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 You Are Not Alone - Aleksander

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MessageSujet: You Are Not Alone - Aleksander   Ven 28 Avr - 19:21

You Are Not Alone. Never.



Voilà deux heures que je tournais dans mon lit, à regarder le plafond, à en saisir tout l’aspect, à compter les carreaux du carrelage qui recouvre le salon alors que ma tasse fumante de thé trônait dans mes mains. Changer de place pour aller dans le canapé, aussi moelleux soit-il n’avait rien changé à cette maudite insomnie. J’avais même tenté le lait chaud, mais à chaque fois que je fermais les yeux, quelque chose m’empêchait de sombrer dans les bras de Morphée.
Usée, agacée, je tournais en rond dans mon appartement comme un lion en cage. Rien n’y faisait, cette nuit, je ne dormirais pas. Résolue de m’épuiser pour enfin m’enfouir sous mes draps, je décidais de faire le même rituel que mon père : Courir. C’était sa manière à lui d’expulser ses énervements chroniques, ses questionnements habituels sur le monde, sa rage dans le querelles inutiles qu’il avait avec ma mère. Dieu seul sait que j’étais proche de ma mère et que je l’aimais, mais je suis plus la digne fille de mon père que de ma mère. Si ce n’est dans ce côté féminin que j’arbore dans mon travail, très peu de choses me rapproche de ma douce génitrice. Les chiens ne font pas des chats dit-on et pourtant, avec mes mères, si ce n’est le regard, je ne lui ressemble pas.
Et même dans le regard, quelque chose cloche. Ma mère aimerait-elle me voir ainsi ? Elle qui avait tant fait pour m’accorder le plaisir de me découvrir en tant que femme et non en tant que chasseuse. J’avais fait un choix, des années avant, le choix de ne pas choisir justement, de ne pas passer ma vie à traquer des monstres qui, d’après les dires de tout le monde, avaient eu aussi le droit de vivre, alors pourquoi pas moi ? Si ma mère le comprenait, pour avoir des amis « anormaux », je rejoignais mon père sur l’extrémisme de la situation, mais un serment est un serment, ne pas tuer quand on le veut, mais quand on le doit. Une vie est une vie, peut-être importe qui est-ce.
Armée de ma tenue de torture, comme je disais plus jeune, peu adepte au footing, je sortis de mon appartement, rejoignant le reste de la vie qui tournait sans cesse dans cette ville. Si New-York est la ville qui ne dort jamais qu’en est-il de la Nouvelle Orléans ? J’appréciai, l’espace de quelques secondes, oublier qui j’étais, loin de l’éditrice, loin de la brotherhood, j’étais sur la Abby qui voulait se vider la tête et dormir.
Arrivée à l’entrée du parc, je me suis mise à courir, faisant des tours et des tours du parc, tentant de m’épuiser. Tentant. J’ai plus de capacités, dans certains domaines, que les humains, capacités qui rendent difficile, parfois, voir même souvent, l’épuisement.
Je finis par m’arrêter de courir après une bonne demi-heure à plein régime pour regarder le ciel, les étoiles éclairant difficilement le ciel. Un des problèmes d’habiter dans les grandes villes restent la difficulté d’apprécier les étoiles avec les lumières artificielles de la ville. Je refermais un peu plus ma veste sur moi et dans le silence glacial de la nuit, un bruit attira mon attention.
L’adrénaline ne fit qu’un tour dans mes veines et je pénétrais dans un coin du parc, un peu plus cachés dans la verdure et les arbres. Un homme, type musclor qui passe sa vie dans les salles de musculation était là, s’entrainant à ce que je jugeais être une arme que moi-même j’appréciais : L’arbalète.
J’approchais, lui laissant entendre ma présence par le craquement d’une branche sous ma chaussure. Ce que je ne m’attendais pas, c’est qu’il se retourne, l’arme à la main, chargée et que la flèche s’envole vers moi. J’eus le temps de bouger de quelques millimètres, évitant de justesse que la flèche de vienne faire un joli trou dans ma tête. Le projectile alla s’encastrer dans l’arbre le plus proche de moi, me laissant sortir un râle d’agacement. Délaissant quelques secondes l’homme, je retirais la flèche de l’arbre avant de me tourner vers lui, le regard noir et mauvais.
- Même si j’admets que le tir n’est pas mauvais, il serait préférable de faire attention avec ce genre de chose !
La flèche entre les doigts, je la fis bouger, jouant entre mes doigts avant de la lancer vers lui, le frôlant de justesse, elle alla de loger en plein cœur de la cible de fortune qu’il avait avec lui. Pratique d'avoir une force plus forte que la moyenne, non ? Ça en jette carrément !
- Je ne rate jamais ma cible, moi.
Je le dévisageais, non avec grande douceur, mais avec un agacement prononcé. Mes yeux passèrent sur son corps, de haut en bas avant de secouer la tête et de croiser les bras.
- Je suppose qu’avec une telle musculature, on a oublié d’oxygéner le cerveau. Si je peux me permettre, et je me permets, votre façon de vous tenir n’est pas bonne. Les pieds serraient, de cette manière ? Amateur.
En soit, je n’ai rien contre ceux qui s’entrainent, en pleine nuit, à l’écart de tout le monde, mais ceux qui attentent à ma vie, délibérément ou pas, à le don de me mettre sur les nerfs. Ajouter à ça mon état de fatigue, le savant mélange me rend explosive.



lumos maxima
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MessageSujet: Re: You Are Not Alone - Aleksander   Sam 29 Avr - 17:38

You Are Not Alone. Never.



Cela faisait quelques temps que j’étais arrivé sur la Nouvelle Orléans sans pour autant sortir et rencontrer grand monde. Cette ville était assez complexe et je préférais observer de loin avant de m’intégrer dans un quelconque groupe, préférant mon rôle de barman à l’écoute plutôt que de prendre position. J’avais mes propres convictions et surtout un tas de nœuds à défaire pour pouvoir faire la « paix » avec moi-même et espérer avancer à quelque chose ! Comme souvent lorsque mon temps n’était pas occupé à travailler, je me consacrais à mon entraînement. J’avais toujours eu une facilité déconcertante pour me muscler, courir à tout bout de champ ou même me consacrer aux arts martiaux. Ma vie passée dans le conté d’Eugene m’avait permis de m’habituer à la solitude et cela ne me dérangeait pas pour autant de garder cette tradition intacte en venant ici. Ce fût sans surprise que je me retrouvais éveillé seulement quatre petites heures après avoir rejoint mon lit, les yeux grands ouverts face à mon plafond. Je n’aimais pas dormir, trouvant ce temps perdu pour rien, persuadé de pouvoir l’utiliser pour autre chose. J’avais tellement à faire que je n’étais pas du genre à procrastiner toute une nuit ou une journée. Si le sommeil ne voulait pas de moi, je laisserais l’éveil profitait de ma présence sans trop de problèmes !
J’avais beau m’épuiser à la tâche, soulever de la fonte sans arrêt, me tuer sous l’activité, l’épuisement était un terme qui m’était alors inconnu. Mon esprit cogitait bien trop pour me permettre de connaître le repos et malgré la douceur de mes draps, des bras que j’emmenais parfois m’accompagner, je ne réussissais pas à mettre un trait sur ce qui m’empêchait d’être libre. Je m’étirais tout en soupirant, laissant ma main tomber sur le haut de ma table de chevet à la recherche de cette lettre qui remettait en cause une bonne partie de ma vie. Je la lisais sans cesse, comme si derrière cette écriture calligraphiée, derrière chacune des phrases que je connaissais par cœur, derrière ces tournures qui m’avaient fais flancher quelque fois, la réponse sortirait avec un peu d’espoir. Mes doigts vinrent caresser le papier usé, mon regard suivant le trait fin que ma mère avait apposé. Je n’étais pas un expert en graphologie mais les quelques soubresauts que l’on pouvait retrouver dans certaines de ses courbes laissaient transparaître la peur et la peine de cette rédaction. Et ce fût sans m’en rendre compte que je reprenais le rituel que je pratiquais depuis des semaines, lisant instinctivement ces quelques phrases…

Mon fils,
S’il t’arrive de lire cette lettre avant même que je n’ai eu le courage de t’avouer ces quelques mots, cela signifie que cette Terre a eu assez de ma présence en son sein. Le monde est bien loin de ce que tu peux imaginer Aleksander. Je t’ai pendant sept ans laissé croire que le bien et le mal n’étaient que pures théories, te persuadant que chaque être humains possède du bon en lui. Ce n’est pas totalement vrai, sans pour autant être faux. L’humanité a connu un tournant assez marquant il y a de ça quelques siècles… J’ose espérer que cette vérité ne t’arrive trop tard et encore moins qu’elle change ce regard si doux que tu portes sur les gens. Mais il me faut te dire la vérité sur ta naissance, sur ta condition si particulière que tu devras découvrir par toi-même.
Comme tu le sais si bien, je suis partie vivre en France à l’aube de mes vingt ans, persuadée de trouver dans ce pays un quelconque bien-être que la Russie ne me permettait pas de trouver. Le pays de la liberté comme le répétait si bien ces affiches collées par ci ou par là par les membres de la mafia russe. Ils nous offraient souvent la possibilité de nous emmener la bas, pour prendre notre indépendance… Ceci ne fût que doux mensonge et forte trahison. Nous n’étions que de simples objets, leur permettant d’étendre des réseaux de prostitutions et des trafics non pas de drogue, mais d’être humain un peu partout en Europe. J’ai eu la chance de franchir les frontières sans trop de soucis avant de pourrir au fond d’une cave en plein milieu de Paris, ne sortant que la nuit… Les journées me paraissaient longues, les nuits aussi et je n’espérais plus sortir d’ici si ce n’était morte.
Souviens toi ce que je te répétais souvent enfant : Ne perds jamais espoir, l’éclaircie vient toujours après la tempête. Mon éclaircie, se fût ton père. Il n’était que de passage sur la capitale, profitant de ses vacances entre copains pour découvrir cette ville de Paris, lui qui était un valeureux provincial, préférant ses champs de cyprès à l’étendue des bâtiments et de la pollution. Il fût ma bouffée d’oxygène, étant le seul à ne pas vouloir profiter du corps que ses copains venaient d’acheter une fortune à cette sortie de boîte…  Il m’a offert l’amour que je n’attendais plus, la liberté qui m’était interdite d’espérer et un enfant des plus merveilleux. Notre bonheur a duré six ans. Six années à vivre dans une magnifique villa sur les hauteurs de Nice, profitant de la chaleur méditerranéenne, bien loin du froid de décembre, m’offrant romantisme, effluve d’amour et bonheur. Je te dépeins une vie presque parfaite que je t’ai enlevé en prenant ce vol Paris – New York ce 31 Décembre… Je te passerais tous les détails que tu pourras retrouver dans ces lettres que j’ai pu écrire et garder depuis grand nombres d’années, je voudrais simplement en venir au fait.
Ton père appartenait à une lignée d’humains bien moins ordinaire que tu ne peux l’imaginer : les Brotherhood… La seule chose qu’il m’avait permis de comprendre sur ce groupe au fonctionnement quelque peu particuliers s’avèrent être l’existence de races surnaturelles contre qui il se battait sans faille pour protéger l’espère humaine. Je sais que cela n’est que trop vague, mais je reste persuadé que tu sauras faire preuve de persévérance pour accroître tes connaissances sur le domaine.
Le monde va mal Aleksander… Ne laisse pas périr cette flamme qui brille dans ton regard, laissant les idéaux et les avis de gens extérieurs venir empoisonner ton esprit si pur…
Fais le pour moi, pour ton père et pour toi…
Je t’aime.
Maman


