnamment, la dominante, voulait juste profiter, tentant du mieux que je pouvais, de faire taire mon esprit et mes doutes.
- Surprendre ? Pour beaucoup, ça n’est que le nom d’une planète. Ils sont bien loin d’imaginer que ça correspond à une partie intéressante de l’histoire. J’ai beaucoup aimé l’histoire de Poséidon qui se mettait au même niveau qu’Ulysse pour l’empêcher de retrouver voir sa femme et son fils pour un sacrifice non fait. C’est ainsi que l’on voit qu’il ne faut pas avoir trop de pouvoirs entre les mains pour ne pas en abuser. Il était ingénieux, surtout avec les cyclopes. Se nommer personne lui a finalement sauvé la vie. Se fondre dans la masse jusqu’à disparaitre…
Quand je le vis se saisir de sa tasse, je me rappelais la mienne qui m’attendait, elle aussi, patiemment. Je posais ma main, délicatement, sur la porcelaine, prenant la température avant que mon regard ne se pose à nouveau sur l’irlandais qui semblait, d’après lui, avait été surpris par la chaleur du thé. J’arquais un sourcil, étonnée par le simple touché de ma propre tasse qui ne semblait pas si chaude. Je passais ma main dans mes cheveux, les ondulant plus pour la forme, par habitude que par nécessité avant de me sentir soulagée de voir que le thé ne lui avait finalement rien fait. Mon esprit analyste resta au aguets quand à une phrase, un enchainement de mots pourtant si classique et pourtant, dans cette situation, mon cerveau avait décidé de mettre le doigt dessus. « Faire la paire » ? Mon cerveau était un vilain farceur qui tentait de s’amuser pour des mots prononcés pour une conversation intéressante. Son sourire ponctua, sa visible envie de continuer que je ne pu que sourire à mon tour. Heureuse qu’il apprécie cet instant autant que moi semble être un peu exagéré, satisfaite, pourtant, ne semble pas assez fort.

Respectant le troisième et dernier point qu’il avait voulu instaurer, je pris la cuillère qui me tendait, effleurant ses doigts par la même occasion et ce contact sembla faire réagir mon cœur, celui-ci s’accélérant quelques peu. Je décidais de prendre un petit morceau de tarte, plongeant la cuillère dans la crème fouettée avant de la porter à mes lèvres avant un sourire amusée, pour tenter d’oublier cette sensation étrange.
- Parait-il qu’il ne faut jamais lutter contre le destin… Tu vois, ça n’est pas empoisonné. Je ne dois pas être si mauvaise que ça finalement. Je suppose que si ma cuisine te plait, tu pourrais peut-être revenir.
Je reposais, pourtant, rapidement la cuillère avant de me saisir de mon thé, fermant les yeux en appréciant les petites gorgées que je pris, mon visage fendu d’un sourire satisfait, d’un sourire doux, oubliant presque je n’étais pas toute seule. C’était aussi et surtout un moyen de ne pas regarder cet homme après avoir émit l’idée que sa présence était agréable, que j’aurais même envie de le revoir, plus souvent entre ses murs. Si les discussions avec mes habitués étaient plaisantes, elle ne semblait que de pâle copie en comparaison avec celle que j’avais avec Hélios.

Je finis par reposer ma tasse avant de tourner mon regard vers la porte de la boutique ayant entendu un bruit qui était devenu routinier pour moi. Un large sourire se posa sur mes lèvres quand mon regard croisa la petite silhouette noire à poil que j’aimais tant. Je m’excusais avant de venir ouvrir la porte à ce chat dont nous avions parlé plus tôt. Celui-ci ne se fit pas prier pour venir réclamer son dû, ses câlins habituels. Aussi, je le pris dans mes bras, avant de me tourner vers Hélios, approchant lentement.
- Tu n’es pas allergique j’espère ? Je te présente donc Neptune, cette petite chose, visiblement sans maitre, qui trouve refuge, comme moi, dans cette librairie. C’est un client fidèle qui malheureusement ne paie pas souvent sa note. J’essaie de lui faire comprendre que ses ronronnements ne sont pas une monnaie, mais il a l’air buté. Néanmoins, il revient chaque jours, c’est qu’il doit y trouver son compte, il me fait une compagnie quand les clients ne se pressent pas pour venir.
Il releva la tête vers moi, miaulant d’un son aigu me faisant comprendre que le plus important à l’heure actuelle était sa coupelle de lait, plus que la chaleur de mes bras. Néanmoins, avant que je ne puisse le poser, il trouva un nouveau jouet dans l’extrémité de mon foulard. Le frottement du foulard sur le pansement me fit grimacer, mais aussi et surtout, le nœud que j’avais fait ne devait pas être très solide, car il réussit à l’enlever, le morceau de tissu se retrouvant sur lui. Je grimaçais d’autant plus avant de, rapidement, déposer le chat sur la chaise avant de renouer le foulard autour de mon cou, consciente que je n’avais pas pu cacher le pansement à l’œil affuté de mon interlocuteur. Dans un silence qui ne fit qu’accentuer ma gêne, je pris place sur ma chaise, une fois que l’animal fut partie se nourrir, reprenant la cuillère pour reprendre un morceau de la tarte. Il fallait que je trouve quelque chose pour me détendre, moi qui n’arrivais plus à lever les yeux. Mon regard se posa sur le livre, sur la commande d’Hélios.
- Toutankhamon ? As-tu déjà été en Egypte ? Quand je regarde les reportages, je me dis qu’un jour il faudrait que j’y aille, apprendre plus sur cette chose qui me passionne.
Mes mains vinrent se saisir à nouveau de ma tasse, perdant mon regard dans le liquide qui ondulait à force de jouer nerveusement avec ma tasse.





lumos maxima

_________________
C'est juste un mauvais jour, pas une mauvaise vie.

   
   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
▬ Messages : 157
▬ Points : 94
▬ Date d'inscription : 07/05/2017
▬ Localisation : de retour en nouvelle-orléans depuis quelques jours seulement.
▬ Emploi/loisirs : ancien militaire. officiellement reconverti détective privé, officieusement il peut aussi faire disparaître ceux qu'on lui demande de trouver.
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    Ven 26 Mai - 18:39


YOU'RE IRISH TOO ?
hélionna


- « J'aimerais que tout le monde ait votre répartie, cela me rendrait la vie beaucoup plus facile.  »

Réagit l'irlandais en retenant un énième sourire de lui donner un air, probablement, plus stupide que ce n'est déjà le cas. Pour lui qui a toujours haït les gens trop souriants, trop heureux qui exposaient leur bonheur au monde entier sans retenue, commencer à passer de ce côté de la ligne est difficile à encaisser. Il a déjà trop sourit en l'espace de quelques minutes et il se demande même si elle ne va pas le prendre pour un simplet s'il continue sur cette voie. Parfait acteur, le visage du wendigo se fige et son corps tout entier se pétrifie lorsqu'elle évoque cependant le jour de son anniversaire. Le dix-sept mars ? Pour un irlandais que peut-il y avoir de plus sacré ? Ils attendent cette célébration plus impatiemment que Noël. Heureusement pour lui, Hélios est aussi malin qu'il est bon menteur. Après toutes les recherches effectuées sur elle, connaître sa date de naissance est la moindre des choses mais il se doit de jouer l'étonnement le plus total pour ne pas griller sa couverture de parfait inconnu. Il faut dire que des irlandais nés le dix-sept mars il n'en connaît pas beaucoup ; pour dire vrai elle est même la seule et ce, en dépit du réseau gigantesque qu'il a depuis bien des années déjà.

