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 Is it the Fate or is it you? - Hélionna

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MessageSujet: Is it the Fate or is it you? - Hélionna   Ven 30 Juin - 16:26

Maybe it's just us.



Lui tournant le dos, je me trouvais idiote au possible. Je n’avais pas le droit de faire patir quelqu’un de mes états d’âme quand je pense à ma vie et au désespoir qui l’entoure. N’avais-je pas changé de vie pour ça ? N’avais-je pas fuis Jack pour m’octroyer une chance de vivre et non de vivre dans la peur, comme à l’accoutumée ? Je m’étais retournée, l’écoutant me parler avec cette langue qui ne pu que me déclencher un sourire.

Cet accent si charmant à mes oreilles, dans sa bouche me donne comme un gout de paradis. J’avais plus d’une fois réussit à me sentir en sécurité, protéger par la barrière des livres, mais c’était la première fois que je me sentais comme ça. Et pourtant, la définition même de mon état m’échappait. J’avais toujours cette retenue que j’avais été obligé d’émettre entre moi et les autres êtres humains, voyant la présence des animaux, comme de ce chat comme une bénédiction et pourtant, cette fois, c’était bien différent. Etait-ce simplement le fait qu’en l’écoutant parler avec cet accent qui caressait mes oreilles que je me sentais un peu plus…naturelle ? Et pourtant, je ne voulais plus montrer que j’étais cet être chétif et frêle que mon père avait façonnait, le fait que le naturel revient toujours au galop et que la moindre petite parole me rappelle sans cesse que je ne serais jamais en sécurité.

J’étais satisfaite d’avoir trouvé en cet irlandais un allié quand à la santé de mon patron. Il avait eu une telle tendresse envers moi, une telle confiance en me laissant les clés de sa boutique que le savoir malade m’inquiétait profondément. Je ne voulais pas perdre celui qui me regardait avec un regard bienveillant paternel, regard qui m’avait cruellement manqué tout au long de ma vie. Mon sourire s’était fit plus franc face à Hélios, satisfaite de me dire que si nous étions deux à le mettre en garder, cela aurait un peu plus de poids.  Savoir qu’il reviendrait dans cet endroit avait fait perler une pointe de sentiment inconnu. Il y avait tellement de choses qui m’échappaient quand aux connexions sociales que la moindre nouveauté me rendait fébrile. J’aurais voulu apprendre, comme beaucoup dés mon plus jeune âge, mais cette fois, il tout arrivait dans ma vie en un seul instant et c’était à moi de décortiquer chaque émotion, chaque sentiment et d’en comprendre la nuance.  Comme ce sentiment de reconnaissance, celui-là bien démarqué, quand Hélios m’affirma qu’avant mon arrivé ce cher Monsieur Green était toujours présent ici. Avait-il vu en moi, ce que j’ignorais pour me laisser ainsi sa librairie, qu’il avait construite lui-même ? Je voulais être plus qu’une employé et a en croire l’irlandais, c’était le cas.

Je mettais arrêter net dans mes gestes, montrant une certaine crainte quand il m’annonça que je serais donc obligée de faire le moindre de ses désirs. Mon cœur en avait loupé un battement et les secondes avaient été longues pour moi, dans l’expectative d’une vaste blague. Pourtant, il y avait quelques choses dans ses yeux, que je n’avais pas quittés une seule seconde, qui me fit tirer mes lèvres en un fin rictus avant qu’il ne le fasse lui-même. J’ai cette idée de me dire que personne ne peut être pire que Jack, à tort ou à raison et la peur qu’il soit irlandais, qu’il connaisse mon géniteur ne me provoque plus aucune révulsion, aussi, avant même qu’il ne me dise qu’il plaisantait, je l’avais pris ainsi.

J’avais eu envie de poser des questions sur cet être qui m’accompagnait dans cette après-midi, consciente que si j’avais mes douleurs à porter, je n’étais visiblement pas la seule. J’avais perçu un trouble dans sa voix et de nature discrète, je n’avais pas voulu poser de questions trop personnelles sur lui, je n’avais pas voulu provoqué le même émoi que j’avais pu ressentir et je n’avais aucune envie qu’il quitte cette librairie avec l’idée que j’étais d’un naturel trop curieux ou simplement que je ne mette mon nez là ou il ne devait pas l’être. Aussi, je restais sur ma faim, ne posant aucune question sur un passé qui semblait être aussi douloureux que le mien. Il changea de sujet, expliquant l’inutilité des téléphones modernes. Je ne pouvais qu’être que d’accord, ayant moi-même un téléphone qui se rapprochait du sien. Faute de moyen, dans un premier temps, mais aussi et surtout parce que je ne voyais pas d’un bon œil le rôle qu’exerçait la technologie sur la vie en général.