Et comme à chaque fin de lecture, je sentis mes mains tremblaient, ma gorge se nouer et mes yeux s’emplir de larmes, revoyant le corps de ma mère étendu avant d’être brûlé sous mes yeux. Je reposais la lettre sur la place vide à côté de moi, me relevant bien rapidement avant de me diriger vers mon armoire, bien décidé à prendre l’air. Après tout, je savais généralement comment cela se finirait, perdant généralement pied quand il s’agissait de me souvenir de ma mère. J’attrapais mon blouson en cuir, saisissant la mallette que je gardais précieusement sous le comptoir de la cuisine avant de sortir dans cette nuit presque étoilée, prenant la direction du parc. J’avais trouvé cet endroit me permettant de m’isoler au milieu des arbres pour me détendre à ma manière : sentir une arbalète entre mes doigts. J’avais commencé plus jeune avec une arbalète recurve traditionnelle, permettant une précision à longue distance avant de passer maintenant à une arbalète à poulie, rendant la vitesse de la flèche bien plus rapide que d’ordinaire. Même si mon garage était remplie d’arme en tout genre, de l’arme blanche à l’arme automatique tout en passant par le nunchaku et les arme de poing, je gardais une préférence pour l’arbalète. Je n’avais eu aucun repère pour apprendre, aucune instruction et aucun conseil et pourtant, cela m’avait paru être une évidence la première fois où j’ai eu la chance d’en tenir une entre les mains.

Comme souvent, je m’installais entre les quatre chênes, isolé de trop gros spot lumineux pour me permettre de rester à l’abri des regards curieux, préférant me concentrer sur l’entraînement que j’avais décidé d’effectuer. Je sortais de mon rangement une cible sur tréteaux, l’installant sur une surface quasi plane avant d’emmener le reste de mon attirail à quelques mètres plus loin. L’avantage de cet endroit se trouvait également être la différence de distances me permettant de m’entraîner à des tirs courts ou longs sans aucune grande difficulté ! Je sortis mon carquois, l’enfilant sur mon bras avant de charger ma première flèche, yeux fermés profitant de l’air frais qui venait s’infiltrer au travers mon sweatshirt. J’étais prêt à tirer, ayant armé mon arme lorsqu’un craquement de branche vint attirer mon attention et tout se passa si vite que je ne pus retenir mon doigt lançant alors la flèche à vive allure en direction de ce qui s’avérait être… une femme !

Attention à… vous.
Ma remarque n’avait plus lieu d’être, étant donné que la flèche avait frôlé à quelques millimètres de ça le visage de la jeune femme qui s’était décalée assez rapidement pour éviter un quelconque dégât. Je soufflais de soulagement, déposant mon arbalète à mes pieds pendant que ses râlements m’arrachèrent un demi-sourire. Elle ne semblait pas très ravie et il y avait de quoi la comprendre ! Mais en même temps, que venait-elle faire ici, en pleine nuit entre quatre arbres ! Il fallait être suicidaire pour qu’un petit bout de femme haute comme elle ne vienne risquer sa vie. Je la regardais jouer avec ma flèche agilement, croisant les bras contre mon torse, en tapant du pied.

Il serait préférable également de laisser les gens tranquilles surtout lorsque ceux-ci s’isolent en pleine forêt et en pleine nuit ! Quant au tir, il n’est pas mauvais c’est évident… il est…

Et je m’arrêtais net, mes yeux se fermant face à une scène qui me paraissait improbable. J’apercevais une vue éloignée de mon moment, voyant la jeune femme s’apprêtait à lancer la flèche tandis que je me trouvais sur la trajectoire ! Je rouvris les yeux, penchant mon buste d’un demi-millimètre vers l’arrière juste avant de sentir le vent que venait de laisser la flèche derrière son passage, l’apercevant maintenant loger en plein centre de ma cible, qui venait d’autant plus de tomber sous l’impact de cette dernière. Mon regard alterna rapidement entre la jeune femme et mon matériel d’entraînement, déglutissant une fois de plus avant de soupirer, et de rire exaspéré.

Rassurez-vous, si mon but était de vous loger une flèche entre les deux yeux, je ne vous aurais pas rater non plus tout à l’heure… Egocentrique !

Je l’aperçus s’approcher de moi, m’agenouillant pour redresser ma cible et déloger ma flèche, la rangeant dans mon carquois que je gardais toujours à mon avant-bras avant d’écarquiller les yeux, surpris de sa façon de me dévisager, ce qui ne me rassurait guère. Je rattrapais mon arbalète, bien décidé à ignorer cette jeune femme et à poursuivre mon entraînement, n’aimant pas changer mes plans ni même les imprévus. J’armais de nouveau, me concentrant sur ma cible avant qu’une remarque acerbe ne vienne une fois de plus mettre mes plans en stand-by. Je baissais mon arme, laissant pencher la tête en arrière avant de regarder attentivement l’état de mes pieds. Ils étaient écartés, et j’avais toujours tiré de cette manière. Je pivotais mon regard vers elle, un sourire narquois sur les lèvres.

Madame devrait retourner dans son lit… La nuit ne laisse jamais de bon présage pour les demoiselles comme toi… quant à mon cerveau, ne vous inquiétez pas, il est assez oxygéné pour comprendre que vous êtes une peste dans votre genre ! Si vous êtes aigrie ou en colère contre je ne sais quoi ou bien alors que vous n’aimez pas la compagnie des gens, faites demi tour, la sortie est derrière vous ! Et même si vous les aimez, l’amateur que je suis vous laisse quelques secondes pour rebrousser chemin !

Je n’étais pas d’un naturel méchant, je n’aimais pas me montrer désagréable non plus… Mais se faire à moitié agressé par une inconnue au détour d’un tronc d’arbre, ce n’était pas quelque chose que j’appréciais non plus ! Je regardais la jeune femme avant de pivoter vers elle, jetant mon arme à mes pieds, tout en défaisant mon carquois et en écartant les bras face à elle, me rapprochant petit à petit.

Vous savez avec une telle musculature, vous ne feriez certainement pas le poids si je vous ramène de force sur le sentier du parc ! Sérieusement, vous faites chier tous les passants que vous croisez, ou ma tête ne vous revient pas pour continuer à pourrir ma nuit ! Vous ne vous êtes même pas présenté en plus… Peut mieux faire comme entrée en matière… Vous allez aussi me donner des cours de combat rapproché ? Du genre « relève ta garde », « reste en mouvement » ou bien « change la répétition de tes coups » ?

J’étais maintenant face à elle, en train d’imiter ironiquement un ton de voix quelque peu féminin et d’autant plus potiche que je le pouvais, avant de soupirer et de plonger mon regard dans le sien qui semblait prêt à exploser… J’aurais certainement dû faire attention à ce détail avant de me lancer dans une tirade sarcastique du genre… Mais c’était trop tard, tout comme lé flèche de tout à l’heure, les mots étaient eux aussi partis.

lumos maxima


Dernière édition par Aleksander Dawson le Mer 3 Mai - 22:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You Are Not Alone - Aleksander   Mar 2 Mai - 10:48