« Irlandaise et née le jour de la Saint Patrick ? Vous devez être bénie des dieux.  »

L'énonciation de cette fête le fit cependant tiquer et baisser les yeux un instants, un sourire nostalgique figé sur les lèvres. Son Irlande, sa Saint Patrick en pleine rue de Dublin. Il se souvient de la dernière fois qu'il l'a fêtée. De ce sentiment d'appartenance, d'être à la maison. S'il ne s'est certes pas senti comme en famille entouré par tous ces irlandais venus comme lui boire en l'honneur de ce saint homme, il n'a cependant jamais été aussi proche de le faire depuis la perte de la sienne. Dans ses tympans résonnent encore les tambours, les cris d'hystérie et sur le sol de la librairie, il croit presque discerner des dizaines et des dizaines de chapeaux verts. Il relève finalement les yeux vers la libraire, conscient qu'il ne peut laisser ce moment d'égarement s'éterniser. Ce serait mal poli de sa part de se laisser emporter de la sorte et étrangement, il veut plus que tout faire bonne impression à la rouquine qui se tient face à lui. C'est bien l'une des premières fois qu'il s'inquiète sincèrement de ce que pensera une personne de lui. Pour l'instant il n'a pas l'air de trop mal s'en sortir ou du moins c'est ce qu'il pense. Elle n'a pas encore fui et ne semble pas vouloir se passer de sa compagnie dans l'immédiat. Une aubaine d'autant plus alors que la librairie est toujours déserte et qu'il peut monopoliser son attention la plus entière.

Les places sont inversées : c'est maintenant elle qui fui le regard du wendigo qui lui, tente d'accrocher désespéramment au sien. Il ne sait pas expliquer ce qu'il y a vu exactement et donc, ce qui lui a tant plu dans le procédé. Peut-être tout simplement la beauté, la simplicité. Il n'y a trouvé aucune forme de jugement ou de méchanceté. Une pureté et une bonté qui s'opposaient radicalement au tempérament froid et égoïste de celui face à qui elle se trouvait. C'est sûrement ça, oui. Elle est le soleil et lui, le nuage noir qui menace au loin. La blancheur de sa peau et la clarté de ses yeux ne font que le conforter dans son raisonnement. Plus il la regarde et plus cette impression de faire face à un ange l'imprègne, le déboussole. Cela s'y prête d'ailleurs davantage lorsqu'elle lui offre son bras afin qu'il observe les séquelles qu'aurait pu laisser sa rencontre avec le clochard. Quelques pas assurés -contrairement à la façon dont il se sent vraiment, mais il faut préserver les apparences- il réduit cruellement la distance qui les sépare puis effleure sa peau délicate du bout des doigts. Ce contact l’électrise et le laisse quelques instants sans mot, dans l'observation de sa chair. Sa vision est surhumaine il n'a donc aucun mal à déceler les quelques petits rougeurs en forme de doigts qui s'y trouvent mais ne feront probablement qu'un passage éclair sans grand bleu. Cependant, il profite plus qu'il ne le devrait de cet instant. Le contact de sa peau contre la sienne est trop tendre pour qu'il ne veuille sillemment y mettre un terme.

« Ce ne seront que des marques passagères... Heureusement. Je suis navré de ne pas être arrivé à temps pour empêcher ça, malgré tout. »

Il répond presque dans un murmure sans qu'il ne l'ait réellement voulu. Peut-être est-ce naturellement qu'il se prête à l'ambiance intimiste qui règne autour d'eux. Effleurant une dernière fois sa peau blanche, il laisse finalement retomber délicatement l'avant-bras afin d'en rendre sa totale possession à sa propriétaire. A nouveau son regard se pose sur elle. Il ne sourit plus et son regard est plus sérieux. Sûrement parce qu'il a ressenti quelque chose de nouveau, d'inédit qui ne le met pas forcément à l'aise. Les sentiments il les a toujours laissés derrière et même pire que ça, il n'en ressent presque plus depuis un bout de temps déjà. Pourtant, son contact avec la rouquine semble éveiller quelque chose de bien plus puissant que lui et sa volonté. En plus de tout ça, il peut entendre le cœur de la libraire qui s'agite dans sa poitrine l'incitant à faire un pas en arrière tout en retrouvant un demi sourire bienveillant. Elle n'a probablement pas partagé les sensations étranges de cette expérience et cette pensée assombrit doucement l’enthousiasme qu'il ressentait quelques minutes auparavant. Il reste cependant impassible n'ayant aucune raison valable de changer de comportement d'une minute à l'autre.

« Vous savez comment il est... Son attachement aux traditions, tout ça. Il a juste besoin d'un petit coup de pied aux fesses de temps en temps pour finir de le convaincre que la nouveauté ce n'est pas si mal.    ses yeux se perdent un instant dans les siens, lui faisant perdre quelques secondes le fil de la conversation avant de se rattraper comme il le peut : Il travaille beaucoup pour un homme de son âge, je l'ai toujours connu comme ça d'ailleurs. C'est un robuste mais si ça peut vous rassurer, je lui en toucherai deux mots la prochaine fois que je le croiserai.  »

Ce n'est pas comme si cela l'ennuie. Mr Green fait partie du peu de personnes sur terre pour qui Hélios ressent un profond respect. Vivre de sa passion, la partager aux autres avec tant d'ardeur, de labeur et de générosité sans presque rien attendre en retour. C'est un homme bon. Le genre d'homme aux côtés de qui vous pouvez facilement regretter d'être le connard que vous êtes. Les bafouillements de la libraire font à nouveau apparaître un sourire amusé sur le coin des lèvres de l'irlandais qui ne se lasse pas de ce spectacle. Elle est si... Maladroite. Cruellement maladroite, et mignonne.

« Vous oubliez compatriote irlandais à la liste.  »

Juge-t-il bon de plaisanter afin de dérider un peu Donna et lui montrer que contrairement à elle, il ne tique pas plus que ça sur les mots qu'elle a débité à la vitesse de la lumière. Hélios profite des quelques instants où elle garde les yeux clos pour la scruter davantage. Aucun détail, aucune parcelle de peau, aucun rictus ne lui échappe. Son cœur émet alors un lourd battement puis se tait. Son souffle bloqué entre ses lèvres, il retient sa respiration en mémorisant une dernière fois les traits de son visage avant qu'elle ne se reprenne et batte des cils. Les secondes qui suivent Hélios peut sentir à nouveau, tout comme le sien mais certainement pour des raisons différentes, le cœur de la jeune femme s'emballer. De la crainte peut-être dû aux conditions qu'il vient d'évoquer et ne sont pourtant pas si terribles. Le soupire qui s'extirpe des lèvres de cette dernière suffise à lui montrer qu'elle aussi en a pris conscience et qu'elle n'y voit aucun inconvénient ce qui le rassure. Il n'a encore fait aucun faux pas à l'heure qu'il est et avec un peu de chance, cela n'arrivera ni aujourd'hui ni un autre jour.

« Quelque chose me dit que tu en es parfaitement capable.  »

Le tutoiement se fait assez naturellement. Il aurait d'ailleurs pensé que cela lui aurait fait plus bizarre, mais non. Comme si ce qu'ils partagent depuis qu'ils sont entrés est d'une évidence telle qu'aucune gêne ne peut être possible. Il a l'impression agréable de la connaître mais pas parce qu'il l'a étudiée en travers de dossiers, de renseignements et de filature depuis des mois, non. Il a l'impression de la connaître elle, sous les apparences, sous les faits. Deux êtres qui se retrouvent dépourvus du superflu. Dépourvus du monde extérieur aussi car plus le temps passe et plus Hélios prend conscience que cette entrevue à l'air de prendre le chemin d'un rendez-vous improvisé. Elle travaille et pourtant, quelque chose a voulu qu'il n'y ait aucun client pour les déranger dans leurs affaires. De là à dire qu'il s'agissait du destin, l'irlandais a peine à y croire. Les mains maintenant croisées sur la table à laquelle il se trouve, Hélios boit les paroles de la rouquine en ce qui concerne l'antiquité, le mystique et les croyances. La maturité de son raisonnement et à la fois la naïveté qu'il parvient à y détecter réchauffent le cœur de l'irlandais. Avoir de nouveaux avis à ce sujet ou même des débats le rendent toujours plus jovial. Il a beau estimer avoir raison la plupart du temps, il ne regrette jamais la connaissance manquant que peuvent lui apporter ses interlocuteurs.

