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 This is out of control - Abigaëlle -

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MessageSujet: This is out of control - Abigaëlle -    Dim 21 Mai - 15:45








Deux semaines. Quatorze jours. Trois cent trente six heures. Vingt mille cent soixante minutes. Un million deux cent neuf mille six cents secondes. C’était le temps qui venait de s’écouler depuis que j’ai eu l’impression de sentir mon monde basculer. Il suffit parfois d’une rencontre pour créer un chamboulement dans ces fondations que vous vous évertuez à maintenir intactes. Je me pensais presque intouchable, entouré d’une carapace si dure que la plupart des personnes se seraient retournés pour fuir à sens inverse en voyant le monstre d’intériorisation que j’étais. Je me plaisais dans ces rôles que la société souhaitait me voir endosser et je ne mettais pas forcément de ma personne pour tenter de briser ces à priori. Mais cette femme avait su attirer ma curiosité, attiser cette volonté d’en connaître plus sur elle, sur son histoire, sur cette histoire. Brotherhood. Humains améliorés. Ses mots résonnaient sans cesse depuis l’instant où elle m’avait laissé seul au milieu de ces bois, sans même se retourner lors de son départ. Elle ne portait pas le même regard sur moi que celui que j’avais l’habitude d’observer dans le regard de certaines femmes que je croisais chaque jours. Il n’y avait ni envie, ni pulsion quand mon regard croisait ses prunelles brunes si envoûtantes. Même la haine que trahissait sa voix n’habitait pas son regard si… protecteur ? J’avais la chance d’avoir croisé ce soir là quelqu’un avec qui la discussion ne me paraissait aucunement futile. Bien au contraire, elle réveillait en moi cette envie de continuer à m’instruire, de manier l’art de la rhétorique et de la répartie aussi bien qu’elle maniait la langue de Molière. Je ne revenais toujours pas de cette coïncidence, en arrivant même au point de me demander si le hasard n’était pas contrôlé par une quelconque entité de l’au-delà, si tant est qu’il existe. Je n’avais pas su me protéger en la voyant débarquer avec arrogance à mes côtés, touchant en une fraction de seconde cette corde fragile qui m’avait fait réagir au quart de tour, moi qui prônait sans cesse la réflexion à l’impulsivité, je venais de mettre le pied dans un piège pour lequel je ne cessais de m’enfoncer plutôt que d’en sortir la tête.

Mais comment combattre verbalement une femme qui n’avait même pas peur d’une lame d’acier traversant son flanc, d’un homme armé d’un cran sous son cou et qui répondait toujours à contre courant de ce que je pouvais imaginer. Elle mettait à mal ma patience et mes idées toutes faites de la gente féminine, m’obligeant à ne pas préparer une façon d’agir mais de laisser faire l’instinct. Son regard noir avait hanté quelques unes de mes dernières nuits, sentant encore la lame froide de son arme blanche contre mon torse et ce rictus qui m’avait probablement rendu fou. Comment avait-elle fait pour devenir une telle obsession en si peu de temps ? Rien que l’imagination de sa peau contre la mienne m’offrait encore des frissons. Mais ce n’était pas tout. La majeure partie de mes cauchemars se concluaient par l’apparition de deux personnes. Je l’avais vu se dédouble et ça, je ne l’avais pas rêvé. J’étais resté sans mots, simplement la bouche ouverte et j’avais senti mon cœur s’emballer comme si la suite ne serait qu’enchantement. La cohérence de ses propos était frappante mais je ne voulais pas l’admettre et l’admettrais-je réellement un jour ? Je n’étais jamais fatigué, elle non plus à priori. Et le nous qu’elle avait accolé à ce terme que je ne connaissais pas pour un sou. Je venais de rencontrer la première Brotherhood, la première personne pouvant m’accorder les réponses dont j’avais besoin pour avancer, grandir. La lettre que m’avait laissé ma mère me devenait donc plus limpide, beaucoup plus claire et l’adrénaline et l’impatience se mêlaient pour me rendre encore un peu plus à cran au point où même lorsque j’étais réveillé, j’imaginais de nouveau croiser la silhouette si parfaite de cette chasseuse mystérieuse.

 Partir travailler alors que les autres ont finis leur journée pouvait être parfois affligeant. Je m'y étais habitué, et puis, j'aimais ce boulot, me permettant de rencontrer parfois des personnes que nous n’imaginions pas pouvoir vivre sur cette Terre. La seule chose qui m’empêchait encore de jeter un verre à la figure d’un de ces cas sociaux s’avérait être mon boss. C'était presque drôle de se dire qu'un chasseur puisse obéir au doigt et à l’œil à un buveur de sang. Si bien que j'avais du mal à concevoir de lui faire du mal, il faudrait que je me soucis d'un peu plus près de ce problème d'ailleurs, manquerait plus que je devienne mou et compatissant et j'étais foutu. Oui, parce que même si loin de moi cette idée de vouloir le tuer, je devais rester toujours sur mes gardes. J’arrivais enfin jusqu’à la boîte, rejoignant le vestiaire pour y déposer mes quelques affaires avant de rejoindre le bar où j’avais toujours été très à l’aise. Les gros lourds étaient déjà présents, à moitié ivres, surement ayant déjà plus d’un gramme dans le sang en ayant consommé avant l’ouverture histoire de ne pas trop dépenser une fois dedans ! Je m’attelais à servir les premiers clients lorsque je commençais à faire attention à la musique qui résonnait dans la pièce.

Y'a pas de saison pour que vive la musique, au fond pas de saison pour que vive le son. Quand le bonheur passe près de vous, il faut savoir en profiter quand pour soi, on a tous les atouts, on n'a pas le droit d'hésiter. Si ce soir j'ai pas envie de rentrer tout seul ? Si ce soir j'ai pas envie de rentrer chez moi? En un mouvement de tête, je chassais ces paroles qui hantaient ma tête et ne voulaient plus en sortir malgré tout les paquets de chewing-gum que je descendais depuis mon réveil. Le tout la bouche fermée bien entendu, j'avais horreur des "Marguerites" et tout autres bovidés qui ne fermaient pas la bouche pour mâcher.  Oui j'essayais d'arrêter la cigarette et non, les gommes ne fonctionnaient pas ! Ce n'était que des balivernes ! Enfin il n'y a pas de service après vente pour ça, il suffit juste d'arrêter de croire les idioties que tout le monde poste ! La vue de la piste  de danse pouvait m'offrir la vision de ce que l'on surnommait principalement des cas sociaux. Mec déchiré, vomis à tribord, et danseuse éméchée et trop peu vêtue... Certes elles étaient payées pour leur corps, mais à cette allure là et au prix que cela coûte, ils faisaient une marge sur le tissu acheté pour leur vêtement... Il n'y en a pas ! Un bout de ficelle... D'ailleurs la question me trottait régulièrement dans la tête : Comment les femmes pouvaient supporter d'avoir un fil tendu comme cela ? Déjà que j'étais bien pénible sur la qualité de mes caleçons... Alors imaginez moi en train d'essayer un string... Il faudrait vraiment que je sois arraché... Je devais avouer que je me perdais dans l'analyse de la classe sociale qui venait arpenter la piste... C'était assez disparate, et je me demandais même si quelques vampires ou lycanthropes ne trainaient pas par là... Enfin je m'étais promis de ne pas y prêter attention. Mais mon regard se posa sur une jeune brune que la pénombre de la pièce ambiante ne me permettait pas de distinguer. Je la surveillais du coin du regard, cette dernière se trouvant seule assise dans ces canapés forts confortables où certains ont goûté à la chaire pour leur première fois. Elle m’avait demandé de la retrouver, et le hasard une fois de plus avait bien fait les choses. Mais l’appréhension s’empara de ma propre personne et j’hésitais encore quelques instants avant de me saisir d’un plateau et de m’approcher d’elle, le pas déterminé à ne pas me faire marcher dessus. J’avais aussi l’avantage de l’avoir dos à moi et ne pouvant pas me voir arriver, je pourrais profiter pleinement de l’effet de surprise. Elle pouvait estimer avoir gagné la première manche, mais je ne lui laisserais pas si facilement celle qui allait se dérouler.

Étant arrivé enfin à ses côtés, ma main se posa sur son épaule et mes lèvres s’approchèrent de son oreille, la musique ne me permettant que ce contact qui me semblait bien différent du souvenir de nos touchers volés au détour d’un tronc d’arbre.

M’aurais donc tu suivi jusqu’à mon lieu de travail, souhaitant passer incognito en faisant passer ça pour du hasard ? Je pourrais te citer Voltaire, célèbre philosophe français qui a eu le cran de dire qu’Il n’y a point de hasard. Je pensais que c’était à moi de te retrouver et je vois que tu me faci…

Et je m’arrêtais net en sentant un liquide glacé arriver vers mon visage, sentant les glaçons se glissant entre mon torse et le col de mon haut, l’alcool brûlant mes yeux qui arrivaient tout de même à distinguer que le visage qui venait de pivoter n’était absolument pas celui que j’avais croisé cette nuit d’insomnie. La jeune femme qui se trouvait être en face de moi semblait exaspérée comme si ce n’était pas la première fois de la soirée qu’elle venait se faire importuner !

- Non mais vous avez quoi sérieux ? Cessez de penser avec…

- Je suis navré, ce n’est qu’un malentendu… Je vous offre la tournée du patron… Je reviens avec la même consommation étant donné que vous venez de me la renverser dessus.

Je ne cachais pas mon incompréhension, trouvant l’acte un peu trop radical mais je n’étais pas là pour m’amuser et pourtant, j’avais le temps d’un instant pensé que la vie me faciliterait cette recherche qui me semblait presque impossible, moi qui ne savait rien d’elle. Et c’est comme cela que je compris que je perdais la raison depuis que je l’avais croisé.


A chaque détour de ruelle, dans chaque magasin, à chaque soirée, je cherchais désespérément du regard la jeune femme, trouvant chez certaines autres demoiselles quelques similitudes. Un rictus, une façon de sourire, de remettre une mèche de cheveux, le croisement de bras, une démarche, chaque caractéristique pour qui je reportais mon attention se trouvait vite comparée à celle que j’avais pu détailler et retenir de ma rencontre hasardeuse. J’avais besoin d’une échappatoire pour reprendre contenance, me remettre sur le droit chemin et cesser de divaguer et de laisser mon esprit prendre le contrôle de ma personne. Il s’avérait qu’une fois de plus le sommeil ne voulait pas de moi et je décidais bien rapidement de me rendre dans ma salle de sport qui nous faisait le plaisir de rester ouverte H24. Le sac de boxe aurait raison de ma hargne et de ma frustration de ne pas avoir réussi à la trouver malgré tout. J’avais eu beau arpenter la ville de fond en comble, nous semblions n’être jamais au même endroit au même moment ! Puis je ne savais rien d’elle, si ce n’était qu’il soit possible que je la vois en double sans avoir même abusé d’alcool !

Je poussais la porte de la salle, glissant ma carte pour accéder aux vestiaires, tout en déposant mes affaires dans mon casier, décidant de rester simplement d’un short, persuadé de ne croiser personne à cette heure si tardive de la nuit. Commençant à me bander les mains, je descendais les escaliers quatre à quatre pour me rendre au gymnase souterrain où se trouvait être les différents sacs de frappes ainsi que le ring sur lequel je n’avais pas encore eu la chance de faire mes preuves. Je poussais d’un coup d’épaule la porte, ne faisant pas attention aux mouvements que je pouvais apercevoir par l’encart de cette dernière avant de m’arrêter subitement sur le seuil, me trouvant face à une scène que je n’avais pour le moins jamais imaginer. Je m’étais évertué à la chercher partout et il suffisait que je décide justement d’abandonner l’idée pour que nous nous retrouvions tous les deux au même endroit au même moment. Elle semblait si concentrée  sur ses mouvements que mon arrivée ne l’avait probablement pas perturbé. Un léger sourire mesquin vint se glisser sur mes lèvres et je décidais de m’approcher discrètement d’elle, me glissant derrière le sac où elle frappait avant de le bloquer dans mes bras, encaissant les coups qu’elle donnait dedans sans bouger. Mon visage se glissa sur le côté pour la regarder, avant d’apercevoir son poing se diriger dans ma direction ! D’un mouvement vif, j’évitais le coup avant de lui envoyer le sac de toutes mes forces dans sa direction, espérant ainsi pouvoir faire un strike !

Je vois que l’accueil n’est toujours pas ta spécialité ma parole !

Je contournais le sac qui se balançait entre elle et moi pour venir finalement lui faire face, finissant de bander mes poings, prêt à commencer la séance que j’avais eu le temps de préparer toute la journée. Enfin c’était avant qu’un petit imprévu ne vienne se glisser dans mes plans.