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Il fallait avouer que j’étais, de base, assez frustrée parce quelqu’un avait pris ma place habituel, ce genre de gars à être bodybuildé, ne rien avoir dans le crâne, mais pourquoi mon instinct me disait de rester, de continuer, alors ?
Sa remarque me ferait presque sourire, si je n’en avais pas compris la subtilité…inutile ! Faire attention alors que je venais, presque, de me faire planter une flèche en pleine tête ? Non, mais sans rire ! C’était la seule chose qu’il arrivait à dire à quelqu’un qui avait vu la mort de prêt ? Ne serais-ce, directement, un « désolé j’ai manqué de vous loger une flèche parce que je suis un crétin décérébré » ? Il semblait nerveux, enfin, peut-être agacé par ma gentillesse légendaire ? Excusez-moi du fait de ne pas aimer que l’on m’attaque sans aucune raison ! Je penchais la tête sur le côté en l’écoutant. Laisser les gens tranquilles, quand ils s’isolent ? C’est peut-être même là que je dois surveiller, de peur qu’un humain lambda ne rencontre une créature surnaturelle. Je suis plus apte à sauver un humain, qu’une espèce de créatures malsaines et sournoises. Est-ce rompre le serment que j’ai fais, à mon « clan », comme à mes parents ? Pourtant, une préférence ne se choisit pas, surtout dans ce cas où on m’a forcé à la prendre.
L’espace de quelques secondes, il avait fermés les yeux, c’était bien trop simple pour que j’envoie la flèche maintenant, je risquais de le blesser et clairement, ça n’est pas ma raison de vivre, de blesser ou tuer les gens assommants ou idiots. Les règles sont les règles et même si parfois, je suis tenté de les enfreindre, je ne peux pas. Je ne peux pas aller contre le souvenir de mes parents. A peine eut-il ouvert les yeux que je lançais cette flèche et avant qu’il ne tourne son regard vers moi, il l’avait évité. J’arquais un sourcil, presque étonnée. Comment était-ce possible qu’il l’évite sans la voir ? L’ouïe n’est pas le seul sens sur lequel on peut baser une réaction. Comment avait-il fait pour l’éviter ? Je voyais son regard se posait sur moi et sur la cible à terre, faisant de nombreux aller retour, peut-être dans l’espoir que les fils se connectent dans son cerveau. Je soupirais, agaçais avant que son rire ne vienne briser le silence instaurée entre nous.
Comme toute réponse, à sa piètre défense m’expliquant que s’il l’avait voulu, j’aurais une flèche logée dans mon troisième œil, je tapotais du pied, à mon tour. Frappé un homme en pleine fierté et vous verrais sa nature de gosse pourri gâtée revenir à la charge. Égocentrique ? Moi ? J’éclatais d’un rire forcé tentant d’analyser ce qu’il essayait de me dire. Déjà, côté répartie, il n’était pas réellement fourni, sans doute un excès de protéine directement droit dans le cerveau, mais surtout, moi, égocentrique ? J’ai basé ma vie de sacrifices en sacrifices dans l’espoir d’un monde en paix, dans l’espoir qu’un jour, il n’y ait plus de problèmes de races et que les humains ne soient pas vu comme de la viande sur patte et moi, MOI, j’étais égocentrique ? La seule fois où j’avais pensé à moi c’était en restant près de ma mère pendant son cancer et cette fois, encore, je n’avais pas pensé à moi, mais au bien être de quelqu’un d’autre. La seule chose, dans ce monde, qui était à moi était mon travail et une fois encore, j’étais au service de ces jeunes auteurs qui attendent de moi que je me transforme en leur marraine la fée pour exaucer leurs souhaits le plus cher ! Il n’est pas le seul à avoir une fierté exacerbé et cette fois, je devais admettre que j’étais vexée. Vexée d’un homme qui ne me connait pas, qui se permet de juger avec quelques mots sortis d’une bouche, soit, mais vexée quand même. Je me serais attendu à toutes sortes d’insultes, mais celle là, non, elle ne passait pas !
Les points serrés, je tentais de calmer cette envie de lui faire ravaler ces paroles et étant donné que la douceur ne fait pas réellement parti de mon vocabulaire, ça reste, en soit, un peu compliqué ! Je le regardais, de nouveau et qu’il me tourne le dos, m’ignorant fut le comble de l’irrespect ! Je ne suis peut-être pas la reine dans la douceur, dans la gentillesse, mais moi, au moins, je ne manque pas de respect aux gens de cette manière, du moins, pas aux humains !
« Les demoiselles comme toi » ? Maintenant j’étais devenue une faible idiote se promenant en pleine nuit ? J’étais rabaissée à la pauvre cruche sans cervelle ? Dire que ma seule envie était de lui sauté dessus pour lui faire manger le sol ne serait pas exagérée. Je suis loin d’être une princesse en danger, celle qui a besoin qu’on l’aide. Je suis celle qui aide, pas celle qui en quémande !
Je levais mon doigt vers lui, avant de descendre vers ses pieds, un sourire moqueur aux lèvres.
- Amateur, je confirme ! Si ce cher monsieur était enclin à écouter, il comprendrait ce que la demoiselle comme moi tente de lui dire. Votre centre de gravité n’est pas aligné. Vous n’êtes pas assez concentré, preuve en est de la flèche qui a fait office de ventilateur près de moi. Vous ne devriez pas utiliser ce genre d’armes si vous ne savais pas vous en servir ! Juste un petit conseil de personnes noctambule à une autre, menacez moi encore une fois et je vous fais manger votre carquois.
Soit, j’admets ne pas être la plus attentionné, mais de là à subir un flot d’injure comme celui qui passait ses lèvres me donnait des envies de prendre son arbalète et de me servir de lui comme cible. Non, les règles… Et puis, le faire serait m’abaisser aux monstres que j’aime chasser habituellement. Je suis beaucoup plus chasseuses que médiateur, tuer serait presque devenu une seconde nature pour ceux qui tentent de briser la Vie. Un cadeau comme celui qui nous ait donné ne devrait pas être gâché. Je croisais les bras alors qu’il venait vers moi, une lueur presque animal dans le regard. Un loup ? Oh, simplement, un homme qui ne supporte pas les conseils d’une femme ? Oui, c’est ça, quelqu’un qui n’a pas soigné son complexe d’Oedipe.
Venait-il vraiment de me provoquer ? Venait-il, une fois de plus de me menacez ? Certes, pas le genre de menace qui était devenu habituelle, mais ça restait une menace et sur mes lèvres, naissait un sourire qui ne voulait dire qu’une chose « tente un peu pour voir ». Aussi musclé qu’il l’est, il ne fait pas le poids contre moi et la chute n’en sera d’autant plus drôle. J’étais impatiente de lire la défaite et la surprise dans ses yeux. Mais quand enfin, il ne fut qu’à quelques centimètres de moi, qu’il tenta une imitation de la cruche basique, mes yeux virent rouges. J’avais, à mon gout, assez supporté son manque de respect, il fallait remettre les compteurs à zéro, le faire redescendre de son nuage. Sa voix de crécelle comme imitation me fit hérisser les poils sur les bras. Mes mains se mirent à trembler et rapidement, mes mains se retrouvèrent sur son col, ma jambe passant la sienne pour lui assener un coup violet dans le mollet, l’obligeant par la pression et ma force à me faire tomber sur le sol. J’évitais tout de même que sa tête neutre violemment le sol et mon genoux vint se loger dans son cou, l’obligeant à rester sur le sol. Un sourire amusée et victorieux sur les lèvres et ma voix, des plus douces, voir même des plus sensuelles brisa le silence.
- Relève ta garde…
J’appuyais mon genoux sur sa glotte avant de me relever, dépoussièrent mes affaires, plus par habitude, que par réel nécessité.
- Reprenons. Ta stature pour tirer est piètre. Ton centre de gravité n’est pas bon, preuve en est que tu es aussi fixe qu’une feuille morte. Ton arrogance te rend si sûr de toi que ça te rend encore plus stupide que tu ne le parais au premier abord. Et parlons de ta fierté masculine qui vient de me rendre service. Te faire humilier de la sorte par une femme…Comme moi ? Avec une telle musculature, tu te jugeais plus fort que moi, mais regarde bien, c’est toi qui est près à manger l’herbe.
Je finis par enfin baisser le regard vers lui, une flamme de rage dans les yeux avant de le délaisser pour aller récupérer l’arme qu’il avait jeté au sol plus tôt.
- Tu traites si mal tes armes, mais tu devrais les respecter. Ce sont elles qui te sortent de la panade quand tu t’y trouves. Tu n’as aucun respect pour ce qui t’entoure. Tu sais, Musclor, c’est toi qui ne devrais pas rester seul en pleine nuit quand on est aussi stable qu’un vieillard avec une canne. Tu ne sais pas ce qui pourrait te tomber dessus dans l’ombre de la nuit.
Chaque tutoiement, dans ma bouche était presque une insulte. J’étais droite, agacée et tendue que me battre contre moi pour lui loger une flèche me titiller de plus en plus.
« N’oublies pas que tu ne te bats pas contre la vie, Abigaëlle. Chaque vie est précieuse, même la plus infime, tu dois te battre pour un monde en paix pas pour céder à tes pulsions. »
La douce voix de ma mère me fit frissonner et resserrer mon emprise sur l’arme. J’allais la ranger dans son étui avant de me retourner.
- Tu as, cependant, un bon gout pour les armes. Pourtant, tu devrais régler ton angle de tir.
Je me retournais, du moins, je commençais, avant qu’on ne me rappelle rapidement que la clé de la survie, c’est la concentration. Sans doute que je n’aurais pas dû oublier la première règle que m’avait apprise mon père.



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MessageSujet: Re: You Are Not Alone - Aleksander   Mer 3 Mai - 22:18

You Are Not Alone. Never.



Handicapé des sentiments. Voilà ce que j’étais et j’assumais totalement mon manque de coordination entre ma pensée et mes gestes. Dépourvu de filtre, mes mots manquaient bien souvent de tact. Mais après tout n’était-ce pas la marque de fabrication d’un enfant battu ? Et j’avais en face de moi quelqu’un qui appréciait se complaire dans les stéréotypes sans prendre la peine de réellement savoir ce qui se passait derrière ce corps de bodybuildé. Elle ne l’avait pas dit mais ses yeux trahissaient tous seul cette pensée. Et pourtant, je ne pouvais pas lui en vouloir, étant tellement habitué à ce genre d’attitude. Pourquoi m’étais-je imaginé qu’elle pouvait être différente des autres quand j’ai croisé son regard la première fois ? Certainement la fatigue, une réaction normale pour quelqu’un qui ne dormait que trop peu depuis son plus jeune âge. J’avais passé la plupart de mes nuits sur le qui-vive, à l’écoute du moindre pleur de ma mère adoptive jusqu’au crissement du parquet en provenance du couloir menant à ma chambre. J’étais incapable de dormir autrement qu’à moitié. Réflexe que j’avais gardé près de vingt ans plus tard… Alors je n’osais même pas soupirer face à l’attitude de la jeune femme dont je ne savais rien. A quoi bon, l’ignorance est la plus belle des réponses, non ? J’aimais faire mon incompris, presque à me dire que j’étais un cas isolé sur terre.
Enfin c’était ce que je comptais faire et pensais faire. Cependant, il ne fallait pas oublier qu’entre mes envies et mes actes, la différence est parfois marquante. Alors oui, j’adorais jouer mon rôle de bodybuilder écervelé, me contentant de rentrer parfaitement dans la case que l’on essayait de m’assimiler depuis tellement de temps. Après tout, je n’allais pas m’embêter à tenter de leur montrer le contraire, je n’avais pas de temps à perdre avec certaines personnes. Puis c’était tellement risible de la voir s’agacer pour un rien, de taper du pied comme un batteur frappant la pédale de sa grosse caisse en rythme. Et quoi de mieux que poursuivre sur sa longueur d’onde, en essayant de me baser des dernières conversations que j’avais pu avoir avec une femme autre que celles menées avec des clientes parfois bien alcoolisée. Et l’orientation de la conversation sur son égocentrisme toucha en plein dans le mille ! Je n’aimais pas utiliser des mots pour faire du mal, ni même mes mains. Mais j’espérais avoir réussi à la vexer autant que ses remarques pourraient me vexer… Sans forcément prétendre que je l’étais non… Mais j’en avais presque marre d’être pris pour un abruti de service que pour la première fois depuis quelques temps, je venais de riposter à l’énoncé de ce stéréotype. Et rien ne me surprit plus que de voir ses petits poings se serrer. Je l’avais tant énervé que ça ? Il lui en fallait réellement peu pour partir au quart de tour. Serait-elle du genre boule de nerfs à répercussion automatique ? Encore mieux qu’une bombe à retardement, une grenade explosive qui n’attendait qu’une mini pression pour exploser en plein vol. Si d’après elle je n’avais que des bras et rien dans le crâne, j’avais l’avantage de savoir prendre sur moi contrairement à elle à priori. Je m’arrêtais net en apercevant son doigt venir dans ma direction, m’obligeant à cesser de parler pour l’écouter. Ah… Je m’en serais bien passé ! On était reparti… J’étais sûr d’une chose au moins : la fonction repeat fonctionnait parfaitement bien sur son disque ! Et malgré tout cela, je n’en perdais pas mon sourire, conscient que je n’étais pas parfait étant donné que j’étais autodidacte ! Mais au point de me faire manger mon carquois sous la menace ? Elle avait du cran…Oui je devais l’avouer, elle avait vraiment du cran. C’était agréable de voir qu’il existait encore des personnes qui osaient tenir tête sans avoir peur des représailles. Et pourtant, je ne lèverais jamais la main sur une femme. C’était hors de ma portée. Je lui souriais – comme je le faisais toujours – tout en glissant mes mains dans mes poches, la regardant de haut en bas. Elle devait faire quoi ? Un mètre trente, un mètre quarante ? Ok allez ! Je lui offrais le mètre soixante à vue de nez ! Et elle m’avait l’air d’un poids plume, la fonte que je soulevais devant être l’équivalence de deux fois son poids. Alors mise à part la briser en deux entre mes bras, je ne voyais pas l’intérêt de la toucher.

