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 This is out of control - Abigaëlle -

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MessageSujet: This is out of control - Abigaëlle -    Dim 21 Mai - 15:45







Deux semaines. Quatorze jours. Trois cent trente six heures. Vingt mille cent soixante minutes. Un million deux cent neuf mille six cents secondes. C’était le temps qui venait de s’écouler depuis que j’ai eu l’impression de sentir mon monde basculer. Il suffit parfois d’une rencontre pour créer un chamboulement dans ces fondations que vous vous évertuez à maintenir intactes. Je me pensais presque intouchable, entouré d’une carapace si dure que la plupart des personnes se seraient retournés pour fuir à sens inverse en voyant le monstre d’intériorisation que j’étais. Je me plaisais dans ces rôles que la société souhaitait me voir endosser et je ne mettais pas forcément de ma personne pour tenter de briser ces à priori. Mais cette femme avait su attirer ma curiosité, attiser cette volonté d’en connaître plus sur elle, sur son histoire, sur cette histoire. Brotherhood. Humains améliorés. Ses mots résonnaient sans cesse depuis l’instant où elle m’avait laissé seul au milieu de ces bois, sans même se retourner lors de son départ. Elle ne portait pas le même regard sur moi que celui que j’avais l’habitude d’observer dans le regard de certaines femmes que je croisais chaque jours. Il n’y avait ni envie, ni pulsion quand mon regard croisait ses prunelles brunes si envoûtantes. Même la haine que trahissait sa voix n’habitait pas son regard si… protecteur ? J’avais la chance d’avoir croisé ce soir là quelqu’un avec qui la discussion ne me paraissait aucunement futile. Bien au contraire, elle réveillait en moi cette envie de continuer à m’instruire, de manier l’art de la rhétorique et de la répartie aussi bien qu’elle maniait la langue de Molière. Je ne revenais toujours pas de cette coïncidence, en arrivant même au point de me demander si le hasard n’était pas contrôlé par une quelconque entité de l’au-delà, si tant est qu’il existe. Je n’avais pas su me protéger en la voyant débarquer avec arrogance à mes côtés, touchant en une fraction de seconde cette corde fragile qui m’avait fait réagir au quart de tour, moi qui prônait sans cesse la réflexion à l’impulsivité, je venais de mettre le pied dans un piège pour lequel je ne cessais de m’enfoncer plutôt que d’en sortir la tête.

Mais comment combattre verbalement une femme qui n’avait même pas peur d’une lame d’acier traversant son flanc, d’un homme armé d’un cran sous son cou et qui répondait toujours à contre courant de ce que je pouvais imaginer. Elle mettait à mal ma patience et mes idées toutes faites de la gente féminine, m’obligeant à ne pas préparer une façon d’agir mais de laisser faire l’instinct. Son regard noir avait hanté quelques unes de mes dernières nuits, sentant encore la lame froide de son arme blanche contre mon torse et ce rictus qui m’avait probablement rendu fou. Comment avait-elle fait pour devenir une telle obsession en si peu de temps ? Rien que l’imagination de sa peau contre la mienne m’offrait encore des frissons. Mais ce n’était pas tout. La majeure partie de mes cauchemars se concluaient par l’apparition de deux personnes. Je l’avais vu se dédouble et ça, je ne l’avais pas rêvé. J’étais resté sans mots, simplement la bouche ouverte et j’avais senti mon cœur s’emballer comme si la suite ne serait qu’enchantement. La cohérence de ses propos était frappante mais je ne voulais pas l’admettre et l’admettrais-je réellement un jour ? Je n’étais jamais fatigué, elle non plus à priori. Et le nous qu’elle avait accolé à ce terme que je ne connaissais pas pour un sou. Je venais de rencontrer la première Brotherhood, la première personne pouvant m’accorder les réponses dont j’avais besoin pour avancer, grandir. La lettre que m’avait laissé ma mère me devenait donc plus limpide, beaucoup plus claire et l’adrénaline et l’impatience se mêlaient pour me rendre encore un peu plus à cran au point où même lorsque j’étais réveillé, j’imaginais de nouveau croiser la silhouette si parfaite de cette chasseuse mystérieuse.

 Partir travailler alors que les autres ont finis leur journée pouvait être parfois affligeant. Je m'y étais habitué, et puis, j'aimais ce boulot, me permettant de rencontrer parfois des personnes que nous n’imaginions pas pouvoir vivre sur cette Terre. La seule chose qui m’empêchait encore de jeter un verre à la figure d’un de ces cas sociaux s’avérait être mon boss. C'était presque drôle de se dire qu'un chasseur puisse obéir au doigt et à l’œil à un buveur de sang. Si bien que j'avais du mal à concevoir de lui faire du mal, il faudrait que je me soucis d'un peu plus près de ce problème d'ailleurs, manquerait plus que je devienne mou et compatissant et j'étais foutu. Oui, parce que même si loin de moi cette idée de vouloir le tuer, je devais rester toujours sur mes gardes. J’arrivais enfin jusqu’à la boîte, rejoignant le vestiaire pour y déposer mes quelques affaires avant de rejoindre le bar où j’avais toujours été très à l’aise. Les gros lourds étaient déjà présents, à moitié ivres, surement ayant déjà plus d’un gramme dans le sang en ayant consommé avant l’ouverture histoire de ne pas trop dépenser une fois dedans ! Je m’attelais à servir les premiers clients lorsque je commençais à faire attention à la musique qui résonnait dans la pièce.