Je t’aurais bien fais une remarque sur ta façon de frapper vois-tu ? Tu ne mets pas tout ton poids de corps dans chacune de tes frappes, on dirait une fillette. Mais si jamais je venais à te dire cela, tu risquerais de vouloir me prouver le contraire en m’assenant un de ces coups pour me prouver qu’il ne faut pas sous-estimer une femme de ton envergure.. lançais-je dans un sourire tout en m’avançant d’un pas vers elle, pour approcher mon visage du sien, comme si en réalité c’était moi qui appréciait me faire secouer les puces par cette jeune femme dont je ne connaissais toujours pas le prénom ! Le sarcasme vint habiter le son de ma voix et je lui offris un clin d’œil ironique tout en me mordant légèrement la lèvre inférieure.

Oups… Je l’ai donc dis à voix haute…

Et je ne pus m’empêcher de rire aux éclats, bien conscient qu’une fois de plus ma soirée ne se passerait pas comme je l’aurais espéré… Mais forcément bien mieux étant donné que je venais de la retrouver !

Tu la joueras à la loyale, plutôt que de te dédoubler ! Supporter une toi est déjà suffisant vois tu !

Et c'était reparti, je sautais une fois de plus les deux pieds dans le plat ! Mais j'avais tant attendu ce moment que c'était plus fort de moi, j'étais hors de contrôle.


Dernière édition par Aleksander Dawson le Mar 27 Juin - 20:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Mer 24 Mai - 10:29

This is out of control.



Je mentirais si je disais que je n’avais pas pensé à lui, ce broterhood qui s’ignore et qui semble ignoré tellement de chose. Ce musclor que j’ai visiblement mal jugé qui sait utiliser cette langue étrangère qui me fait autant de bien, qu’autant de mal. Celui qui n’avait pas peur d’assumer sa force, même contre une femme, me rappelant mon père, cet homme fort et imbattable. Du moins, pas si imbattable que ça, finalement… Parfois, pendant mes nuits d’insomnies et profitant de la puissance de ma moto, je m’arrêtais devant ce que je savais être son lieu de travail, mais la fierté est quelque chose de trop fort que je ne veux pas combattre. Il m’était impossible de comprendre comment il pouvait obéir à un vampire, dans un repère où le sang coule autant à flot que l’alcool. Peut-être, après tout, servait-il de garant à la vie humaine. Peut-être qu’avec lui, la vie des autres n’était plus si en danger que ça. Jamais je n’aurais su rentrer à nouveau dans cet endroit sachant que le propriétaire était cet homme qui m’avait profondément blessée. Plus qu’un coup au cœur, j’avais eu cette impression qu’il l’avait sorti pour le briser dans sa main d’acier, comme si je n’étais, au final, qu’un vulgaire paillasson.
Tout s’était accéléré et mon esprit semblait se perdre pour ne plus trouver un fil conducteur. Les journées étaient longues dans mon bureau, consciente que les mots que je lisais ne me touché plus autant qu’avant. Ma fierté avait été mise à mal de trop nombreuses fois depuis mon arrivée ici. Raphaël, cet homme qui d’un mot avait réussi à briser mes barrières de protection que j’avais mis six années à construire. Xander, ce chasseur tout bonnement humain qui avait réussi à me prendre en traitre, me blessant, m’humiliant, me montrant plus faible que je ne l’étais. N’étais-je pas plus forte que lui ? N’étais-je pas sensé être supérieur à celui qui n’avait aucun pouvoir, aucun don particulier, aucune capacité surdéveloppé ? Et Shayne…Le revoir ici, vivant…Et ses yeux…Ses paroles… Me remettant de plein fouet face à mes erreurs du passé. J’avais regretté le quitter, j’en avais souffert et d’une certaine manière, j’en souffrais encore, mais quand on fait un choix, on s’y tient, non ?
Concernant la chasseuse plus que la femme, je me remémorais chacune des paroles que mon père m’avait dites, voulant trouver un semblant de solution, un semblant de possibilité pour s’en sortir sans se refermer d’avantage. Le pouvais-je simplement ? J’avais conscience de chacune de mes erreurs de jugement, de mes choix hasardeux, de mes fautes, jamais je n’oublierais et ça n’allait pas être aujourd’hui que je changerais, pourtant, n’avais-je pas déjà changé ? Laissant ce Raphaël en vie, faisant une espèce d’équipe, pour une nuit avec ce lycan, laissant Xander s’en sortir…Non, Xander, j’aurais ma vengeance, je me vengerais avec mes pleines capacités pour comprendre que non, on ne m’insulte pas de vampire, que l’on ne m’attache pas, que l’on ne me frappe pas sans qu’il n’y est pas de revanche derrière.
Je me sentais bafouée dans ma fierté, comme si ce que j’avais pensé toute ma vie n’avait été qu’une belle erreur. Je n’étais pas une erreur, ni mon attitude, ni mes choix, ni mes paroles. Personne ne peut comprendre la douleur de se retrouver seule, du jour au lendemain, perdant chaque repère. Il y a t-il seulement un espoir pour les gens comme moi ?
Mes nuits ne s’apaisaient pas et chaque fois que je fermais les yeux, je voyais fondre le poing fermé de Xander sur moi, je le voyais versé ce thé brulant sur la plaie de mon dos jusqu’à en hurler. Et si ça n’était pas ce chasseur, c’était ce lycan, mon lycan qui venait hanter mes pensées, me ramenant à la triste réalité : Je fuis.  N’étais-je donc bonne qu’à ça ? Fuir, regarder les gens de haut, ne pas les considérer comme des humains, comme des personnes, des être-vivants ?
A peine sortie de mon bureau, après que la soirée ne fut bien entamée, j’enfournais ma moto pour me rendre à la salle de sport, voulant évacuer chaque émotion que je pouvais ressentir. Avez-vous déjà fait de la moto, une paire d’escarpins aux pieds ? Non ? Et bien, c’est différent… Evidemment, je ne pouvais pas la conduire avec mes fameuses jupes fourreaux, autant privilégier les tailleurs pantalon, tout aussi seyant pour travailler.
J’arrivais bien rapidement dans la salle où je commençais par, évidemment me changer, avant de me mettre en jambe par une bonne séance de cardio. Je montais les niveaux, du tapis de course, aussi haut que je le désirais, me moquant de prouver aux pauvres âmes perdues qui étaient ici que je courrais bien plus vite que la moyenne, que je n’étais que peu essoufflées. Et mon cœur s’accéléra, mon esprit perdu dans la musique, jusqu’à ce que je trouve enfin ce que je recherchais : Le néant.  Une coupure entre mon corps et mon esprit, pour puiser dans cette énergie qui était mienne, voulant me dépasser, me surpasser, me défouler.
Après une bonne demi-heure de ce qui pouvait se comparer à du lâcher prise, je descendais dans la salle réserver, généralement aux hommes. Bien évidemment, il n’y a que les hommes qui aiment les sports de combats, qui aiment frapper dans un sac pour se défouler sur quelque chose plutôt que quelqu’un. Armée de mes gants, les premiers coups furent forts et précis avant qu’ils ne se laissent en petit coup, plus rapide. Je voulais m’épuiser et non pas vider ma force. Je voulais me vider l’esprit, la tête.
Je pris l’un des sacs les plus éloignés, voulant me retrouver le plus loin possible de l’entrée et les coups se mirent à pleuvoir et chaque coup étaient une complainte que mes mots et mes larmes refusaient de laisser allez, seule ma force parler pour moi. Mon père, cette mort qui m’était devenu trop récurrente à penser depuis mon arrivée ici, et le soutient que j’avais tenté d’apporter à ma mère pendant sa maladie retrouvant le malaise du cancer dans les yeux de cette gamine et la douleur que j’avais ressenti dans mon échine à cause de ce chasseur que je comptais bien retrouver et l’immense explosion que mes yeux avaient croisés ceux de Shayne.
Je sentis mes larmes perlaient mes yeux et cette rage de me montrer à nouveau faible, même si ça n’était qu’à moi, ne fit que décupler la force que je mettais dans mes coups, frappant le sac comme un exutoire, comme un cri que je n’arrivais pas à sortir, comme une douleur que je ne voulais pas affronter. Un robot…Les mots de Raphaël peuplaient ma tête plus que les autres, lui qui ne me connaissait pas, mais qui avait tapé plus juste que n’importe qui. J’aurais préféré gardé cette réputation d’arrogante, de haineuse que de simple fille qui souffre et qui n’affronte pas la réalité.
Mes doigts fourmillaient de toute cette contraction, n’était pas décidé à m’arrêter tant que je ne sentirais pas une douleur, quelconque, physique. Pourtant, lui, il en avait décidé autrement. Le sac se mit à ne plus bouger, m’octroyant de meilleur impact et énerver d’être ainsi dérangé, un coup se porta plus fort que les autres avant qu’une tête ne passe sur le côté, m’arrachant un petit rictus étonné. Un dernier coup vint se diriger vers lui, lui faisant comprendre que je n’étais clairement pas d’humeur ce soir à le supporter.
Il l’évita, comme je me doutais, consciente que son don, à lui, lui permettrait de l’éviter. Par contre, je n’avais pas imaginé qu’il y aurait un retour du bâton, du moins, du sac. Celui-ci vint me percuter de plein fouet me rappelant la force des broterhood par la même occasion.  Je le bloquais du mieux que je pu, surprise, me faisant reculer de quelques pas en grimaçant. Il se moquait bien de la galanterie, du fait que je sois une femme, pour lui, j’étais une adversaire et en moi, je pouvais sentir deux pensées bien distinctes. L’une, heureuse de voir que je ne reste qu’un soldat aux yeux des autres, l’autre, simplement de vouloir être traitée en femme, loin de la casquette de Broterhood que j’avais jour après jour, marqué au fer rouge sur ma peau.
Je me redressais, ne lui répondant pas à ce premier pique qui avait fusé. A quoi bon ? J’avais des spécialités, mais certainement pas celle-là, je le savais et chaque personne qui pouvait m’avoir connu, devrait être d’accord avec lui.
Je relevais mon regard vers lui, moi qui commençait à être presque fatiguée, surtout mentalement que physiquement. Je pris une profonde inspiration, pour ne pas tenter de céder à la tentation de lui faire ravaler ses paroles, surtout que finalement, ça n’était que le juste retour des choses, non ? Mais de là à me faire traiter de fillette… N’avait-il pas saisi ce que je faisais ? M’étais-je tromper sur lui en lui accordant le simple fait qu’il n’était pas juste un Musclor ? Je ravalais mes larmes, rapidement, ne voulant pas me montrer dans cet état là, avant de croiser les bras sous ma poitrine. Son visage s’approcha, ce qui me déclencha une légère grimace. Je lui avais promis des réponses et lui, se permettait de mettre en colère l’une des seuls qui pourrait les lui donner ? Et pourtant, la proximité avec son visage était plus dérangeante que ce que je ne voulais l’admettre.
Il se mit à rire, humiliant par la même occasion qui j’étais. Non, je n’avais pas été jusque là, je l’avais pas conseillé, pas rabaissé.  Je fronçais les sourcils, quand il me parla de jouer à la loyale, avant de faire apparaitre l’autre Abby derrière lui. Celle-ci lui tapota l’épaule et quand il tourna son regard j’en profitais pour lui asséner un coup avec toute la force, toute la rage, toute la peine, tout le désarroi qui m’habitait ce soir, en plein abdomen.
- Tu vois, Musclor, pour toi il n’y a que la force qui compte. Ca n’était pas ce que j’étais venu chercher ce soir. Je doute que ton cerveau puisse irriguer la chose, après tout.
Je me retournais le laissant supporter mon coup, un sourire satisfait sur les lèvres, avant de me diriger vers le ring et d’y sauter dessus avec la grâce qui m’habitait. Féline.
- Tu me déçois. Je voulais voir à quel point tu voulais tes réponses, savoir qui tu étais, mais tu ne m’as pas retrouvé. Le hasard ici nous a poussé tous deux. C’est tout.
Je pris appuie sur les cordes, le toisant avec un dégout bien appuyé. Pourtant, il ne me dégoutait pas, pas lui qui se montrait à la hauteur de mes espérances, dans cette répartie, ce jeu, cette force, l’effet-miroir qu’il me renvoyait.
- Viens ici que je te montre ce que fait une femme de mon envergure avant de ne plus jamais entendre parler de toi.
Le ton était donné. C’était lui qui paierait pour les autres, qui paierait pour moi, qui supporterais ce que je n’osais jamais dire, par habitude. Je ne m’étais pas posé la question de savoir si je voulais où non le revoir, ma vie avait été pas mal bouleversée et je ne me sentais pas capable d’accepter quelqu’un comme lui dans ma vie et pourtant, je devais admettre que malgré tout, il y avait quelque chose chez lui que j’aimais bien. Deux petites rencontres et même si celle-ci ne faisait que commencer, quelque chose semblait différent chez lui, cet instinct de savoir ce qu’il cachait. Après tout, pourquoi savait-il ce qu’il était sans le savoir réellement ? Rien que cette question me donnait envie d’en savoir plus sur lui.






