Les Top

Leatherland
Blazing Star
Fearwood
Chicago Dreams



 

Bienvenue sur le forum ♥

Merci de privilégier les personnages masculins.
Nous manquons de membres du brotherhood et de vampires engendrés par Rebekah.

Partagez | .
 

 Jardin fatal, ou les fleurs du mal. [solo pt.2]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


avatar
▬ Messages : 1362
▬ Points : 1392
▬ Date d'inscription : 29/10/2016
▬ Localisation : La Nouvelle Orléans ; tantôt agenouillée auprès de ses soeurs de la flore, tantôt prélassée sur une des méridiennes de velours qui décorent son immense demeure, un verre de son élixir de vie entre les mains.
▬ Emploi/loisirs : Le labeur, il n'existe rien en ce monde qui lui fasse plus horreur.

Feuille de personnage
Petit + : « I wanna be forever young. »
Créateur de votre lignée :
MessageSujet: Jardin fatal, ou les fleurs du mal. [solo pt.2]   Mar 11 Avr - 3:15


Rosaline
[solo]
Jardin fatal, ou les fleurs du mal.
La brune n’avait pas duré ; la nuit s’était activement déployée. A l’horizon, s’étendait telle une surface infinie et constellée, la Nouvelle-Orléans, endormie sous le ciel piqueté d’astres épars. La reine de la nuit, qui se mirait dans l’onde, vouait à son royaume une lumière tamisée. L’air, las et frais, pleurait des soupirs virevoltants sur les rues de la ville, pareil à s’il n’avait point encore pu achever le deuil de sa compagne, l’Hiver. La végétation s’éveillait, mue par un souffle nouveau ainsi qu’une essence retrouvée, et la faune environnante n’était pas en reste. Pareillement à sa soeur, elle renaissait, s’agitant silencieusement dans la pénombre : les hibernants lassés de s’être assoupis toute la saison froide s’affairaient de nouveau de leurs tâches coutumières.
Tandis que les grenouilles mélancoliques chantaient à la lune et semaient au vent leurs notes moroses, les stridulations des insectes venaient effleurer les oreilles. Seuls les oiseaux fuyaient sans bruit dans l’air du soir, si bien qu’à leur suite n’était laissé que le spectre de leur envol.
Avec cette résurrection de la nature, toutes les senteurs de la terre fluaient et refluaient, créant une gamme de senteurs qui ne pouvaient déplaire même aux odorats les plus sensibles.
Un jasmin qui déployait avec la belle saison ses grappes immaculées, exhalait une fragrance enivrante qui se mêlait à celles des plantes renaissantes du jardin, en même temps qu’il gravissait les hautes colonnes du manoir.
Rosaline, immobile, contemplait avec une admiration silencieuse l’art de ce monde s’épanouir par le biais de sa fenêtre. Plus que jamais, il lui paraissait que qu’un lien mystique et délicieux la reliait à cette poésie vivante qui l’avait toujours fascinée. Il avait germé en elle un sentiment inédit et privilégié, qui jusque là lui avait été inconnu en dépit de ses rapports étroits à la flore. En effet, bien que celle que j’aimais appeler la « reine des roses » ait toujours considéré les muses de la nature comme ses sœurs les plus attentionnées, elle ne s’en était jamais sentie aussi proche qu’à cette heure. Et si elle avait dû abandonner une part de sa condition d’humaine pour atteindre cette bénédiction qu’était la vie éternelle, il lui semblait à présent que jamais elle n’avait pu profiter de son existence comme elle l’aurait dû. Elle éprouvait ce sentiment exquis procuré par la sensation de vivre, elle sentait courir sous sa peau des palpitations inconnues et surhumaines, des frissons d’espoir parcourir l’intérieur son cœur ; quelque chose comme une émotion d’être qui faisait gonfler sa poitrine à chaque respiration, un émoi de bonheur qu’elle ne laisserait plus jamais s’en aller.