Je crois que c’était la première fois et de loin, que mon cœur était mis à si rude épreuve. De l’avoir croisé, bousculé par deux fois, avant qu’il ne me sauve d’une situation gênante et sa peau, sur la mienne pour le rassurer sur l’état de mon bras… Et plusieurs fois, son humour qui m’avait scotché là, sur place, perdue et hésitante et ses regards, ses sourires encore et toujours qui provoquait en moi une certaine appréhension de la suite… Mon cœur ne se trouva que plus mis à contribution, loupant un léger battement quand la supposition d’une autre entrevu glissa entre nous. Et ma réponse, étonnante, fusa entre mes lèvres sans que je ne puisse y faire quelque chose.

- Il me tarde de le découvrir…

Ca n’était pas la première fois que je montrais des signe d’impulsivité, Kol avait le premier a en subir les frais et je crois que le simple fait de ce jeu qu’il s’était déroulait entre le brun et moi m’avait conforté dans l’idée que ça n’était pas si mauvais parfois. Ca n’était pas non plus la première fois, avec Hélios que mes lèvres trahissaient une pensée que mon cerveau ne voulait pourtant pas qu’il sache. Étonnamment, ce fut lui, cet irlandais qui détourna les yeux, pendant que moi, malgré la rapide chevauchée de mon cœur, je ne regardais que lui. Il y avait en lui ce petit quelque chose d’étrange, de caché qui me donnait envie, bien plus que je ne voulais l’admettre, de continuer à discuter avec lui, mélangé à ce bien-être que je pouvais frôler, l’idée même de le revoir n’était en rien pour me déranger. Au contraire.

Parler des religions actuelles, oscillants avec les divinités anciennes me ravissait. Je voyais en moi ces points de vue que je n’avais, finalement, jamais réussi à me montrer, que ça soit à moi ou à quelqu’un. La seule personne qui avait pu m’écouter, c’était Jack et en théorie, comme en pratique, il ne m’avait jamais réellement écouté.  La dernière phrase me fit arquer un sourcil, j’aurais pu, dans cet endroit même qui avait déjà fait les frais de mes…pouvoirs, lui montrer ce qu’il attendait.  Soit il ne savait réellement rien, soit il était un excellent menteur, un peu comme moi finalement. Il est plus simple de mentir et moi, c’était derrière mes sourires que je me cachais.

- La force d’un dieu provient de la croyance de ses…sujets. Les gens ne croient plus en rien, si ce n’est une échappatoire pour se sortir de la misère quotidienne, d’un monde trop froid. Pourtant, j’aime à croire que la minorité sait trouver la beauté dans n’importe quoi pour donner une sensation de plaisir… Je pense que beaucoup sont endoctrinés dans les croyants de parents, de familles, de cercle social sans réellement se rendre compte qu’ils ne croient pas en cela mais en tout autre. Nous croyons tous en quelque chose, non ?

Une fois encore, il s’agissait plus de théorie que de pratique dans mon cas. En quoi étais-je censé croire ? Je ne pensais plus à la rédemption de mon géniteur, mais j’avais surtout la farouche envie de vivre, de profiter et de ne plus me cacher derrière la peur. En fait c’était ça…La seule chose à laquelle je croyais était le plus douloureux des sentiments. On attend la finalité, parfois, souvent, tout ce passe différemment de ce que l’on aurait voulu et pourtant, on s’y accroche encore plus, serrant entre ses doigts l’envie de continuer. L’espoir.

- J’ai appris  à ne jamais rien laisser au hasard… Perdre le fil ne me ressemble pas…

Et pourtant, c’est agréable. Cette sensation de lâcher prise, l’espace d’un instant pour ne dire que ce que l’on pense réellement et trouver en face de soit, un personne qui vous écoute. Plus les minutes se passaient, plus cet instant devait de plus en plus intime. Du moins, c’est ce que ma raison me faisait voir.

A l’énonce de l’ancienne Egypte et des chats, mon sourire s’agrandit, pensant à cette douce boule de poil qui m’attend dans mon appartement. Cette petite chose de plus positive que je ne le pensais, enroulé dans mes cheveux chaque nuit, me berçant de ses ronronnements.