Y'a pas de saison pour que vive la musique, au fond pas de saison pour que vive le son. Quand le bonheur passe près de vous, il faut savoir en profiter quand pour soi, on a tous les atouts, on n'a pas le droit d'hésiter. Si ce soir j'ai pas envie de rentrer tout seul ? Si ce soir j'ai pas envie de rentrer chez moi? En un mouvement de tête, je chassais ces paroles qui hantaient ma tête et ne voulaient plus en sortir malgré tout les paquets de chewing-gum que je descendais depuis mon réveil. Le tout la bouche fermée bien entendu, j'avais horreur des "Marguerites" et tout autres bovidés qui ne fermaient pas la bouche pour mâcher.  Oui j'essayais d'arrêter la cigarette et non, les gommes ne fonctionnaient pas ! Ce n'était que des balivernes ! Enfin il n'y a pas de service après vente pour ça, il suffit juste d'arrêter de croire les idioties que tout le monde poste ! La vue de la piste  de danse pouvait m'offrir la vision de ce que l'on surnommait principalement des cas sociaux. Mec déchiré, vomis à tribord, et danseuse éméchée et trop peu vêtue... Certes elles étaient payées pour leur corps, mais à cette allure là et au prix que cela coûte, ils faisaient une marge sur le tissu acheté pour leur vêtement... Il n'y en a pas ! Un bout de ficelle... D'ailleurs la question me trottait régulièrement dans la tête : Comment les femmes pouvaient supporter d'avoir un fil tendu comme cela ? Déjà que j'étais bien pénible sur la qualité de mes caleçons... Alors imaginez moi en train d'essayer un string... Il faudrait vraiment que je sois arraché... Je devais avouer que je me perdais dans l'analyse de la classe sociale qui venait arpenter la piste... C'était assez disparate, et je me demandais même si quelques vampires ou lycanthropes ne trainaient pas par là... Enfin je m'étais promis de ne pas y prêter attention. Mais mon regard se posa sur une jeune brune que la pénombre de la pièce ambiante ne me permettait pas de distinguer. Je la surveillais du coin du regard, cette dernière se trouvant seule assise dans ces canapés forts confortables où certains ont goûté à la chaire pour leur première fois. Elle m’avait demandé de la retrouver, et le hasard une fois de plus avait bien fait les choses. Mais l’appréhension s’empara de ma propre personne et j’hésitais encore quelques instants avant de me saisir d’un plateau et de m’approcher d’elle, le pas déterminé à ne pas me faire marcher dessus. J’avais aussi l’avantage de l’avoir dos à moi et ne pouvant pas me voir arriver, je pourrais profiter pleinement de l’effet de surprise. Elle pouvait estimer avoir gagné la première manche, mais je ne lui laisserais pas si facilement celle qui allait se dérouler.

Étant arrivé enfin à ses côtés, ma main se posa sur son épaule et mes lèvres s’approchèrent de son oreille, la musique ne me permettant que ce contact qui me semblait bien différent du souvenir de nos touchers volés au détour d’un tronc d’arbre.

M’aurais donc tu suivi jusqu’à mon lieu de travail, souhaitant passer incognito en faisant passer ça pour du hasard ? Je pourrais te citer Voltaire, célèbre philosophe français qui a eu le cran de dire qu’Il n’y a point de hasard. Je pensais que c’était à moi de te retrouver et je vois que tu me faci…

Et je m’arrêtais net en sentant un liquide glacé arriver vers mon visage, sentant les glaçons se glissant entre mon torse et le col de mon haut, l’alcool brûlant mes yeux qui arrivaient tout de même à distinguer que le visage qui venait de pivoter n’était absolument pas celui que j’avais croisé cette nuit d’insomnie. La jeune femme qui se trouvait être en face de moi semblait exaspérée comme si ce n’était pas la première fois de la soirée qu’elle venait se faire importuner !

- Non mais vous avez quoi sérieux ? Cessez de penser avec…

- Je suis navré, ce n’est qu’un malentendu… Je vous offre la tournée du patron… Je reviens avec la même consommation étant donné que vous venez de me la renverser dessus.

Je ne cachais pas mon incompréhension, trouvant l’acte un peu trop radical mais je n’étais pas là pour m’amuser et pourtant, j’avais le temps d’un instant pensé que la vie me faciliterait cette recherche qui me semblait presque impossible, moi qui ne savait rien d’elle. Et c’est comme cela que je compris que je perdais la raison depuis que je l’avais croisé.


A chaque détour de ruelle, dans chaque magasin, à chaque soirée, je cherchais désespérément du regard la jeune femme, trouvant chez certaines autres demoiselles quelques similitudes. Un rictus, une façon de sourire, de remettre une mèche de cheveux, le croisement de bras, une démarche, chaque caractéristique pour qui je reportais mon attention se trouvait vite comparée à celle que j’avais pu détailler et retenir de ma rencontre hasardeuse. J’avais besoin d’une échappatoire pour reprendre contenance, me remettre sur le droit chemin et cesser de divaguer et de laisser mon esprit prendre le contrôle de ma personne. Il s’avérait qu’une fois de plus le sommeil ne voulait pas de moi et je décidais bien rapidement de me rendre dans ma salle de sport qui nous faisait le plaisir de rester ouverte H24. Le sac de boxe aurait raison de ma hargne et de ma frustration de ne pas avoir réussi à la trouver malgré tout. J’avais eu beau arpenter la ville de fond en comble, nous semblions n’être jamais au même endroit au même moment ! Puis je ne savais rien d’elle, si ce n’était qu’il soit possible que je la vois en double sans avoir même abusé d’alcool !

Je poussais la porte de la salle, glissant ma carte pour accéder aux vestiaires, tout en déposant mes affaires dans mon casier, décidant de rester simplement d’un short, persuadé de ne croiser personne à cette heure si tardive de la nuit. Commençant à me bander les mains, je descendais les escaliers quatre à quatre pour me rendre au gymnase souterrain où se trouvait être les différents sacs de frappes ainsi que le ring sur lequel je n’avais pas encore eu la chance de faire mes preuves. Je poussais d’un coup d’épaule la porte, ne faisant pas attention aux mouvements que je pouvais apercevoir par l’encart de cette dernière avant de m’arrêter subitement sur le seuil, me trouvant face à une scène que je n’avais pour le moins jamais imaginer. Je m’étais évertué à la chercher partout et il suffisait que je décide justement d’abandonner l’idée pour que nous nous retrouvions tous les deux au même endroit au même moment. Elle semblait si concentrée  sur ses mouvements que mon arrivée ne l’avait probablement pas perturbé. Un léger sourire mesquin vint se glisser sur mes lèvres et je décidais de m’approcher discrètement d’elle, me glissant derrière le sac où elle frappait avant de le bloquer dans mes bras, encaissant les coups qu’elle donnait dedans sans bouger. Mon visage se glissa sur le côté pour la regarder, avant d’apercevoir son poing se diriger dans ma direction ! D’un mouvement vif, j’évitais le coup avant de lui envoyer le sac de toutes mes forces dans sa direction, espérant ainsi pouvoir faire un strike !

Je vois que l’accueil n’est toujours pas ta spécialité ma parole !

Je contournais le sac qui se balançait entre elle et moi pour venir finalement lui faire face, finissant de bander mes poings, prêt à commencer la séance que j’avais eu le temps de préparer toute la journée. Enfin c’était avant qu’un petit imprévu ne vienne se glisser dans mes plans.

Je t’aurais bien fais une remarque sur ta façon de frapper vois-tu ? Tu ne mets pas tout ton poids de corps dans chacune de tes frappes, on dirait une fillette. Mais si jamais je venais à te dire cela, tu risquerais de vouloir me prouver le contraire en m’assenant un de ces coups pour me prouver qu’il ne faut pas sous-estimer une femme de ton envergure.. lançais-je dans un sourire tout en m’avançant d’un pas vers elle, pour approcher mon visage du sien, comme si en réalité c’était moi qui appréciait me faire secouer les puces par cette jeune femme dont je ne connaissais toujours pas le prénom ! Le sarcasme vint habiter le son de ma voix et je lui offris un clin d’œil ironique tout en me mordant légèrement la lèvre inférieure.