« Les générations d'aujourd'hui sont bien moins intéressées par la vie d'anciennes civilisations révolues que par le fait de savoir ce que leurs voisins ont mangé en guise de petit-déjeuner, c'est triste.     il fait ici référence aux réseaux sociaux où les gens ont pris la mauvaise habitude de déblatérer leurs vies comme si quelqu'un en avait vraiment quelque chose à faire, Je pense effectivement que l'homme a besoin d'une motivation supplémentaire, de la croyance d'une force supérieure pour avancer. Je suis assez contradictoire, j'en ai bien conscience. J'aime les mythes, toutes leurs histoires fantastiques et les personnes qu'on y trouve mais j'ai personnellement énormément de mal à songer à l'existence d'un Tout puissant ou à des notions toutes aussi mystiques. En réalité je crois en peu de chose. Comme tu l'as évoquée, la fatalité en fait partie. Mais qui sait, peut-être que comme tu dis, une force mystique t'a mise sur mon chemin pour me redonner la foi ?   »

Il a conscience que ses mots sont forts, peut-être même un peu trop pour une rencontre à peine faite mais il n'a pu retenir les mots entre ses lèvres. Quelque chose a parlé pour lui. Une fougue, un besoin nouveau. Celui d'arrêter de mentir, de dissimuler, de jouer. Il n'a plus été question de parler avec sa tête mais avec son cœur, un jeu trop dangereux duquel il pourrait bien ressortir avec séquelles surtout avec elle. Une figure spéciale dans sa vie à l'image une rose protégée par un dôme de verre et posée sur un piédestal. Elle représente à la fois l'inaccessible, l'inavoué mais également l'incontestable. Celle de qui il devrait pas se rapprocher pour des raisons évidentes et qui dans le cas contraire rendrait sa mission plus difficile qu'elle ne l'était déjà. Mais ne dit-on pas que l'interdit attire ? Elle l'a désarmé par sa bienveillance et a fini de l'envoûter par son regard azur. Se noyant dans l'immensité de la profondeur de ses yeux, il n'écoute que d'une oreille distraire sa tirade sur les personnes qui peuplent ce monde. Il se fiche des gens. De tout le monde. Pour l'instant il n'y a qu'elle. Devant lui, dans sa tête. Partout autour de lui, se créant un foyer confortable dans son esprit.

« Tu as tout à fait raison, et en admettant qu'il y ait une part de mystère en chacun de nous une troisième classe « autre » serait idéale. La seule chose c'est qu'elle serait probablement disons... Hypothétique. La plupart des gens cherchent à entrer dans un moule, ils ne chercheront pas volontairement à enfreindre les règles sociales pour s'en émanciper. Je n'omets effectivement pas la possibilité que des êtres différents de nous puissent fouler cette terre. Je suis plutôt rationnel en général mais en bon amateur de mythes, je ne peux pas rejeter cette possibilité. Tu crois donc aux sorcières, aux loups et à tout le reste ?  »

Demande-t-il sans quitter son air plus sérieux et à la fois, suffisamment délicat pour la pousser à la confidence. Inutile de préciser que sa réponse, quelle qu'elle soit, aura une incidence directe sur la façon d'opérer de l'irlandais mais également de l'approcher. Après tout il fait partie d'eux alors si elle fait partie de ces gens qui n'y croient absolument pas et qui jugent sévèrement ceux qui s'y adonnent, il lui faudra faire preuve d'autant plus d'ingéniosité.  Malgré tout et ce grâce à tout ce qu'il a déjà vu d'elle, cette possibilité lui semble absurde. Elle est bien trop pure et passionnée pour avoir un avis aussi fermé sur la question. Le jeune homme saisit finalement sa tasse en l'écoutant et hoche la tête tant bien que mal à ses propos tout en veillant à ne rien renverser. Il boit une gorgée de thé puis repose la tasse avant de s'enfoncer un peu plus confortablement dans son siège. Quelque chose, une petite voix dans sa tête, lui murmure qu'il est ici pour un bon moment et que pour une fois ce n'est pas un mauvais présage. Au contraire. Il se sent étrangement... Bien. Léger. Il en oublie presque la raison qui l'a conduit ici, depuis combien de temps il la connaît vraiment. Comme une vraie rencontre hasardeuse. Et ce doux mensonge vibre si bien dans son cœur qu'il décide de s'en contenter et de jouer le jeu. Plus de wendigo, plus de détective. Juste deux irlandais discutant de passions communes.

« C'est à s'en cogner la tête contre un mûr parfois, non ? L'ignorance des gens. J'ai personnellement surtout apprécié les récits qui relatent de ses pseudo guerres contre sa nièce, Athéna. Les Dieux y sont si orgueilleux qu'on comprend vite qu'à côté, la race humaine n'est pas si vile qu'on pourrait le croire.  »

Les Dieux ne se sont-ils pas eux-mêmes entichés d'humains après tout ? Zeus et ses multiples conquêtes sur terre, lui demandant à chaque fois une mutation ? Apollon, Aphrodite. Malgré leurs toutes puissances certains humains ont bien réussi à s'en sortir à commencer par Ulysse comme Donna l'a mentionné plus tôt. Il est plutôt étrange d'entendre de tels mots de la bouche de l'irlandais qui méprise, en temps normal, les humains de tout son être. Il ne croit cependant pas plus aux dieux qu'en la bonté humaine. Pour lui, à imaginer que les premiers existent, ils sont tous à mettre dans le même panier. Des crétins, des immatures, des inutiles. Et si les Dieux existaient vraiment et aimaient ce sur quoi ils régnaient, ils ne laisseraient certainement pas une personne aussi mauvaise qu'Hélios ainsi que tout le sang qu'il a sur les mains se balader librement de ville en ville depuis plus de dix ans. La vérité c'est que la justice n'existe pas hormis celle que nous donnons nous-mêmes. L'homme est faible et craintif, c'est pourquoi il a du s'inventer l'existence d'une force supérieure pour survivre. Il a un besoin de croire que les choses arrivent pour une raison et qu'un nuage noir qui passe au-dessus de sa tête ne peut que signifier que d'autres, blancs comme neige suivront. Il se laisse guider au lieu de prendre les commandes de sa vie comme une vulgaire marionnette. Hélios s'est lui aussi autrefois prêté à ce jeu, lorsqu'il faisait partie de l'armée mais il a vite compris que tout ça, ce n'était que des conneries et des excuses.  