Lorsqu’elle eut achevé sa contemplation du paysage, la jeune femme s’en retourna à ses appartements.
Une décoration moderne et printanière en avait transformé l’intérieur. Au mobilier sombre et suranné se substituait désormais un ameublement différent en tout point de son prédécesseur, contrastant avec celui-ci par le souffle de modernité qu’il insufflait à la pièce, mariant à perfection les principes du chic et de la distinction. Encore, j’aurais achevé cette description ici si seulement cet air de fraîcheur s’arrêtait à la chambre de Lady de Beauregard. Or, il avait enveloppé la demeure toute entière, transposant les goûts de l’époque actuelle sur son architecture archaïque. Le victorianisme du lieu s’était évaporé en remembrance du passé, comme l’âge de laquelle il s’était inspiré. La seule partie du domaine que le rajeunissement avait épargné était cette grande structure de verre que représentait la serre, qui, selon Rosaline, ne nécessitait aucune réforme architecturale, si ce n’était dans ses dimensions déjà dignes des plus grands monuments.

D’un mouvement distingué et théâtral, elle se détourna de la fenêtre, s’élança en direction de son bureau, enfin traversa d’un pas muet l’immense pièce qui était sienne. En passant, elle s’empara d’un candélabre qui lui permettrait plus tard de s’éclairer, juste avant de prendre place à son lieu d’écriture. Confortablement installée, son chandelier soigneusement disposé non loin, elle ouvrit le premier tiroir dont le meuble était pourvu et en sortit un vieil ouvrage. Elle l’examina, retournant les couvertures entre ses mains avec soin, s’assurant que le charme de protection appliqué n’avait permis au temps de ne laisser aucun dommage. Du bout de l’ongle, elle en effleura la reliure constituée de cuire maroquin, puis laissa glisser son admiration vers le plat vierge du livre. A l’image de sa détentrice, il était d’une esthétique toute épurée ; la seule fantaisie qu’il s’autorisait était cette initiale décorée qui trônait fièrement sur le haut de sa couverture : un « R » en lettre majuscule, que deux roses épineuses, aux pétales de pourpre et d’or, venaient ornementer.
Les doigts fins s’en allèrent ouvrir le second tiroir, en ressortirent une coquette bouteille de verre, ainsi qu’une plume destinée à l’écriture qu’ils posèrent là. Puis, ils s’emparèrent d’un coupe papier dont ils usèrent pour tracer une fine entaille à l’index droit. Une goutte écarlate tomba, imbiba la couverture, et disparut aussitôt. L’incision dans la chair commença par se résorber, puis elle aussi, disparut.
Rosaline murmura, avant d’ouvrir le journal. Lestement, elle remua la main au-dessus de la première page et un enchantement opéra. Des mots, splendidement écrits à l’encre amarante, invisibles au commencement, s’empreignirent sur les pages faussement vierges lettre après lettre. Un sourire de satisfaction étira les lèvres de la dame aux ronces. Elle relut son dernier paragraphe, puis tourna la page avec une précaution à peine dissimulée. Saisissant la plume de l’écrivain, la trempant dans l’encre au reflet vermeil, elle se mit à écrire, une lueur d’espérance dans le regard. Elle commença par inscrire la date, l’heure et le lieu, puis laissa son âme l’emporter.

JOURNAL DE ROSALINE

Chapitre CX




10 avril.




Ne vous vantez donc point d'être aimables ni belles ;
On ne peut nommer beau ce qu'efface le temps :
Pour couronner les beautés éternelles,
Et pour rendre leurs yeux contents,
Il ne faut point être mortelles.



Pierre Corneille.