Oups… Je l’ai donc dis à voix haute…

Et je ne pus m’empêcher de rire aux éclats, bien conscient qu’une fois de plus ma soirée ne se passerait pas comme je l’aurais espéré… Mais forcément bien mieux étant donné que je venais de la retrouver !

Tu la joueras à la loyale, plutôt que de te dédoubler ! Supporter une toi est déjà suffisant vois tu !

Et c'était reparti, je sautais une fois de plus les deux pieds dans le plat ! Mais j'avais tant attendu ce moment que c'était plus fort de moi, j'étais hors de contrôle.


Dernière édition par Aleksander Dawson le Lun 29 Mai - 18:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Mer 24 Mai - 10:29

This is out of control.



Je mentirais si je disais que je n’avais pas pensé à lui, ce broterhood qui s’ignore et qui semble ignoré tellement de chose. Ce musclor que j’ai visiblement mal jugé qui sait utiliser cette langue étrangère qui me fait autant de bien, qu’autant de mal. Celui qui n’avait pas peur d’assumer sa force, même contre une femme, me rappelant mon père, cet homme fort et imbattable. Du moins, pas si imbattable que ça, finalement… Parfois, pendant mes nuits d’insomnies et profitant de la puissance de ma moto, je m’arrêtais devant ce que je savais être son lieu de travail, mais la fierté est quelque chose de trop fort que je ne veux pas combattre. Il m’était impossible de comprendre comment il pouvait obéir à un vampire, dans un repère où le sang coule autant à flot que l’alcool. Peut-être, après tout, servait-il de garant à la vie humaine. Peut-être qu’avec lui, la vie des autres n’était plus si en danger que ça. Jamais je n’aurais su rentrer à nouveau dans cet endroit sachant que le propriétaire était cet homme qui m’avait profondément blessée. Plus qu’un coup au cœur, j’avais eu cette impression qu’il l’avait sorti pour le briser dans sa main d’acier, comme si je n’étais, au final, qu’un vulgaire paillasson.
Tout s’était accéléré et mon esprit semblait se perdre pour ne plus trouver un fil conducteur. Les journées étaient longues dans mon bureau, consciente que les mots que je lisais ne me touché plus autant qu’avant. Ma fierté avait été mise à mal de trop nombreuses fois depuis mon arrivée ici. Raphaël, cet homme qui d’un mot avait réussi à briser mes barrières de protection que j’avais mis six années à construire. Xander, ce chasseur tout bonnement humain qui avait réussi à me prendre en traitre, me blessant, m’humiliant, me montrant plus faible que je ne l’étais. N’étais-je pas plus forte que lui ? N’étais-je pas sensé être supérieur à celui qui n’avait aucun pouvoir, aucun don particulier, aucune capacité surdéveloppé ? Et Shayne…Le revoir ici, vivant…Et ses yeux…Ses paroles… Me remettant de plein fouet face à mes erreurs du passé. J’avais regretté le quitter, j’en avais souffert et d’une certaine manière, j’en souffrais encore, mais quand on fait un choix, on s’y tient, non ?
Concernant la chasseuse plus que la femme, je me remémorais chacune des paroles que mon père m’avait dites, voulant trouver un semblant de solution, un semblant de possibilité pour s’en sortir sans se refermer d’avantage. Le pouvais-je simplement ? J’avais conscience de chacune de mes erreurs de jugement, de mes choix hasardeux, de mes fautes, jamais je n’oublierais et ça n’allait pas être aujourd’hui que je changerais, pourtant, n’avais-je pas déjà changé ? Laissant ce Raphaël en vie, faisant une espèce d’équipe, pour une nuit avec ce lycan, laissant Xander s’en sortir…Non, Xander, j’aurais ma vengeance, je me vengerais avec mes pleines capacités pour comprendre que non, on ne m’insulte pas de vampire, que l’on ne m’attache pas, que l’on ne me frappe pas sans qu’il n’y est pas de revanche derrière.
Je me sentais bafouée dans ma fierté, comme si ce que j’avais pensé toute ma vie n’avait été qu’une belle erreur. Je n’étais pas une erreur, ni mon attitude, ni mes choix, ni mes paroles. Personne ne peut comprendre la douleur de se retrouver seule, du jour au lendemain, perdant chaque repère. Il y a t-il seulement un espoir pour les gens comme moi ?
Mes nuits ne s’apaisaient pas et chaque fois que je fermais les yeux, je voyais fondre le poing fermé de Xander sur moi, je le voyais versé ce thé brulant sur la plaie de mon dos jusqu’à en hurler. Et si ça n’était pas ce chasseur, c’était ce lycan, mon lycan qui venait hanter mes pensées, me ramenant à la triste réalité : Je fuis.  N’étais-je donc bonne qu’à ça ? Fuir, regarder les gens de haut, ne pas les considérer comme des humains, comme des personnes, des être-vivants ?
A peine sortie de mon bureau, après que la soirée ne fut bien entamée, j’enfournais ma moto pour me rendre à la salle de sport, voulant évacuer chaque émotion que je pouvais ressentir. Avez-vous déjà fait de la moto, une paire d’escarpins aux pieds ? Non ? Et bien, c’est différent… Evidemment, je ne pouvais pas la conduire avec mes fameuses jupes fourreaux, autant privilégier les tailleurs pantalon, tout aussi seyant pour travailler.
J’arrivais bien rapidement dans la salle où je commençais par, évidemment me changer, avant de me mettre en jambe par une bonne séance de cardio. Je montais les niveaux, du tapis de course, aussi haut que je le désirais, me moquant de prouver aux pauvres âmes perdues qui étaient ici que je courrais bien plus vite que la moyenne, que je n’étais que peu essoufflées. Et mon cœur s’accéléra, mon esprit perdu dans la musique, jusqu’à ce que je trouve enfin ce que je recherchais : Le néant.  Une coupure entre mon corps et mon esprit, pour puiser dans cette énergie qui était mienne, voulant me dépasser, me surpasser, me défouler.
Après une bonne demi-heure de ce qui pouvait se comparer à du lâcher prise, je descendais dans la salle réserver, généralement aux hommes. Bien évidemment, il n’y a que les hommes qui aiment les sports de combats, qui aiment frapper dans un sac pour se défouler sur quelque chose plutôt que quelqu’un. Armée de mes gants, les premiers coups furent forts et précis avant qu’ils ne se laissent en petit coup, plus rapide. Je voulais m’épuiser et non pas vider ma force. Je voulais me vider l’esprit, la tête.