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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Lun 29 Mai - 18:43








Parfois, l’impression de manque ne se trouvait pas forcément là où nous l’attendions. Cette sensation ancrée au fond de vous, qui vous prend les tripes, vos pensées et vos maux. Celle qui amplifie chacune de vos sautes d’humeur et qui pourtant vous ne pouvait pas contrôler. Celle qui apparait sans même que vous ne sachiez réellement ce qui se passe. Un regard. Voilà ce qui avait suffit à cette jeune femme dont je ne connaissais même pas le nom pour me rendre curieux, pour faire naître en moi cette sensation de vide. La plénitude n’était pas quelque chose que je connaissais pourtant ! J’avais toujours vécu avec le manque de ma mère. Ce manque de tendresse, d’amour et de bienveillance. Je m’étais forgé dans un climat familial propice au dérapage et pourtant j’estimais pouvoir me regarder chaque matin dans mon miroir sans faillir. Mais quelque chose manquait à mon âme maintenant que ma route avait croisé la sienne. Et voilà qu’une fois de plus le hasard nous mettait sur le chemin l’un de l’autre. Deux possibilités s’offraient à moi. Celle de la curiosité. Elle disposait avec elle, la clé de chacune de mes questions pouvant me permettre de me remettre sur une voie moins floue, moins hésitante. Elle pouvait me permettre de me connaître enfin, moi qui n’avais jamais réellement compris le monde auquel j’appartenais. Je me pensais un adolescent des plus banals, un homme assez réservé et pourtant tellement caricaturé. Jamais je n’osais imaginer que quelque chose de plus grand pouvait sommeiller en moi. D’abord ma mère, puis cette jeune femme. On dit bien qu’une fois c’est un hasard, deux fois, une coïncidence mais trois fois un complot ! Je me contenterais de la coïncidence pour ce soir, ne cherchant aucunement à rentrer dans des réflexions qui risquaient de me pousser bien trop loin pour profiter de la présence de la jeune femme. N’était-ce pas ce que je cherchais réellement depuis quatorze jours ?

Je savais que mon visage permettait de lire en moi comme dans un livre ouvert, très faible dans la pratique du masquage de sentiment. Je savais que j’étais en train de prendre la pente descendante, certainement en rendant un peu plus bouillonnant la jeune femme qui était venue chercher ici autre chose bien plus profond qu’une simple trace de sueur perlant sur son front. Non ses poings parlaient à sa place. Sa rage était palpable, me laissant déglutir, quelque peu soucieux de savoir ce qui lui était arrivée. Moi qui pensais que notre dernière rencontre était déjà un maximum de l’arrogance et de la hargne, je me trompais sur toute la ligne. Etait-ce cela qu’on appelait l’intériorisation. Accumuler, garder pour soi, faire comme si de rien n’était, puis craquer lorsque notre corps mais surtout notre cœur nous fait comprendre que c’est trop ? Monter en pression, ne pas flancher jour et nuit jusqu’à ce que notre cerveau nous empêche de penser, nous obligeant à lâcher prise ? C’était donc cela qui venait la pousser à extérioriser contre un sac, et moi qui venait de mettre les deux pieds dans le plat ? Tant pis, je ne comptais pas prendre des pincettes avec elle, sachant qu’elle ne se privait pas de le faire avec moi. A quoi bon lui faire des cadeaux ? Ah, parce que c’était une femme ? Et l’égalité homme-femme, vous la désirez ? Elle commence par là. Ici, elle n’était qu’une comparse, une femme mystérieuse et je voulais savoir jusqu’où ce petit jeu pouvait nous pousser ! En une fraction de seconde, la scène parut se dérouler bien avant que cela ne se produise, j’aperçus un coup partir et me décalant avant l’impact, je compris que ce fameux don de vision simultanée venait probablement de sauver mon joli faciès. Quelle façon d’accueillir un individu venant vous saluer. La politesse était toujours manquante à ses actes, et cela commençait à m’horripiler un peu plus. MOI qui m’étais démené pour la retrouver… Voilà comment on m’accueillait. Enfin, la voir rattraper ce sac sur lequel je ne m’étais pas retenu m’arracha un soupir de surprise, conscient que ce n’était pas une femme quelconque. Je vous avais dis que cela lui donnait un côté charmant ? Non ? Ben je vous le dit.

J’admirais le corps de cette dernière se redressant, me mordant la lèvre inférieure avant de secouer la tête pour chasser toutes idées n’ayant pas leurs places actuellement, tout en plongeant mon regard dans le sien. Elle m’avait l’air exténuée, à deux doigts de craquer. N’était-ce pas ce qu’elle était venue chercher ? Je lui offrirais ce laisser-aller sur un plateau d’argent s’il le fallait. Je trouvais toujours cela dommage de repartir sans avoir pu toucher du doigt l’objectif que nous nous étions fixés. Et pourtant, je ne pouvais cesser de m’interroger, voir même de… m’inquiéter ?!?! C’est pas vrai… voilà qu’en plus d’attirer ma curiosité, elle venait de réveiller ce côté protecteur que je pensais enterrer depuis le décès de ma mère… C’était rageant de voir que tout ce que nous nous efforcions de bâtir, d’entretenir, partait en fumée. Ce n’était que de la paille, s’enflammant sous son regard de braise. Puis ce geste qui lui était propre. La voir croiser les bras m’arracha un léger sourire taquin tandis que je me mis à écarter les miens, lui offrant un clin d’œil tout en tapotant du pied. C’est bien Alek, poursuit comme cela, tu finiras eunuque avant l’heure ! Je décidais donc de laisser tomber les réponses que j’étais venu chercher, préférant me consacrer entièrement à elle… Et à priori elle me le rendait bien !

Avant même que je ne puisse voir quelque chose, que je ne puisse sentir ou me douter d’une quelconque initiative de sa part, je sentis une main tapotant mon épaule tandis que la jeune femme qui se trouvait face à moi n’avait pas bougé. Je la fixais, déglutissant avant de pivoter vers sa seconde personne que je savais pertinemment ici pour autre chose que pour me prendre dans ses bras. Ca en devenait presque énervant de voir qu’elle jouait de son don tandis que le mien restait… non maîtrisé et presque inutile face à deux femmes de sa taille ! J’offris un léger sourire à la seconde demoiselle, tandis qu’un coup vint rencontrer mon estomac, m’arrachant une grimace ainsi qu’un cri de douleur que je n’avais pas réussi à retenir, m’obligeant à me plier en deux sous l’impact, tentant de rester debout sur mes jambes flageolantes, yeux fermés, recroquevillés sur moi. J’avais eu l’habitude de prendre des coups, petits, et même adulte… Mais mon abdomen restait quelque chose de fragile, pour lequel je ne supportais aucun contact de ce genre. Mon regard se rouvrit, assombri par la colère et la haine tandis que mes mains tremblaient tout contre mon torse, tentant de reprendre le dessus sur la douleur tandis que ma vision se brouillait.

La nuit venait de tomber et Aleksander était comme un hystérique ce soir. Il n'arrivait pas à rester en place et Louise le suivait à la trace, tentant de protéger son fils adoptif. En temps qu’enfant obtus, Aleksander avait décrété que c'était la nuit parfaite pour tester son nouveau télescope et d'admirer la lune et les étoiles avec sa mère, cachaient sous une couette pour éviter de se faire remarquer par les « extraterrestres ». "Tu vois Petit Monstre, ici c'est la Grande Ours. Puis là tu as la Petite Ours, c'est un peu comme toi et moi tu vois ?" lui demanda sa mère avant de tourner l'oculaire vers le jeune homme qui imitait les moindres faits et gestes de sa mère. Louise  admirait cet être qui lui paraissait si fragile et si chétif, lui qui n’avait pas connu une vie trop facile. Du haut de ses sept années, Aleksander tirait la langue en cherchant à retrouver les constellations pour ne pas décevoir sa mère. "Je vois rien maman… ah si mais c'est normal que Papa soit devant ?" demanda le jeune homme en pivotant vers sa mère l’objectif. Aleksander n'eut pas le temps de réagir que la voix de son paternel s'élevait dans le salon et se rapprochait de la chambre du fils. "Allonge toi Petit Monstre, et dors, je m'occupe de tout..." somma la mère avant de pousser légèrement son fils contre elle, tremblante de peur et d'attendre que son mari – saoul – ne daigne  ouvrir la porte. Elle caressait délicatement les cheveux blond de son fils, reprenant en main l'objectif. "VOUS VOUS LIEZ CONTRE MOI C’EST CA ? VOUS ALLEZ VOIR CE QUE VOUS RISQUEZ ! » demanda Gary avant qu'il ne se fasse interrompre par sa femme qui lui montrait le corps de leur fils assoupi contre elle.  "Gary… N’hurle pas, le petit dort… Je suis désolée mais je voulais montrer à Aleksander, il s'est endormi ici... C'est de ma faute pardon." s'excusa Louise en baissant les yeux devant l'autorité de son mari. Elle savait que la sanction allait être sévère, son homme étant militaire, mais elle ne voulait pas que son fils soit lui aussi la cible des crises de violence de son mari. Elle tendit le télescope à son mari, qui lui arracha des mains en grognant légèrement avant de reprendre la direction de la sortie. "Nous réglerons cela demain avant que je ne partes... En attendant fais moi à manger, et ne le réveilles pas, je ne veux pas l’entendre, j’ai passé une journée pourrie ! PLUS VITE ! »  lâcha-t-il avant de fermer la porte sèchement. Louise soupira de soulagement, ayant imaginé rapidement le pire. La jeune femme s'installa délicatement aux côtés de son fils, glissant un bras sur lui avant de fermer ses yeux quelques instants, versant quelques larmes silencieuses. "Tu pleures maman ? Pourquoi tu pleures ? » chuchota Aleks à moitié endormie à direction de sa mère. "Ne t'inquiètes pas chéri, je serais toujours là... Il ne t’arrivera rien, je te le promets" le rassura-t-elle avant que les portes ne se rouvrent à la volée, Gary se jetant à corps perdu sur sa femme, ses mains venant se posaient sur sa gorge tandis que son poing venait frapper à maintes reprises sans perdre de force le visage quasi tuméfié de la jeune femme. Aleks se redressa tentant de s’interposer entre son père et sa mère mais il ne rencontra que la force du bras de son paternel, le propulsant contre le mur opposé avant de venir s’approcher du corps recroquevillé du petit garçon, s’acharnant à coup de pied dans ses côtes, hurlant à l’outrage. «  JE VOUS AVAIS DIT QUE VOUS LE PAIEREZ ! NE RECOMMENCEZ PLUS !! TU AS COMPRIS ALEKSANDER ? » Chaque mot était accompagné d’un coup, le jeune homme ayant la respiration quasi coupée, ses mains protégeant son visage comme sa mère lui avait appris. Il comptait les coups espérant que ceux-ci se terminent sans trop tarder. Mais comme bien souvent, il perdait connaissance avant même que le dernier coup ne lui soit prodigué.

Ma respiration se voulait plus forte, tandis que mon regard tentait de se reposer sur le corps mouvant de la jeune femme. Moi qui pensait que ces vieilles terreurs nocturnes avaient disparus depuis que mon doigt avait appuyé sur la gâchette, je m’étais une fois de plus planté. Je m’appuyais contre le mur, me redressant petit à petit tout en grimaçant sous les douleurs réveillées, ma mâchoire se serrant avant de me mordre l’intérieur des joues pour ne pas répondre avec arrogance ou même véhémence.

Mon cerveau, tout comme mon corps, peut irriguer pas mal de chose vois-tu… Je réussis à te supporter, n’est ce pas déjà une première réponse ?

Je fermais les yeux, en profitant pour m’étirer et faire craquer chacune de mes articulations, soulevant mon t-shirt pour apercevoir l’impact que cela avait eu sur mes tendres et chères côtes. Je ne cachais absolument pas les différentes cicatrices que j’arborais suite à une chute malencontreuse d’un rocher ou d’une cigarette écrasée sur mes bras, soupirant en sentant un hématome se formait sur le côté. J’étais devenu fragile et j’avais eu beau me muscler à outrance, cela n’enlevait pas pour autant cette mémoire des coups que mon corps avait assimilé. Je sautillais sur place, m’approchant du ring où se trouvait la jeune femme. Comme cela, je la décevais ? Réellement ? Elle s’attendait à quoi sérieusement ? Que je lui cours après, un papier à la main, pour obtenir chacune de mes réponses ? Je les aurais, quoi qu’il advienne… Mais pour l’instant, j’avais un autre souci à régler… Je glissais mes bras entre les deuxièmes et troisièmes cordes, m’accoudant pour glisser mon visage dans sa direction, tout sourire potentiel ayant disparu.

Mes réponses ? Tu penses donc que je ne voudrais te revoir que pour l’utilité que je pourrais faire de tes connaissances ? Tu as donc une piètre image de ta propre personne, cela me désole… Moi qui te croyait différente… Si tu es déçue, imagine donc ma réaction… tu n’es pas une femme en réalité… Tu es une espèce de… robot… Oui, un robot avec deux bras et deux jambes. Cesse donc de penser… Tu sais tout aussi bien que moi que tu me donneras mes réponses, même si c’est au prix de mes poings…

Et comme pour signer un accord dans cette partie que nous décidions de lancer communément, je décidais de sauter par-dessus les cordes agilement, retombant à ses côtés sans trembler, prêt à en découdre. Je la toisais d’un regard, ma machoire se serrant avant même de venir frôler son épaule pour rejoindre l’autre côté du ring, avec cette envie de ne pas lui laisser le moindre cadeau, la moindre chance.