Ce cher monsieur qui n’est peut être pas le plus enclin à vous écouter et certainement celui qui sait montrer le plus de patience entre nous deux. Puis pour le ventilateur, vous devriez me remercier, étant donné que vous sembliez si réchauffée à voir le rouge de vos pommettes… Un footing mal négocié ? Manque d’oxygène ? Un souci avec votre aérobie ? Amatrice va… Du genre à courir comme une cinglée sans tenir la distance, que c’est triste. Vous ne devriez pas vous infliger ça si vous ne savez pas vous servir de vos deux jambes… Je ne vous menace pas, je vous préviens. La différence est là non ? Mieux vaut prévenir que guérir. lâchais-je dans un français presque clair.

Aussi surprenant que soit-il, ma mère m’avait obligé à apprendre le français, tradition que Gary a gardé lorsque je suis venu vivre chez lui. Comprendrait-elle que même si je pouvais me reprocher quelque peu la forme que je mettais à la chose, le fond reste juste et lui était préjudiciable ? Je m’approchais d’elle, voulant asséner les derniers coups verbaux, sans pour autant imaginer que sa réponse était envisageable. Et encore moins d’un point de vue physique… Je sentis ses mains s’agrippaient à mon col avant que mon corps ne bascule sous son coup de jambe rapide et précis que je n’avais… pas vu arrivé non plus. Et la conclusion de la scène se trouva être son genou sur ma gorge, m’empêchant de respirer convenablement. Je devais m’avouer vaincu pour le coup… Et c’était quelque peu vexant, frustrant voir dégradant pour mon image… Non pas au point d’être blessé dans mon amour propre. J’avais l’esprit sportif et je savais reconnaître les victoires de mes adversaires lorsque cela était mérité. Mais depuis quand je considérais les personnes que je croisais au détour d’une ruelle ou en l’occurrence ici d’un sentier, comme adversaire ? Le sourire qui pointait sur ses lèvres ne me rendait ni colérique ni plus heureux que cela. C’était particulier… Comme une soudaine envie de l’envoyer valser un peu plus loin, de me retirer de cette prise que je ne supportais pas plus que ça, mais aussi une pointe d’empathie pour elle… J’étais en train d’apprécier de la voir sourire ? Vraiment ? Aleksander, tout ne tourne plus rond ! Enfin la petite voix angélique de ma tête eu rapidement raison lorsque je l’entendis briser le silence d’une voix que je n’imaginais pas faire partie de sa palette de cordes vocales ! De la… sensualité… Oh stop un instant. Non je n’étais pas envoûté, et ma mère ne pourra rien me dire… Mais ses yeux… Ses prunelles brunes qui me fixaient, ce regard qui paraissait pouvoir en dire beaucoup… Oui j’appréciais ça ! J’aimais les belles femmes, autant l’avouer ! Bon, il n’y avait aucun geste dirigé et je n’étais pas prêt de fixer ce moment pour des tas d’années. D’une part parce qu’il était hors de question que je me fasse avoir comme un bleu la prochaine fois et d’un autre côté, fallait-il qu’il y ait une prochaine fois ! Parce que l’entendre reprendre exactement le sarcasme que je venais de lui sortir, c’était bas, et je n’appréciais pas…
Je grimaçais en la sentant appuyer un peu plus avec sa jambe avant de retrouver l’air qui circulait librement dans mes poumons, l’apercevant se relever. Je soufflais longuement, étendant mes bras sur le sol en restant allongé quelques secondes avant de rire. Elle voulait vraiment reprendre ? Elle n’aimait pas avoir tort ma parole… Je me redressais, restant assis avant de croiser mes jambes, m’appuyant sur mes avant bras pour l’observer faire. Ma fierté masculine… J’étais en train d’hésiter longuement entre deux possibilités pour être aussi aigrie en étant aussi jeune. Soit ses dernières expériences avec la gente masculine n’ont pas été très convaincantes, soit elle a la bonne humeur d’une moule, l’amabilité d’un lama vous crachant au visage ou la haine d’un rhinocéros chargeant… Enfin je souriais sarcastiquement lorsque je l’entendis une fois de plus pointer du doigt ma musculature. A priori, elle n’ouvrait pas bien les yeux… Elle restait bloquée sur ce qui n’était qu’apparence.

« Ne perdez pas votre temps avec des explications : les gens entendent ce qu’ils veulent bien entendre. » Il n’a pas forcément tort celui qui a écrit ça… Paulo Coelho si cela t’arrive d’ouvrir un livre… En tout cas, je ne t’imagine pas dans l’éducation… La patience et la pédagogie n’ont pas l’air de faire parties de ton vocabulaire… Ma stature est peut être piètre pour tirer, mon centre de gravité n’est certainement pas bon et je me retrouve peut être à manger l’herbe. Mais qui te parle d’humiliation ? Quand à mon arrogance, ma fierté masculine et ma musculature… Tu ne me connais pas et tu te permets de me juger. Alors qui est réellement le plus stupide de nous deux ?

Je m’apprêtais à me redresser quand son regard se retourna vers moi, encore plus habité que les précédents que je me suis vu offrir. Son sourire s’était envolé aussi vite qu’il était arrivé malheureusement pour moi. Je m’accroupissais, prenant le temps pour analyser le moindre de ses gestes, préférant ne pas me jeter dans la gueule du loup sans plan. Mais mon sang ne fit qu’un tour lorsque je l’aperçus se saisir de mon arme. On ne touche pas à mes petites protégées de la sorte. J’y avais mis tout mon amour, mon temps et mon argent, alors ce n’était pas une inconnue qui allait s’amusait à s’emparer de mes biens. Puis de l’entendre dire que je traitais mal mes armes… Elles que je nettoyais chaque jours, que j’utilisais avec précautions en alternant mes entraînements pour éviter de leur faire prendre la rouille… Et j’étais celui qui ne les respecter pas ? Un sifflement traversa mes lèvres, avant de me redresser, poings fermés. La différenciation entre ironie et vérité n’était pas mon point fort mais je n’avais aucune difficulté ce soir étant donné que cela semblait lui tenir à cœur de me faire cette leçon de morale… J’étais sur le point de tenter un pas vers elle quand je décidais d’agir différemment.

Je respecte mal mes armes ? Chacune ont été faites sur mesure… Pour ma main, ma force, un meilleur confort et une meilleure efficacité… Si seulement tu savais à quel point je suis conscient que ces armes me sortiront de n’importe quelle embuscade… J’aurais aimé les avoir bien plus tôt… Mais vaux mieux tard que jamais n’est-ce pas ? Quand à la nuit, elle est censée apporter un côté apaisant… Mise à part quand elle fout sur ton chemin une énergumène dans ton genre… Alors, pose cette arme s’il te plaît.

Je venais de lui demander quelque chose d’essentiel, pour laquelle ma patience ne me serait d’aucune utilité. Mon regard s’illumina lorsque je l’aperçu me tourner le dos et un éclair traversa mon esprit. J’avançais, tapis dans l’ombre et dans le silence, m’approchant assez d’elle pour la surprendre. Son regard allait se tourner vers moi lorsque ma main attrapa son poignet, le serrant fortement avant de lui faire une clé de bras pour la plaquer contre moi, ayant sorti un canif de ma manche qui était placé sous son cou, mon souffle chaud proche de son oreille, la maintenant sous ma poigne, remontant fortement son bras jusqu’à la sentir s’abaisser contre mes jambes.

Reprenons. Conseil numéro un, ne pas perdre du regard la personne qui te fait face. Rester concentré. Tu es trop sûre de toi et hautaine…

Je laissais ma phrase en suspens, profitant pour faire passer son corps par-dessus mon épaule et la plaquer contre le tronc le plus proche, gardant le couteau sous sa gorge tout en lui riant au nez, mâchoire cependant serrée.

Tu te penses supérieure aux autres… Je dois t’avouer que tu es quand même de haut niveau, je te l’accorde… Mais cesse de penser qu’un Musclor n’a rien dans la tête… Tu as de la chance de tomber sur quelqu’un qui déteste la violence… Un décérébré t’aurait tranché la gorge, voir pire, mordu… Nous devrions repartir sur de nouvelles bases…

J’appuyais sur le bouton de mon canif pour ranger sa lame en maintenant la pression sur son ventre, tout en soufflant longuement. Ma main la relâcha, avant de venir ramasser mon arbalète, la rangeant sans son carquois, un soupir sur les lèvres. Je détachais ma veste, décidant de la laisser tomber sur le sol, étant pris soudainement de bouffées de chaleur. Je finissais de ranger mes armes pendant que je me tournais vers la jeune femme, un petit sourire aux lèvres.