Je pris l’un des sacs les plus éloignés, voulant me retrouver le plus loin possible de l’entrée et les coups se mirent à pleuvoir et chaque coup étaient une complainte que mes mots et mes larmes refusaient de laisser allez, seule ma force parler pour moi. Mon père, cette mort qui m’était devenu trop récurrente à penser depuis mon arrivée ici, et le soutient que j’avais tenté d’apporter à ma mère pendant sa maladie retrouvant le malaise du cancer dans les yeux de cette gamine et la douleur que j’avais ressenti dans mon échine à cause de ce chasseur que je comptais bien retrouver et l’immense explosion que mes yeux avaient croisés ceux de Shayne.
Je sentis mes larmes perlaient mes yeux et cette rage de me montrer à nouveau faible, même si ça n’était qu’à moi, ne fit que décupler la force que je mettais dans mes coups, frappant le sac comme un exutoire, comme un cri que je n’arrivais pas à sortir, comme une douleur que je ne voulais pas affronter. Un robot…Les mots de Raphaël peuplaient ma tête plus que les autres, lui qui ne me connaissait pas, mais qui avait tapé plus juste que n’importe qui. J’aurais préféré gardé cette réputation d’arrogante, de haineuse que de simple fille qui souffre et qui n’affronte pas la réalité.
Mes doigts fourmillaient de toute cette contraction, n’était pas décidé à m’arrêter tant que je ne sentirais pas une douleur, quelconque, physique. Pourtant, lui, il en avait décidé autrement. Le sac se mit à ne plus bouger, m’octroyant de meilleur impact et énerver d’être ainsi dérangé, un coup se porta plus fort que les autres avant qu’une tête ne passe sur le côté, m’arrachant un petit rictus étonné. Un dernier coup vint se diriger vers lui, lui faisant comprendre que je n’étais clairement pas d’humeur ce soir à le supporter.
Il l’évita, comme je me doutais, consciente que son don, à lui, lui permettrait de l’éviter. Par contre, je n’avais pas imaginé qu’il y aurait un retour du bâton, du moins, du sac. Celui-ci vint me percuter de plein fouet me rappelant la force des broterhood par la même occasion.  Je le bloquais du mieux que je pu, surprise, me faisant reculer de quelques pas en grimaçant. Il se moquait bien de la galanterie, du fait que je sois une femme, pour lui, j’étais une adversaire et en moi, je pouvais sentir deux pensées bien distinctes. L’une, heureuse de voir que je ne reste qu’un soldat aux yeux des autres, l’autre, simplement de vouloir être traitée en femme, loin de la casquette de Broterhood que j’avais jour après jour, marqué au fer rouge sur ma peau.
Je me redressais, ne lui répondant pas à ce premier pique qui avait fusé. A quoi bon ? J’avais des spécialités, mais certainement pas celle-là, je le savais et chaque personne qui pouvait m’avoir connu, devrait être d’accord avec lui.
Je relevais mon regard vers lui, moi qui commençait à être presque fatiguée, surtout mentalement que physiquement. Je pris une profonde inspiration, pour ne pas tenter de céder à la tentation de lui faire ravaler ses paroles, surtout que finalement, ça n’était que le juste retour des choses, non ? Mais de là à me faire traiter de fillette… N’avait-il pas saisi ce que je faisais ? M’étais-je tromper sur lui en lui accordant le simple fait qu’il n’était pas juste un Musclor ? Je ravalais mes larmes, rapidement, ne voulant pas me montrer dans cet état là, avant de croiser les bras sous ma poitrine. Son visage s’approcha, ce qui me déclencha une légère grimace. Je lui avais promis des réponses et lui, se permettait de mettre en colère l’une des seuls qui pourrait les lui donner ? Et pourtant, la proximité avec son visage était plus dérangeante que ce que je ne voulais l’admettre.
Il se mit à rire, humiliant par la même occasion qui j’étais. Non, je n’avais pas été jusque là, je l’avais pas conseillé, pas rabaissé.  Je fronçais les sourcils, quand il me parla de jouer à la loyale, avant de faire apparaitre l’autre Abby derrière lui. Celle-ci lui tapota l’épaule et quand il tourna son regard j’en profitais pour lui asséner un coup avec toute la force, toute la rage, toute la peine, tout le désarroi qui m’habitait ce soir, en plein abdomen.
- Tu vois, Musclor, pour toi il n’y a que la force qui compte. Ca n’était pas ce que j’étais venu chercher ce soir. Je doute que ton cerveau puisse irriguer la chose, après tout.
Je me retournais le laissant supporter mon coup, un sourire satisfait sur les lèvres, avant de me diriger vers le ring et d’y sauter dessus avec la grâce qui m’habitait. Féline.
- Tu me déçois. Je voulais voir à quel point tu voulais tes réponses, savoir qui tu étais, mais tu ne m’as pas retrouvé. Le hasard ici nous a poussé tous deux. C’est tout.
Je pris appuie sur les cordes, le toisant avec un dégout bien appuyé. Pourtant, il ne me dégoutait pas, pas lui qui se montrait à la hauteur de mes espérances, dans cette répartie, ce jeu, cette force, l’effet-miroir qu’il me renvoyait.
- Viens ici que je te montre ce que fait une femme de mon envergure avant de ne plus jamais entendre parler de toi.
Le ton était donné. C’était lui qui paierait pour les autres, qui paierait pour moi, qui supporterais ce que je n’osais jamais dire, par habitude. Je ne m’étais pas posé la question de savoir si je voulais où non le revoir, ma vie avait été pas mal bouleversée et je ne me sentais pas capable d’accepter quelqu’un comme lui dans ma vie et pourtant, je devais admettre que malgré tout, il y avait quelque chose chez lui que j’aimais bien. Deux petites rencontres et même si celle-ci ne faisait que commencer, quelque chose semblait différent chez lui, cet instinct de savoir ce qu’il cachait. Après tout, pourquoi savait-il ce qu’il était sans le savoir réellement ? Rien que cette question me donnait envie d’en savoir plus sur lui.