Tu veux jouer ? Tu n’as pas le niveau… Tu n’auras pas les mêmes cadeaux… Tu n’auras pas la même chance… Tu n’aurais pas du… Un point égale une réponse. Quitte ou double.

Je ne lui laissais même pas le temps d’accepter les règles que je me décidais de me lancer sur elle, m’arrêtant une fraction de seconde, visionnant son prochain déplacement, un sourire narquois sur les lèvres pendant que je me retournais, lui offrant un coup de pied renversé en plein dans le visage, la rabattant sur le sol sans tendresse. Le bruit de sa tête cognant le sol du ring m’arracha une grimace mais ce n’était que le simple retour de ce coup mal placé. Je m’approchais d’elle, m’agenouillant à ses côtés, un léger sourire vainqueur sans vouloir trop crâner tandis que je lui tendis ma main.

Ton nom. On commence en douceur… Ta tête s’habituera à prendre des coups, crois moi je parle en connaissance de cause…

Et d’un mouvement rapide, je la relevais, me reculant par la même occasion pour reprendre ma place initiale, bien conscient que je venais de donner le rythme de ce combat, à mes risques et périls. Et pourtant, je ne voulais pas qu’elle se retienne… Je voulais la voir lacher prise, savoir si ce si beau robot savait craquer.

Alors, ça t’as ramolli ? Ou tu pensais réellement que j’allais te faire cadeau de ces coups mal placés alors que tu ne t’en es pas privée ? Bats toi bon sang !! TOI ! Pas cette autre. Tu caches quelque chose et crois moi, ce soir, ce n’est pas mes réponses que je suis venu chercher… Mais c’est bel et bien les tiennes que je récupérerais…

Et une fois de plus, je repartais à la charge, décidant de garder ma garde face à mon visage, prêt à la faire reculer dans les cordes pour pouvoir la travailler au corps…


Dernière édition par Aleksander Dawson le Mer 26 Juil - 15:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Ven 16 Juin - 11:51

This is out of control.



La soirée était parfaite pour que je ne ressente aucun remord quand son cri vient sonner à mes oreilles, qu’il se tordit de douleur face à moi, aucun remord, non. Aucun regret. Il l’avait cherché après tout, cet Aleksander. Cet homme qui avait tout l’air d’un écervelé et qui pourtant, parlait un français presque parfait. Quand son regard croisa le mien, un frisson parcourut mon échine. Il était l’exemple même de mes relations sociales. Frapper et faire reculer les autres, de peur que l’on ne me touche, que l’on voit ce que je pouvais garder au fond de moi. Avait-il une quelconque rancœur envers moi de l’avoir laissé à ses questions sans réponses la dernière fois ? Pourquoi avais-je eu besoin de l’obliger à me chercher ? A me trouver ? Pourquoi n’étais-je pas plus comme ma mère ? Elle avait toujours été bonne envers les autres, ce qui m’avait sans cesse étonné sachant qu’elle était une chasseuse redoutable. Elle pouvait être impitoyable, celle qui pouvait lire en nous d’un simple regard, connaissant les mensonges que nous cachions en nous. J’avais très vite compris que mentir à ma mère ne servait à rien, si ce n’est à être de corvée quelconque dans la maison. Corvée que je m’amusais à effectuer plus rapidement que la moyenne, en étant…deux. Elle semblait agacée par ma maitrise de ce petit quelque chose en plus que j’avais et pourtant, dans la maison, c’était drôle avantageux d’avoir une fille qui pouvait se dédoubler.

J’étais plus comme mon père, cet être froid et dure et qui pourtant, caché un cœur énorme. J’avais su combien il était difficile pour mon père de m’octroyer un entrainement plus fort que celui qu’il aurait fait pour un fils, mais il avait été clair, je ne serais pas une princesse, je ne donnerais pas l’impression aux gens comme Aleksander, ceux qui se sentent supérieur de part leur asticot entre les jambes, je serais l’égal si pas la meilleure, la supérieur à tous. Cet acharnement à m’élever comme un homme, comme un….robot. Mon père m’avait fait clairement comprendre que montrer ses émotions étaient une bêtise et pourtant, je le voyais amoureux et heureux avec ma mère, comme je pouvais l’être avec Shayne. Il m’avait surtout appris à être plus naturelle quand c’était la femme et non la chasseuse qui montrait le bout de son nez. Entrainement que j’avais oublié en le voyant mort, que j’avais détruis quand ma mère m’obligea à l’aider à partir.

Je reposais bien vite mon attention sur Aleksander ne voulant pas lui montrer la faiblesse de mon âme, qu’il devait pourtant avoir déjà vu dans mes yeux rougis par des larmes qui refusaient de couler.

- Je ne t’ai pas demandé de me parler, si tu me supportes c’est que tu es assez stupide pour venir toi-même.

J’étais directe, ne prenant pas la peine de réfléchir. Je n’avais aucune idée de ce qui découlerait de cette soirée, mais il était évident que l’un des deux, si pas les deux, se trouverait dans un état pitoyable. J’avais cette rage en moi que je voulais faire taire et lui, il attisait les flammes, sans se douter que le feu s’embraserait bien vite. Pourquoi venait-il se plaindre de moi, n’était-ce pas lui qui était venu établir un contact, ce soir ?
Mon regard se posa sur son corps et ça n’était pas sa musculature qui m’intéressait, non, c’était les cicatrices que je pouvais voir. Aussi, même curieuse, je détournais le regard, comprenant que c’était son passé qui se lisait sur son corps et que je n’avais aucune raison valable de le blesser en lui posant des questions. N’est-ce pas là signe de compassion ? Peut-être aurais-je dû apprendre beaucoup plus de ma mère, finalement.

Je le regardais faire, chacun à une extrémité du ring et pourtant, si proche. Son visage ne montrait aucune expression, le mien le lui rendait bien. Je tapotais du pied en prenant de profonde respiration. Il allait me faire attendre, en plus de ça ? J’approchais un peu, pour me rendre au centre du ring, pour lui faire comprendre que je l’attendais, quand sa voix brisa le silence et la suite, étant un mélange d’étonnement et…de fracasssage de barrière mentale, une fois encore.

Il n’y avait aucune autre raison pour qu’il veuille me revoir, c’était tout bonnement impossible. Il ne voulait de moi que des réponses, alors pourquoi me dire le contraire ? Il me pensait différente ? Mon visage trahissait la surprise, ne comprenant pas son raisonnement. Pourquoi l’avais-je déçu ? C’était tout bonnement un tissu d’âneries. Pas une femme…Un…Robot…Mon souffle se coupa sous ce coup verbal d’une violence inouïe. Deux fois en si peu de temps...Mes bras se décroisèrent, retombant le long de mon corps alors que mes yeux se voilaient. Ce simple petit mot me ramenait à ma rencontre avec Raphael et mon regard bifurqua sur ma main ou la cicatrice de mon couteau faisait preuve que rien n’était un rêve.

Etait-ce vraiment ce que l’on pensait de moi ? Que je n’étais qu’un robot, dépourvu de rien d’autres ? Je me moquais bien qu’il vienne sur le ring, son touché léger sur mon épaule, ne me fit rien perdu dans les pensées d’une rencontre antérieure. Pour Aleksander, j’étais donc dépourvu d’émotion ? Tel un vampire qui choisi la facilité ? Et pour Raphael, son patron finalement, j’étais un chasseur, un soldant sans conscience, qui n’obéissait que sans réfléchir. Dépourvu d’âme. L’air commençait à me manquer, la rage coulait dans mes veines alors que les larmes venaient perler mes yeux, à nouveau. Je secouais la tête légèrement quand la voix du deuxième Brotherhood se fit entendre à nouveau.

Pour lui je n’avais pas le niveau ? Mes mains se serrèrent et je tournais le regard vers lui.

- Je me moque bien de tes règles. La seule chose que tu auras c’est la mo…

Je n’eus finalement pas le temps de réagir quand je sentis la force de son corps dans ce pied qui me propulsa au sol, la violence du coup réveilla la douleur de ma tête et de mon dos, ce que je devais à Xander. Je restais sans bouger, grimaçant alors que mon cerveau me donnait l’impression de se noyer dans le liquide cérébral d’un cerveau en miette. Mes yeux se brouillèrent, une fois de plus et malgré la tentative de cacher mes douleurs, une grimace perla mes lèvres.

Je pris sa main, consciente que si je me relevais seule, je montrerais mes faiblesses. Je lui tournais dos, venant prendre appuie sur le coin du ring alors que ma tête me faisait atrocement mal. Ce coup, presque semblable à douleur quand Xander m’avait éclaté la tête par terre jusqu’à après que ma tête eut déjà rencontré le sol quand son poing m’avait fait perdre l’équilibre. Je me penchais un peu en avant, main sur la tête, les yeux fermés. Je me moquais totalement de ce qu’il pouvait voir ce qu’il pouvait penser.

- En douceur ?... Nous n’avons pas la même vision des choses… Tu n’auras rien de moi.

Je relevais la tête quand je sentis quelques choses couler dans mon dos et je serrais les dents avant de retirer mon maillot, restant en brassière de sport. Ma main glissa dans mon dos, à l’endroit même où la blessure de Xander trônait et qui était au regard d’Aleksander, sans aucune pudeur. C’était une blessure qui n’arrivait pas à guérir, peut-être parce que j’avais quelques mal à la désinfecter et que la brulure qui l’entourait la rendait instable. Cet abruti d’humain avait agrandit la blessure, m’obligeant à penser à lui à chacun de mes mouvements. Si la flèche avait entaillé ma peau, que je savais qu’il avait ouverte un peu plus la plaie, c’était la douleur de la brulure qui la rendait presque insupportable. Elle qui s’était finalement arrêter de couler à chacun de mes mouvements, s’était finalement rouverte et mes doigts ensanglantés, me le prouvait.

- Tu vas me le payer, Musclor.

Je me retournais, face à lui, le visage grave et les yeux sombres d’une rage incommensurable. Un rictus mauvais perlait mes lèvres et je fis craquer mon cou, avant d’attacher mes cheveux de manière à ce qu’ils ne touchent pas la plaie.

- Parce que tu crois que je n’ai pas connu les coups ? Tu crois que ce que je sais faire, je ne l’ai obtenu qu’en regardant ? Ca fait plus de vingt ans que je m’entraine et toi, petit con, tu vas payer pour ça.

J’écarquillais les yeux, car malgré la colère, ses mots me touchaient plus que je ne voulais l’admettre. Il voulait que je me batte, mais il avait l’air sincère en me disant que c’était plus pour moi que pour lui. Ce que je refusais de comprendre, je ne voulais pas accepter que quelqu’un pouvait s’intéresser à moi, moi qui ne m’intéressais à personne, pas même ma personne. Je faisais mes travails en me détachant le plus possible de tout et lui, savoir que son seul but était de faire ce que je refusais de faire depuis six ans, me rendit presque hystérique.

- TU N’AURAS RIEN DE MOI !

Je sentais le liquide rougeâtre coulait dans le bas de mon dos, avec lenteur, aussi lentement que la pression en moi montait. J’avais crié, presque hurlé, sans me retenir, alors que mes mains s’étaient mises à trembler. Je poussais quelques choses qui ressemblait à un grognement avant que la deuxième Abby ne vienne se mettre derrière lui, le poussant violemment en avant, tandis que moi, je m’étais rapproché rapidement de lui, commençant à lui octroyer des salves de coups de poings dans son ventre. Etonnamment, le frapper de cette manière me fit connaitre une double émotion, un soulagement et du remord. Je le poussais dans les cordes, n’arrêtant aucunement mes gestes, donnant toute la force et la rapidité que j’avais encore en moi, consciente que si lui était frais, moi, j’avais déjà donnée dans cette salle. Finalement, mon poing vint lui loger un uppercut avant que je ne me recule, presque épuisée. J’avais comme la vague impression qu’il m’avait presque laissée faire. Je pouvais me tromper, peut-être avait-il était surpris et j’avais pu profiter pour prendre le dessus, pourtant, ma tête me fit atrocement mal et c’était ça qui m’avait fait cesser. Une fois dans les cordes, à l’autre bout du ring, je grimaçais quand la corde frôla ma blessure du dos et je me laissais tomber à genoux. Je n’étais pas réellement épuisée, mais la douleur lancinante que je ressentais me forçait à mettre genoux à terre.