J’ai peut-être le droit à connaître au moins ton prénom, et les raisons qui te poussent à venir ici à cette heure tardive ?

Après tout, à quoi bon se faire la guerre ? J’avais certainement des choses à apprendre d’elle… chose que je remarquais très vite, l’entracte n’ayant pas lieu d’après ses volontés…


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MessageSujet: Re: You Are Not Alone - Aleksander   Jeu 4 Mai - 9:07

You Are Not Alone. Never.



Vexante ? Oui, sans doute. Le tact, la réflexion, ça n’a jamais réellement fait partie de mon éducation. Si ma mère voulait m’apporter de la douceur, mon père, lui ne vivait que pour me montrer plus forte encore que je ne le pensais, préférant l’action aux paroles, préférant les actes au blabla inutile et pourtant, à défaut de contact physique quel qu’il soit, il fallait utiliser les mots à défaut d’utiliser les points. Une bonne technique ? Sûrement pas. Depuis quand n’ai-je eu personne dans mon lit ? Personne pour une étreinte aussi rapide fut-elle ? Et pourtant, je n’ai aucun remord. J’ai aimé, deux personnes, deux merveilleuses personnes, aujourd’hui disparut. En soit, ça n’était que mes parents, mais ça restait, mes parents. Suivant ce qu’ils étaient, peut-être un peu trop tête baissée.
Il souriait. Comme un benêt, mais il souriait. Agaçant de n’avoir en face, personne qui ne réponds, qui ne bouge, qui laissent couler les mots sur lui. A dire vrai, c’est une chose que j’arrive parfois à faire, malgré mon impulsivité légendaire et ce soir, je n’en avais aucune envie. J’étais bien trop fatiguée, bien trop exténuée, bien trop énervée contre mon sommeil disparate pour faire un quelconque effort.
Les bras le long du corps, mes poings se serraient comme simple réponse et mon regard passait de lui à l’entourage, tentant de trouver quelque chose pour calmer mes nerfs bien fatigués. Une fois encore, je me sentie vexée, moi, alors qu’il parlait du rouge de mes joues. Faible ? Bon sang, serait-il capable de faire ce que j’étais capable de faire ? Vexée parce qu’ici il ne s’agit pas de surnaturel, mais d’un vieux combat, vieux comme le monde, plus vieux encore que les originels : Le combat homme-femme. Amatrice… Moi, une amatrice ? Ses muscles sont peut-être la preuve d’un entrainement, mais les miens, pas aussi volumineux, le sont tout autant, voir plus ! Amatrice…Comment osait-il me manquer de respect de la sorte. Courir comme une cinglé… Mes mains tremblaient doucement. Non, ne pas énerver quelqu’un la nuit, si elle n’arrive pas à dormir. Ne pas provoquez.
- Ca n’est pas parce que je ne ressemble à un bonhomme gonflé à l’hélium que je n’ai aucun entrainement.
Pourtant…Mon esprit s’alarma, je venais de lui répondre, parce que je l’avais compris, mais j’avais remarqué, seulement plus tard, seulement après que lui, m’avait parlé en français et que moi, je lui avais répondu dans la même langue. Oui, j’étais étonnée, après coup. Il parlait français ? Se pourrait-il que je me sois trompée ? Un imbécile bourré de protéine ne connait pas d’autres langues, encore moins une aussi compliqué que le français. Je penchais la tête sur le côté. Cette fois, il m’intriguait. Pensait-il pouvoir, ainsi, m’insulter d’amatrice sans que cela ne se sache ? Intriguée, mais restant agacée.
Je mentirais en disant que mon petit jeu de jambe n’était pas pour me montrer supérieur, mais ici, c’était surtout pour lui montrer qu’une femme, de ma corpulence, comme il l’avait dit, pouvait se charger d’un homme comme lui, facilement. C’est plus facile avec une force que l’on maitrise, un entrainement parfait. Une mèche glissa sur ma joue, satisfaite de voir cette lueur dans les yeux. J’avais gagné, si ce n’est la guerre, du moins cette manche. Peut-être arrêterait-il de se penser supérieur de part sa musculature plus avantageuse que la mienne ? Ne lui a-t-on jamais dit que les muscles ne font pas tout ?
Mon but n’était ni de le blesser, ni de le tuer. Si j’avais empêché à sa tête de s’écraser au sol, ça n’était pas pour rien. Chaque geste était contrôlé.
Je tiquais, une fois de plus lorsqu’il ouvrit la bouche à nouveau. Ne peut-il pas s’avouer vaincu, battre en retraite et rentrer dormir ? Ne peut-il pas me faire ce cadeau ? Je tournais mon regard vers lui, plus proche de l’amusement que de l’agacement cette fois. Moi ? Ne pas ouvrir de livre ? Pas patiente ? Pas pédagogue ? Je me retenais de lui rire au nez et pourtant, l’envie ne m’en manquait clairement pas. Moi ? Ne pas ouvrir de livre ? Non, vraiment ?
- Tu parles de jugement hâtif et pourtant tu me juges à ton tour. Le plus stupide est-il celui qui juge en premier où l’autre qui fait une quelconque remarque, faisant exactement le même ? Paulo Coelho a aussi écrit « Même la plus grande sagesse peut être occultée par l'éclat de la vanité. » Tu te prends pour un sage…Tu n’en as que l’aspect.
Son arme, je devais l’admettre, avait le mérite de me faire sourire. Une belle arme et je ne doutais pas qu’elle devait faire mouche assez souvent, si ce n’est sur des personnes innocentes. Je relevais la tête, souriant d’autant plus quand je l’entendis réagir. Aucune personne qui respect son attirail, n’aime qu’une autre personne ne le touche sans son accord, surtout dans un désaccord. Que pensait-il que j’allais faire ? La briser devant lui ? L’écouter me parler avec ferveur de ce que je tenais dans les mains, me fit réagir. Ca n’était pas qu’une simple et belle arme, c’était plus. Il semblait la connaitre par cœur et il visiblement, il s’en était déjà servi et pas que sur une cible immobile. Les avoir bien plus tôt ? J’étais curieuse de comprendre le sens caché de cette phrase, mais me répondrait-il si je lui posais la question ? Indubitablement, non. Je hochais la tête, avant de reposer l’arme au sol, simplement, sans en faire trop. Je n’avais aucune raison de ne pas bien faire, surtout pas avec une phrase ponctué d’un « s’il te plait ».
Je le cherchais du regard pour me retrouver flanquée d’une atroce douleur dans le bras, me retrouvant affaibli, mais surtout menacé d’une lame fraiche sur la nuque. Je déglutis, je ne m’y étais pas attendu et surtout, pas attendu à une telle force. Indéniable que ses muscles n’était pas que de la gonflette, mais de là, à ce qu’il me maitrise presque si facilement. Je le senti contre moi et malgré que je m’évertue à cacher la douleur et la surprise, il augmenta la pression, m’obligeant à déposer un genou à taire. Autant ne pas faire de geste brusque et finir la gorge tranchée. Je serrais les dents, n’aimant pas être prise…à mon propre jeu, finalement. Comment se pouvait-il qu’il use d’autant de force sur moi, alors qu’habituellement, j’en mange trois comme lui au petit déjeuner ? Et c’était lui, à présent, qui me donnait des conseils ? Ma fierté mis à mal, je devais admettre l’inadmissible : Il avait raison. J’avais été trop sûre de moi, loin de penser qu’il pouvait être doté d’une telle rapidité d’action et de force physique.
Le contact avec l’arbre me fit grimacer un peu plus. Les dents serrés, je jetais un regard vers lui, ampli de ce qui ressemblait à de la haine. Plus orientée vers moi que vers lui, mais ça n’est pas le moment de faire de la psychanalyse.
L’écouter déverser sa verve, que j’avais mérité, je ne pipais mot, consciente d’avoir une lame tranchante qui réglerait le problème rapidement si j’oscillais le moindre mouvement. Je fronçais les sourcils, cependant, ne pouvant pas rester de marbre aux mots choisis. « Mordu » ? Une morsure plus grave qu’une gorge tranchée ?
Une fois éloignée, je passais frénétiquement ma main sur ma gorge avant de frotter mon bras, le regard intrigué. Une morsure plus grave ? La pression sur mon ventre avait réveillé une mauvaise blessure faite, quelques jours plus tôt et discrètement, peut-être pas finalement, je relevais ma veste et mon maillot m’assurant qu’elle ne s’était pas ré-ouverte. Une fois rassurée, que la cicatrice commençait à se voir, sans aucune goutte de sang, je relevais à nouveau mon regard vers cet étrange personnage.
- Es-tu toujours obligé de sourire ? C’est usant et ça va t’apporter des rides !
Je croisais les bras sous ma poitrine avant de relever mon pied contre l’arbre. Je n’avais pas peur, s’il avait voulu me tuer, il l’aurait fait. Si j’avais voulu le faire, je l’aurais fait.
- Je ne dors pas, je pense que cela se voit ? L’amatrice que je suis à voulu passer ses nerfs en courant, pour tenter de l’épuiser, chose compliquée dans certains cas de figure… Peux-tu, m’expliquer en quoi une morsure serait plus grave qu’une gorge tranchée ? J’ai peur de ne pas saisir ta logique.
Non, à dire vrai, j’avais bien saisi et peu d’espèce magiques auraient usé d’armes humaines pour se défendre si les crocs avaient peuplés le reste des dents. Sa force, sa rapidité, ses armes…Un chasseur ? Un énième chasseur humain…Non, pas avec sa force. Un brotherhood, lui aussi ? Si tel est le cas, j’aurais été stupide de parler à un « collègue » de cette manière. En même temps, ça n’est pas marqué sur son front ! Ni sur le mien… Nerveusement, je jouais avec chevalière, frappé d’un « BH » distinct, ne perdant aucune seconde du spectacle que j’avais sous les yeux. Et puis…N’avait-il pas réussit à éviter la flèche que je lui avais lancé, précédemment ? Le doute n’était pas possible… Une coïncidence un peu trop grosse qu’il ressemble à un membre de ce que mes parents appelés « clan ».
- Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu fais ici, à t’entrainer seul, dans un coin paumé du parc, en pleine nuit, sans une seule once de peur ? Quel secret caches-tu ? Comment as-tu éviter la flèche ?
Incisive, oui. Je pourrais me tromper, mais la coïncidence est trop forte, trop prononcée pour que je ne comprenne pas. Il devrait y avoir un signe distinctif pour nous reconnaitre, ça éviterais les désagréments. Mon pieds sur l’arbre, tapotait doucement, dans l’expectative d’une réponse qui, pour moi, mettait trop de temps à arrivé.