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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Lun 29 Mai - 18:43








Parfois, l’impression de manque ne se trouvait pas forcément là où nous l’attendions. Cette sensation ancrée au fond de vous, qui vous prend les tripes, vos pensées et vos maux. Celle qui amplifie chacune de vos sautes d’humeur et qui pourtant vous ne pouvait pas contrôler. Celle qui apparait sans même que vous ne sachiez réellement ce qui se passe. Un regard. Voilà ce qui avait suffit à cette jeune femme dont je ne connaissais même pas le nom pour me rendre curieux, pour faire naître en moi cette sensation de vide. La plénitude n’était pas quelque chose que je connaissais pourtant ! J’avais toujours vécu avec le manque de ma mère. Ce manque de tendresse, d’amour et de bienveillance. Je m’étais forgé dans un climat familial propice au dérapage et pourtant j’estimais pouvoir me regarder chaque matin dans mon miroir sans faillir. Mais quelque chose manquait à mon âme maintenant que ma route avait croisé la sienne. Et voilà qu’une fois de plus le hasard nous mettait sur le chemin l’un de l’autre. Deux possibilités s’offraient à moi. Celle de la curiosité. Elle disposait avec elle, la clé de chacune de mes questions pouvant me permettre de me remettre sur une voie moins floue, moins hésitante. Elle pouvait me permettre de me connaître enfin, moi qui n’avais jamais réellement compris le monde auquel j’appartenais. Je me pensais un adolescent des plus banals, un homme assez réservé et pourtant tellement caricaturé. Jamais je n’osais imaginer que quelque chose de plus grand pouvait sommeiller en moi. D’abord ma mère, puis cette jeune femme. On dit bien qu’une fois c’est un hasard, deux fois, une coïncidence mais trois fois un complot ! Je me contenterais de la coïncidence pour ce soir, ne cherchant aucunement à rentrer dans des réflexions qui risquaient de me pousser bien trop loin pour profiter de la présence de la jeune femme. N’était-ce pas ce que je cherchais réellement depuis quatorze jours ?

Je savais que mon visage permettait de lire en moi comme dans un livre ouvert, très faible dans la pratique du masquage de sentiment. Je savais que j’étais en train de prendre la pente descendante, certainement en rendant un peu plus bouillonnant la jeune femme qui était venue chercher ici autre chose bien plus profond qu’une simple trace de sueur perlant sur son front. Non ses poings parlaient à sa place. Sa rage était palpable, me laissant déglutir, quelque peu soucieux de savoir ce qui lui était arrivée. Moi qui pensais que notre dernière rencontre était déjà un maximum de l’arrogance et de la hargne, je me trompais sur toute la ligne. Etait-ce cela qu’on appelait l’intériorisation. Accumuler, garder pour soi, faire comme si de rien n’était, puis craquer lorsque notre corps mais surtout notre cœur nous fait comprendre que c’est trop ? Monter en pression, ne pas flancher jour et nuit jusqu’à ce que notre cerveau nous empêche de penser, nous obligeant à lâcher prise ? C’était donc cela qui venait la pousser à extérioriser contre un sac, et moi qui venait de mettre les deux pieds dans le plat ? Tant pis, je ne comptais pas prendre des pincettes avec elle, sachant qu’elle ne se privait pas de le faire avec moi. A quoi bon lui faire des cadeaux ? Ah, parce que c’était une femme ? Et l’égalité homme-femme, vous la désirez ? Elle commence par là. Ici, elle n’était qu’une comparse, une femme mystérieuse et je voulais savoir jusqu’où ce petit jeu pouvait nous pousser ! En une fraction de seconde, la scène parut se dérouler bien avant que cela ne se produise, j’aperçus un coup partir et me décalant avant l’impact, je compris que ce fameux don de vision simultanée venait probablement de sauver mon joli faciès. Quelle façon d’accueillir un individu venant vous saluer. La politesse était toujours manquante à ses actes, et cela commençait à m’horripiler un peu plus. MOI qui m’étais démené pour la retrouver… Voilà comment on m’accueillait. Enfin, la voir rattraper ce sac sur lequel je ne m’étais pas retenu m’arracha un soupir de surprise, conscient que ce n’était pas une femme quelconque. Je vous avais dis que cela lui donnait un côté charmant ? Non ? Ben je vous le dit.

J’admirais le corps de cette dernière se redressant, me mordant la lèvre inférieure avant de secouer la tête pour chasser toutes idées n’ayant pas leurs places actuellement, tout en plongeant mon regard dans le sien. Elle m’avait l’air exténuée, à deux doigts de craquer. N’était-ce pas ce qu’elle était venue chercher ? Je lui offrirais ce laisser-aller sur un plateau d’argent s’il le fallait. Je trouvais toujours cela dommage de repartir sans avoir pu toucher du doigt l’objectif que nous nous étions fixés. Et pourtant, je ne pouvais cesser de m’interroger, voir même de… m’inquiéter ?!?! C’est pas vrai… voilà qu’en plus d’attirer ma curiosité, elle venait de réveiller ce côté protecteur que je pensais enterrer depuis le décès de ma mère… C’était rageant de voir que tout ce que nous nous efforcions de bâtir, d’entretenir, partait en fumée. Ce n’était que de la paille, s’enflammant sous son regard de braise. Puis ce geste qui lui était propre. La voir croiser les bras m’arracha un léger sourire taquin tandis que je me mis à écarter les miens, lui offrant un clin d’œil tout en tapotant du pied. C’est bien Alek, poursuit comme cela, tu finiras eunuque avant l’heure ! Je décidais donc de laisser tomber les réponses que j’étais venu chercher, préférant me consacrer entièrement à elle… Et à priori elle me le rendait bien !

Avant même que je ne puisse voir quelque chose, que je ne puisse sentir ou me douter d’une quelconque initiative de sa part, je sentis une main tapotant mon épaule tandis que la jeune femme qui se trouvait face à moi n’avait pas bougé. Je la fixais, déglutissant avant de pivoter vers sa seconde personne que je savais pertinemment ici pour autre chose que pour me prendre dans ses bras. Ca en devenait presque énervant de voir qu’elle jouait de son don tandis que le mien restait… non maîtrisé et presque inutile face à deux femmes de sa taille ! J’offris un léger sourire à la seconde demoiselle, tandis qu’un coup vint rencontrer mon estomac, m’arrachant une grimace ainsi qu’un cri de douleur que je n’avais pas réussi à retenir, m’obligeant à me plier en deux sous l’impact, tentant de rester debout sur mes jambes flageolantes, yeux fermés, recroquevillés sur moi. J’avais eu l’habitude de prendre des coups, petits, et même adulte… Mais mon abdomen restait quelque chose de fragile, pour lequel je ne supportais aucun contact de ce genre. Mon regard se rouvrit, assombri par la colère et la haine tandis que mes mains tremblaient tout contre mon torse, tentant de reprendre le dessus sur la douleur tandis que ma vision se brouillait.