Ses pensées s'interrompent au moment où la libraire passe une main pourtant innocente dans ses cheveux. Une action aussi simple ne devrait pas susciter autant d’intérêt, autant d'admiration et pourtant. Ce n'est que lorsqu'elle se saisit de la cuillère qu'il lui tend que son regard se détache de son cou bordé par ses cheveux roux pour se poser sur leurs doigts. Ils se taquinent, se frôlent et les secondes semblent se suspendre dans le temps. Le cœur de l'irlandais fait un petit bon dans sa poitrine et grâce à son ouïe sur-développée, il se rend compte que cette prise de conscience n'appartient pas qu'à lui. Le rythme cardiaque de Donna accélère et pour la première fois, Hélios détourne à son tour le regard légèrement gêné. Tout comme elle il baisse les yeux sur le morceau de tarte qui se trouve à égale distance d'eux et y plante sa cuillère pour en piquer un premier morceau. S'il raffole naturellement de la viande plutôt que les pâtisseries, il se laisse facilement conquérir par les goûts qui explosent lentement dans sa bouche. Pour une non professionnelle c'est un très bon résultat.

« Je dirais même que c'est excellent.   rétorque-t-il d'abord après avoir fini sa bouchée et s'être léchée discrètement la lèvre inférieure où résidait encore un peu de crème fouettée. Oh mais j'y compte bien ; les tartes y sont  excellentes, l'ambiance très agréable. Sans parler de la libraire.  »

Une nouvelle fois alors qu'il l'observe se refermer sur elle-même, un rictus apparaît sur le coin de ses lèvres. La timidité dont elle fait preuve l'amuse dans le sens où elle le touche, quelque chose dont il n'a pas l'habitude et qui sera certainement difficile pour lui à se faire. Lorsqu'un bruit retentit près de la porte d'entrée, Hélios se fige, droit comme un 'i' sur son siège. Il repose calmement sa cuillère sur le bord de l'assiette mais refuse de tourner la tête, trop anxieux à l'idée de voir ce qu'il a craint jusqu'à là le plus : qu'un client ne soit arrivé et ne réclame les services de la rouquine. Ailleurs, ses pensées se braquent subitement sur le large sourire qui égaie maintenant le visage pâle de Donna. Cela doit être une bonne nouvelle pour la faire sourire ainsi. Et instantanément, sans la moindre preuve d'égoïsme, ses muscles se détendent. Depuis quand fait-il passer l’intérêt des autres avant le sien ? Qu'elle elle en train de lui faire au juste ou plutôt, en quoi le transforme-t-elle ? Il n'a toujours pensé qu'à lui, il n'y aurait pas de raison pour que cela change... A moins que ? Prenant son courage à deux mains, prêt à gérer son agacement avec une impassibilité totale, Hélios regarde finalement par dessus son épaule... Pour apercevoir un chat, logé dans les bras de la rouquine. Un chat. Fronçant d'abord les sourcils, il finit par s'esclaffer discrètement et nerveusement. Idiot. Il s'est pris la tête pour une boule de poils et maintenant, il se sent tout à fait ridicule.

« Du tout ! En fait, je me sens souvent plus proche des animaux que des humains. Ils sont bien moins compliqués et sans aucun doute beaucoup plus loyaux. C'est donc lui, le chat qui aime l'eau ?   demande-t-il de façon rhétorique, le regard posé sur la bête en question et un sourire en coin au visage, c'est un échange de bons procédés alors si vous y avez tous deux trouvé votre compte. Il est très beau.  »

S'il ne tend pas la main pour lui donner une caresse c'est seulement parce qu'il peut sentir que l'animal n'est pas forcément rassuré. Hélios est une bête au même titre que lui, dès lors, leurs sens les poussent à se jauger afin de savoir si l'autre représente une menace. Ce dernier finit par détourner le regard pour se tourner vers sa maîtresse dans un miaulement quant à l'irlandais, il ferme les yeux l'espace de quelques secondes et souffle en remerciant dans le vide qu'il ne se soit rien passé de plus suspect. En lui montrant qu'il ne cherchait pas à s'accaparer son territoire, Hélios aura au moins gagné son indifférence ce qui n'est pas plus mal pour un commencement. Regardant toujours l'animal jouer avec celle qui est devenue comme une maîtresse de substitution, un détail attire plus précisément son regard. Le foulard bouge, le nœud se défait et finalement, un pansement  se dévoile. La mâchoire de l'irlandais se serre. Peu importe ce qui se cache en dessous, ce n'est pas bon signe. Une blessure ? C'est forcément quelqu'un qui la lui a faite ; on ne s'auto-blesse pas à ce genre d'endroit comme on pourrait le faire à son genou ou son coude par inadvertance. Un suçon ? Il n'ose même pas y songer qu'une tempête furieuse se déclare déjà dans son esprit. Comment ? Quand ? Alors qu'il l'a surveillée jour et nuit pendant ces dernières semaines.  Ne sachant que dire -et se concentrant surtout sur le fait de ne pas perdre tous ses moyens en laissant voir la colère qui s'est emparée de lui- , Hélios sort l'un de ses fameux sourires passe-partout. Un mensonge, une façade mais qui a toujours bien trompé ceux face à qui il se trouvait même dans les pires situations.

« J'y ai effectivement fait deux voyages. Je suis notamment allé au Caire, à Louxor et à la cité d'Esna, ce sont mes plus beaux souvenirs de ce pays. Les monuments que l'on y trouve, les sensations qu'ils procurent c'est.... Magique. C'est une destination à faire au moins une fois dans sa vie surtout quand, comme tu l'as dit, la passion de l'histoire fait partie de soi. Je pourrais te conseiller de très bons endroits si tu décidais de sauter le pas et d'y aller. Tu sais un peu parler arabe ?  »

Demande-t-il curieux. Beaucoup d'écrits concernant l'antiquité, des récits d'archéologues et des découvertes Égyptiennes sont rédigés dans cette langue qui est la leur. Évidemment la plupart d'entre eux parlent également l'anglais mais disons qu'ils ont une confiance plus sereine en faisant face à des étranger qui s'intéressent suffisamment à leur culture pour en apprendre les bases de leur langage quotidien. Et dans cette optique, il y a également moins de possibilités de se faire rouler dans la farine.

« Et ne t'en fais pas pour... Tu sais... Le pansement. Une rencontre animée avec un chat moins câlins que Neptune ? »

Ce n'est probablement pas la vraie raison de la nature de cette blessure et il le sait. Mais Hélios ne veut pas que le malaise continue davantage de flotter dans l'air. Autant régler la question de suite en lui offrant une porte de sortie grosse comme la muraille de Chine. Ainsi elle aura une excuse toute trouvée et lui, une explication simple qui ne les feraient ni en parler, ni y réfléchir plus longtemps. Lui offrant un nouveau sourire, il reprend sa petite cuillère et avale un nouveau morceau de tarte... Sans se rendre compte que dans sa maladresse toute nouvelle, il a réussi à se mettre un peu de crème fouettée sur la joue.

librairie, début d'après-midi.
⇜ code by bat'phanie ⇝

_________________
orion is above the horizon now, and near it jupiter, brighter than it will ever be but i expect you can see it too. some of our stars are the same. ©alas.


Dernière édition par Hélios O'Brady le Lun 12 Juin - 23:20, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
▬ Messages : 73
▬ Points : 310
▬ Date d'inscription : 04/05/2017
▬ Localisation : Derrière son comptoir, dans sa librairie.
▬ Emploi/loisirs : Surveiller ses arrières.
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    Sam 27 Mai - 2:48

Perfect irish.