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MessageSujet: Re: You Are Not Alone - Aleksander   Dim 14 Mai - 23:02







Je n’avais jamais apprécié ces moments où je me sentais mis à mal. Ces périodes où en réalité le seul ennemi sur lequel nous pouvions mettre un visage et un nom se trouvait être le reflet que nous croisions à chaque détour de miroir. Oui, j’étais mon propre démon face à l’adversité que je pouvais trouver dans le comportement de cette jeune femme sur qui je ne connaissais rien. Ni son nom, ni les raisons qui l’avaient poussé à venir dans ce coin du parc à cette heure ci tardive. Et me voilà en train de combattre à coup de mots, d’armes, de violence gratuite. J’étais en train de reproduire le schéma que m’avait inculqué inconsciemment Gary, et cela aidé de ma conscience. Je pensais constamment à devenir un homme meilleur en me levant le matin, à chasser ces idées préfabriquées qui surgissaient dans mon esprit lorsque je devais agir ou plutôt réagir à une situation. C’était un perpétuel combat qui était devenu naturel et pour lequel je ne me rendais plus compte des efforts qu’il me demandait, rentrant désormais dans les mœurs. Mais voilà. Me retrouver face à une femme qui d’une part ne se démontait pas et de l’autres savait appuyer là où cela pouvait faire mal. Fort heureusement, encaissé n’était pas chose difficile pour mes larges épaules. Et une fois encore je pensais A, je prononçais B et j’agissais tel C. Paradoxal du début jusqu’à la fin, cela ne me permettait pas de savoir sur quel pied danser avec elle. J’étais habitué à décrypter bien des visages, des attitudes, des soupirs, le corps des gens parlant de différentes manières lorsque j’étais au travail, l’alcool aidant toutefois. J’avais toujours tenté d’observer de loin et à force d’entrainement, je réussissais désormais à savoir les buts premiers des personnes posant un coude sur le comptoir de mon bar avant même qu’elle n’ouvre la bouche pour commander. Il ne fallait généralement pas chercher bien loin, la société étant assez superficielle, et se comportant la majeure partie comme des moutons. Sortir pour boire à outrance, entrer seul puis repartir accompagné pour une nuit ou une vie.  Je m’étais fais une raison et plus rien ne pouvait me surprendre à vrai dire. Sauf le fait de rencontrer quelqu’un qui avait décidé de ne rentrer dans aucun moule et pour qui les pensées des gens étaient superflues. Ce n’était pas du je m’en foutisme non. C’était une marque de courage, de cran et d’acceptation. Mais malgré tout ces bons côtés que je réussissais à lui trouver, je ne pouvais pas lui ouvrir mes bras et lui avouer que cette discussion ne rimait à rien, et qu’elle n’aboutirait certainement nulle part ce soir, étant excédé de ce manque de sommeil et de cet outrage qu’elle osait me faire. Ok, j’étais fier. Peut-être était-ce de la fierté mal placée. Mais après tout, j’étais un bonhomme gonflé à l’hé… Quoi ? Elle parlait français ?

Je ne cachais pas ma surprise, ma bouche s’entrouvrant presque lorsque la douce mélodie de la langue de Molière vint se glisser dans mes oreilles. Le français était une langue mélodieuse, que j’affectionnais particulièrement et que pourtant je n’utilisais que lorsque je ne voulais pas me faire comprendre. Par manque de chance ou bien par pur hasard, elle se trouvait en possession des clés pour me répondre sans aucunes difficultés, réveillant par la même occasion la curiosité en moi. En plus de gérer les armes avec une quasi perfection qui était difficile à lui accorder, elle parlait ma langue maternelle, me coupant presque les mots de la bouche.  Car le seul son qui sortit de ma bouche fut un « Oh » d’étonnement, encaissant la nouvelle donne ouvertement. Elle était bien plus futée que je ne pouvais l’imaginer  et malheureusement j’en fis les frais bien rapidement. Mes jambes se dérobant, j’eu la chance d’apercevoir ses yeux bruns brillant à quelques centimètres des miens d’une lueur que j’avais oublié dans le regard des femmes que j’avais la chance de croiser régulièrement. Et l’agacement laissa place bien rapidement à l’amusement, ou plutôt au foutage de gueule. Car clairement, ce sourire narquois qui jonchait ses lèvres avait le don de m’enrager. Elle ne lacherait pas l’affaire aussi si facilement et je n’étais pas prêt à lui laisser du terrain. Et l’entendre citer du Coelho aussi facilement, me retourner la remarque avec aisance et agilité me rendait fou. J’aurais pu lui retourner une énième citation de Coelho, lui répondre que «  Tout le monde croit savoir exactement comment nous devrions vivre » ou qu’ « Il n’y a qu’une façon d’apprendre, c’est par l’action », mais cela n’aurait été qu’un retour de bâton pour lui permettre de me renvoyer la balle aussi facilement. Selon elle, j’étais donc vaniteux et dépourvu de réflexion. Je souriais sincèrement, la regardant de bas en haut tout en tapotant dans mes mains ironiquement amplifiant le bruit avant de rire aux éclats et de recroiser mes bras face à elle.

Je ne fais que suivre ton exemple. Pourquoi t’offrirais-je autre chose qu’un jugement hâtif ? Si je suis stupide, ce n’est pas dans le fait de te juger, mais simplement dans l’idée même de te penser différente. Tu ne m’en voudras pas si concernant la vanité, tu es celle qui en a le plus à revendre. Jusqu’à preuve du contraire, je ne me suis pas permis un quelconque commentaire sur ta façon de te mouvoir, de parler et pourtant pas mal de choses sont à revoir. Contrairement à toi… Mais peu importe en réalité, la fierté mal placée est quelque chose qu’à priori nous connaissons tous les deux.

Et rien que de la voir se saisir de mon arme comme par manque d’irrespect, d’affront sans nom, me confirmer le fait qu’en plus d’être vaniteuse, elle devait également être égocentrique. Ou alors très douée pour réussir à faire réagir les gens étant donné que je venais de partir au quart de tour, lui livrant qui plus est certaines pensées que j’aurais pu garder silencieuses. Bravo Alek, il ne manquerait plus que tu réussisses à éveiller un peu plus sa curiosité et elle n’était pas prête de débarrasser le plancher, pour te laisser en paix. Peut être qu’en décidant d’agir avec violence et de réveiller une peur en elle, la tranquillité arriverait à point ? Son bras entre mes mains, la fonctionnalité de son épaule entre mes doigts, je resserrais ma prise, surpris de devoir agir un peu plus fortement qu’avec une femme lambda. Pourtant il ne me fallut pas longtemps avant de sentir son genou se poser au sol, signe que malgré l’impassibilité qui se lisait sur son visage, mon geste ne restait pas sans douleur pour elle. Depuis quand j’aimais faire mal ? Depuis quand cela ne me dérangeait pas d’agir de la sorte avec une femme ? Par pure réponse ? Ou par reproduction inconsciente d’un schéma une fois de plus bien trop présent dans mon esprit ? J’avais besoin de voir la supplication dans son regard. Comme si me retrouver face à cette sensation me permettrait de me reconnecter à la réalité. Et pourtant ce ne fût pas de la supplication que j’aperçu, mais un subtil mélange de curiosité, d’interrogation et de haine surprenante. Je m’éloignais d’elle, lançant subtilement un regard par-dessus mon épaule en l’apercevant relever son haut pour regarder une cicatrice qui me paraissait bien fraiche. Un soupir m’échappa, non pas contre la scène, mais contre le fait que je venais certainement de lui faire plus de mal que ce que je désirais réellement avant de laisser s’échapper un rire léger, amusé par sa remarque. Mon sourire la dérangeait-elle réellement ? Raison de plus pour le laisser s’agrandir tout en lui offrant un clin d’œil.

Les zygomatiques sont importants à faire travailler tu sais. Puis tu devrais essayer, parce que tirer la tronche toute la journée c’est des secondes de vie en moins. Quitte à être ridé autant que tu l’es, autant que je vive plus longtemps quand même !

Je restais planté là face à elle, mes mains se glissant dans mes poches tout en tapant du pied un rythme que moi seul avait en tête histoire de me détendre. En quoi s’épuiser pouvait être compliqué pour quelqu’un comme elle ? Elle le faisait déjà avec moi et ses réponses sarcastiques ! Et pourtant cela constituait un côté charmant à sa personne, que je commençais à apprécier autant que je le détestais ! Elle avait toujours un mot à dire, une pensée à exprimer et gagner un dialogue avec elle ne me paraissait pas impossible : cela l’était. Mais j’étais un amoureux des causes perdues, des combats perdus d’avance et je n’étais pas du genre à abandonner aussi facilement. Certainement parce que j’étais persévérant et… très têtu, je devais l’avouer !
Je me laissais tomber sur le sol, m’étirant tranquillement avant de faire craquer chaque articulation que je pouvais, cherchant à me détendre d’une quelconque manière : doigts, cou, dos, chevilles, genou, je n’avais aucune envie de me sentir encrouté, opprimé, en manque de mes moyens. Puis c’était aussi mon moyen à moi d’éviter ses questions sur la morsure. Ma discrétion n’était pas mon point fort je le savais, mais le sujet du vampirisme n’était pas quelque chose pour laquelle j’aimais me livrer ni même l’évoquer. D’une part, la plupart des humains ne comprenait pas ce qui pouvait bien se passer dans les rues de leur ville. D’un autre côté, je me battais contre cette espèce dès que le temps m’était donné. Et même si le fait que la jeune femme qui se trouvait en face de moi savait manier une flèche et s’y connaissait en arbalète, rien ne me prouvait qu’elle puisse combattre la même cause que la mienne. Je me retrouvais donc à devoir réfléchir rapidement pour ne pas paraitre suspicieux et trouver une excuse plausible. Je me redressais, lui montrant une place un peu plus proche de moi d’un signe de tête, quitte à discuter autant le faire à l’aise. Puis ce n’était pas quelque chose que je crierais au travers un bois, aussi vide qu’il soit. Ne sait-on jamais, on dit bien que lorsque l’on parle du loup, on en voit la queue non ?
Arrachant quelques brins d’herbe nerveusement, je fuyais de temps à autre le regard de cette dernière, cherchant une dernière fois mes mots avant de finalement prendre sur moi pour lui avouer la vérité. Ma vérité.