- Cinq… minute…

Je lui demandais du repos et je savais qu’il ne me devait rien, surtout pas après chaque coup bas que je lui donnais, aidée de mon dos de BrotherHood. Je fermais les yeux avant d’amener une fois de plus ma main à ma tête. Je n’étais en rien guéri de ma rencontre avec Xander, ce vermisseau m’avait rendu faible, aussi bien mentalement que physiquement et j’avais beaucoup de mal à l’accepter. M’aidant des cordes, je me relevais, non sans peine avant de relever mon regard vers ce chasseur. Je devais être forte, je ne devrais pas montrer ma faiblesse et je devais convaincre mon esprit que tout allait bien. Ca n’était, après tout, pas la première fois et ça ne serait sans doute pas la dernière fois que je faisais ce genre de combat improvisé.

- Je n’en ai pas fini avec toi. Ne crois pas que tu as un avantage quelconque.

Une larme roula sur ma joue, preuve de sentiments que je gardais en moi depuis trop longtemps. J’étais venue ici pour extérioriser cette rage, pour justement ne pas me rendre plus faible que je ne l’étais. Je m’avançais vers lui, ma garde levée, le regard sur lui, les muscles tendus. Je regrettais l’instant où ce soir, il avait fait un pas vers moi. Je faisais face, ça n’était pas la première fois que je devais combattre, le corps pris de soubresauts de douleurs. Mon père avait été un entraineur parfait et ça n’était pas cet Aleksander qui allait briser ce qui avait commencé à l’être. Je n’avais pas le droit.




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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Mar 27 Juin - 20:56







La violence. Cette arme que ceux qui ne savent manier les mots utilisent sans fin. Cette facilité que certains hommes usent un peu trop sur ces êtres que l’on pourrait considérer comme fragile. Ces actes qui font sentir certains faibles un peu plus forts. Ce que je tentais de combattre depuis quelques années maintenant, moi qui n’avait connu que la douleur, les coups et le silence. Encaisser. Verbe que j’ai su apprivoiser au fil du temps, de ma solitude et de mes questions. Quand il s’agissait de rentrer la tête et les épaules et de laisser passer l’orage ou plutôt la tempête. Faire comme si tout allait bien aux yeux de notre entourage. Non, Papa ne levait pas la main sur maman sans raison, maman n’ayant pas respecté les règles de la maison. Oui, il avait raison de me réprimander, moi le méchant petit garçon. Quel magnifique paysage s’agissait-il de dépeindre lorsque d’autres yeux que les nôtres pouvaient nous voir ? Celui d’une famille unie, heureuse et presque parfaite. La douleur liée à la violence physique est celle dont nous pouvons nous débarrasser le plus facilement. Celle que j’ai su encaisser bien rapidement. Devenant plus fort, plus grand, plus musclé, j’avais su trouver un moyen de contrer ce fléau que représentaient ces crises paternelles : Quitter la maison ne fût pas le plus dur à accepter dans cette situation ci. Me rendre plus idiot que je ne le suis réellement, entré dans les rangs, la facilité quoi… Oui j’avais certainement été lâche en étant plus jeune… Et si c’était à refaire ? Je n’hésiterais pas une seule seconde à agir de la même façon.

Il y a des choses facile à décrire, tout comme je peux le faire actuellement face à cette femme dont je ne connais pas même le nom mais pour qui la curiosité ne cessait de s’amplifier. Je n’avais pas eu besoin de trop de temps pour comprendre que sa façon d’agir avec moi n’était pas celle qu’elle aurait préféré accorder à un « écervelé » de ma trempe. Comme si la froideur de son être semblait fondre à chaque pas que je faisais dans sa direction. Ce n’était pas facile à percevoir, non. C’était une évidence. Pourquoi aurait-elle tant de rancœur, tant de rage et tant de haine à mon encontre si tel n’était pas le cas ? Par simple désir de violence ? Nous y revoilà donc… Adieu la violence physique,  même si mon abdomen se souviendrait pendant de longs moments de ce coup octroyer sans prévenir. Non… Elle m’offrait ou plutôt devrais-je dire m’infliger bien plus. Cette violence psychologique. Celle dont les traces restaient ancrées bien plus longtemps que de simples cicatrices. En étions-nous au stade de se montrer plus forts que nous l’étions réellement ? La facilité… Elle ne devait pas en être adepte, ou plutôt quelque chose faisait qu’elle préférait ne pas m’ouvrir la porte. Venais-je réellement de laisser l’énervement prendre le dessus sur mes réflexions ? Je n’en doutais plus une seconde supplémentaire, son ton direct me confirmant la chose… J’étais donc stupide à ses yeux… Ne percevait-elle pas cette envie de lui tendre une main, de la sortir de ces embrumes ou plutôt de nous permettre de ne pas dériver mutuellement ? Je venais en ami. C’était donc ça le terme à utiliser. Mais pouvais-je réellement l’employer, nous qui ne nous étions entraperçus qu’une seule et unique fois durant laquelle les non-dits et l’art de la rhétorique ont certainement envenimé la chose ?

Plus son regard croisait le mien, plus l’envie devenait oppressante. Quitte à la faire craquer, quitte à encaisser comme j’ai toujours su le faire, quitte à me montrer plus con que je ne l’étais, autant que cela puisse servir à quelques choses. Le son de son pied sur le ring m’arracha un soupir, mes yeux s’illuminant d’une flamme presque sournoise en la voyant s’approcher. L’attaque frontale ? Cela me blessait presque de me savoir vu et imaginé comme un pauvre crétin ne connaissant pas la subtilité. La violence. Arme des faibles. Je préférais commencer en douceur par quelques mots bien placés. Encore fallait-il pouvoir me suivre dans mes raisonnements saugrenus, chose qui semblait trop compliqué pour cette demoiselle ce soir… Je ne remettais pas en doute sa capacité à comprendre non. Je soulevais simplement le fait que parfois, notre cerveau ne nous permet pas d’assimiler correctement ce que tente de nous faire comprendre les autres. Facilité. Voilà ce que j’allais devoir utiliser ce soir. La facilité et l’évidence. Un ring, deux personnes, quoi de mieux que de lui rentrer dans le lard ? Une discussion bien entendu. Mais elle ne semblait pas prête à m’accorder ce que j’étais venu chercher. Alors autant commencer moi-même, prenant les devants pour une fois. Je ne m’étais pas retenu. A quoi bon ? Elle ne mâchait pas ses mots, je ne retenais pas mes coups. Aurais-je du la laisser finir sa phrase ? Pour m’entendre dire que ce que j’aurais se trouvait être la mort. Sérieusement ? Elle m’en voulait à ce point ? Me voir mourir, qui plus est de ses propres mains était donc la seule chose qu’elle désirait. Bien, j’en prendrais note.

J’observais son corps s’abattre sur le tapis, une grimace se dessinant sur son visage, m’arrachant presque un soupir de honte. Mais non. Je ne craquerais pas. Pas ce soir. L’adversité me permettrait certainement d’obtenir ce dont j’étais venu chercher. Mais je n’étais pas ce monstre, pas celui qui donnait ses coups sans raison et qui ne se retournait pas face à sa victime. Je ne voulais pas la pousser à bout et une pointe de lucidité me revenait à l’esprit, m’obligeant à lui tendre la main pour l’aider à se relever. Voir son corps agenouillé me renvoyait à l’image bien trop fréquente de ma mère adoptive, accumulant les différentes blessures causées par un seul et même homme. Et pourtant, je ne voulais rien projeter sur cette femme que je commençais à peine à connaître, malgré ces fragilités que je pouvais apercevoir contre son gré.

Je t’offre ce que tu me donnes. Je ne veux rien… Je n’attends plus rien… Si tu ne veux même pas me donner ton nom, que veux tu que je fasse de plus ?

Je m’étais presque surpris d’avoir laissé échapper une pointe de lassitude. Venait-elle réellement de me pousser dans mes derniers retranchements en si peu de temps. J’aurais abandonné en temps normal… J’aurais lâché prise, l’aurais laissé partir et n’aurais aucunement cherché à comprendre ni même à savoir ce mal qui l’habitait pour la rendre telle qu’elle me laisser l’apercevoir. Mais ce n’était ni un temps normal, ni une personne ordinaire. Je m’apprêtais à surenchérir quand je l’aperçus ôter son haut, laissant son dos à portée de mon regard. Ce dernier fût attiré par un mouvement trônant sur son dos. Du sang. Et je fus incapable de retirer mon regard de sa plaie. Cette marque qui laissait paraître qu’à un moment donné –pas si ancien que cela – elle fût mise à rude épreuve. Je m’approchais doucement d’elle, presque hésitant et pourtant l’envie de laisser glisser mes doigts sur sa peau venait hanter mon esprit couplé à une soudaine envie de vengeance, comme si quelqu’un devait payer le prix… Mais lequel ? Et qui étais-je réellement pour ressentir tout cela ? Je n’étais qu’un homme. Certainement loin du type d’hommes qu’elle semblait apprécier. Mais je ne pouvais plus accepter qu’une femme fasse les frais d’énergumènes en tout genre. Je n’étais pas un chasseur de créatures surnaturelles… J’en étais loin… Je préférais faire de ces salauds mes cibles prioritaires.

Je m’étais arrêté dans mon élan, préférant même reculer lorsque je compris que je paierais pour eux. Ici. Ce soir. J’avais le dos large pour accepter de prendre pour ces abrutis, pour la généralité qu’elle venait d’exécuter en me mettant dans le même panier qu’elle. Et pourtant, malgré la noirceur de son regard, je ne flanchais pas, persistant à planter le mien dans le sien, respirant calmement, bien loin de cette hargne qui logeait en elle. Elle réussit même à m’arracher une grimace de dégoût en entendant le bruit de ses articulations, sans pour autant que je ne détourne le regard.

Je ne sous-entends pas que tu ne sais pas te battre… Ni même que tu ne saches pas ce que cela signifie d’endurer les coups… Et peu importe ce que cela t’a coûté pour arriver ici, être ce que tu es… Je ne suis pas n’importe qui…

Et je me coupais net, quelques instants, mes yeux se fermant pour m’offrir de nouveau  la vision de mes prochaines minutes. Sans grande surprise, le fait d’apercevoir deux silhouettes pour tenter de me mettre à mal m’arracha même un léger sourire. Et je n’eus pas besoin de voir la suite pour savoir d’avance que je ne riposterais pas cette fois ci. N’était-ce pas ce que je voulais l’obliger à faire ce soir ? Et en même temps que cette dernière se mit à hurler, je lui répondais d’une même voix, connaissant déjà ce qu’elle allait me dire.

TU ME DONNERAS SANS MÊME T’EN RENDRE COMPTE !

Et ce qui devait arriver arriva. Au millimètre près, j’avais su à quel moment ses mains s’abattraient sur mes épaules pour me pousser vers son corps pris de violents tremblements de rage. J’avais su m’adapter à chacun des coups, serrant la mâchoire pour ne rien laisser paraître tout en prenant sur moi pour tenter d’apaiser cette douleur naissante. Mes muscles se contractèrent pour encaisser un peu plus facilement, mes avant-bras se relevant pour venir protéger mon visage. Je lui laissais mon corps autant de temps qu’elle le souhaitait mais il me fallait être en possession de toute ma tête pour pouvoir riposter et garder une part de lucidité. J’avais compté le nombre de coups que mon torse venait de prendre, mon cœur et ma respiration ratant par moment quelque battements avant de soupirer, connaissant la finalité de la chose. Et ce fut sans grande surprise que son uppercut vint se loger sur le bas de ma mâchoire, seule chose que je venais de lui laisser à portée de poings, m’obligeant à reculer d’un pas, crachant d’instinct le sang qu’elle venait de faire couler dans ma bouche. Et pourtant, je ne pus m’empêcher de rire ironiquement. Pour la première fois, encaisser sans broncher me faisait rire… Néanmoins, je me trouvais surpris de l’apercevoir à genoux, face à moi, à l’opposée du ring, elle qui venait de presque me passer à tabac.

J’essuyais du revers de la main le sang coulant de mes lèvres, la regardant tandis qu’elle me demandait quelques minutes de répits. Je me mis à tourner comme un lion en cage, usant de mes pas le sol du ring, presque impatient de ne pas la voir réagir. C’était l’occasion rêvée, et je devais m’en charger…

Je vois que quelqu’un ne t’a pas épargné non plus… Nous ne sommes pas obligés de poursuivre dans cette voie ci…

Je m’approchais doucement d’elle, pour l’aider à se relever, taisant toutes douleurs continues qu’elle avait provoquées, mais elle était déjà adossée aux cordes en me fixant. Mon sourire s’éteignit bien rapidement, et une fois de plus, lorsque l’envie de m’approcher me prenait, je me retrouvais à me reculer. Un pas en avant. Deux pas en arrière. Elle n’en avait donc pas fini ? Très bien. Je ne voulais plus jouer. Je voulais des réponses. Je m’arrêtais au centre du ring, écartant les bras avant de les laisser tomber contre mon flanc.

Si tu ne veux pas parler, frappe moi autant de temps que tu le souhaites… A quoi bon riposter si je n’ai pas une réponse sans violence, je ne vaudrais pas mieux que la plupart des hommes…

Je la regardais s’approcher, garde relevée, riant sarcastiquement avant de m’avancer vers elle, sans me protéger. Si l’idée de m’en mettre une en plein visage lui traversait l’esprit, je le saurais bien avant qu’elle ne bouge le petit doigt. C’est donc, sûr de moi que je m’avançais encore pas à pas, l’interrogeant du regard ou plutôt en tentant de la scruter, comme si ses silences savaient me parler.