La nuit venait de tomber et Aleksander était comme un hystérique ce soir. Il n'arrivait pas à rester en place et Louise le suivait à la trace, tentant de protéger son fils adoptif. En temps qu’enfant obtus, Aleksander avait décrété que c'était la nuit parfaite pour tester son nouveau télescope et d'admirer la lune et les étoiles avec sa mère, cachaient sous une couette pour éviter de se faire remarquer par les « extraterrestres ». "Tu vois Petit Monstre, ici c'est la Grande Ours. Puis là tu as la Petite Ours, c'est un peu comme toi et moi tu vois ?" lui demanda sa mère avant de tourner l'oculaire vers le jeune homme qui imitait les moindres faits et gestes de sa mère. Louise  admirait cet être qui lui paraissait si fragile et si chétif, lui qui n’avait pas connu une vie trop facile. Du haut de ses sept années, Aleksander tirait la langue en cherchant à retrouver les constellations pour ne pas décevoir sa mère. "Je vois rien maman… ah si mais c'est normal que Papa soit devant ?" demanda le jeune homme en pivotant vers sa mère l’objectif. Aleksander n'eut pas le temps de réagir que la voix de son paternel s'élevait dans le salon et se rapprochait de la chambre du fils. "Allonge toi Petit Monstre, et dors, je m'occupe de tout..." somma la mère avant de pousser légèrement son fils contre elle, tremblante de peur et d'attendre que son mari – saoul – ne daigne  ouvrir la porte. Elle caressait délicatement les cheveux blond de son fils, reprenant en main l'objectif. "VOUS VOUS LIEZ CONTRE MOI C’EST CA ? VOUS ALLEZ VOIR CE QUE VOUS RISQUEZ ! » demanda Gary avant qu'il ne se fasse interrompre par sa femme qui lui montrait le corps de leur fils assoupi contre elle.  "Gary… N’hurle pas, le petit dort… Je suis désolée mais je voulais montrer à Aleksander, il s'est endormi ici... C'est de ma faute pardon." s'excusa Louise en baissant les yeux devant l'autorité de son mari. Elle savait que la sanction allait être sévère, son homme étant militaire, mais elle ne voulait pas que son fils soit lui aussi la cible des crises de violence de son mari. Elle tendit le télescope à son mari, qui lui arracha des mains en grognant légèrement avant de reprendre la direction de la sortie. "Nous réglerons cela demain avant que je ne partes... En attendant fais moi à manger, et ne le réveilles pas, je ne veux pas l’entendre, j’ai passé une journée pourrie ! PLUS VITE ! »  lâcha-t-il avant de fermer la porte sèchement. Louise soupira de soulagement, ayant imaginé rapidement le pire. La jeune femme s'installa délicatement aux côtés de son fils, glissant un bras sur lui avant de fermer ses yeux quelques instants, versant quelques larmes silencieuses. "Tu pleures maman ? Pourquoi tu pleures ? » chuchota Aleks à moitié endormie à direction de sa mère. "Ne t'inquiètes pas chéri, je serais toujours là... Il ne t’arrivera rien, je te le promets" le rassura-t-elle avant que les portes ne se rouvrent à la volée, Gary se jetant à corps perdu sur sa femme, ses mains venant se posaient sur sa gorge tandis que son poing venait frapper à maintes reprises sans perdre de force le visage quasi tuméfié de la jeune femme. Aleks se redressa tentant de s’interposer entre son père et sa mère mais il ne rencontra que la force du bras de son paternel, le propulsant contre le mur opposé avant de venir s’approcher du corps recroquevillé du petit garçon, s’acharnant à coup de pied dans ses côtes, hurlant à l’outrage. «  JE VOUS AVAIS DIT QUE VOUS LE PAIEREZ ! NE RECOMMENCEZ PLUS !! TU AS COMPRIS ALEKSANDER ? » Chaque mot était accompagné d’un coup, le jeune homme ayant la respiration quasi coupée, ses mains protégeant son visage comme sa mère lui avait appris. Il comptait les coups espérant que ceux-ci se terminent sans trop tarder. Mais comme bien souvent, il perdait connaissance avant même que le dernier coup ne lui soit prodigué.

Ma respiration se voulait plus forte, tandis que mon regard tentait de se reposer sur le corps mouvant de la jeune femme. Moi qui pensait que ces vieilles terreurs nocturnes avaient disparus depuis que mon doigt avait appuyé sur la gâchette, je m’étais une fois de plus planté. Je m’appuyais contre le mur, me redressant petit à petit tout en grimaçant sous les douleurs réveillées, ma mâchoire se serrant avant de me mordre l’intérieur des joues pour ne pas répondre avec arrogance ou même véhémence.

Mon cerveau, tout comme mon corps, peut irriguer pas mal de chose vois-tu… Je réussis à te supporter, n’est ce pas déjà une première réponse ?

Je fermais les yeux, en profitant pour m’étirer et faire craquer chacune de mes articulations, soulevant mon t-shirt pour apercevoir l’impact que cela avait eu sur mes tendres et chères côtes. Je ne cachais absolument pas les différentes cicatrices que j’arborais suite à une chute malencontreuse d’un rocher ou d’une cigarette écrasée sur mes bras, soupirant en sentant un hématome se formait sur le côté. J’étais devenu fragile et j’avais eu beau me muscler à outrance, cela n’enlevait pas pour autant cette mémoire des coups que mon corps avait assimilé. Je sautillais sur place, m’approchant du ring où se trouvait la jeune femme. Comme cela, je la décevais ? Réellement ? Elle s’attendait à quoi sérieusement ? Que je lui cours après, un papier à la main, pour obtenir chacune de mes réponses ? Je les aurais, quoi qu’il advienne… Mais pour l’instant, j’avais un autre souci à régler… Je glissais mes bras entre les deuxièmes et troisièmes cordes, m’accoudant pour glisser mon visage dans sa direction, tout sourire potentiel ayant disparu.

Mes réponses ? Tu penses donc que je ne voudrais te revoir que pour l’utilité que je pourrais faire de tes connaissances ? Tu as donc une piètre image de ta propre personne, cela me désole… Moi qui te croyait différente… Si tu es déçue, imagine donc ma réaction… tu n’es pas une femme en réalité… Tu es une espèce de… robot… Oui, un robot avec deux bras et deux jambes. Cesse donc de penser… Tu sais tout aussi bien que moi que tu me donneras mes réponses, même si c’est au prix de mes poings…

Et comme pour signer un accord dans cette partie que nous décidions de lancer communément, je décidais de sauter par-dessus les cordes agilement, retombant à ses côtés sans trembler, prêt à en découdre. Je la toisais d’un regard, ma machoire se serrant avant même de venir frôler son épaule pour rejoindre l’autre côté du ring, avec cette envie de ne pas lui laisser le moindre cadeau, la moindre chance.

Tu veux jouer ? Tu n’as pas le niveau… Tu n’auras pas les mêmes cadeaux… Tu n’auras pas la même chance… Tu n’aurais pas du… Un point égale une réponse. Quitte ou double.