- Un animal ne se domestique pas, à mes yeux. Il n’est pas parce que nous sommes ceux qui régnons, dans une certaine mesure cela va s’en dire, sur cette terre que nous avons domestiqué la planète et les animaux. Ils étaient sauvages et même si leur comportement se change au fil des siècles, ils restent les fiers animaux qu’ils sont. Même si…L’idée même que Bastet et Neptune disparaissent me fragilise… On s’habitue fort vite à la compagnie d’un être comme eux. J’ai toujours trouvé l’aura des animaux reposante…

Ma gestuelle changea, mon menton vint se poser sur ma main, et mes yeux, s’ils avaient pris l’habitude de le détailler, cette fois étaient perdus en lui, dans son regard, l’écoutant me parler de ce pays qui me fascinait depuis petite. Ses paroles me fascinaient. La manière dont il pouvait en parler me rendait rêveuse et je n’avais établie aucune retenu pour le montrer. Mon sourire lui était dédié, sans aucune retenue. Je ne riais pas, ne me moquais pas quand il parla d’extraterrestre, car tout passionné d’Egypte parle une fois dans sa vie cette rumeur. Qu’ils y croient ou non, elle finit sur toutes les bouches. Chaque parole m’envoie dans un paysage tout autre, dans un pays bien éloigné de celui dans lequel nous sommes, bien éloignés de celui dans lequel nous sommes nés. Aussi, lorsqu’il eut finit, cette spontanéité que j’apprenais à découvrir en moi, me fit défaut, une fois de plus.

- Et bien, tu m’apprends l’arabe, je t’apprends les hiéroglyphes…Ou plus simplement, tu viens avec moi, me servir de guide et traducteur ?

Bien sur, ça n’était qu’une parole en l’air, une idée farfelue, accueilli par un sourire presque sincèrement amusé sur mes lèvres, mais l’idée pouvait avoir un certain charme, je ne pouvais que l’admettre, que l’imaginer.

Je pense qu’ö grand jamais je ne m’étais senti aussi vulnérable, aussi perdue, aussi nerveuse. Cette boule de nerf en moi qui ne demandait qu’à éclater alors que la douceur et la perfection de la joue d’Helios se trouve sous mes doigts. Le temps semble s’arrêter, je n’entends que les battements de mon cœur qui s’affole alors que mon cerveau, ayant reprit fonction après s’être accordé une pause perdu dans les yeux savoureux de l’irlandais se demande pourquoi, ce simple geste provoque en moi une explosion d’émotion incontrôlable et inconnus.

Avant que tout ne change, que tout se brusque, que la magie de l’instant ne disparaisse pour me rappeler que peut importe la situation, Jack me rattraperait toujours. Même absent, il est là. Comment a-t-il pu faire de moi son pantin qui pense à lui avant de trouver le réconfort d’une discussion, d’une présence et de l’absence de ce monstre ?  
Je pouvais avouer que c’était la première fois que mon corps réagissait de cette manière. Oubliant la distance que je mets habituellement avec quelqu’un, ici, c’est comme si mon corps à besoin de ressentir le sien. C’est pourtant impossible. Mon cerveau réfute la chaleur qui parcourt cependant mon corps.  Non, mon corps n’a pas besoin du sien, non mes yeux ne recherchent pas les siens, c’est tout bonnement impossible et pourtant… Son souffle avait frôlé ma peau et mon corps s’était retrouvé affublé d’un millier de frisson. Assise, à nouveau en face de lui, je tente de reprendre constance, de mettre une signification sur cette chaleur, sur cette sensation qui m’embrase et me rend plus nerveuse. Et pourtant, cet éloignement n’est que temporaire. Mes connaissances semblent lui plaire et cette idée m’enchante tant elle est si rare pour que cela me fasse sourire, surtout sur un sujet aussi passionnant.
Il se redresse, me fait face, me frôle même une seconde avant de ramener ma chaise près de lui, pour ne pas dire coller malgré le peu de centimètre qui les sépare. Comme toute réponse, un sourire qui se veut plus sincère encore, je prie place à ses côtés, tentant d’ignorer nos jambes qui se frôlent, qui se touchent même parfois.

- C’est une période assez creuse en ce moment, je m’avance sur le travail en général…J’ai donc tout mon temps pour toi…

Une fois encore mes paroles fusent sans que je n’aie le temps de fermer la bouche et je reposais bien vite mon attention sur le livre. Rapidement, j’étais parti chercher quelques livres expliquant les hiéroglyphes, prétextant ne vouloir faire aucune erreur. Simplement d’être un peu loin de lui pour pouvoir respirer avec un cœur qui battait un peu plus normalement.  Revenu à ses côtés, nous avions le regard perdu sur le livre et si je pensais que cet exercice, de lecture et de déchiffrage se ferait plus simplement, je m’étais lourdement trompé. Nos jambes qui se touchèrent souvent, à chacun des gestes que nous occasionnions. Nos mains se frôlaient et nos doigts se mouvaient  lorsque je lui montrais des hiéroglyphes sur un livre et la phrase en question sur le livre qu’il venait d’acheter. Et la discussion allait bon train, aussi fasciné l’un que l’autre par la découverte du tombeau du pharaon, un peu comme si nous y étions.
En soupirant, l’espace d’un instant, je risquais un regard vers lui, un énième avant de retirer mon fouloir de ma nuque, laissant apparaitre le pansement.