Il parait que les gens normaux, demanderaient comment s’est passé tes derniers jours entre nos deux entrevues… Il ne me semble pas que nous soyons de cette catégorie là…

Et plus je prenais en assurance au travers mes mots, plus je m’avançais, le cœur ratant parfois quelques coches. Ma main se tendit pour venir chercher la larme roulant sur sa joue, l’enlevant d’un geste avant de retirer ma main, me postant à quelques centimètres d’elle, me permettant simplement de murmurer délicatement.

Si tu n’en as pas fini, donne moi une bonne raison de rester. Si je connaissais ton prénom, je trouverais cela normal de me laisser traiter comme un vieux sac de frappe… Mais es-tu autant handicapée avec les questions qu’avec les sentiments ?

Ma main se leva pour venir attraper l’une de ses mains et l’obliger à baisser sa garde. Ne me faisait-elle pas assez confiance pour relever sa garde de la sorte ? Pensait-elle réellement que je pourrais la frapper aussi facilement sans raison préalable ? Toujours la facilité…

Je dois t’accorder que tu as une bonne droite… Mais que ton uppercut pourrait être plus destructeur si tu savais comment l’armer… ton entraînement n’est pas mauvais, mais quelques points sont à améliorer… Tout comme ces silences que tu gardes... Penses-tu réellement que je prendrais mes jambes à mon cou pour fuir face à temps d’intériorisation ?

Je relachais sa main me reculant d’un pas, tout en me mordant la lèvre inférieure en la détaillant du regard de bas en haut, avant de secouer la tête puis de me jeter à corps perdu sur elle, faisant basculer son corps au dessus du mien à l’aide d’une balayette , jetant nos deux corps au sol tout en maintenant mon genou sur le haut de ses fesses tandis que mes mains retenaient les siennes pour la garder au sol, entre mes mains.

Tu partiras d’ici quand tu auras laissé dans ces lieux ce que tu es venue abandonner ici… Ne pense pas que nous soyons si différents l’un de l’autre… Au contraire… Nous nous ressemblons plus que tu ne l’imagines…

Les mots pouvaient parfois se montrer bien plus puissants que de pauvres coups sous-dosés. Mais je ne voulais plus encaisser sans raison et je venais d’en trouver une parfaite pour ce soir : Elle.
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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Jeu 6 Juil - 13:44

This is out of control.



J’arrivais, en fermant les yeux, à savoir retrouver la trace des coups encaissés. Mon corps bouillonnait  et tout ce que j’avais prévu ce soir venait de se détruire. J’aurais pu et j’aurais dû partir plus tôt pour ne pas à souffrir d’une conversation que je ne voulais pas et que je n’étais pas capable d’endurer. Mon arrivée ici avait à la fois détruit ce que j’avais été pendant six ans, mais surtout, avait entaché, que ça soit mon corps et mon esprit et j’avais peur de ne plus jamais être la même après. J’avais pensé que venir ici ne serait que positif pour quelqu’un qui aime faire son travail, du moins, ses travails et plus les jours passés, plus j’en venais à me demander si c’était une si bonne chose, finalement. Combien de personnes avais-je sauvé en détruisant une partie supplémentaire de ce que j’étais ? Sans doute est-ce le prix à payer. Nous ne pouvons être que le bras armés de la vie et rien d’autres.
Dans ce jeu de regard, c’était à savoir qui serait le meilleur, qui tiendrait le plus et qui prendrait le dessus de l’autre. Du moins, c’est comme ça que je le voyais et peu importe ce qu’il avait pu me dire avant, il n’y avait aucune réelle raison qu’il me voit autrement que ce que je lui montrais. Et pourtant, quand le son de ma voix passait mes lèvres pour s’écrasait sur lui, j’avais l’impression de sentir le regard de ma mère qui me conseillait de faire bien autre chose, j’avais l’impression de nous revoir dans le salon, quand j’étais plus jeune et qu’elle m’apprenait à être autre chose que le soldat que mon père voulait que je sois, qu’elle avait été elle-même. Pourtant, l’entrainement de mon père, ses douleurs, ses coups, son autorité, tout ça était tatoué sur ma peau et ma mère n’avait rien pu faire  à l’époque, elle ne pourrait rien faire maintenant alors qu’une nausée me prenait quand je pensais à elle. Elle était tout aussi coupable que moi de ce que j’étais devenu.

Ce que je voulais qu’il fasse de plus ? Tant de possibilités s’offrait à moi, mais aucune  refusait de s’étendre en des mots qu’il entendrait. « Ne sois pas une princesse que l’on sauve » me répétait souvent mon père. Je ne l’étais plus, j’étais devenu…le robot sans âme. Etait-ce réellement ce que mon père voulait me dire ? J’avais voulu suivre son chemin, suivre ses traces et pourtant, lui, il aimait la vie, il aimait sa famille, il aimait sa femme. Tout cet ensemble plus donné une force supplémentaire et moi, je n’avais rien, pas même l’envie de survivre. J’attendais que les jours passent et souvent je me demandais ce que mes parents pourraient en penser.

Avait-il élevé leur fille pour qu’elle prenne à la première personne venu, dans un but plus proche de l’amical que de n’importe quoi et que la réponse ne soit que des coups ? Je sentais le liquide rougeâtre  glisser aux creux de mes reins et même si en théorie j’aurais dû soigner la plaie, je voulais hurler et sans y arriver, c’était lui prendrait pour tout. Pour avoir revu mon ancien compagnon ici, pour avoir souffert des attaques de Xander, pour avoir souffert des paroles de Raphael.

Je me redressais, mon regard trahissant l’étonnement, quand il se mit à hurler, à l’instant même où moi je hurlais. C’était comme s’il savait ce que je comptais lui dire…Oh oui…Son don. Ce petit quelque chose qui le rend unique, qui le rend supérieur aux humains, en plus de chacune de ses capacités plus accrues que la normale. Et pourtant, s’il savait, pourquoi avait-il accusé mes coups sans réagir ? Il se protéger le visage, pourtant, il avait dû savoir quels coups je porterais et malgré tout cela, il restait droit, à supporter. Et cette maudite impression à comprendre qu’il avait dû s’en prendre plus que je ne le pensais. Il n’y avait qu’une personne qui avait pu endurer les coups, qui savait encore les endurer, des années après. Il n’était vraiment pas comme mes premières idées le pensaient et pourtant, dans ce tourbillon de rage, ça n’était pas assez pour me calmer.

Quelqu’un ne t’a pas épargné…C’était beaucoup plus qu’une personne, plus que moi, plus que mes parents, plus que les imbéciles ici…C’était ma vie qui ne m’avait pas épargné et à 27 ans, j’étais lassée de me battre, me laissant, souvent, cette envie de rencontrer quelqu’un de plus fort pour en finir. Poursuivre était devenu plus compliqué que je ne le pensais et je n’avais personne pour me soutenir, les jours comme aujourd’hui, quand je venais à penser que plus rien n’avait de saveur.
Son attitude ne faisait que m’étonner. J’avais la même, à savoir que je voulais qu’il paie pour les autres, mais lui, si parfois il voulait répondre à mes coups, il semblait presque sincère à savoir ce qui pouvait me rendre comme ça. Ma garde tremblait et c’était entièrement de sa faute. Il arrivait à me faire douter, à me remettre en question. « La plupart des hommes », à sa façon, il se livrait, m’offrant la souffrance de sa vie. Il avait dû forcément connaitre les coups et si c’était d’un homme, il devait avoir souffert durant son enfance. Je ne pouvais pas l’imaginer, lui, la montage de muscle souffrir…Avait-il eu quelqu’un qui puisse le protéger ? Et à chaque pensée, ma garde tremblait un peu plus, n’étant plus aussi sûre de moi.

Ses yeux ne quittaient pas les miens, il devait savoir que je n’hésiterais pas à le brusquer, encore et pourtant, il ne se protégeait pas. Etait-ce du à son don que lui venait cette confiance où était-ce simplement parce qu’il me voyait faiblir ? Avions-nous une catégorie bien spécifique ? Sa voix ne tremblait pas autant que mon cœur tremblait de le voir s’approcher de moi, sachant que je ne pourrais plus le frapper. Mon cœur se serra quand sa main avança vers moi et le contact de sa peau sur la mienne ne put que faire accélérer mes battements de cœur. Il se rapprochait de moi et ma garde, fébrile frôlait sa peau, accélérant un peu plus mon cœur alors que la situation commençait à m’échapper, commencé à devenir bien différente.

Dire mon prénom me semblait être un pas en avant que je n’étais pas prête à franchir. Peut de personne pouvait connaitre mon prénom et avec lui, je me sentais de plus en plus nerveuse. Les yeux dans les yeux avec cette impression que nous étions seuls au monde à cet instant. Il en arrivait presque à me faire culpabiliser.

- Je ne vois pas l’intérêt de répondre à ce genre de question.

Non, en vérité, je ne voulais pas avoir cette envie de parler de moi, de tisser un lien avec lui. Lui ou un autre, il fallait que je ne garde avec lui que des relations de collègues et pourtant, à voir son acharnement, je voulais presque autre chose. Sa main toucha la mienne, nos peaux à nouveau l’une avec l’autre et encore mon cœur semblait... réagir. Je supprimais ma garde, aidé de son geste, pour lui montrer que malgré ce que je pouvais dire, j’avais presque confiance en lui.

Quand il critiqua ma façon de frapper une grimace s’étira sur mon visage. Avait-il conscience que j’étais dans cet endroit à repousser mes limites, depuis un petit moment, alors que lui, il venait jusque d’arriver. Que pouvait-il reprocher à mes silences ? Il n’était rien pour moi, je n’étais rien pou lui. Quand nous sortirons de cet endroit, nous n’en saurons pas plus sur l’autre et nous n’allons certainement plus nous revoir, du moins, de notre propre chef. Je devais admettre qu’il avait en partie raison, je voulais qu’il parte, qu’il cesse de me regarder ainsi et si je ne parlais pas…
Il se recula, je pensais avoir gagné. Je devais avoir gagné… Pourtant, la suite, je ne l’avais pas vu venir ainsi. J’avais baissé ma garde et maintenant, je me retrouvais au sol, lui au dessus de moi, m’interdisant le moindre mouvement. La peau de mon dos se contorsionné, mon abdomen aussi et les deux dernières blessures les plus graves me firent pousser un cri de douleur que je n’avais pas pu garder pour moi. Ma respiration se fit haletante, tentant de garder un minimum de savoir vivre pour ne pas hurler ma frustration. J’avais perdu ce coup-ci…Comme lui avait perdu plus tôt.
Ma colère avait reprit de plus belle, avant que mon être fut parcouru de frissons quand il se mit à parler. Lui qui pourtant avait le dessus sur moi, me tenait fermement m’obligeant à supporter, lui qui pouvait se venger…Non. Il venait de me prouver en quelques secondes, en quelques paroles, qu’il était meilleur que moi.

- Tu me fais…mal.


Cette phrase avait difficile à dire, ma voix avait tremblé parce qu’avouer la douleur était une chose que je refusais de faire depuis bien des années. Préférant en général souffrir pour ressentir la vie en moi, cette fois, je ne voulais pas souffrir d’avantage. Je fis apparaitre la deuxième Abby, celle sur qui je pouvais compter en n’importe qu’elle circonstance. La double prit Aleksander par les épaules avant de le reculer avec force, sans pour autant s’acharner sur lui d’avantage. Je la fis disparaitre avant de me glisser dans le coin du ring, assise, serrant les poings pour tenter de faire taire la douleur. Je laisser glisser ma tête en arrière, contre le poteau du ring, regardant le plafond avec une respiration plus forte.

- Nous ne sommes pas si différents ? Etre des brotherhood, c’est ce que nous avons en commun. Ne pas ressentir la douleur, où du moins jusqu’à un certain stade, n’est pas une ressemblance.

Je fermais les yeux, sentant à nouveau un filet de sang couler dans mon dos avant que je ne baisse les yeux sur mon ventre, là où trônait ma blessure soigner par le loup vétérinaire. Je passais mes doigts sur les points de sutures, me rappelant à quel point j’avais pu être faible aussi.

- Qu’est-ce que ça peut bien te faire que je ne parle pas ? En quoi ça t’intéresse ? On est rien l’un pour l’autre alors qu’est-ce que c’est ? De la curiosité malsaine ? Une habitude de barman qui reste une honte pour les chasseurs en travaillant sous les ordres de ce crétin de Raphael, de ce vampire?

Finalement, je laissais entrevoir quelque chose de moi, lui montrant que je connaissais son patron, c’était peut-être la seule que j’avais délibérément décidé d’admettre. Je reposais ma tête en arrière, respirant d’une manière plus fluide, avant de prendre mon débardeur qui était proche, d’en faire une boule et de le passer, d’une manière incertaine dans mon dos pour récolter le sang qui jonchait ma peau. Je grimaçais, me contorsionner me rappeler que cette blessure guérirait avec plus de temps que les autres.