Je ne lui laissais même pas le temps d’accepter les règles que je me décidais de me lancer sur elle, m’arrêtant une fraction de seconde, visionnant son prochain déplacement, un sourire narquois sur les lèvres pendant que je me retournais, lui offrant un coup de pied renversé en plein dans le visage, la rabattant sur le sol sans tendresse. Le bruit de sa tête cognant le sol du ring m’arracha une grimace mais ce n’était que le simple retour de ce coup mal placé. Je m’approchais d’elle, m’agenouillant à ses côtés, un léger sourire vainqueur sans vouloir trop crâner tandis que je lui tendis ma main.

Ton nom. On commence en douceur… Ta tête s’habituera à prendre des coups, crois moi je parle en connaissance de cause…

Et d’un mouvement rapide, je la relevais, me reculant par la même occasion pour reprendre ma place initiale, bien conscient que je venais de donner le rythme de ce combat, à mes risques et périls. Et pourtant, je ne voulais pas qu’elle se retienne… Je voulais la voir lacher prise, savoir si ce si beau robot savait craquer.

Alors, ça t’as ramolli ? Ou tu pensais réellement que j’allais te faire cadeau de ces coups mal placés alors que tu ne t’en es pas privée ? Bats toi bon sang !! TOI ! Pas cette autre. Tu caches quelque chose et crois moi, ce soir, ce n’est pas mes réponses que je suis venu chercher… Mais c’est bel et bien les tiennes que je récupérerais…

Et une fois de plus, je repartais à la charge, décidant de garder ma garde face à mon visage, prêt à la faire reculer dans les cordes pour pouvoir la travailler au corps…
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MessageSujet: Re: This is out of control - Abigaëlle -    Ven 16 Juin - 11:51

This is out of control.



La soirée était parfaite pour que je ne ressente aucun remord quand son cri vient sonner à mes oreilles, qu’il se tordit de douleur face à moi, aucun remord, non. Aucun regret. Il l’avait cherché après tout, cet Aleksander. Cet homme qui avait tout l’air d’un écervelé et qui pourtant, parlait un français presque parfait. Quand son regard croisa le mien, un frisson parcourut mon échine. Il était l’exemple même de mes relations sociales. Frapper et faire reculer les autres, de peur que l’on ne me touche, que l’on voit ce que je pouvais garder au fond de moi. Avait-il une quelconque rancœur envers moi de l’avoir laissé à ses questions sans réponses la dernière fois ? Pourquoi avais-je eu besoin de l’obliger à me chercher ? A me trouver ? Pourquoi n’étais-je pas plus comme ma mère ? Elle avait toujours été bonne envers les autres, ce qui m’avait sans cesse étonné sachant qu’elle était une chasseuse redoutable. Elle pouvait être impitoyable, celle qui pouvait lire en nous d’un simple regard, connaissant les mensonges que nous cachions en nous. J’avais très vite compris que mentir à ma mère ne servait à rien, si ce n’est à être de corvée quelconque dans la maison. Corvée que je m’amusais à effectuer plus rapidement que la moyenne, en étant…deux. Elle semblait agacée par ma maitrise de ce petit quelque chose en plus que j’avais et pourtant, dans la maison, c’était drôle avantageux d’avoir une fille qui pouvait se dédoubler.

J’étais plus comme mon père, cet être froid et dure et qui pourtant, caché un cœur énorme. J’avais su combien il était difficile pour mon père de m’octroyer un entrainement plus fort que celui qu’il aurait fait pour un fils, mais il avait été clair, je ne serais pas une princesse, je ne donnerais pas l’impression aux gens comme Aleksander, ceux qui se sentent supérieur de part leur asticot entre les jambes, je serais l’égal si pas la meilleure, la supérieur à tous. Cet acharnement à m’élever comme un homme, comme un….robot. Mon père m’avait fait clairement comprendre que montrer ses émotions étaient une bêtise et pourtant, je le voyais amoureux et heureux avec ma mère, comme je pouvais l’être avec Shayne. Il m’avait surtout appris à être plus naturelle quand c’était la femme et non la chasseuse qui montrait le bout de son nez. Entrainement que j’avais oublié en le voyant mort, que j’avais détruis quand ma mère m’obligea à l’aider à partir.

Je reposais bien vite mon attention sur Aleksander ne voulant pas lui montrer la faiblesse de mon âme, qu’il devait pourtant avoir déjà vu dans mes yeux rougis par des larmes qui refusaient de couler.

- Je ne t’ai pas demandé de me parler, si tu me supportes c’est que tu es assez stupide pour venir toi-même.

J’étais directe, ne prenant pas la peine de réfléchir. Je n’avais aucune idée de ce qui découlerait de cette soirée, mais il était évident que l’un des deux, si pas les deux, se trouverait dans un état pitoyable. J’avais cette rage en moi que je voulais faire taire et lui, il attisait les flammes, sans se douter que le feu s’embraserait bien vite. Pourquoi venait-il se plaindre de moi, n’était-ce pas lui qui était venu établir un contact, ce soir ?
Mon regard se posa sur son corps et ça n’était pas sa musculature qui m’intéressait, non, c’était les cicatrices que je pouvais voir. Aussi, même curieuse, je détournais le regard, comprenant que c’était son passé qui se lisait sur son corps et que je n’avais aucune raison valable de le blesser en lui posant des questions. N’est-ce pas là signe de compassion ? Peut-être aurais-je dû apprendre beaucoup plus de ma mère, finalement.

Je le regardais faire, chacun à une extrémité du ring et pourtant, si proche. Son visage ne montrait aucune expression, le mien le lui rendait bien. Je tapotais du pied en prenant de profonde respiration. Il allait me faire attendre, en plus de ça ? J’approchais un peu, pour me rendre au centre du ring, pour lui faire comprendre que je l’attendais, quand sa voix brisa le silence et la suite, étant un mélange d’étonnement et…de fracasssage de barrière mentale, une fois encore.

Il n’y avait aucune autre raison pour qu’il veuille me revoir, c’était tout bonnement impossible. Il ne voulait de moi que des réponses, alors pourquoi me dire le contraire ? Il me pensait différente ? Mon visage trahissait la surprise, ne comprenant pas son raisonnement. Pourquoi l’avais-je déçu ? C’était tout bonnement un tissu d’âneries. Pas une femme…Un…Robot…Mon souffle se coupa sous ce coup verbal d’une violence inouïe. Deux fois en si peu de temps...Mes bras se décroisèrent, retombant le long de mon corps alors que mes yeux se voilaient. Ce simple petit mot me ramenait à ma rencontre avec Raphael et mon regard bifurqua sur ma main ou la cicatrice de mon couteau faisait preuve que rien n’était un rêve.