- Tu as vu, je n’ai pas besoin de le cacher…J’ai chaud qui plus ait.

Si les minutes semblaient rapides en sa compagnie, les heures filaient tout aussi rapidement. Les livres fermés, discutant simplement de la vallée des rois, de ce que nous avions lu, tergiversant sur les malédictions, ma bouche s’ouvrit en un rapide bâillement. Aussitôt mes mains couvrirent ma bouche, gênée au plus possible.

- Pardon ! Ta compagnie ne m’ennuie pas du tout ! … Je…Quelle heure est-il ?

Je glissais mon regard vers l’horloge avant de constater que cela faisait plus d’une heure que j’aurais dû fermer la boutique. Je me relevais, lentement avant de regarder par les fenêtres, constatant que la plupart des commerces étaient à présent fermés. Mon corps commençait à ressentir la fatigue de longues nuits d’insomnies et je baissais mon regard vers lui, amusée.

- Je crois que parler d’Egypte nous fait perdre la notion du temps..

Il n’y avait pas que cela, du moins, pas pour moi. J’étais simplement suspendu à ses lèvres quand il parlait, la manière dont il formait ses phrases, dont il donnait ses avis. Et j’aimais découvrir la Donna qui avait un avis sur tout, qui visiblement, pouvait apprendre des choses aux autres, celle qui avait autant de culture que de spontanéité et celle qui pour une fois, pendant quelques heures avait oublié la menace qui fondait pourtant sur elle jour après jours. Je pensais qu’il partirait, me laissant fermer la boutique tranquillement, mais au lieu de cela, il resta avec moi, m’aidant même avec le brin de vaisselle que j’avais à faire avec nos couverts. C’était agréable et le silence qui s’était installé me reposer, au point que je me mette à bailler assez souvent. Je n’avais en souvenir que cette après-midi qui représentait à mes yeux l’unes des plus belles que j’avais pu passé et pourtant, quand je fermais la porte de la librairie, que le vent frais s’engouffra dans mes cheveux, je repris mes habitudes de craintive, pourtant, cette fois, ça n’était pas Jack que je cherchais des yeux, mais l’ivrogne que nous avions pu voir et qui avait occasionné une rencontre fortuite entre Hélios et moi. Peut-être était-ce parce qu’il avait pu voir mon attitude changeait, mais alors que je pensais qu’il me saluerait pour partir, il me proposa de me ramener chez moi. Si pour lui, c’était comme pour me rassurer, moi j’avais accepté pour deux raisons. La première évidente : Cet ivrogne. La seconde pourtant, me ravissait d’autant plus que je voulais profiter de sa présence encore un peu. Je n’avais pas ou plus de doute sur ce qu’il pouvait être et monter côte à côte jusque chez moi, ne me faisait pas peur. Après tout, j’avais conscience qu’il connaissait mon patron et de ce fait, une adresse n’était pas compliquée à avoir. J’étais peu habituée à marcher en compagnie de quelqu’un et même si nous parlions beaucoup moins que l’après midi que nous venions de passer, je me sentais étrangement apaisé. Et pourtant, toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin. Sur le perron de mon immeuble, face à face, je me sentais à nouveau nerveuse.  J’hésitais sur la marche à suivre, sur les paroles que je devais prononcer et sur la manière de se quitter. Je pris une profonde inspiration, tentant de m’accorder du courage quelconque.

- Merci de m’avoir ramené…J’ai passé une très agréable après-midi. Tu seras toujours plus que le bienvenu à la librairie !

Un sourire charmant sur les lèvres avant que je ne fasse un pas vers lui et que lentement, avec une nervosité à son comble, avec un cœur qui se débattait plus qu’il n’avait pu le faire, je pose, naturellement et pourtant avec appréhension, mes lèvres sur sa joue.  Nous avions dépassé le stade de la poignée de main, après tout. Je ne saurais dire combien de seconde ce baiser à pu prendre, mais il était plus long qu’à la normale. Allons mettre ça sur mon manque de connaissance en relation sociale. Je finis par reculer mes lèvres de sa peau, ma respiration filante, mon souffle sur son visage et mon cœur qui me semblait plus proche que jamais de me lâcher. Un murmure, à son oreille pour clôturer cette rencontre.

- Bonne nuit, l’irlandais…

Je me détachais enfin de cet espace personnel, lui accordant un dernier regard, une dernière plongée dans son regard avant de me glisser à l’intérieur de mon immeuble.