Voilà maintenant plus de quatre siècles que je me suis lancée dans cette quête de l’éternité, plus de quatre siècles que je tiens ce journal. Je me souviens que Vladimir me l’avait toujours formellement interdit, craignant qu’une personne qui nous voudrait du mal le découvre et menace d’user des ténèbres qu’il renfermait contre nous. J’enfreignis, pour la première fois, les règles qu’il avait établies. Je poursuivis mon écriture, dans l’ombre du secret, sans qu’il ne le sache jamais, et j’y lamentai tous les tourments de mon cœur que je ne pouvais lui partager : je commençai par y raconter ces premiers tumultes qui ébranlèrent notre hymen encore fragile, puis j’y dépeignis toutes les misères innommables qu’il me fit connaître, dans le but, disait-il, de « me débarrasser de mes faiblesses à jamais », et, ajoutait-il, « faire de moi une femme plus forte ». Bien loin de la manière dont je l’avais rêvé, le mariage n’était pas une idylle, et l’amour, rien de plus qu’un fantasme par lequel je m’étais bercée enfant.
Les flammes qui m’animaient à son égard, peu à peu, s’éteignirent à mesure que je devenais celle qu’il désirait que je sois. Aujourd’hui, je ne sais si je dois le remercier, car il est vrai que sans lui je n’aurais jamais su m’édifier de manière à pouvoir faire face à ce monde dystopique ; ou le haïr pour m’avoir dépossédée de mon bien le plus précieux de l’époque : mon humanité.



Un soupir traversa les lèvres de Rosaline. Elle sentait son affliction s’atténuer à mesure que la pointe maculé traçait sur les pages.

C’est pour ça qu’à sa mort, je crus que le monde s’eut abattu sur mes épaules. Je me retrouvais seule et sans aucun repère. A l’exception du confort matériel, tout ce que notre union m’avait laissé était un vide que je ne pourrais jamais combler. Et c’est pour cela que je hais Vladimir ! Pour ces souffrances infligées, pour cette déchéance morale qui fut la mienne !
Puis, en définitive, qui étais-je ? L’ombre de l’idéal rêvé par Madame Meadowwood, ou un simple prolongement de celui qu’était feu mon ex-mari ? Fus-je même la seule à m’être interrogée à ce sujet ?
Aujourd’hui, cette question n’a plus lieu d’être.
Je suis Rosaline Angelie Elizabeth de Beauregard, fille du Marquis de Leinster, dernière représentante de la lignée des Raevensworth. Les damoiseaux se damnent dans l’espoir de me cueillir, et les damoiselles tremblent face à ma colère. Pourtant, en dépit de tous ces honneurs, et malgré cette sorcellerie qui ruisselle dans mes veines, je ne suis rien de plus qu’une femme, un être humain, aussi périssable que tous les autres, à la seule différence qu’un voile de ronces me préserve de ceux qui m’entourent, moi, fleur frêle que je suis.
Et derrière ces haies fortifiées que je me suis attelée à élever, se trouve ma première faille, celle de tout être humain : mon cœur. Si je laissais le moindre sentiment l’empoisonner, le doute le plus infime affadir le rose de mes pétales, alors je deviendrais vulnérable. Seulement cela, je ne peux plus me le permettre !
Parfois, j’aimerais hurler mon désespoir, laisser parler les élans qui me traversent, mais la raison me gagne et je me fais violence pour résister ! Alors… je pleure mes maux sur les pages, ainsi je m’assure qu’ils n’auront jamais raison de moi. Ainsi, je sais que personne ne pourra plus me blesser. Car je ne veux plus souffrir…


Rosaline se redressa, puis se relut. Il lui parut qu’à travers ces dernières lignes, elle se décrivait elle-même comme une sorte de désespérée ; ce qu’elle n’était aucunement. Elle trempa à trois reprises la plume dans le fluide de l’écrivain, puis se relança dans sa rédaction.