Venais-je vraiment d’entendre ce que mes oreilles venaient de transmettre à mon cerveau ? Mes sourcils se relevèrent sous l’étonnement. Répartie ? Je prenais doucement l’habitude de parler avec d’autres êtres humains, mais de là à me dire que l’on aimait ma répartie… Un sourire en coin alors que mon regard déviait sur le côté, étonnée, mais satisfaite que quelqu’un finisse par me dire que mes paroles n’étaient pas aussi dérangeante, pas comme Jack avait pu le faire comprendre tout au long de ma vie avec lui. Etait-ce simplement le fait d’être venue ici, d’avoir la responsabilité de cet endroit, d’être obligé d’affronter mes démons en la simple personne d’autres êtres humains où n’étais-je pas si monstrueuse ? Après tout, j’avais des habitués, presque des amis, un protecteur, une routine de femme ancrée dans le monde. Prendre cet avion et venir ici n’étaient peut-être pas si mal au final. N’avais-je pas grandi en tentant de tirer un trait sur ma vie ? Et pourtant, je savais que la menace planée, je savais qu’un jour, il me retrouverait, mais cette habituelle peur de lui, semblait disparaitre dans les sourires de cet homme en face de moi. Non, pas pour un seul homme, pas juste pour une personne que je venais de rencontrer à peine. Et pourtant, son regard, son sourire me touchait plus que je ne le pensais possible. Oui, c’était sans doute qu’il soit irlandais qui devait me perturber, un retour en arrière, presque agréable.
« Bénie des dieux ». Mon sourire s’effaça, mes yeux se baissèrent et cette fois, le mensonge se brisa pour laisser place à ce qui se rapprochait de l’habituel Donna, celle qui n’était en rien bénie des dieux, celle qui devait supporter beaucoup trop, celle qui était seule. Je serrais mes poings, me moquant qu’il puisse voir ma réaction, retenant les larmes qui voulaient détruire cet instant. Ne suis-je donc pas capable de mentir en face de quelqu’un, quand cela me touche de trop ?
- Je ne le suis pas…
Je préférais lui tourner le dos, fermant les yeux, prétextant n’importe quel geste pour ranger toutes les tasses présente. Je passerais pour une maniaque de l’ordre, pas pour celle qui se bat pour ne pas que son père, même absent à ce moment là, détruise ce qu’elle construit. Bénie des dieux ? En ayant fait mourir sa mère ? En ayant attisé la hargne d’un père violent ? Bénie des dieux ? Alors pourquoi la vie s’acharnait à me prouver le contraire ?  N’avais-je qu’une faculté, celle de me laisser sur mon sort funeste ? M’empêchant de profiter de ce que la vie me donnait ? N’étais-je bonne qu’à me plaindre ? A tout voir noir, comme le regard de Jack, où tentait d’espérer un espoir dans chaque jour que j’arrivais à vivre et à finir ? Je regardais, rapidement mes mains : J’étais une survivante ! Je ne devais pas penser à demain, à Jack, je n’avais pas le droit de lui offrir cette victoire. Je pris une profonde inspiration avant de me retourner, un grand sourire les lèvres. Ô combien sur joué, comme beaucoup de choses que je me forçais à voir, à ressentir positivement pour ne pas m’offrir une sortie de route et une victoire à  Jack. C’était une chose que j’avais apprit en arrivant à Dublin, le visage sombre, sans sourire, sans émotion n’est pas vendeur alors j’avais fait taire au maximum cette peur, souriant, me forçant à parler, à sourire, à respirer aussi parfois. Un mensonge devenu routinier et parfois, je me laissais prendre au jeu, espérant qu’un jour, je n’aurais plus à feindre ce que je pourrais ressentir.
A qui avais-je pu avoir l’occasion de montrer un semblant de blessures, si ce n’est Martha ? Oui, Xander dans la mesure où ma perte de connaissance l’y avait aidé. Pourquoi avoir comme un besoin de le rassurer en lui prouvant que non, ça n’était rien ? Et pourquoi être aussi anxieuse qu’il me touche ? Oh, bien sûr, c’est un homme, une personne vivante, alors oui, me faire toucher par quelqu’un d’autre…Ca ne pouvait être que ça. C’était forcément cette non habitude qui m’avait fait frissonner quand enfin sa peau rencontra la mienne. Ma respiration s’accèlere. C’est donc ça que l’on ressent ? Et pourtant, ça semble si différent d’avec Xander. Cette douceur, ce regard, cette attention…Tout est différent, la situation l’est aussi, sous certains aspects, mais tout le reste est différent et cette nouveauté m’effraie. Ca n’est visiblement pas assez pour me faire retirer mon bras. Ses doigts m’effleurent, dessinant presque l’endroit où j’avais souffert…J’avais. Comme si la possibilité d’un geste positif puisse effacer la douleur, l’inquiétude. Et mes yeux ne le quittent pas pendant qu’il ne regarde que mon bras, ne pouvant faire autre chose que d’apprendre un peu plus les détails de son visage.
- Vous êtes là maintenant… Je vous avez bien dit de ne pas vous inquiétez.
Mes paroles dépassent de loin ma pensée, comme pousser pour lui parler, pour lui répondre, comme si c’était plus fort que moi. Quand enfin mon bras le quitte, mes doigts glissent à l’endroit même où les siens les avaient touchés, avec une étrange sensation d’apaisement. Cette émotion que je pensais impossible de retrouver en quelqu’un d’autre que Martha, elle qui avait partagé mes secrets pendant des années, silencieuse, récoltant les larmes, soignants les plaies qui n’étaient pas assez profondes pour Jack pour m’emmener à l’hôpital. Jamais elle n’avait parlé, jamais elle ne m’avait trahi, respectant mon choix et ma peur, sans pour autant la cautionner.
Cette difficulté à regarder quelqu’un dans les yeux, disparait peu à peu, à mesure où je ne peux ou peut-être bien, veux, pas lutter contre son regard, lui sans cesse à chercher ce contact. Je le vois, je le ressens, mais les gens comme lui, les sur de soit, ceux qui n’ont pas peur, n’ont aucunement peur d’affronter un regard. N’est-ce pas d’ailleurs une base du commerce ? C’est ce que j’avais pu lire dans les livres que je vendais. Certains étaient passés entre mes doigts envieux de connaitre leur secret, surtout ceux qui apprenne à se connaitre, à s’assumer, à devenir qui l’on être réellement, où plus simplement sur le B.A.BA du commence. Quitte à avoir la confiance de Monsieur Green, autant le rendre fier, non ? Ca ne doit pas être facile d’accepter de remettre l’œuvre de sa vie dans les mains d’une inconnue à peine débarqué d’un pays lointain.
- Il est très vieux jeu. J’aime beaucoup ça de lui, il a beaucoup de respect pour les choses et les gens. La nouveauté effraie beaucoup de monde. C’est admettre que l’on ne contrôle pas sa vie. C’est admettre le changement et pour beaucoup, c’est perturbant. Vous n’y êtes pas obligé, mais je suppose que si ça vient de quelqu’un d’autres que moi, peut-être sera-t-il moins réfractaire et qu’il se reposera…J’imagine bien qu’il a laissé votre commande ici pour que vous puissiez lui faire un rapport complet sur moi et ma façon de respecter son œuvre.
Ma voix était douce, n’ayant aucun jugement de valeur quand à l’attitude du propriétaire qui avait sûrement voulu avoir un deuxième avis sur ma personne et pourtant, malgré cette idée, je n’avais pas envie de donner une image de moi, plus fausse que je ne la donnais. A dire vrai, mon attitude n’était pas feinte, seulement le nombre de sourire sur mes lèvres. Peut-on réellement changer ce que l’on est au fond de nous ? On peut améliorer, on peut dévier, on peut modifier, mais changer radicalement ? N’est-ce pas le plus dangereux que de ce complaire dans le mensonge, finalement ? Oublier qui nous sommes, qui nous étions ? Je claquais à nouveau des doigts en le regardant, amusée et surtout, soulagée de la manière dont il prenait mon manque de réflexion.