****


Après la soirée avec Xander, j’avais demandé à Monsieur Green de prendre quelques jours de repos. Je ne voulais pas réellement ni me reposer, ni me remettre de ce baiser avec Xander, mais surtout de la fin de soirée. Quand enfin, Xander m’avait ramené chez moi, j’avais fermés les rideaux et volets, m’enfermant dans le noir absolu alors que mes larmes coulaient sans espoir un jour de s’arrêter.

J’avais retourné une partie du peu de souvenir que j’avais pour quand je suis partie, les deux fois, pour retrouver une photo, une infime petite photo qui explosa mon cœur.  Assise sur le sol, adossé contre le canapé, je tenais ces deux visages d’enfants entre mes mains, me rendant compte que tout était fini. Martha, la seule personne qui avait réussi à voir le vrai visage de Jack, celle qui m’avait défendu, soigné, apaisé, celle qui avait été présente, qui m’avait inclus chez elle comme sa sœur… à voir partir, après que mon père l’eut frappé avait été un déchirement, un isolement un peu plus douloureux, mais la savoir en vie, paisible me forçait à me battre, mais cette fois… Mon téléphone avait été coupé, ne supportant plus d’entendre à nouveau la sonnerie d’un appel ou d’un sms qui me rappelait sans cesse la photo qu’il avait osé m’envoyé.
Je n’avais pas la force de bouger du sol, mes jambes m’ayant presque lâché et pourtant, je trouvais la force de me lever pour aller aux toilettes, vomir ce que mon estomac ne contenait pas. Je ne pouvais pas fermer les yeux sans voir cette photo, son corps meurtri, imaginant fort bien le rire arrogant de Jack en prenant ce téléphone…Comment avait-il pu avoir mon numéro ? Comment savait-il ou je me trouvais ? Je n’avais laissé aucune trace, seul mon nom de famille pouvait l’aider. Peut-être aurais-je dû le changer.  J’avais souvent l’impression, peut-être à tort, que quelqu’un marcher devant la porte de mon appartement, s’arrêter et reprenait une marche tranquille. Mon cœur s’emballait de peur, de voir la porte s’ouvrir sur un Jack hystérique. Je tremblais, je pleurais et j’avais l’impression de m’affaiblir d’heure en heure. Je délaissais nourrir et eau pour me contenter de regarder cette photo qui me montrait ma plus grosse erreur. Martha était morte, par ma faute. Et chaque fois que je revoyais cette photo, dans mes songes, chaque fois, je retournais aux toilettes, consciente que la vision d’horreur ne partirait jamais.  

Nerveusement, en repensant à Jack, mes ongles rencontrait la plaie presque cicatrisait maintenant à mon épaule, la griffant avec force et rage que le sang glissait lentement sur ma peau, jusqu’à se sécher avant la prochaine crise de larme. Je ne pensais pas qu’en moi se cacher une telle quantité de larmes, sans doute celles que j’avais toujours refusait de laisser couler depuis plus de deux ans maintenant. Une cible venait de s’allumer au dessus de ma tête, indiquant ma position à Jack. Comment avait-il fait pour trouver l’endroit où je me cachais…

Quand le téléphone fixe sonna, je ne relevais pas mon visage, me cachant de la sonnerie, de peur de découvrir Jack de l’autre côté. Pourtant, se fut la voix affaiblie de la femme de mon patron qui me tira de ma rêverie. Cela faisait trois jours que j’étais enfermé dans mon appartement, que j’avais oublié jusqu’à mon travail, jusqu’à tout dans cette nouvelle vie, ne gardant que l’ancienne en mémoire. Le message était clair et tellement culpabilisant pour moi. Ainsi, mon patron avait retrouvé sa place à son comptoir et sa santé n’allait qu’en déclinant, mais il refusait de l’admettre, de l’avouer. La fin de journée s’avançant rapidement, j’entrepris d’y aller le plus rapidement possible, pour, au moins, l’aider à faire la fermeture.  Péniblement, sur des jambes qui étaient restés dans la même position trois jours durant, j’allais prendre une douche rapide, je mis une paire de jean, un maillot d’une couleur inconnue tant mes vêtements ne m’intéressaient gère. Je mis de l’ordre à mes cheveux, maquillant aux mieux mes cernes avant de me rendre, rapidement à la librairie. Des écouteurs sur les oreilles pour ne pas écouter le monde, n’entendre personne qui me rappellerait sa voix, je me dépêchais de marcher, comme si la mort était à mes trousses, le visage plus blanc qu’à l’accoutumé, perdant la peu de joie que je pouvais feindre.