Mais je ne me vois pas comme un être à plaindre, bien au contraire. Si les siècles ne m’ont permise que d’effleurer des doigts le bonheur sentimental, mes réussites dans des domaines divers et variés demeurent. A commencer par l’opulence en laquelle je vis, qui vaut au moins cent fois l’étreinte consolatrice d’un bien-aimé. Vient ensuite mon incroyable élévation dans les arts mystiques jusqu’à devenir l’une des plus de ce domaine à avoir foulé la Terre. S’ajoutent à tout ceci mes nombreuses expéditions autour du monde, la culture que j’ai acquise dont peu peuvent se vanter, et j’en passe encore !
Mais la plus notable de mes réussites réside en le fait que je sois parvenue là où les femmes de mon époque ont échoué : j’ai pu, par mes actions, perdurer à travers le temps, devenir une légende vivante qui ne sera jamais oubliée. J’ai été nommée de tant et tant de manières par mes contemporains ! « Bathory » n’est qu’un exemple parmi tous ceux que je pourrais citer. Je suis l’immortelle Rosaline de Beauregard, la dévoreuse d’âmes, celle qui fleurit de ses propres blessures ! Et j’ai l’éternité qui m’ouvre ses bras désormais !


Emportée, elle orna le bas de la page d’embellissements baroques.

Après toutes ces décennies de recherche et d’espoirs vains, je peux enfin savourer les fruits de mon acharnement. Je suis parvenue à mettre au point un sérum qui, administré à une plante, en transforme la structure, le comportement, et les propriétés ; une expérience si fabuleuse qu’insensée, à laquelle moi-même je peine encore à croire, et pourtant tout ceci est bel et bien réel !
Alors oui, les premiers résultats étaient certes décevants, je ne compte pas les sœurs que je dus - je le regrette encore - sacrifier, mais l’aboutissement en valut largement la peine. Mon art avait engendré l’ultime création : une plante sublime aux fleurs pourprées, plus vigoureuse, plus éclatante que ses semblables, dont je n’avais qu’à distiller la sève puissante pour gouter à la vie éternelle. Ses émanations seules suffisent à me rendre ce que le temps m’a pris ! Est-ce que je ferai part de tout ceci à mes frères et sœurs de la congrégation ? Certainement pas ! Cela les dépasserait. Aucun d’entre eux ne serait apte à comprendre. Quant à Vanessa, elle me prendrait – encore plus que d’ordinaire – pour une prodigieuse déséquilibrée, en apprenant les termes exacts de mon contrat ! Car oui, il est évident qu’une telle fortune de l’âme ne peut venir sans une moindre contrepartie. Mais qu’on me l’apprenne : que représentent quelques vies sacrifiées à côté pour vouloir ce trésor ? Cette fleur mortelle que le sang seul fait fleurir est ma fille, et comme n’importe quelle enfant, elle ne demande qu’à ce que sa mère la chérisse. Tant qu’elle recevra l’amour et l’attention nécessaires, elle vivra.

J’y pense et repense, je me dis que certain(e)s jugeraient cette « immortalité verte » comme une avancée. D’autres, verraient ma création comme une perversion de l’œuvre naturelle. Pour ma part, je demeure mitigée à ce sujet. Moi qui ai si souvent critiqué la course au progrès de l’être humain, je ne suis au final pas meilleure. La différence, entre eux et moi, cependant, est que mes actions ne sont pas aussi néfastes. Enfin, j’entends par là qu’elles nuisent à mes congénères mais pas au monde en lequel nous vivons. Si je pouvais tous les éradiquer de la surface de la Terre, il y a longtemps que je l’aurais fait, le monde ne s’en porterait que meilleur. Nous n’aurions plus de pollution, plus de guerres, plus de xénophobie, les soucis d’égalité seraient écartés puisqu’ils n’y auraient plus personne pour la revendiquer. J’en conviens, tout ceci peut paraître légèrement extrême, mais pensons-y, avec eux s’en iraient tous les fléaux qu’ils ont amenés. Seuls quelques êtres, comme moi, se démarquent du lot et méritent réellement d’exister. Quant au reste, il est tout simplement bon à être exterminé.