- Comment pourrais-je oublier le plus important ? Un telle nationalité ne s’oublie pas !
Ca n’était pas la première fois que je prenais le temps de l’absence de client pour partager une boisson avec un client, pourtant, cette fois, tout dénoté. Je n’avais pas eu à me forcer, je n’avais pas eu à me convaincre de quelques manières que ce soit, d’accepter ses conditions, après tout, n’était-ce pas moi qui m’était imposé à lui avec mon thé ? J’avais cru apercevoir l’idée que ma présence ne le dérangeait pas, quand à ce que je ressentais, sa présence était une bouffée d’air frais. Il n’y avait pas de jeu, comme avec Kol, il n’y avait pas de peur, comme avec Xander, non, il n’y avait qu’une conversation qui avait fort bien commencé, installant une ambiance un peu spéciale, couronné par une musique qui rendait l’instant presque…romantique. Il n’y avait pourtant rien de romantique là-dedans, qu’une discussion entre quelqu’un qui vous sauve d’une situation désagréable, cette même personne que vous attendiez depuis la matinée, pour finalement se découvrir des points communs qui empêche la fin rapide de cette entrevue. Je ne pense pas être sûre de quoi que ce soit dans la vie, si ce n’est une mort précoce à cause de Jack, mais dans les yeux topaze de cet irlandais, j’y vois le même plaisir que je peux ressentir.
Nous en étions vraiment rendu à refaire le monde ? Tout ça pour un mauvais timing de ma part ? Un retard qui s’était soldé par un café au sol, une main tendue, une aide quelconque ? Et si tien de tout cela ne s’était passé ? Et si rien du tout, au final ? N’y avait-il pas un bouton qui permettait de stopper la rapidité de réflexion du cerveau, un mode se rapprochement de « pause », pour savourer une discussion où le point de vue est écouté et non moqué ? Cette journée, dès le départ m’avait semblée inouïe, elle ne faisait que confirmer un doute. Parfois, même si c’est l’espace d’un temps, tout finit par changer.
Je n’ai moi-même pas de compte sur les réseaux sociaux, pas des besoins pratique, cela s’entend, pourtant, quand on le voit que le monde ne tourne qu’autour d’un nombril, d’une futilité sans nom, c’est à n’y pas comprendre. Comment cautionner que le monde aille en se désagrégeant sous l’œil conquis des humains qui ne font, finalement, qu’entasser ce monde, sans le sauver ? Que les autres préfèrent se retrouver seuls avec divers abonnés, que d’être en famille, entre amis, profitant de ce que le monde à a offrir ?
- On dit qu’il faut toujours regarder devant, pour savoir où l’on ira. A mon sens, savoir d’où l’on vient est important. Il s’agit de nos racines, de nos ancêtres. Nous apprenons des erreurs du passées pour ne plus avoir à les refaire, dans le futur. Pourtant, avec la technologie qui ne fait que s’immiscer dans nos vies, nous sommes dans une boucle de dépendance, oubliant les biens faits du soleil sur la peau, de la brise du vent. Les gens sont devenus individuels, dire bonjour dans la rue effraie celui qui parle, comme celui qui reçoit.
L’écouter, se jeter à corps perdue dans ses yeux et ses paroles était un ravissement que je ne pensais pas connaitre un jour. Il coiffé aux poteaux toutes les conversations que j’avais pu avoir par le passé. De son œil critique et ö combien plus sombre que le mien, mine de rien, était intéressant. Et pourtant, aussi sombres que soient ses paroles, il provoqua, à nouveau, une coloration de mes joues. Oui, il n’avait fait que me répondre, reprenant en exemple celui que j’avais moi-même choisi, pourtant la fin semblait lourde de sens. J’aurais aimé dire que cela ne m’avait pas touché, ne faisant pas accélérer mon rythme cardiaque, que j’étais insensible, mais ça n’était clairement pas le cas. De nature méfiante, mon cerveau m’interpelle. Pourquoi serais-je attentive à des paroles, d’un homme que je ne connais pas, d’un homme qui semble presque parfait, du peu que je connaisse, sur le papier, lui qui reste pour un irlandais et un acteur possible de ma perte ? Le destin ne peut pas me l’avoir mis sur ma route, juste pour me rappeler que mon pays me manque. Oui, je crois au destin, oui, je crois à une force supérieure, je crois aussi que rencontrer un irlandais, après voir eu la visite d’un acteur du jeu de Jack ne peut pas être anodin. Pourtant, cet irlandais semble connaitre Monsieur Green, alors pourquoi douter ? Ah oui, simplement parce que c’est en doutant que j’ai réussi à survivre autant d’années.  Redonner la foi…Et pourquoi, quelque chose de plus fort encore que mon instinct m’invite à penser que si ça marche dans un sens, pourquoi ça ne serait pas l’évidence dans l’autre ? Pourquoi douter d’un homme qui semble tellement différent de Jack. Jack savait mentir, mais les personnes avaient ce quelque chose de toujours inquiet en sa présence, alors que lui, qu’Hélios n’envoie aucunes ondes qui pourraient me faire douter de sa bonne foie.
Je ne penserais pas qu’il validerait une troisième « case ». Hypothétique… Il est normal pour les autres, ces personnes lambdas, ne devant pas se battre contre quelque chose à l’intérieur d’eux, que tout ça n’est qu’une fumisterie hypothétique. J’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose d’autre, que les livres n’étaient pas que fiction est maintenant que j’en avais la preuve, je ne savais pas sur quel pied danser.
- Rationnel et amateur de mythe ? Une fois encore tu es contradictoire… J’admets bien volontiers que derrière la fiction, il y a du vrai. Après tout, n’est-ce pas des choses que l’on entend depuis l’Egypte ? N’a-t-on jamais entendu parler de médium, ces personnes qui peuvent discuter avec des esprits ? Je suis une rêveuse, j’aime à me dire qu’il y a des choses différentes de notre monde d’êtres humains basiques. Et puis, nous sommes à la Nouvelle-Orléans, cette ville qui depuis toujours, regorge d’histoires de sorcières et de vampires. Alors pourquoi pas ?
J’avais tenté de parler de mes convictions en tentant d’y mettre le moins d’engouement possible, en tentant de pas lui faire peur quand à mes pensées, quand à ce que je pouvais admettre que je savais sur maintenant. J’aurais pu lui dire la vérité, lui dire que j’étais sur de l’existence de ceux que l’on catalogue de monstre depuis toujours, mais il aurait fallu plus que des arguments et je n’étais ni en possibilité de lui montrer, ni l’envie et encore moins cette envie de finir dans l’hôpital psychiatrique le plus proche. Je trouvais reposant d’arriver à mettre des mots sur une nouvelle crainte sans avoir besoin de sourire. Je trouvais un plaisir à être un peu plus naturel, sans me forcer, appréciant maintenant les sourires que je lui accordais à lui.
Sourire qui perla sur le coin de mes lèvres, quand je le vis prendre plus d’aise quand à sa façon de se tenir, de se parler. Je ne pouvais pas croire qu’il n’aimait pas être là, peut-être même avec moi, alors je mettais un point d’honneur pour être une hôtesse parfaite, oubliant ce qu’il était pour mon patron, me réservant juste le droit de profiter de la discussion d’un Apollon ayant de la conversation. Car après tout, nous qui discutions histoire, je pouvais naturellement le comparé, non pas à un dieu, mais à un très bel homme. Moi qui mettais toujours interdit ce genre de pensées, elles me venaient à présent naturellement, ses yeux bleus transperçant, cette confiance et ce charisme qui émanait de lui avec facilité, son sourire qui égayait son visage et la douceur de ses traits qui en découlé. Sa mâchoire carrée, son nez fin et ses cheveux d’une assez belle longueur on l’on a envie d’y enfouir sa main et… Après tout, aussi peu connaisseuse dans le sujet des hommes, je reste une femme. Je ne mettais jamais interdit, finalement de remarquer les hommes, je ne laissais jamais le temps à quelqu’un pour que je puisse le regarder avec attention. Celle-ci qui n’était donné qu’à lui à cet instant bien précis. Il est typiquement le genre d’homme à attirer le regard, celui qui collectionne les conquêtes comme son prénom homonyme de cet homme venu d’un autre temps.