- Abigaëlle.

Un murmure, très léger, presque inaudible pour les oreilles des humains, mais sans doute pour pas pour des Brotherhood qui on une ouïe plus accrue que les humains lambda.  Je baissais les armes, ce soir, je n’avais plus la force de me battre. Je baissais la tête, lasse, avant de laisser tomber mon bras et le vetement sur le sol du ring, agacée de toute cette situation et de tout ce que j’étais incapable de faire.





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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Mer 26 Juil - 15:48








Les limites n’étaient-elles pas faites pour être franchises, pour nous pousser « à bout » et nous permettre d’atteindre un état d’esprit second, que nous même n’étions pas faits pour contrôler ? C’était ce que j’avais appris à mes dépends bien plus qu’à ceux des autres et c’était là où je voulais pousser cette jeune femme ce soir. Les plans, les prévisions, les envies, les idées, tout s’écrouleraient ce soir. Même certaines certitudes n’étaient que réelles dans un état d’esprit autre que celui dans lequel elle était actuellement. Elle avait beau ne dire mot, ses silences parlaient pour elle. Eux et cette expression de douleur qui se dessinait sur son visage au fur et à mesure que mes coups venaient trouver son corps. Et pourtant je ne savais pas si cette douleur était physique ou bien morale. Celle qui laisse apercevoir que des plaies sont en train de s’ouvrir de nouveau, de laisser la nostalgie, la peine, le désarroi et le désespoir reprendre le dessus tel des fumées nocives venant nous voler ce peu d’oxygène qui nous permet de nous garder en vie. Fallait-il mourir une fois pour vivre de nouveau pleinement ? Se laisser aller, glisser dans les méandres de la routine, sans prendre la peine de réfléchir aux conséquences ou aux causes de nos actes, manqués ou non. J’étais contre. Je cherchais à chaque fois à tout contrôler. Tout. Ne pas agir inutilement, faire le bien ou le mal mais le faire bien. Sauver des vies ou casser des âmes perdues n’étaient possible que si la raison pour laquelle je m’engageais sur ce terrain était plausible. Je n’avais pas mis longtemps à comprendre qu’avec elle, la raison ne serait pas le simple désir de voir un sourire perlait sur le bord de ses lèvres, non. Je dépendais de cette raison. Sans savoir pourquoi, par curiosité, par désir, je me devais d’agir. J’étais habité par cette envie irrationnelle que je découvrais pour la première fois.

Je ne me souciais guère de savoir qui sortirait vainqueur de cette salve de coups, de ces répliques tranchantes, de cette méchanceté que je pouvais caractériser de gratuite et qui pourtant parlait bien plus qu’elle ne devrait. La raison était plus profonde, plus ancrée, plus inaccessible et pourtant c’était elle que je cherchais à faire ressortir. Peu m’importait de me retrouver au tapis si derrière cela se trouvait cette fameuse zone hors limite. Celle où la nervosité, la tension, l’appréhension n’étaient que de douces utopies. Cette zone où la sincérité et le subconscient parlaient bien avant que nos lèvres n’aient à prononcer le moindre mot. Alors c’était sans aucune gêne que je m’élevais face à elle. Pas dans une idée de rouler des mécaniques et de lui montrer que ce crétin gonflé à l’hélium que j’étais en avait tout autant dans les bras que dans le cerveau. C’était simplement pour lui montrer que parfois il était bon de casser les codes, les idées reçues et que derrière chaque personne se cachait quelqu’un qui méritait d’être connu pour ce qu’il était. Enfin c’était quelque chose que je ne faisais pas naturellement avec les autres, mais sans savoir pourquoi, j’étais en train de le faire avec elle, pour ma plus grande surprise.
Mon cœur se serrait face aux différentes blessures que son corps laissait apercevoir tandis que mon regard se rapportait aux miennes qui n’étaient que des brides de souvenirs dont je me serais bien passé mais qui me servaient à me souvenir d’où j’arrivais, où j’en étais et là où je désirais aller. Les miennes n’étaient pas aussi fraîches et pourtant le traumatisme restait bien ancré, que je tentais de dissimuler avec plus ou moins de réussite, préférant me consacrer à celle des autres plutôt qu’aux miennes. Et pourtant je finissais par me livrer à demi-mot, sous sous-entendu et non dit, comme si cela m’assurait le fait, qu’elle n’y prêterait pas attention. Sa garde tremblait de plus en plus, me semblant si fragile et prête à s’écrouler d’ici peu de temps, au moindre faux-pas ou lorsque la douleur serait trop forte pour elle, se laissant enfin aller pour libérer ses nerfs et son être de ces poids qui ne pèsent que trop pour une femme de son ampleur. Le principe même d’avoir quelqu’un à ses côtés, permet de pouvoir lui laisser ses fardeaux quelques instants pour le laisser faire cette part de chemin avec vous. Je ne me prétendais pas être cette personne, SA personne, mais si c’était ce dont elle avait besoin, je prendrais quelques parts de sa douleur, de sa peine, de sa rage, de sa hargne et je garderais ça pour lui permettra tout simplement de continuer son chemin plus librement.

Les coups n’avaient plus lieux d’être à mon sens, et le geste que je venais d’entamer vers elle pour lui permettre de se relever signalait bel et bien que je ne comptais plus la pousser à bout mais simplement être là. Même si sa peau contre la mienne m’offrait une douceur que je n’avais pas connu depuis bien longtemps, une envie que je taisais au fond de moi, me croyant pris d’une soudaine folie. Et pourtant, j’aperçus la fébrilité de la jeune femme s’amplifiait lorsque je lui demandais de m’apprendre simplement son prénom. Cette chose qui ne faisait de nous rien d’autres que de simples connaissances… Celle qui rendrait nos discussions beaucoup moins lointaines. Et pourtant, son regard me laissait sous-entendre que je n’aurais pas de réponses aujourd’hui à ce sujet. Je devrais donc utiliser une méthode que j’aurais souhaité laisser au placard pour ce soir.

Il n’y a aucun intérêt si ce n’est la politesse… Mais nous n’en sommes plus à ce stade.

Je venais de lâcher avec amertume le fait même que de ne rien savoir de personnel sur elle me rendait quelque peu fou et ne me plaisait guère. Enfin quoi de mieux pour lui montrer que de frapper de nouveau là où cela faisait mal ? Elle avait baissé sa garde sans poser trop de questions, ce qui m’arracha un soupir et une moue déconfite. Étais-je vraiment cet abruti qui profite de cette fraction de secondes où l’adversaire est à terre, faible, en proie au doute, pour profiter de l’occasion et de lui retomber dessus ? Au fond, non, je n’étais pas comme cela. Mais ce soir, je me devais de pousser les limites de ce que j’étais prêt à faire pour quelqu’un. Il suffisait d’une seule seconde pour berner quelqu’un. Je m’étais reculé, la laissant croire que j’abandonnerais pour ce soir, avant de me jeter corps et âme dessus, ne m’attendant cependant pas à lui arracher des hurlements de douleurs. Je sentis sa peau se rouvrir sous mon poids, ses plaies se rappelant à elle tandis que son corps frissonnait sous le mien, avant qu’elle ne m’avoue à demi-mot que la douleur lui était presque intenable. Je rapprochais mon visage du sien pour entendre sa respiration filante tandis que je relachais légèrement ma poigne.

Ne m’en veux pas, c’est ce que je cherchais… Ce n’est que le début… Crois moi.

Et je n’eus pas le temps de finir ma phrase que je me retrouvais pris par les épaules par son double qu’elle venait de faire apparaître pour me faire trainer à l’opposé du ring, sans pour autant subir le moindre coup. L’avais-je rassasié de l’envie de me frapper ? Possiblement. En attendant, elle était surtout en train d’agoniser dans le coin du ring face à moi, sans pour autant me regarder, se concentrant certainement sur sa douleur.

Il faut que tu imagines le fait que tu n’ais pas mal… C’est bête à dire, c’est con à faire, mais cela marche vraiment… lui avouais-je tandis que je me redressais dans les cordes pour venir tenir en équilibre assis sur la troisième corde sans la lâcher du regard. Pour elle la ressemblance se révélait être dans cette chose que nous étions que pourtant je ne connaissais pas ? Vraiment ? Était-elle autant bornée que cela ? Venait enfin la douleur… Point que je n’avais pourtant pas relevé lorsque je lui avais avoué que nous n’étions pas si différents. Elle ne voyait donc que l’enveloppe charnelle… Bien, au moins, je savais sur quel point je n’irais pas insister pour l’instant.

Donc vu que nous sommes de la même branche de ces brotherjenesaisquoi, c’est notre seul et unique point commun ? Là, pour le coup, tu m’en offres un autre sur un plateau d’argent. Je suis autant borné que toi… Têtu… Mais je sais avouer lorsque j’ai tort vois tu ?

Je profitais du simple fait qu’elle fermait les yeux pour venir m’approcher d’elle, attrapant mon haut que j’avais garder dans un coin du ring pour venir recouvrir cette plaie qui ne me plaisait guère tandis que je poursuivais ma réponse d’une voix beaucoup plus calme, beaucoup plus tendre, beaucoup plus moi…

Tu as un apriori depuis que tu m’as vu… Ou une peur que je provoque à chaque fois que je t’approche… Cesse donc de le nier, je le sais, j’ai la même… troisième point commun, je m’arrête là où tu auras enfin compris que nous sommes beaucoup plus ressemblants que tu ne te l’imagines ?

J’attrapais sa main pour venir la mettre sur le t-shirt que je tenais sur sa peau et enfin me reculer d’elle, la laissant seule avec sa plaie tout en m’asseyant à côté d’elle, ou plutôt à distance raisonnable. Elle avait raison, qu’est ce que cela pouvait bien me faire d’avoir un mur face à moi ? Après tout, je ne pouvais rien exiger d’elle tout autant qu’elle n’avait rien à exiger de moi et pourtant je ne supportais pas le fait d’entrevoir quelqu’un avec une peine silencieuse, meurtrie, et sans être capable de faire quelque chose. Alors est ce que le simple fait de lui répondre que je ne supportais pas les gens silencieux dont le regard parlait pour eux était suffisant ? Je ne pense pas… Et bien entendu, le stéréotype ne tarda pas à pointer le bout de son nez. Était-elle venue une seule fois me voir au bar de Raphael ? M’avait-elle vu travailler ? M’avait-elle aperçu me battre avec Kol ? Impossible j’avais toujours été à l’affut pour l’apercevoir dans le bar. Donc elle pensait simplement que le fait que je sois serveur faisait de moi un abruti, attiré par n’importe quelle personne juste pour le simple plaisir d’avoir des ragots frais à raconter le lendemain ? Je devrais donc rajouter ça à ma carte de visite, merci du conseil !

Je commençais à me glisser entre les cordes, allant chercher mon sac avant d’enlever mes bandes et de sortir deux bouteilles d’eau et de revenir vers elle, m’arrêtant cependant surpris par le fait qu’elle venait de m’offrir son prénom. Abigaëlle. Aussi français que le mien paraissait russe ! Je souriais délicatement en passant un bras entre les cordes à sa hauteur pour lui faire apercevoir une bouteille d’eau.

Enchanté Abigaëlle. Très joli prénom… lâchais-je tendrement, avant de rentrer dans le ring de nouveau, et de m’asseoir face à elle tout en m’essuyant le front d’un revers de main. Avant de m’étirer et de tendre un bras pour la redresser.

Tiens toi droite, ce sera plus efficace pour laisser l’air passer dans tes poumons… C’est vrai, tous les barmans de la ville ont été curieux au point d’accepter de se faire prendre pour un sac ? lui demandais-je amèrement, avant de boire une longue gorgée, et de poser un regard protecteur sur elle en hochant la tête.

Tu ne sais pas à quoi tiens le fait que je travaille chez Kerjean… Cela ne m’enchante pas plus que toi… Mais depuis… aucune personne ne se fait tuer, ou ne sert de dose de sang ambulante la bas… Comment le connais-tu ?

Je décidais de détourner le regard, pensant certainement que le fait que nous n’ayons pas à nous regarder pourrait nous aider à nous livrer. Enfin je l’espérais réellement, sentant que la soirée commençait à tourner à ma faveur, ou plutôt pour le bien être d’Abigaëlle.

Je ne fais pas ça par curiosité malsaine, crois moi. Tu peux rester silencieuse deux heures, je resterais trois heures assis ici juste pour savoir. J’aurais simplement voulu que quelqu’un m’oblige à me livrer plutôt que d’intérioriser par peur de réprimande… C'est tout ce que je cherche réellement à faire... Peu m'importe si en quittant ces lieux tu n'ais aucune envie de me revoir. J'aurais pu t'aider un minimum c'est tout.