Arrivée, je poussais la porte de la librairie, ou les clients trônaient et où je vis mon patron, la sueur perlant sur son front. Il ne me fallut qu’une seconde pour trouver ma place à ses côtés, au comptoir, le poussant avec délicatesse alors que la queue de client ne faisait qu’accroitre. Bien évidemment, il fallait que je m’absente pour que les clients se suivent ici. Il semblait étonné de me voir et moi, je ne fis aucun commentaire, ni sur sa santé, ni sur ma venue. Aucun sourire ne perlait mes lèvres, je n’avais pas la force de faire semblant. J’enchainais les clients à une vitesse excessive, bien loin de mes habitudes avant d’apporter une tasse de décaféine et un croissant à mon collègue et patron, assis dans le fond de la salle.

- Que faites vous donc ici Donna ? Vous avez une tête à faire peur !

Mon regard avait dû trahir mon étonnement et ma peine, car il s’en voulu presque aussitôt de m’avoir parlé ainsi. Je fis demi tour, pris une pâtisserie quelconque avant de la manger en petit morceau, consciente que je ne tiendrais pas les deux heures restantes, le ventre vide.

- Rentrez chez-vous Monsieur Green, je m’occupe de tout.
- Donna…
- Rentrez chez vous ou je vous sors moi-même de la boutique !

Ma voix s’était faite un peu plus froide, plus colérique, ce qui m’étonna autant que lui. Rangeant une pile de livre, je posais mon regard sur le monde dehors, au alentour, les yeux à nouveau perlaient de larmes et quand la main de mon patron toucha mon bras, je ne pu que sursauter. Je me tournais vers lui, sans aucune retenue, laissant à sa vue la personne faible et fragile, l’enfant qu’il avait vu arriver quelques semaines plus tôt et à qui il avait laissé la lourde tache de gérer la librairie. D’une trentaine d’années mon ainé, il me regarda en fronçant les sourcils avant de me prendre contre lui. Si ce geste m’étonna, il brisa surtout toutes les barrières que j’avais pu établir, fragilement en quittant mon appartement, une heure avant. Je posais mes mains sur son torse, pleurant à chaude larme toute la douleur qui pouvait inonder mon être. Cette affection paternelle dont j’avais cruellement besoin et qui dénotait encore plus avec la cause de mes larmes. Comment se pouvait-il qu’un père brise son enfant et que ça soit un inconnu qui sèche ses larmes ? Cet et intermède durant dix bonnes minutes avant qu’une cliente arrive, étonnée de voir cette scène. Je quittais l’étreinte de ses bras, séchant mes larmes d’un revers de main avant de reprendre ma place.

- On finira ensemble, aujourd’hui…

Sa voix était douce et rassurante et pourtant pas assez pour que mon cœur en voit l’utilité quelconque. Je fis le plus gros, lui laissant regarder les livres de comptes et de commandes pendant que je rangeais la boutique, perdant cette attitude joviale que j’avais en général. La fin de journée approcha et alors que j’allais partir, il m’attrapa à nouveau le bras, me conduisant avec une force qui m’étonna vers sa voiture.

- Viens diner avec nous.

Le tutoiement me fit relever la tête et voyant son état d’épuisement, en plus du mien, je refusais de me battre. Avant de monter dans sa voiture, je regardais autour de nous, avec cette étrange impression que j’avais depuis que j’avais quitté mon appartement, quatre heures plus tôt. L’impression étrange et désagréable d’être observée. Mon cœur n’en fit qu’un bon et ma main trembla. Et si Jack était là ? Et si c’était lui ? Et si je mettais la vie de ce couple en danger ? Pourtant, quelque chose en moi m’étonna. Un sentiment étrange de faire face à ce que j’étais. Une survivante. Une sorcière survivante. Je décidais donc d’accepter l’invitation et la soirée se passa sans rire, mais surtout, sans larme. J’étais atrocement mal à l’aise de me retrouver face à un couple qui me considérait comme une enfant, alors que ma famille, entre une mère morte par ma faute et un père qui veut me tuer…

Ce qui m’étonna d’avantage, ce fut la qu’ils me proposent de dormir chez eux. J’avais réellement et sincèrement voulu refuser, mais ma bouche en avait signifiait le contraire. Ce fut mon inconscient qui parla avant ma peur. J’avais besoin de ne pas être seule, j’avais besoin de sentir leur regard sur moi, ce regard qui m’avait cruellement manqué pendant ces 26 dernières années. Aussi, j’avais finis la soirée avec un couple qui parlait à deux, qui s’aimait, qui rigolait avec moi, dans un fauteuil au alentour, mon thé préféré entre les doigts qui les regardaient vivre ce que je n’avais jamais connu.