Rosaline releva la plume, la pointe était sèche. Elle marqua une pause, se leva, emporta le chandelier avec elle, et s’en alla quérir un rafraîchissement.

De retour, un calice de cristal ainsi qu’une bouteille de verre en main, elle se rassit, et mit face à elle son cocktail de fruits pur, tout de même suffisamment loin pour qu’aucun geste d’inadvertance n’en fasse tomber une goutte sur le précieux journal. Elle reprit :

Il est certaines choses que je ne vois plus de la même manière, désormais. Premièrement, les bains de sang perpétuels ne seront plus nécessaires à compter d’aujourd’hui. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’éprouve des remords quant au sort de ces jeunes filles, loin de là, mais tout de même. Avec recul, il m’est avis qu’en m’adonnant à ces pratiques, je me souillai moi-même et tombai, en vérité, dans la plus terrible des disgrâces.
Ensuite, je ne souhaite plus vivre dans mon propre passé. J’ai réalisé que, si je voulais traverser les époques, je devais m’y fondre comme sur un tableau, adopter les usages, sans pour autant perdre qui je suis. C’est pour cela que j’ai procédé à rajeunissement non seulement de ma garde-robe, mais aussi de ma demeure toute entière. Si je souhaite profiter du peu que le présent et le futur ont à m’offrir, cela débute par un détachement du passé, accueillir ce qui vient et laisser s’en aller ce qui s’en va. Ce qui m’amène au sujet de mon nom : depuis des années déjà, je continue de me faire appeler Rosaline « de Beauregard », alors qu’il s’agit de la dénomination de feu mon ex-époux, Aimé de Beauregard. Bien qu’il ait lui aussi, marqué mon existence, m’aimant d’un amour des plus sincères – tout du moins il en était persuadé, je ne souhaite plus porter son nom.
Ce dont je suis certaine, c’est que je ne désire pas non plus retourner à mon nom de jouvencelle, car je ne veux être en aucun moyen rattachée à mes ancêtres. Peut-être me créerai-je une nouvelle identité, qui n’appartiendrait qu’à moi et me refléterait ? Je ne sais, j’y songe encore.




Et elle aurait souhaité continuer à énumérer les changements opérés à sa propre personne, mais elle sentait la fatigue lui venir et l’envie de s’étaler la quitter. La pression qui avait pesé sur son âme en début de soirée, celle qu’elle avait eu besoin d’évacuer à l’écrit, semblait s’être envolée de toute manière. Aussi, la journée s’était avérée beaucoup plus éprouvante qu’elle ne s’y était préparée. Tant pis, cela faisait déjà plus de deux heures qu’elle rédigeait, et l’essentiel de ses pensées lui semblait déjà retranscrit.
Elle rabattit sur l’encrier son bouchon, puis étancha les traces de couleur liquides qui maculaient le bout de la plume. Rangeant le tout, la sorcière procéda à son rite habituel : elle fit disparaître par un murmure léger l’encre des pages, scella l’accès à l’ouvrage par un sortilège de sang et l’isola dans son tiroir. Alors, elle quitta son bureau après avoir éteint le chandelier, et, déjà en toilette de nuit, gagna son lit aux voilages vaporeux. Elle repoussa les fines couvertures et s’allongea au-dessous. Le contact des draps frais sur sa chair fit naître un frisson sur son épiderme. A peine un moment ensuite, son esprit voguait déjà vers des fleuves oniriques.
Apaisée, elle ne tarda pas à s’endormir.


CODAGE PAR AMIANTE

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Jardin fatal, ou les fleurs du mal. [solo pt.2]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» jardins de l'archeveché:idéal pour les cérémonies
» Les fleurs du jardin .
» Les fleurs de mon jardin
» Fatal 4 Way - 20 juin 2010 (Résultats)
» Estimé,Magloire Que sont devenues les fleurs du temps passé?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kill or be Killed :: A place to hide :: Les Demeures-