J’en avais eu des personnes, mais aucune ne m’ayant permis de réellement sortir la tête hors de l’eau. Et à force de vivre comme cela, on en oublie que l’on doit respirer pour avancer. Et ce bol frais, c’était la nouveauté, c’était elle.
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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Mar 8 Aoû - 14:13

This is out of control.



Etant autant musclé que ça et connaissant la douleur de ses coups, je savais qu’il retenait une partie de sa hargne, peut-être autant que moi quand je le frappais. Nous cherchions visiblement la même chose, étonnamment pour moi, pourtant, il y avait comme la crainte de faire mal à l’autre. Nous avions un adversaire à notre taille en face de nous, que nous l’acceptions ou non. Cette force identique que j’avais connue contre mon père et les peu de fois où j’avais pu prendre le dessus sur l’expérience du chasseur. J’avais l’imagination et la facilité d’un don, il avait l’expérience. Lui, cet Aleksander recevait mes coups, me rendait mes coups et peu importe la douleur, nous ne la cherchions pas.

J’avais refusais de donner mon identité parce qu’à l’instant même où il saurait, quelque chose allait se créer et je refusais d’avoir quelqu’un dans ma vie. Je ne voyais pas partager ma vie comme mes parents avaient partagés la leur, mais il rentrerait dans ma vie et elle était assez chaotique pour que je laisse une chance à quiconque de caresser ma noirceur. Cette hargne qui m’avait poussé à venir, à extérioriser, seule, dans mon monde et lui, présent encore quand je semble tout lâcher, quand tout semble s’écrouler. Etonnant, dans son regard, je trouve une force que je n’avais plus vu, ni chercher depuis des années.

Ces questions, ses interrogations, cette envie de me découvrir, de découvrir qui il est…Pourquoi jouer à ce jeu, alors que pour lui, ces questions sont sans doute plus importantes que tout ? Car il ne pouvait s’agir que de ça, n’est-ce pas ? Savoir qui est la brotherhood en face de lui. Et pourtant, moi qui pensait que nous n’étions pas là pour nous faire mal, je devais avoir amèrement, que je m’étais trompé. Comment pouvait-on trouvé un malin dans la souffrance d’un autre ? C’était dans la mienne que je trouvais ma force, pas dans celle d’une autre personne. Je ne pouvais plus bouger, faible, épuisée, entre ses mains. Et ce genou qui me tiraille le dos et ma blessure. Mon visage laisse, néanmoins, transpirait la surprise. Avouer une faiblesse est quelque chose que je ne fais peu, une fois encore, une leçon de mon père, mais j’avais voulu faire cet effort à celui qui ne supportait pas mon silence. Pourtant, entendre que c’est ce qu’il me cherchait me souleva le cœur. Peu habituée à ma communauté je ne m’étais jamais dit qu’entre nous, nous devions nous haïr. Et sa promesse de continuer qui me déclencha un frisson. Frappe-t-on quelqu’un à terre ? Ca n’est pas digne d’un homme. Aussi, puisant en moi, je le fis s’éloigner avec mon double.

Quand il me donna son conseil, sur la douleur, l’ignorait, je relevais un regard mauvais sur lui. Si une partie de mon esprit comprenait que ce qu’il me disait, c’était pour l’avoir vécut, ma fierté, elle, l’avait prit extrêmement mal.

- Parce que tu crois sincèrement que je ne suis pas habituée à la douleur ? Parce que tu crois que mon métier se fait sans souffrance ? Tu as beau ne pas savoir qui tu es, moi, je fais ça depuis des années.

Peut-être que de m’être l’accent sur son manque de connaissance était un coup bas, mais ne faisait-il pas la même chose avec moi depuis qu’il était arrivé ? Mon corps trahissait de nombreuses cicatrices, des récentes qui peinaient à cicatriser et lui qui appuyait justement sur mes faiblesses. Quel genre d’homme était-il pour agir de la sorte ?

Je voulais ne plus l’écouter, je voulais qu’il s’en aille, qu’il me laisse à ma peine, à ma colère et pourtant, il confirmait, il était aussi têtu que moi. A quoi bon faire la liste de se qui nous lier ? Ce qui faisait de nous des êtres semblables. Il y avait chez lui, plus qu’un être borné, cette étincelle que je retrouvais dans ses yeux et qui me perturbait à ne pas savoir qui il était. Etait-il un abruti d’homme qui voit en la violence un seul moyen d’expression, un peu comme moi dans certains gestes ? Où juste, celui sur qui on sait que l’on peut se reposer ? Voulant éteindre la sensation de douleur en moi, fermant les yeux pour me retrouver dans un autre monde, je ne l’entendis ni arriver, ni poser sa main dans mon dos. Je relevais les yeux vers lui, constatant une proximité presque gênante de nos visages, son souffle sur ma peau qui me caressait sans se cacher. Il venait appuyer avec une chose X, que je n’avais pas vu, pour faire cesser la plaie de couler. Celui qui l’avait ouverte, voulait me soigner ? Et ses mots qui m’enveloppent sans que je ne comprenne pourquoi, cette fois, je n’ai rien à répondre. Un apriori ? Au contraire, ce que je pense de lui n’est en rien négatif. Une peur ? Quand il m’approche ? J’aurais voulu lui rire au nez, lui certifier que je n’avais peur de rien, encore moins de lui. J’aurais voulu me défendre, mais lorsqu’il m’annonça que ce qu’il pensait que je ressentais, lui le ressentait…Il ne se cacher aucunement, à mon grand étonnement.

Quand il se recula, après avoir mis ma main à la place de la sienne, je décidais de répondre, pourtant mon cerveau, lui ne laissa pas sortir ma fierté, au contraire, il laissa entrevoir une barrière en moins.

- Si tu crois que j’ai attendu une liste pour le savoir…

J’avais remarqué sa force, son courage, sa détermination et surtout, sa douceur. Et j’avais beau mettre en avance, avec dédain, sa musculature, je détournais surtout ce que je pensais de lui. Comment pouvais-je le connaitre à ce point, en à peine deux rencontres alors que ni l’une ni l’autre ne s’était déroulé avec tendresse ? Et pourtant, si ma fierté semblait avoir été vaincue, elle repointa le bout de son nez, me protégeant comme elle le faisait depuis des années. Se cacher derrière sa force pour ne pas être touché. Je ne voulais pas qu’il s’approche de moi, pourtant alors que je pensais qu’il partait, je laissais tomber tout ce qui faisait de moi cette personne antipathique pour céder à sa demande. Je devais me convaincre que ça n’était qu’un prénom. Pas une proposition, ni une promesse, juste un prénom.

Je ne voulais pas entendre un quelconque compliment, ça n’était pas ce que j’avais voulu et pourtant, l’énoncer dans sa bouche me fit céder un petit rictus sur mes lèvres que je gardais pour moi, bien cacher sans lui montrer mon visage. Je tournais mon regard vers la bouteille d’eau avec un léger signe de tête avant de la porter à mes lèvres, après l’avoir ouverte. J’avais soif, je ne m’étais pas hydraté une seule fois de tout mon entrainement, grossière erreur. Je regardais la main qu’il me tendait et une fois encore, en moi, un combat s’arma. Accepter son aide ou paraitre froide et dédaigneuse ? Oui, la deuxième option semblait la meilleure, pourtant…Ma main se posa dans la sienne, acceptant de sa force pour me redresser. Je baissais la tête avant de prendre le tissu devant moi, remarquant seulement maintenant qu’il s’agissait du t-shirt d’Aleksander.

- Ne te mets pas entre un sac et quelqu’un frappe. Ou derrière. Ou sur le côté. Ton maillot…Il va être irrécupérable, tu n’aurais pas du.

C’était sans doute l’une des choses la plus gentille que j’avais pu lui dire. C’était aussi une façon de le remercier d’une certaine manière, de prendre soin de moi. J’affrontais son regard, n’étant pas une lâche dans le domaine et pourtant, cette intensité, cette douceur, à mon égard…Depuis quand ne l’avais-je pas ressentit ? Depuis quand la caresse d’un regard ne m’avait pas fait perdre mes moyens ? Tout n’était que tension entre nous et pourtant…

Je détournais le regard en buvant une autre gorgée, écoutant attentivement ce qu’il était en train de me dire. Quand j’avais rencontré Raphaël, il y avait eu un danger de suceur de sang, alors ce qu’il venait à me dire, j’avais un doute. Pourtant, ça n’était pas lui qui m’avait servi, alors peut-être ne travaillait-il pas ce soir là, peut-être qu’il n’y était pas encore quand ça s’était déroulé. Ainsi, il n’aimait pas travailler avec les vampires, mais il faisait son travail, d’une certaine manière ? Mon regard changea, un regard plus doux et compatissant.

- J’ai été pour apprendre à connaitre cette ville. J’ai fais mon devoir, mais il m’a empêché de tuer un jeune vampire et… Je pense que la suite est assez évidente non ?

Avec moi, il était plus qu’évident que tout avait tourné en violence. J’esquissais un petit sourire moqueur, surtout destiné à ma personne avant de glisser un regard sur lui, lui qui ne me regardait pas me laisser le champ libre pour me souvenir de chaque partie de son visage. J’aurais aimé dire que la première chose qui me soit venu en tête n’était pas que je le trouvais incroyablement beau. Mon regard trahissait une fois de plus l’étonnement quand il m’annonça, de but en blanc, que tant que je ne parlerais pas, il resterait.

- Je n’ai pas peur de réprimande…

Je me tournais vers lui, oubliant la douleur dans mon dos, pour m’étirer les jambes, démontrant une certaine souplesse avant de commencer à parler, chose extrêmement rare. Ne pas le regarder m’aider, savoir qu’il était là, m’aider aussi.

- Les brotherhood viennent des sorcières. On est des…humains améliorés, comme j’aime à le dire. On reste humains, mais on a certaines capacités qui font de nous des êtres hors pairs. Notre but est de sauver la vie avec un grand V. Sauver autant les humains que les autres. Généralement, on reçoit des missions, sinon, c’est un peu au bonheur la chance. Tu rencontres un ennemis, tu le tues, point barre.


Je faisais craquer chacun de mes muscles, les yeux fermés, pour ne pas croiser son regard. Je lui devais des réponses, parce que je lui avais promis, mais parce que s’il ne savait pas, c’était à moi de l’aider. Je n’osais imaginer la souffrance de ne pas savoir qu’il l’on est vraiment.

- On a tous des capacités différentes, ça nous rend unique et meilleur dans notre travail. On n’est pas censé tué par plaisir, on fait respecter l’ordre et autant dire que dans cette ville, c’est important. On a forcément un parent brotherhood pour en être, c’est dans nos gênes.

Je finis par me relever, marchant simplement le ring, alors que mon regard était posé sur la chevalière offerte par mes parents. Ce symbole qui devait me rappeler notre serment. En plus du serment de ma mission, c’était surtout pour être fidèle à ceux qui m’avaient aimé. Je fermais les yeux une seconde avant de me tourner vers lui, mon regard directement planté dans le sien.

- Je parle français parce que ma mère était française et qu’elle a voulu mourir dans son pays. Je ne ressens plus la peur, parce que je n’ai rien à perdre. Mon père est mort, presque sous mes yeux, attaqué par un vampire. Donc tu avais raison, on en devient pas une pierre froide et sans âme sans aucune raison. Elles font ce que je suis maintenant et elles font que je suis excellente dans la chasse. Je lis tout genre de livre, je suis éditrice. Le monde du surnaturel n’a aucune limite pour moi, autant dans les livres que dans ma vie.

J’avais largement fait allusion à notre dernière rencontre. Et si ma voix n’avait tremblé, mes yeux, eux trahissaient, une fois de plus, la vérité. Il voulait la vérité, des réponses, je les lui avait offertes, sans détour. Après tout, il le méritait. Il avait besoin de réponse et je voulais qu’il les ait le plus rapidement possible. Rester dans le flou, n’est pas une vie.

- Maintenant à mon tour. Pourquoi rester ? Pourquoi avoir fait tout ça ? Pourquoi serais-tu prêt à rester, près de moi, silencieuse ? Qu’est-ce que ça t’apporte ? Pourquoi vouloir m’aider ?

Finalement, c’était plus ou moins la même chose pour chaque question, mais son attitude m’étonnait. A force de passer sa vie à repousser les gens, on oubli que l’on peut apprécier une discussion, une présence. Je ne lui devais rien, mais notre affiliation à la communauté des chasseurs m’obligeait presque à faire un effort envers lui. Mon visage, ma voix était neutre, ma stature droite, je ne voulais plus passer pour une faible.

- As-tu d’autres questions sur les brotherhood ?

Je voulais qu’il cible ce sujet en particulier, parce que je refusais de répondre à d’autres questions sur moi. Ma vie n’est pas assez belle pour l’y faire entrer. Nous sommes collègues et je dois me forcer à penser cela pour lui. Il n’est pas le premier chasseur que je rencontre et je voulais, qu’entre nous, il n’y ait de cette chose qui nous unisse. Loin de vouloir faire équipe, rien ne nous empêche de profiter de l’expérience de l’autre.






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