On ne t’a jamais dit que les chiens pouvaient avoir la rage ? Une morsure, mal placée qui plus est, et je ne donne pas cher de ta peau.

Palme d’or de l’histoire pourrie et pourtant c’était tout ce que j’avais trouvé à répondre. Mais je ne voulais pas lui laisser le temps de surenchérir. Je ne voulais pas lui laisser profiter de ce moment d’idiotie, je décidais de poursuivre dans ma voie, mais surtout de mettre des mots sur ma curiosité.

Vilaine cicatrice que tu as. Tu as le choix. Tu me dis ce qui t’es arrivé ou alors tu m’offres ton prénom histoire que je puisse mettre un nom sur ce visage si fatigué et aigri par le temps… Quel dommage d’offrir à tes magnifiques yeux bruns des cernes sans nom…

Je riais allègrement, conscient que la jeune femme qui se trouvait en face de moi déciderait de me donner son nom, car elle ne me paraissait pas du genre à parler d’elle aussi facilement. Tout comme je l’étais et pourtant l’impression de me faire matraquer de questions sans pouvoir souffler ne m’échappa pas. Une soudaine envie de lever les mains au ciel, de lui demander de se stopper tout en espérant voir une caméra cachée débarquer de derrière un arbre. Et pourtant la seule chose que je réussis à faire c’était de fixer son pied qui frappait frénétiquement sur le tronc d’arbre, chaque seconde, chaque seconde de trop qui la retenait des expectatives qu’elle attendait. Puis mes yeux remontèrent face à cette chevalière avec laquelle elle ne cessait de jouer. Un sourcil s’haussant, je me remettais rapidement debout avec agilité, m’approchant d’un pas décidé tout en attrapant sa main pour fixer cette bague de plus près. Je n’avais pas rêvé, les initiales BH étaient belles et bien gravées dessus. Et le terme de Brotherhood que m’avait révélé ma mère me revint à l’esprit. Simple coïncidence ? Je ne pense pas. Je persistais à croire que mes pas étaient guidés par une quelconque force mystique ou élan divin… Mes yeux vinrent rencontrer les siens, bien plus sérieux qu’auparavant, l’envie de rire m’étant disparue en une fraction de seconde.

 Brotherhood. C’est ça n’est ce pas ? Dis moi ce que c’est !

Ma main vint s’abattre sur le côté du tronc où était appuyée celle qui avait probablement les réponses que j’attendais à moins que je sois en train de devenir complètement cinglé pour voir des réponses et des signes à chaque coin de rue. Je réduisais l’écart entre nous, comme si le coup de pression que je tentais de lui mettre pouvait être utile. Puis l’idée même que mes réponses pourraient voir le jour me rendait un peu plus euphorique, impatient et hésitant. Oui, j’étais hésitant vis-à-vis de la nouveauté, de la perte de routine… Je me complaignais bien dans ma nouvelle vie à vrai dire. Ma main lâcha la sienne avant que je ne me recule d’un pas sans pour autant la lâcher du regard.

Aleksander. Mon nom est Aleksander. Mais continue de m’appeler Musclor, ce serait certainement plus simple à prononcer pour toi. Je suis insomniaque tout comme tu peux l’être. Je travaille dans le club de Kerjean. Mais tu n’as pas l’air d’être du genre à te saouler à outrance. Quoi que cela pourrait peut-être te faire dormir vois-tu…

J’acceptais de parler de moi tout en restant dans les quelques banalités qui ne me dérangeait pas de livrer. Après tout, si elle côtoyait le club, elle m’aurait déjà vu et je ne lui apprendrais réellement rien. Et si elle ne le savait pas, cela ne changerait probablement sa vie de savoir que j’étais serveur. Je ne me mouillais pas trop avec ça, voilà ce qui m’arrangeait. Et pourtant , quelque chose me poussait à lui parler d’autre chose. De lui répondre honnêtement à ses quelques questions pour tenter de lui faire comprendre que malgré mon physique, je n’étais pas aussi idiot que ce qu’elle pouvait l’imaginer. Je décidais de me rasseoir contre le tronc sur lequel elle était appuyée, ne souhaitant pas lui faire face, ni même la regarder. Sentir son parfum à mes côtés me suffisait simplement pour le moment.

Je m’entraînes jours et nuits. Combats, courses à pieds, différentes armes. Je soulève de la fonte en espérant qu’un jour mon corps me dise stop. Je ne connais plus la peur, je l’ai déjà combattu. Et c’est les seules réponses que je peux t’offrir à vrai dire. Je ne voudrais pas inventer quelque chose que je ne sais pas pour te faire plaisir. Mais sache que mes réponses ne sont pas gratuites. Tu m’en devras en retour…  Tu connais Coelho et tu parles français… Comment ? Pourquoi perdre ton temps ici ? Je t’ai menacé d’une piètre manière, tu aurais du fuir… Si je n’ai pas une once de peur, toi tu n’en as pas plus. Généralement, cela signifie que les personnes ont connu pire. Donc ma dernière question sera simplement : Qu’est ce que c’était ? On ne devient pas une pierre froide et sans âme sans aucune raison vois-tu… Je vais reprendre le silence qui caractérise un écervelé bodybuildé… Désolé.

Je m’excusais sans réellement savoir pourquoi je le faisais : mes actes, mon semi-monologue ou même ce lot de questions qui m’aurait mis mal à l’aise si j’avais été à sa place. Et pourtant un léger espoir me permettait de croire que ces questions ne resteraient pas sans réponse. Quitte à ce que je doive passer par un second round de corps à corps musclé pour les obtenir. Mais la violence ne résout toujours pas les problèmes. Je glissais mon bras derrière ses jambes, donnant un léger coup pour la faire glisser à mes côtés.

Quel genre de livre lis-tu ? Te penches-tu sur l’univers du fantastique et du surnaturel ? Crois-tu au mythe de Dracula ?

Ok, la subtilité n’était toujours pas de rigueur. Mais le BH se reflétait une fois de plus à mes yeux, et l’instinct se voulait plus fort. Et j’étais un homme de cœur, d’instinct et d’impulsion. Alors je n’allais pas me mentir à moi-même. Et j’aurais peut être une raison de ne pas lui mentir à elle non plus. Si tant est que ses réponses me parviennent…


Dernière édition par Aleksander Dawson le Dim 21 Mai - 15:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You Are Not Alone - Aleksander   Mer 17 Mai - 1:20

You Are Not Alone. Never.