Quand sa femme alla se coucher, il risqua un coup d’œil amusé vers moi et étonnamment, la conversation dévia sur l’irlandais que j’avais pu voir quelques jours plus tôt. C’est ainsi, que sans le demander, j’en appris sur Hélios et mon esprit imprima chaque information qu’il entendait. A lui aussi, on lui avait vu quelque chose en plus. A lui aussi, Monsieur Green lui avait donné une chance. A lui aussi il lui avait tendu la main avant qu’il ne disparaisse faire le tour du monde, donnant toujours quelques nouvelles, revenant parfois ici. Lui aussi avait « une situation familiale compliquée ». Ce fut les mots exacts du libraire, consciente qu’il m’avait percé à jour facilement et que, d’une certaine manière, j’avais plus en commun avec l’irlandais que notre nationalité, une passion commune pour le thé et les sucreries et certainement plus que les livres et l’Histoire.

- Oh. Demain il y a une soirée jazz, tu aimes le jazz j’espère ? Je t’y emmène ! Non, non, tu ne refuses pas, je suis ton patron, tu n’as pas le choix ! C’est pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi, pour m’aider. Tu ne peux pas dire non.

J’avais ouvert la bouche, voulant prétexter et malgré qu’il ait mis en avant nos liens professionnels, son sourire était grand, fier et dénotait avec sa fatigue à la librairie. Je soupirais un peu avant d’acquiescer d’un mouvement de tête.

- Si je n’ai pas le choix…

Je n’avais pas eu besoin de sourire, mais qu’il comprenne que je ne me forçais pas réellement, mais je rentrais dans un jeu. Je n’avais pas envie de sortir, j’avais envie de m’enfermer dans le monde noir qu’il y avait autour de moi et pourtant, cet homme en face de moi me prouver le contraire.

En allant me coucher, dans cette chambre et cette maison étrangère, à nouveau les bras de mon patron entourèrent mon corps et à nouveau les larmes glissèrent sur mes joues. S’il n’avait posé aucune question, mon désarroi l’avait poussé à dépasser le stade du travail, me tirant dans sa vie de famille comme si j’en faisais partie. Allongée dans le lit, une question me venait en tête. Étrange question, étrange raisonnement. Hélios avait-il aussi dormi dans ce lit, quand on lui avait tendu une main ? Qu’avait-il pu vivre ?...Ou était-il, ce soir ?

J’avais réussi à m’endormir, avec cette douleur qui me semblait moins présente. J’avais réellement réussi à dormir, pas d’une traite, pas sans pleurer, mais avec ce sentiment étrange de ne pas être seule.

Le lendemain, il me déposa chez moi, me permettant de me changer, de prendre une douche avant de me redéposer devant la librairie. Toujours affublé de son téléphone dans les mains. Cet homme malade, voulait, tant bien que mal ne laissait aucun silence se propageait entre nous. Sans doute pour ne plus voir mes larmes ?
A peine eu-je fermé la boutique, que je me laissais aller contre la porte, profitant du silence. Jack ne mit pas longtemps avant de venir repeupler mes pensées et mon cœur s’emballa. C’est à cet instant que je pensais à Xander, il n’avait plus de mes nouvelles depuis notre soirée, depuis que j’avais presque saccagée son appartement de mes pouvoirs et de ma peine. Ouvrant la boutique, je composais son numéro, sur le téléphone de la librairie.

- Hey… Je suis désolée, j’avais besoin d’être seule. Non, on ne peut pas dire que ça va. Tu es passé hier soir ? Excuse moi, mon patron m’a invité chez lui et à dormir là bas… Ce soir ? Non, je ne peux pas, il m’a invité. Oui, il est du genre cool et papa poule…Papa poule… Non, ça va, enfin, j’imagine que ça va pour quelqu’un qui a reçu la photo de sa seule amie morte, tué par un père qui vient la chercher.

Aucune émotion dans ma voix trahissait la larme qui coula sur ma joue, ni mes mains qui devenaient moites. Je raccrochais avant d’installer une petite terrasse devant la boutique, attendant patiemment les clients, installant les pâtisseries, préparant les étalages de livres. Faisant simplement de ce monde un petit endroit chaleureux. Avec ma chance, le beau temps et la week-end, la boutique fut submergée de clients et je m’octroyais le droit de fermer un peu plus tôt pour pouvoir me préparer convenablement pour ce soir.  