- Les dieux représentent souvent les grandes puissances. Si on les transpose à l’actualité, ça correspond toujours. Je doute simplement qu’une personne ayant du pouvoir, une force, un certain confort ne baisse le regard sur une personne beaucoup plus simple. C’est un peu l’histoire des cases et des barrières que l’on se fixe. Les puissants ne vont pas avec les plus faibles et les plus faibles ne rêvent que d’être puissants. Elle n’est pas vile, elle est perdue. Oui, c’est sans compter sur les horreurs que nous voyons tous les jours, mais j’ai cette utopie que l’on a toujours condamnée depuis toujours, qu’un jour, tout changera… Il faut connaitre la douleur pour apprécier la tendresse, connaitre le malheur pour n’apprécier d’avantage que le bonheur. Une vie trop belle n’est pas une vie. Une vie trop sombre non plus, à dire vrai… Pardon, j’ai perdu le fil de mes pensées…
Une réelle introspection, des paroles qui me touchaient un peu trop, qui avaient permis à mon cerveau de s’égarer. Prend une gorgée de thé, manger, aurait dû aider. Nous ne vivons pas en théorie, mais en pratique et dans la pratique tout est différent. Comme un deuxième contact anodin, cette fois et pourtant si…Électrisant. Si la première fois, j’avais compris pourquoi mon corps avait réagi, à ce contact peu habituel, cette fois, c’était sans aucune logique de ma part. Etait-ce normal ? J’aurais voulu relever mes yeux vers lui, j’aurais aimé sonder son regards pour me guider, mais une fois de plus, ça mettait impossible.
Un sourire ravi éclaira mon visage quand il me félicita sur mes piètres compétences culinaires. Je savais, dorénavant, que cuisiner pendant mes longues nuits abandonné de Morphée, je pourrais continuer ! Mes yeux ne quittaient aucun mouvement, comme celui de sa langue qui passait lentement sur ses lèvres pour y récolter le reste de nourriture. Je ne pouvais, plus réellement, m’empêcher de scruter un maximum son visage, y décrypter les moindres informations que ses lèvres ne laissaient pas passer. Ses sourires, amusés, parfois même donnant l’impression d’être attendri. Ses sourires simplement francs. Son visage, en théorie, fermer de toute expression, mais orné d’un regard tendre et doux qui ne me laissait pas croire un seul instant qu’il puisse être du côté de Jack. Un regard ne ment pas, n’est-ce pas ? Et, étonnement, qu’il manque parfois de sourire me conforter dans cette idée, de rester celle que j’étais. A quoi bon se forcer parfois ?
Cette fois, ce ne fut pas que mes joues qui devinrent rosies. Une bouffée de chaleur éclata en moi et nerveusement, je détournais le visage, jouant avec mes cheveux pour tenter de ne pas me montrer plus sensible que je ne voulais le montrer.
- Je…heu…Oui, je…Enfin…Merci.
Comment réagir face à la nouveauté ? Face à ce que l’on n’a pas l’habitude ?  J’avais appris à me taire, à supporter les cris, les menaces, les injures. Mais les compliments mettaient assez rares à entendre qu’ici, après cette tension que je ressentais souvent quand je lui parlais, quand mon regard ne pouvait décemment pas quitter l’accroche du sien, cette fois, qu’une fois encore, cela puisse passer ses lèvres, accentuer par un accent qui me caressait les oreilles, j’étais sans défense. Aussi, la compagnie de Neptune était tombée à point nommé.
- C’est un sentiment que je partage. Les animaux ne sont souvent que douceur et tendresse. Ils ont cette facilité à donner et recevoir et non choisir. Ils sont beaucoup plus fidèles et parfois, j’ai dû mal à me dire que les humains sont leurs maitres. Ils ont une conscience et vois en nous une aide que nous pouvons leur donner, comme quand il vient si docilement, réclamer de la nourriture à se faire passer pour un martyr. Où simplement en venant réclamer de l’amour, une caresse, une attention que les humains cachent soigneusement. Ils sont instinctifs et suivent ce qu’ils veulent, ce qu’ils ont besoin. Parfois, je les envie.
Quand il ne souleva pas la vue de ce pansement que je cachais pourtant à tous, je me sentis plus soulagée et pourtant, quelque chose dans son regard semblait avoir changé. C’est ce que je vis quand j’arrivais à relever, péniblement, mon regard vers lui. Et mon regard se transforma, devenant envieuse de chaque souvenir qu’il me faisait partager. Je me remémorais chaque des photos, description, livres, reportages que j’avais pu voir, ne me rendant que plus nostalgique à l’idée de n’avoir jamais, encore du moins, passé le pas.
- Oh qu’elle chance ! J’adorerais aller voir les pyramides ! Combien de fois parle t’on d’un coucher de soleil, protégé par l’immensité égyptienne ? Karnak, Abou Simbel…Oh et le temps d’Hatchepsout gravé dans la roche ! Les Egyptiens ont réussis à faire ce qu’aucune autre civilisation n’a faite, même encore maintenant avec la technologie, on n’arrive pas à créer quelque chose d’aussi solide, durable et magnifique. Prendre l’avion et me retrouver seule dans un endroit comme celui-ci ? Je risquerais de ne jamais en repartir…Quel est l’endroit que tu as préféré ? Non…Et je suppose que dans ce pays, c’est important, n’est-ce pas ? Je sais un peu lire les hiéroglyphes, tu penses que ça peut compter ?
Amusée, je repris ma tasse de thé entre les mains, force est de constatée que c’était déjà froid. Il est vrai que je n’avais pas beaucoup bu, préférant réfléchir aux questions habituelles que me lançait mon cerveau, aux réactions de mon accompagnateurs, ou simplement à cette discussion que j’aimais de plus en plus. Avant que le malaise ne se créée à nouveau. Pourtant, alors que je risquais un regard vers lui, un petit, leger et doux rire passa mes lèvres. Assez rare venant de moi pour qu’il me surprenne. Depuis quand n’avais-je pas rit ? Oui, certes, en théorie, depuis pas si longtemps, en vérité depuis une éternité. Ma main se releva avant de le montrer du doigt, amusée par la situation.
- Tu as de la crème…Non, attend ici, regarde.
Accrochait, hypnotisé par son regard que je ne pouvais et ne voulais pas lâcher. Ma main se leva et glissa avec lenteur vers lui, mon cœur s’engourdissant d’anxiété, avant que je ne touche enfin sa joue, enlevant, avec délicatesse, la crème fouetté. Ma main parut s’éterniser sur sa joue, nos regards accroché l’un à l’autre et sans que j’en comprenne vraiment la signification, mon cœur s’accéléra. Ce contact, si intime, m’étonna, m’électrisa, me faisant rougir plus que je ne le voulais, laissant à la vue de cet homme, une faiblesse, une erreur…Une délicate et douce erreur. Une impulsivité qui me rendait si fébrile. J’avais du me relever, me rapprocher de lui et j’étais heureuse que cette table soit entre nous. Ma respiration se fit plus rapide et mon doigt esquissa un deuxième mouvement sur sa joue, non il n’y avait plus de crème, c’était simplement par…envie. Une envie soudaine et incontrôlée, incontrôlable.  Ma bouche murmura un léger « voilà » avant que je remette à ma place, essuyant mon doigt sur une serviette et malgré cette pression, sa question demeuré en suspens, je lui devais une réponse. C’est ce que fait une personne polie, après tout.