Sa bouche forma un « o », d’ailleurs ce son arriva à mes oreilles, son étonnement était perceptible et intérieurement, cela m’amusait. Une partie de moi apprécier entendre de sa voix douce et rauque un souvenir du passé qui n’était pas si éteint que ça finalement. L’entendre prononcer une langue que seule ma mère parlait. Comme une caresse qui me ramenait plus de deux ans en arrière où j’étais resté, depuis trois ans à veiller sur une mourante, lui lisant des livres en français, lui parlant d’ailleurs dans cette langue qui l’éloignait le plus de mon pays de naissance, de ma ville qui m’avait vu naitre et la vie qui avait vu mourir mon père. Cette langue que j’avais pu travailler, entre deux entrainements dans les livres, mais surtout en discutant avec ma mère, faisant d’elle une compagne de secret. Et ces fous-rires que nous avions à faire enrager mon père qui ne comprenait pas un traitre mot de ce que nous disions…
Il semblait presque perdu par ma réaction, cette rapidité d’exécution qui était mienne et le voir réagir ainsi m’amusait d’autant plus. Et pourtant, ce qu’il semblait voir en moi, j’avais l’impression de pouvoir le lire en lui. Lui qui n’était qu’une montagne de muscle pouvait parler un français quasiment parfait et cet accent ne le rendait que plus…charmant ? J’étais interloquée par une pensée fugace, si rapide et si futile. Depuis quand poser mon regard sur un homme arrivait à un stade ? Moi qui n’arrivait pas à me pardonner d’avoir fait souffrir Shayne, moi qui avait abandonné toutes idées futiles du bonheur et du plaisir.
Je levais les yeux au ciel, agacée, de nouveau par ses paroles. Et pourtant, ma fierté, elle était touchée. Vaniteuse, moi ? Est-ce ma faute si je repère ses problèmes de mouvements ? Est-ce ma faute si je suis douée dans ce que je fais ? Est-ce de la vanité d’être sûr de soi ? Soit, dans une certaine mesure, il avait raison peut-être avais-je était trop intrusive, mais de là à dire que je suis vaniteuse.
- Te conseiller n’est pas de la vanité, enfin, si tant est que tu saches la définition de ce mot.
De la douceur dans mes mots ? Savoir peser le pour et le contre avant de parler ? Réfléchir, peut-être même ? Ca n’était pas quelques choses qui avait fait partie un jour de mon vocabulaire, encore moins depuis la mort de mes parents et que me gérer s’avérer être difficile. Je jouais avec le feu et dire que j’aimais ça, ne serait pas duperie. Je n’avais pas saisi une telle hargne envers moi quand mes mains s’était saisi de son arme. Après tout, je ne désirais que la ranger, lui qui la laissait tomber par terre avec véhémence. Il était affligeant de voir qu’il n’avait aucune retenue quand à mon épaule qui aurait pu céder entre ses doigts. Il faisait donc partie de ces hommes violents? De ces hommes qui traitent les femmes avec dégout ? Un gay refoulé, sans doute…Où simplement, un lâche. Après tout, les deux casquettes lui allaient si bien. Cet homme à l’esprit facilement manipulable qu’une seule parole permet de le mener là où l’on veut. Et pourtant, mon instinct, peut-être même ma curiosité m’empêchait de partir, me laissant là où mon corps était, apprenant à le connaitre à travers ses propres travers, ses regardes, ses sous entendus et surtout, ses silences.
« Des secondes de vie en moins » ? Si tu savais que la mort me parait bien plus douce que tu ne le penses. Et pourtant, formuler une réponse m’était impossible. Dans un premier temps, j’étais vexée qu’il dise de moi que j’étais ridée, alors que ça n’était pas le cas, mais qu’il se moque ouvertement de moi, c’était le comble. Monsieur je fais des leçons de morales, mais je continue à m’enfoncer, vexant l’interlocuteur en face ? Mon silence comme réponse, je le regardais, sans une seule once de sourire, le toisant simplement d’un regard presque noir. A quoi bon perdre de la salive pour un abrutit pareil ?
Pourtant, chaque geste qu’il faisait, chaque mouvement qu’il oscillait, tout ça, je n’en perdais aucune goutte, tentant de percer le mystère qu’était cet homme aussi insomniaque que moi. S’il pensait que s’étirer me ferait oublier mes questions, que j’abdiquerais si facilement…Il ne me connaissait pas encore et même si je ne comptais me faire connaitre à lui, c’était l’amusement de la soirée. Je fronçais les sourcils, j’aurais voulu être dans sa tête pour comprendre les méandres de ses silences et pourtant, si l’évidence me montrait qu’il réfléchissait, moi, je voulais savoir de quelle manière, comprendre comment il allait ouvrir la bouche et pourquoi il dirait ça. Il est humain, à quoi bon me battre contre lui ? Ses pénibles façons de se contenir, comme d’arracher l’herbe fraiche et innocente m’aurait presque fait sourire, mais moins que ses paroles que je trouvais complètement farfelues. Si mon rire, j’arrivais à le contenir, la surprise, elle était de trop pour que je la cache. Des chiens, sérieusement ? Rien qu’à cette faible phrase burlesque, je compris qu’il savait, autant que moi je savais, mais ça…il l’ignorait encore. Les chiens…Parlait-il des garous où juste de la morsure vampirique qui pouvait aussi tuer que nous transformer ? Mes bras sous ma poitrine, j’appuyais mes ongles dans ma peau pour ne pas me mettre à rire. Non, je n’allais pas me moquer de lui ouvertement, j’allais le faire avec les mots, c’est beaucoup plus drôle, plus percutant. Des chiens…Vraiment.
La surprise ne fit qu’augmenter quand il parla de ma cicatrice et instinctivement, ma main vint se poser sur mon abdomen, à l’endroit même où la douleur se réveillait par moment. Il l’avait donc vu ? Et lorsque le choix fut posé, mes lèvres s’ourlèrent dans un sourire mi amusé, mi agacé. A moi, il ne me laissait que ces choix là ? Qui était-il pour m’obliger ainsi à une réponse ? Mais s’il en voulait une, autant ne pas lui donner celle qu’il attendait.
- Une rencontre avec un couteau.
Simple, court, efficace. Je ne mentais pas, omettant, tout de même de dire la vérité, l’entière vérité. Et puis, qu’est-ce que je pouvais lui dire ? « Un chien ne m’a pas mordu mais m’a lancé mon propre couteau et je ne l’ai pas rattrapé ». Et pourtant…J’aurais ne pas être humaine et ne pas avoir pris ses derniers mots comme une douce caresse à mes oreilles. Avait-il bien dit, mes magnifiques yeux bruns ? Venait-il vraiment de s’exprimer avec une certaine douceur, lui qui ne m’avait pas laissé le choix d’une réponse ? Et pourtant, j’aurais aimé dire que je n’avais pas apprécié.
Couteau qui fut sorti de son fourreau avant qu’il ne puisse prendre ma main dans la sienne. L’avait-il senti ? L’avait-il vu ? J’ai de très bons réflexes, ce qui est aisé d’apprendre quand on ne veut pas prendre de coup inutiles et pourtant… Je l’avais vu regarder ma chevalière, je l’avais vu se relever et approcher et à peine fut-il à quelques centimètres de moi, que la lame de mon couteau était contre son torse. Néanmoins, je ne lui fis aucun mal, presque étonnée de ces paroles. Comment pouvait-il comprendre, savoir, imaginé que ces initiales était celles-là ? Je ne m’étais pas trompé sur lui et pourtant, lui, semblait ne pas se rendre compte. Son attitude avait changé que je reculais ma lame, toujours à l’affut du moindre mouvement de sa part. Sa main rentra en contact, un peu trop violemment contre l’arbre, me décrochant un rictus rapide. Et ce contact qui ne s’arrêtait pourtant pas. Sa main tenait la mienne et ce qui m’étonnait ça ne fut pas qu’il me touche, que je le laisse faire, mais plutôt de laisser ma main dans la sienne. Et ses yeux…Ses yeux bleus perçant aussi sombre qu’une nuit d’été qui…Non, Abby, ça suffit ! Une montagne de muscle ! Juste, une fichue montagne de muscle ! Et sa proximité, nos corps qui se frôlaient… Non, cesse donc Abigaëlle ! Ma respiration se fit plus rapide et un soupire passa, sans bruit, mes lèvres, quand enfin, il me lâcha pour s’éloigner, ne serait-ce que d’un pas. Je remis mes bras le long du corps, couteau toujours sorti, au cas où.
Et là, quelque chose que je n’avais pas prévu. Je n’avais pas prévu qu’il comprenne les initiales qui n’appartenaient qu’à moi, encore moins qu’il se présente. Aleksander, un nom à la sonorité française et pourtant, pas français pour deux sous. Il me relata des morceaux de sa vie, comme si nous étions amis et pourtant, mon esprit tiqua sur une chose en particulier. Non pas son piètre pic sur ma capacité à dire son prénom, sur notre impossibilité à dormir, mais un seul et fichu nom : Kerjean. Ma main se resserra sur la garde de mon couteau, me souvenant de cette rencontre avec ce vampire infecte que j’avais pu rencontrer, lui qui n’avait mâché ses mots. Ainsi, il travaillait pour lui. Il savait donc pour les vampires, il était comme moi et il laissait passer tout ça, sans intervenir ?
Ma respiration s’était faite plus rapide, la hargne qui m’habitait lorsqu’on parlait de vampire en ma présence. Et pourtant, elle se calma presque aussitôt quand il reprit la parole. Je me rendis compte qu’il n’était plus en face de moi, mais assis à mes pieds, contre l’arbre. Je baissais mon regard vers lui, étonnée d’une telle sincérité. Ainsi, ce Aleksander, était bel et bien un Broterhood, mais il donnait l’impression de ne pas le savoir, de ne pas comprendre ce que son corps lui comptait.
- Je ne t’ai jamais demandé de réponses, Musclor.
Il me posait ses questions, comme si je devais y répondre ? Pensait-il que c’était si facile avec moi ? Le donnant-donnant, ça ne fonctionne pas toujours et certaines de ses questions n’auraient aucunes réponses.
- Pour les gens comme nous, la fatigue demande beaucoup d’effort.
J’admettais un « nous », j’admettais que lui et moi n’étions pas si différents. Je me décalais du mur alors qu’il me parlait d’un ouvrage que j’avais lu et relu, toute ma jeunesse et encore maintenant. Je pris, son arbalète dans une main, lui montrant l’autre paume pour qu’il se calme.
- Attend avant de me briser l’épaule. Stoker était un écrivain fabuleux, mais sa vision du monde, sa vision du vampirisme est enjolivée. C’est ce que je fais, moi-aussi. Je permets que le secret reste secret, c’est une de nos missions, à nous…Les Brotherhood.
Pendant cette simple phrase où je ne le regardais plus, j’avais armée son arme et je mettais mise en position, mettant en joue le vide devant nous. Un regard vers lui, qui semblait presque intriguée et moi, amusée. Un réel sourire amusé s’était dessiné sur mes lèvres, sachant que ce que je m’apprêtais à lui montrer dépasserais l’entendement. Je me concentrais à nouveau, sur le vide, sur devant, sur la mise en scène sur jouée que je lui offrais avant que la flèche se file à vive allure et alors qu’elle s’apprêtait à sortir de notre champ de vision, une main l’arrêta en plein vol. Une troisième personne venait d’apparaitre, comme par magie. Une deuxième Abby. Elle avait la flèche dans la main et me regardait moi, puis lui, en souriant. Un sourire qui était si rare sur mes lèvres, sur les lèvres de la vraie femme. Elle s’approcha, lentement, accentuant l’étonnement qui devait avoir prit place chez cet Aleksander. Arrivée en face de moi, elle me tendit la flèche, n’ayant prononcé un mot et j’approchais mon visage du…mien.
- Tu trouves vraiment que je suis ridée ? Tu fabules, musclor.
Une seconde plus tard, la deuxième Abby avait disparut et je me tournais vers ce collègue, lui tendant son arme, un rictus de victoire sur les lèvres.
- Nous avons tous une capacité en plus, ce qui fait de nous, ce que j’aime à appeler des « humains améliorés ». Moi, j’ai le don d’ubiquité, toi, tu as la double vue, c’est comme ça que tu as vu la flèche. N’essaies pas de mentir. Pas à moi.
Je repris mon couteau que j’avais fait loger dans le sol, le remettant dans son fourreau avant de remettre mes cheveux en place.
- Tu veux tes réponses ? Avec moi non plus, ça n’est pas gratuit. Tu vas me retrouver et si tant est que tu le fasses, je répondrais à tes questions. Sur ce, très cher musclor, je te souhaite une agréable nuit, j’ai mes travails qui m’attendent.
Pas très charitable, n’est-ce pas ? Je lui tournais le dos et entreprit de partir, lui adressant un léger signe de la main à mesure que mon corps s’éloignait du sien et puis, me revint son regard, ce sentiment d’être perdu quand il avait vu ma chevalière.
- La peur disparait quand on n’a plus rien à perdre. Mais si une seule chose peut te faire dormir sur tes deux oreilles, écoute moi bien : Tu n’es pas seul, Aleksander.
Sur ces mots, à peine le temps de les prononcer que je repris ma route, bien décidé à ne pas lui laisser une chance de me retrouver, pas ce soir, pas maintenant. Il devait être apte à m’écouter et savoir qu’il faisait parti de quelque chose de plus grand qu’il ne le pensait devait être assez…choquant ? Je savais, j’étais sûre qu’il me retrouverait, qu’il viendrait me rejoindre, un jour, quand les réponses se feraient trop tentatrices.



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You Are Not Alone - Aleksander

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