J’avais toujours cette fichue sensation de me sentir observée, peut-être que Jack hantait plus encore mes pensées que je ne voulais bien l’admettre. Il ne pouvait pas déjà être là…Mais il allait arriver…

Mon cœur s’emballa et pourtant, arrivée chez moi, je pris un soin particulier pour me présenter à cette soirée. Je commençais à comprendre pourquoi cette soirée semblait si importante pour mon patron. Elle lui ferait oublié sa maladie, moi ce qui me détruisait et le temps d’une soirée, nous ne serions que deux collègues.
Une robe bustier zébré de blanc et bleu sombre fera l’affaire, me dis-je en regardant ce que j’avais. Je voulais faire un effort supplémentaire, me changer les idées, parce qu’après tout, il est dit qu’une fille se sent mieux en étant jolie et en s’occupant d’elle. Continuant sur ma lancée, la musique plus fort qu’à l’accoutumée dans mon appartement, pour m’éviter de penser, je commençais à ressentir le détachement de la situation dans laquelle je vivais. Je pris soin d’ondulée ma crinière rousse, de me maquiller, si ce n’est trop de souligné mes yeux, mon teint et surtout mes lèvres avec un rouge à lèvre rouge qui faisait aussi bien ressortir le bleu de mes yeux que le cuivré de mes cheveux avant de finalement, opté pour une paire d’escarpin. Pour moi, je le jazz est synonyme de classe, d’exception, alors il faut mètre un effort particulier pour se préparer. J'avais finalement décidé de ne pas mettre de foulard. Il faisait assez chaud pour ne pas rajouter une source de chaleur supplémentaire. La plaie cicatrisait, pourtant, on pouvait tout de même voir les deux entrées des crocs que ce vampire m'avait fait. J'avais tout de même remit un pansement sur l'épaule, endroit que mes ongles avaient griffés, dans l'une de mes nombreuses crises de larmes des journées précédentes. Si la tenue dénoté avec le pansement et qu'il soulèverait des questions de la part de mon patron, je voulais être la plus naturelle possible.

Je me rendis à pied de mon appartement à cet endroit où devait déjà m’attendre le libraire, la boule au ventre de croiser mon géniteur. Non loin de l’édifice, la musique se faisait entendre et le début d’un sourire perla mes lèvres. La musique…La seule chose qui permet de se sentir au mieux. Arrivée sur les lieux, je cherchais le propriétaire de la librairie, sans succès. Je fronçais les yeux, commençant à m’inquiéter avant de me rendre vers le comptoir. Je regardais la liste des boissons, ne sachant pas vraiment quoi choisir avant de me décider pour un verre de vin blanc, français. L’avantage, c’est qu’on est mieux servi ici en vin français que partout ailleurs dans cette ville.

La musique commençait à apaiser mon âme. Fermant par moment les yeux pour laisser les notes m’enivraient. Je glissais mes cheveux sur l'un des côtés de ma nuque, laissant à la vue les deux marques sur mon cou, comme sur mon épaule, oubliant presque qu'elles étaient présentes. Mon verre à la main, je scrutais les environs, à la recherche des cheveux grisonnants de mon collègue, avant qu’une main ne se pose sur mon bras, nu, me faisant sursauter par la même occasion.  Je me retournais, ne cachant pas ma surprise quand mon regard croisa les yeux bleutés de l’irlandais. Mon cœur en fit même un bon.

- Hélios ?!

Mon regard le scrute de haut en bas, charmée à nouveau par lui, un peu plus, alors que mon sourire s’étire dans un sourire qui se veut vrai. Comme si cet endroit et la vision que j’avais en face de moi avait réussi à me faire oublier la mort atroce qu’avait du subir ma seule amie.

- Que fais-tu ici ? Je dois voir Monsieur Green, il m’a tiré de force ici… Enfin…Il à l’air d’être en retard.

Ma voix, même si encore un peu morte de sentiment, se fait un peu plus douce. La musique m’empêchait de trop penser et définitivement, j’étais contente de revoir l’irlandais. Un incorrigible maladroit me poussa, me faisait quelques peu perdre l’équilibre au point que je me rattrape sur le bras d’Hélios, nos corps se rapprochant par la même occasion. Mon regard, ancré dans le sien, ressentant un certain apaisement alors que mon cœur se débattait comme à chaque fois que nos corps se touchaient…Sensation bien différent d’avec la personne qui m’avait embrassé quelques jours plus tôt.

- Je vais être forcé de constater que tu me suis… D’ailleurs, je ne t’ai même pas demandé ce que tu faisais dans la vie. Oh ! A moins que tu sois accompagnée ce soir et que…Je te dérange ?

Car après tout, un homme disposant d’un tel charisme, d’un regard aussi profond, d’un sourire aussi charmeur, d’un style vestimentaire qui le rend encore plus séduisant…Il était normal qu’il ne soit pas seul ce soir. Je lâchais son bras, cherchant du regard le libraire qui, définitivement ne semblait pas être arrivé, avant de tourner mon regard vers l’irlandais, à nouveau, glissant ma main dans mes cheveux pour donner un peu plus de volume à ma crinière rousse.







lumos maxima

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Is it the Fate or is it you? - Hélionna

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