Ma main se porta sur ma nuque, à nouveau, à l’endroit même où le pansement étiré ma peau. Il l’avait donc bien vu. Mon visage perdit de cet éclat que j’avais depuis l’arrivée d’Hélios dans cette boutique. Toutes les questions que j’avais tenté de faire taire, tous les doutes sur une possible entente entre Jack et Hélios, sur les souvenirs, les interrogations, les risques, tout ce que j’avais tenté de me dissimuler, m’éclata au visage. Mes yeux se perlèrent de larmes, autant de rage envers ma faiblesse, que de peur, encore et toujours. Mon regard sur ma tasse, j’entrepris d’y voir ici une échappatoire.
- Tu veux du thé ? Je vais m’en refaire un, le mien est froid…
Je pris nos tasses allant me mettre à l’abri de son regard derrière le comptoir, ne lui offrant que mon dos comme spectacle. Je pris un temps bien plus prononcé que pour faire la première session de thé, cherchant à calmer ce cœur qui s’emballait beaucoup trop en revoyant le visage du vampire, cette peur de voir la mort, une fois de plus, de trop proche et ses crocs qui avaient déchirés ma peau par deux endroits. Pendant que l’eau se mettait à chauffer, ma main se porta, cette fois, sur mon épaule dont la robe caché le deuxième pansement et pourtant, toujours présent. Cette façon qu’avait eu de me regarder cet homme avide de sang, la haine dans le regard entouré de veines. Le visage de la mort. Mes mains se mirent à trembler, n’arrivant tout bonnement pas à oublier ce qu’il s’était passé. J’avais toujours eu peur de Jack, mais je pensais qu’il était le seul monstre sur cette Terre. Etre une sorcière ne m’avait été d’aucune utilité, une fois de plus, je n’avais rien fait, presque prostrée de mourir quelques nuits auparavant.
- Je suis maladroite…Je tombe sur beaucoup de choses…
C’était la seule réponse que j’avais pu lui fournir. Une réponse toute faite que j’avais donnés bons nombres de fois autour de moi, aux équipes médicales, étonnées d’un bras cassé, aux professeurs quand ils voyaient les brulures de cigarettes, aux parents de Martha…Et parfois même à Martha, quand je fondais dans ses bras, cherchant du réconfort, me rappelant cette phrase que Jack me faisait répéter à tout le monde. C’était moi la fautive, pas lui, juste toi…Et rien ne changerait.  
Quand enfin le thé fut prêt, que mes larmes avaient cessés de parcourir mes yeux, je relevais la tête, prête à mentir, même si honteuse d’avoir fuit de cette manière la conversation. Après tout, n’étais-je pas ce genre de personne qui fuie ? Ne l’avais-je pas fait pour défendre ma vie, deux fois ? Chose que je serais prête à refaire du jour au lendemain. Peut-être, après tout, que Jack ne viendrait pas.  La sonnette de la porte tinta et un soupire passa mes lèvres. Une autre porte de sortie que j’allais saisir avec attention !  Je me tournais face à un client qui me demanda un ouvrage bien spécifique. Je lui demandais, un sourire impeccable sur les lèvres, ne laissant aucunes traces de mon passage à vide visible, de patienter. Rapidement, entretenant une discussion des plus basiques avec le client, sur le temps, sur la ville, j’allais déposer la tasse devant Hélios, tentant de ne lui accordait aucun regard. Je me sentais honteuse d’avoir failli craquer, céder à la peur, à l’angoisse, aux larmes que cela rendait impossible de croiser son regard maintenant.
Je retournais au comptoir, tapotant sur le clavier de mon ordinateur à la recherche de l’ouvrage demandé, risquant même une dose d’humour sur ma non connaissance des chaque livres présent. La discussion avec ce client, bifurqua sur mon accent qu’il trouva très appuyait et je risquais un regard vers l’irlandais avant de reposer, bien vite mon attention sur ce nouveau client. Parler de ce pays, sourires aux lèvres alors que l’un de mes poings étaient fermés, serrés, trahissant une émotion contraire de ce que je montrais, finalement.
C’était agréable, ce genre de client, interloquée par mon accent, amoureux des livres et de la connaissance, ceux qui ont le sourire aux lèvres, gentils et simplement polis. Ceux que l’on est presque sûr de revoir, un jour au l’autre. Ceux qui éclairent une journée. Et pourtant, tout du long, en accompagnant l’homme aux rayonnages du livre, le conseillant sur des ouvrages annexes, j’avais l’impression de sentir le regard de cet irlandais sur moi. Que devait-il penser de cette libraire qui se laisser à temps de faiblesse, les larmes aux yeux pour une simple question ?
Après la vente, je raccompagnais le client, satisfaite d’entendre qu’il reviendrait prendre son temps pour savourer les pâtisseries que nous proposions. En fermant la porte, je glissais mon regard sur Hélios , le voyant perdu dans la lecture de sa commande, cette ouvrage de Carter et de sa recherche du tombeau.
Le bruit de mes talons brisa le silence instauré, même si adoucit par le piano toujours présent. Je me glissais dans son dos avant de me penchais en avant, glissant mon visage au dessus de son épaule pour lire près de lui. Nos visages étaient proches, mes cheveux glissaient sur lui et mes yeux n’avaient de cesse de regarder les petits dessins que formaient les hiéroglyphes.
- N’as-tu pas peur de la malédiction ? Si cet ouvrage est l’original, tu crains peut-être quelque chose…
Ma voix n’avait pas faibli et pourtant, elle s’était faite plus douce, plus intimiste encore. Mon cœur s’emballa, surtout quand le parfum de l’irlandais vint chatouiller mes narines. Que pouvait-il bien se passer en moi, moi qui craignais le monde de me montrer si…aventureuse ? Ces contacts qui se faisaient plus nombreux jusqu’à ce que j’aille récolter cette chantilly sur sa joue, que je vienne ici frôler mon corps du sien, sans presque, aucune gêne. Je n’avais pas le droit d’agir de la sorte, je n’avais pas envie. Je glissais néanmoins mon doigt jusqu’à montrer un cartouche bien spécifique.
- Ici, c’est écrit Toutânkhaton, c’était son prénom de baptême. Il avait pour père celui qui révolutionna, le temps d’un règne les conventions des croyances en ne priant plus Amon mais Aton. Toutânkhamon, changea la donne en passant au pouvoir. Mais…Tu dois forcément le savoir. Désolée de m’immiscer dans ta lecture, je sais pourtant que c’est parfois dérangeant. Tu désires quelques choses d’autres ? Une boisson, une autre part ?
Je me redressais avant de me replacer devant lui, mon cœur ne cessant de battre une musique plus différente des précédentes. J’étais sensible à son charme, que je veuille l’admettre où non. Je souriais, un sourire d’une demi teinte, mentant sur mon état, mais agréablement sincère quand il reposa son regard sur moi.







lumos maxima

_________________
C'est juste un mauvais jour, pas une mauvaise vie.

   
   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: You're irish too ? Hélios    

Revenir en haut Aller en bas
 

You're irish too ? Hélios

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» THE IRISH WAY OF LIFE.
» Combat d'Aménophis d'Hélios contre Jango
» Némélios / Pyroar
» [Tombola] Disney'Mon : Le Roi Némélios ! (#Résultats)
» Sheamus, the irish referee. Raw 27 august 2012.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kill or be Killed :: Welcome to the Big Easy :: Algiers-