Etait-ce vraiment ce que l’on pensait de moi ? Que je n’étais qu’un robot, dépourvu de rien d’autres ? Je me moquais bien qu’il vienne sur le ring, son touché léger sur mon épaule, ne me fit rien perdu dans les pensées d’une rencontre antérieure. Pour Aleksander, j’étais donc dépourvu d’émotion ? Tel un vampire qui choisi la facilité ? Et pour Raphael, son patron finalement, j’étais un chasseur, un soldant sans conscience, qui n’obéissait que sans réfléchir. Dépourvu d’âme. L’air commençait à me manquer, la rage coulait dans mes veines alors que les larmes venaient perler mes yeux, à nouveau. Je secouais la tête légèrement quand la voix du deuxième Brotherhood se fit entendre à nouveau.

Pour lui je n’avais pas le niveau ? Mes mains se serrèrent et je tournais le regard vers lui.

- Je me moque bien de tes règles. La seule chose que tu auras c’est la mo…

Je n’eus finalement pas le temps de réagir quand je sentis la force de son corps dans ce pied qui me propulsa au sol, la violence du coup réveilla la douleur de ma tête et de mon dos, ce que je devais à Xander. Je restais sans bouger, grimaçant alors que mon cerveau me donnait l’impression de se noyer dans le liquide cérébral d’un cerveau en miette. Mes yeux se brouillèrent, une fois de plus et malgré la tentative de cacher mes douleurs, une grimace perla mes lèvres.

Je pris sa main, consciente que si je me relevais seule, je montrerais mes faiblesses. Je lui tournais dos, venant prendre appuie sur le coin du ring alors que ma tête me faisait atrocement mal. Ce coup, presque semblable à douleur quand Xander m’avait éclaté la tête par terre jusqu’à après que ma tête eut déjà rencontré le sol quand son poing m’avait fait perdre l’équilibre. Je me penchais un peu en avant, main sur la tête, les yeux fermés. Je me moquais totalement de ce qu’il pouvait voir ce qu’il pouvait penser.

- En douceur ?... Nous n’avons pas la même vision des choses… Tu n’auras rien de moi.

Je relevais la tête quand je sentis quelques choses couler dans mon dos et je serrais les dents avant de retirer mon maillot, restant en brassière de sport. Ma main glissa dans mon dos, à l’endroit même où la blessure de Xander trônait et qui était au regard d’Aleksander, sans aucune pudeur. C’était une blessure qui n’arrivait pas à guérir, peut-être parce que j’avais quelques mal à la désinfecter et que la brulure qui l’entourait la rendait instable. Cet abruti d’humain avait agrandit la blessure, m’obligeant à penser à lui à chacun de mes mouvements. Si la flèche avait entaillé ma peau, que je savais qu’il avait ouverte un peu plus la plaie, c’était la douleur de la brulure qui la rendait presque insupportable. Elle qui s’était finalement arrêter de couler à chacun de mes mouvements, s’était finalement rouverte et mes doigts ensanglantés, me le prouvait.

- Tu vas me le payer, Musclor.

Je me retournais, face à lui, le visage grave et les yeux sombres d’une rage incommensurable. Un rictus mauvais perlait mes lèvres et je fis craquer mon cou, avant d’attacher mes cheveux de manière à ce qu’ils ne touchent pas la plaie.

- Parce que tu crois que je n’ai pas connu les coups ? Tu crois que ce que je sais faire, je ne l’ai obtenu qu’en regardant ? Ca fait plus de vingt ans que je m’entraine et toi, petit con, tu vas payer pour ça.

J’écarquillais les yeux, car malgré la colère, ses mots me touchaient plus que je ne voulais l’admettre. Il voulait que je me batte, mais il avait l’air sincère en me disant que c’était plus pour moi que pour lui. Ce que je refusais de comprendre, je ne voulais pas accepter que quelqu’un pouvait s’intéresser à moi, moi qui ne m’intéressais à personne, pas même ma personne. Je faisais mes travails en me détachant le plus possible de tout et lui, savoir que son seul but était de faire ce que je refusais de faire depuis six ans, me rendit presque hystérique.

- TU N’AURAS RIEN DE MOI !

Je sentais le liquide rougeâtre coulait dans le bas de mon dos, avec lenteur, aussi lentement que la pression en moi montait. J’avais crié, presque hurlé, sans me retenir, alors que mes mains s’étaient mises à trembler. Je poussais quelques choses qui ressemblait à un grognement avant que la deuxième Abby ne vienne se mettre derrière lui, le poussant violemment en avant, tandis que moi, je m’étais rapproché rapidement de lui, commençant à lui octroyer des salves de coups de poings dans son ventre. Etonnamment, le frapper de cette manière me fit connaitre une double émotion, un soulagement et du remord. Je le poussais dans les cordes, n’arrêtant aucunement mes gestes, donnant toute la force et la rapidité que j’avais encore en moi, consciente que si lui était frais, moi, j’avais déjà donnée dans cette salle. Finalement, mon poing vint lui loger un uppercut avant que je ne me recule, presque épuisée. J’avais comme la vague impression qu’il m’avait presque laissée faire. Je pouvais me tromper, peut-être avait-il était surpris et j’avais pu profiter pour prendre le dessus, pourtant, ma tête me fit atrocement mal et c’était ça qui m’avait fait cesser. Une fois dans les cordes, à l’autre bout du ring, je grimaçais quand la corde frôla ma blessure du dos et je me laissais tomber à genoux. Je n’étais pas réellement épuisée, mais la douleur lancinante que je ressentais me forçait à mettre genoux à terre.

- Cinq… minute…

Je lui demandais du repos et je savais qu’il ne me devait rien, surtout pas après chaque coup bas que je lui donnais, aidée de mon dos de BrotherHood. Je fermais les yeux avant d’amener une fois de plus ma main à ma tête. Je n’étais en rien guéri de ma rencontre avec Xander, ce vermisseau m’avait rendu faible, aussi bien mentalement que physiquement et j’avais beaucoup de mal à l’accepter. M’aidant des cordes, je me relevais, non sans peine avant de relever mon regard vers ce chasseur. Je devais être forte, je ne devrais pas montrer ma faiblesse et je devais convaincre mon esprit que tout allait bien. Ca n’était, après tout, pas la première fois et ça ne serait sans doute pas la dernière fois que je faisais ce genre de combat improvisé.

- Je n’en ai pas fini avec toi. Ne crois pas que tu as un avantage quelconque.

Une larme roula sur ma joue, preuve de sentiments que je gardais en moi depuis trop longtemps. J’étais venue ici pour extérioriser cette rage, pour justement ne pas me rendre plus faible que je ne l’étais. Je m’avançais vers lui, ma garde levée, le regard sur lui, les muscles tendus. Je regrettais l’instant où ce soir, il avait fait un pas vers moi. Je faisais face, ça n’était pas la première fois que je devais combattre, le corps pris de soubresauts de douleurs. Mon père avait été un entraineur parfait et ça n’était pas cet Aleksander qui allait briser ce qui avait commencé à l’être. Je n’avais pas le droit.




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